PLESSIMÉTRISME DE L'AORTE ASCENDANTE
& 5. Plessimétrisme de l'aorte ascendante, de sa courbure et du tronc brachio-céphalique.
927. Voici quelques passages du 7raité de diagnostic (n° 466 et suivants) qu’il est indispensable de reproduire ici : «J'ai longtemps cru que, dans l’état normal, l’aorte ne donnait lieu à de la matité dans le thorax que dans les cas où elle était très-dilatée ; dans un assez bon nombre de faits ultérieurement observés (1837), une obscurité manifeste dans le son plessimétrique existait à la, partie supérieure du sternum; la néeroscopie fit voir que lPaorte avait acquis vers sa courbure une augmentation de volume médiocre. L’espace où le son mat avait été obtenu correspondait parfaitement au point où l’aorte se rencontrait et ne dépassait pas l'étendue de ce vaisseau.
928. « À plus forte raison, quand une Landes considérable de l’aorte ascendante ou de la crosse se rapproche des parois pectorales, la médio-percussion fait trouver de la matité dans un espace parfaitement en rapport avec celui où le mal a son siége. La partie centrale de la poche anévrysmale, en contact immédiat avec les parois, donne, par le plessimétrisme légèrement pratiqué, un son obscur ou hydrique.
929. « Latéralement et sur les points où la tumeur, en vertu de sa forme globuleuse, s'éloigne des côtes et est recouverte par les poumons, la matité ne s’obtient que par une percussion plus forte et plus profonde. Dans quatre cas, une limitation tracée pendant la vie et sur le cadavre avec l’azotate d'argent mesurait d’une manière parfaite la circonférence de la masse malade; cette circonférence était éloignée des côtes de plusieurs travers de doigt. La figure tracée avant l’ouverture avait exactement, lorsque les côtes furent enlevées, la forme que plus tard on retrouva dans la tumeur. En 1837, à l’Hôtel-Dieu, un fait pareil, dont il sera parlé à l’occasion du diagnostic des maladies des veines, a: été recueilli dans mes salles. Il fut même possible de limiter chez un malade les points où l’anévrysme touchait aux côtes et ceux où il s’en éloignait.
930. QIL est à peu près certain qu’en explorant le malade en arrière et de chaque côté de la région dorsale, dans les cas où existerait un anévrysme de l’aorte descendante, comme on en cite des exemples, et ainsi que Laennec et moi l’avons observé.
ANÉVRYSMES; PRÉCAUTIONS POUR LES PERCUTER. 401 vers la face postérieure du thorax, on obtiendrait des résultats du même genre.
931. «Lorsqu'il s’agit d'explorer une aortasie, il est une précaution indispensable à prendre, c’est (ainsi qu’il vient d’être dit (n° 922) de percuter avec beaucoup de prudence, et surtout de se servir des moyens de médiation les plus parfaits. Lorsqu'il ne s'agit pas de l'aorte dilatée, que chacun imprime l'impulsion comme bon lui semble, et qu'il choisisse, à tort ou à raison, la méthode dont il aura le plus d'habitude ; mais quand il faut imprimer un choc à une tumeur susceptible de se déchirer ; mais quand ce déchirement est suscephble de déterminer actuellement la mort, et qu'il pourrait être provoqué par une impulsion mal dirigée ou trop brusque, ce serait être coupable d'une négligence impardonnable ou d'un entétement bien imprudent, que de ne pas choisir les moyens qui présentent le moins de danger possible. Or, on fixe beaucoup mieux une plaque d'ivoire à rebords saillants, en la tenant très-serrée entre les doigts par les deux extrémités de l’un de ses diamètres, que l’on ne maintient le doigt formant un long levier, qui n'est retenu que par son articulation métacarpienne. D'un autre côté, un choc faible et non dangereux suffit avec le plessimètre d'ivoire, tandis qu'il faut percuter fortement pour se servir avec avantage du plessimètre-dorgt.
932. « Ainsi, c'est une règle pratique dont il n'est pas permis de s'écarter, que de se servir exclusivement pour les anévrysmes aortrques d'une plaque bien maintenue. Il est même bon alors, pour mieux retenir le choc, qu'elle soit plus large qu'à l'ordinaire. C’est le cas même de la recouvrir de gomme élastique ou de liége pour mieux absorber le mouvement.
933. « Dans un cas, j'ai cru qu’il pouvait être utile de déroger à la règle pratique qui précède. Jai essayé de percuter Paorte dilatée à l’aide d'un plessimètre étroit appliqué à la partie inférieure du cou, entre les attaches inférieures des deux muscles sternomastoïdiens. L’instrument était dirigé de telle sorte, qu’il était porté derrière le sternum, rapproché des parois du vaisseau, et abaissé jusqu’au-dessous du bord supérieur de Pos. La percussion donna peu de résultats. Il n’en fut pas ainsi de la palpation pratiquée de la même manière (Traité de diagnostic, n° 478) (1). »
(1) A la clinique de l'Hôtel-Dieu, en 1837, il m'avait été possible de sentir chez certains individus l'aorte dilatée, en portant un doigt profondément dans la poitrine, et en l’enfonçant peu à peu dans l’espace qui se trouve entre les attaches inférieures des deux sterno-mastoïdiens. Un fait ultérieurement recueilli à