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Le plus souvent, le dessin de la grosse artère à sang

la Pitié, a donné à ce signe une valeur de plus et a prouvé que, dans certains cas, il est possible de palper l’aorte dans le thorax, aussi facilement, que la radiale au poignet. Il suffit de faire pencher la tête en avant, de placer les museles qui viennent d’être nommés dans le relâchement et de les écarter l’un de l’autre, pour pouvoir porter l’indicateur très-profondément, et pour arriver jusqu'à l'aorte; mais seulement alors qu’elle est très-volumineuse, où rapprochée du cœur. On peut même faire avec avantage écarter les sterno-mastoïdiens par des aides, et introduire deux ou trois doigts jusque sur les divers points de l'étendue de la courbure aortique. |

À l’aide de ce procédé on sentait très-distinctement, dans le cas dont il s'agit, l'expansion artérielle, bien que sur le sternum on n'ohservât aucun battement appréciable à la main. Comme la matité.observée sur ee point, dans un espace arrondi el circonscrit, avait fait soupçonner la présence d’une tumeur anévyrys-

male ; comme un bruit de souffle marqué se fit entendre le lendemain sur ce

même point; la palpation de l'aorte derrière le sternum en faisant constater l'expansion dont il vient d’être parlé, donna de la certitude au diagnostic. Du reste, un ronchus remarquable, une sorte de sifflement, obtenus lors de la respiration sur le point où se trouvaient les signes précédents, porta à penser que la bronche gauche était comprimée par la tumeur. Tout le poumon de ce côté donnait lieu à des râles, lesquels paraissaient être en rapport avec la stase des mucosités dans les bronches et dans les vésicules correspondantes. Il est probable que cette stagnation était due à la difficulté de l’excrétion des mucosités bronchiques au-dessous du point comprimé.

Sur une douzaine d’autres malades qui ne portaient point de dilatation de la crosse aortique, le doigt porté derrière le sternum ne rencontrait ni batte ments ni expansions,

CAS D'AORTASIES. 403 rouge, indiqué par l’organographisme plessimétrique, présente sur un adulte, dont la circulation n’est pas troublée, de 20 à 22 ou 23 millimètres d’un bord à l’autre de l'artère, alors qu’elle est située derrière le sternum, et d’un à deux millimètres de moins à sa courbure. Le tronc brachio-céphalique présente à peine 7 à 8 millimètres de largeur. A l’état physiologique, la veine-cave supérieure dépasse à peine de quelques millimètres le bord droit de l'aorte ascendante. |

$ 7. Faits de diagnose d’anévrysmes aortiques où brachio-thoraciques établie au moyen du plessimétrisme.

936. Je n’ai consigné dans le 7raité de la percussion médiate aucun fait dans lequel cette méthode ait été appliquée à l’exploration des artères et même des anévrysmes. Je prévoyais seule : ment que l’on pourrait, sous ce rapport, utiliser cette méthode.

<4 Tronc brachiocéphalique et aorte,

<—æ& Aortasie soussternale,

(Fig. 46.)

Aorlasie sous-stertiale,

937. « Récemment, ai-je dit au n° 203 du Procédé opératoire, (1835), je crois avoir observé un anévrysme de l’aorte pectorale, en haut du sternum ; on y entendait des battements simples, un

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son mal se faisait remarquer dans la longueur de trois pouces et dans la largeur de deux. On trouvait au-dessous de la tumeur, entre elle et le cœur, une sonorité manifeste qui isolait parfaitement ces parties. J’ai perdu de vue ce malade qui présentait les signes généraux et plessimétriques d’une hypertrophie du ventricule gauche. M. le docteur Lesèble, qui suivait ma clinique, me communiqua ensuite une observation dans laquelle 1l parvint à reconnaître par la percussion plessimétrique un anévrysme de l’aorte. La nécroscopie vérifia en tous points la diagnose portée pendant la vie. »

938. « Dans quatre cas d’anévrysme thoracique, disais-je en 1837 ( Traité de diagnostic, n° 468), la matité était accompagnée de résistance au doigt. La figure ci-contre montre l’aspect que présentent les dessins plessimétriques , les artérasies aortique et brachio-céphalique.

939. « La figure d’un anévrysme thoracique correspondait à l’espace sous-claviculaire droit, et on trouva à la mort que la tumeur qui occupait le tronc brachio-céphalique avait les formes et la dimension notées pendant la vie.

940. «A la Salpêtrière, je limitai un anévrysme de l'aorte ascendante, et la mesure faite pendant la vie fut absolument semblable à celle que l’on trouva après la mort.

941. « Dans un autre fait, une périaortasie, développée à droite, fut exactement limitée pendant la vie ; elle comprimait la veinecave supérieure, dernière circonstance que j’annonçai plus de quinze jours avant la mort.

942. « Ailleurs, un anévrysme de l'aorte descendante fut limité avec exactitude dans la partie postérieure droite du thorax, et ses progrès journaliers furent appréciés de la manière la plus rigoureuse par le plessimétrisme. » (Traité de médecine pratique, n° 2259 et suivants. )

943. «Le chirurgien en chef de Phôpital de Pune des villes principales qui avoisinent Paris, présentait à un haut degré les symptômes les plus graves de cardiopathie. L’aorte dessinée à laide du plessimétrisme avait une dimension transversale supérieure à celle de l’état normal, et il en était ainsi du tronc brachio-céphalique. La palpation faisait trouver une artérasie analogue dans les carotides. Quelques années plus tard, la nécroscopie vérifia, m’a-{-on assuré, la diagnose que j'avais portée, » (Traité de médecine pratique, n° 2951.)

CAS D'AORTASIES. 405

Artérasie brachiocéphalique. #— # Aortasie de

la crosse,

(Fig. 47.)

Deux anévrysmes chez le même malade, l’un, de la courbure de l'aorte, l’autre, du tronc brachio-céphalique.

944. Dans le fait suivant, le plessimétrisme démontrait l’existence d’une aortasie, tandis que l’auscultation conduisit à rapporter les accidents à une induration pulmonaire :

945. « Vers 1840, une femme entra à l’hôpital de la Pitié; elle était atteinte d’une hémorrhagie médiocrement forte, qui datant de quelques jours, continua encore pendant plus d’une semaine. On trouva à près de trois centimètres au-dessous de la clavicule gauche une matité dont la dimension, mesurée par le plessimètre et limitée avec des lignes noires, était celle d’une orange. Tout autour le poumon paraissait sain; le cœur était légèrement hypertrophié. De la résistance au doigt existait sur le lieu occupé par la matité dont il s'agit ; l'auscultation trompa l'interne et moi, même sur la nature de cette tumeur : on n'y entendait ni bruit de souffle, ni battements, tout au contraire la respiration présentait sur ce point le caractère bronchique. On crut en conséquence qu’il s'agissait ici d’une masse pulmonaire indurée et probablement d’une hémoplastie, suite d’une hémorrhagie. Or, il n’y avail rien de cela,

*c’était à une périaortasie que l’on avait eu affaire; le calibre du vaisseau était conservé en arrière ; de là était résultée l’absence de souffle et de bruits anormaux. La célie était remplie de couches

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fibrineuses, qui avaient donné lieu à la matité et à la résistance au doigt, La bronche gauche était accollée à la tumeur. — Le plessimétrisme seul avait conduit à des données exactes sur le siége et le volume de l’anévrysme. L’hémorrhagie n’était pas due ici à une perforation de la périaortasie dans les bronches; car il nous ‘fut impossible de constater une semblable ouverture, et les portions de poumon dans lesquelles la rhémie s’était faite ne correspondaient pas exactement à la tumeur. » (Traité de médecine prat., n° 2155.)

946. M. le professeur Nélaton a cité le cas que voici et qui nous est commun ; |

«J'ai vu, dit M. Nélaton, M. le professeur Piorry diagnos- « tiquer, à l’aide de ce seul signe (la percussion), une tumeur « anévrysmale grosse comme un petit œuf et développée sur la « partie convexe de la crosse de l'aorte... (Éém. path. chirurgie. & Tome I, p. 477, article Anévrysme de l'aorte). »

947. M. Ramond a observé en ville le cas suivant, qui prouve jusqu’à quel degré d’exactitude le dessin plessimétrique d’une aortasie peut être porté :

« M. G.... est souvent atteint d’irisalgie (1), c’est la seule affection qu'il ait eue dans son enfance ; il n’a point éprouvé, dans les premiers temps de sa vie, d'accidents en rapport avec une maladie congénitale du cœur. |

« L’âge de M. G.... (31 ans) éloigne aussi l’idée de concrétions développées dans lés orifices cardiaques. |

Q Il y a deux ans qu’il éprouva dans la région du cœur et du sternum une douleur qui n’était point exaspérée par la pression; en même temps se manifesta de la gêne à respirer, qui depuis quelques mois s'était déjà fait légèrement sentir. Ces phénomènes ont persisté depuis, malgré les différents traitements qui ont été employés, et c’est dans ces circonstances que M. G.... me demanda mon avis sur l'affection qu'il éprouvait. Je-lui conseillai de voir M. le professeur Piorry qui l’explora dans la journée, En attendant son arrivée, je voulus rechercher quelle pouvait être la : lésion qui donnait lieu aux phénomènes qu’accusait le malade.

« J’examinai tout d’abord la région du cœur, car c'était vers ce point que la douleur se faisait sentir. Je limitai à l’aide du plessimétrisme cet organe, et les mesures trouvées dans ses diamètres furent inférieures à celles qu’ils offrent dans l’état normal; la pe-

(1) Traité de médecine pratique, t VITE,

CAS D'AORTASIES. 407

titesse du cœur coïncidait avec une faiblesse extrême du pouls; à lPauscultation, on entendait un bruit de souffle très-prononcé,

« Après m'être assuré de Pétat de cet organe, je dus explorer les autres points douloureux, ce qui me conduisit à examiner les gros vaisseaux. Vers la seconde pièce du sternum en avant, je sentis une matité absolue que j’eus soin de limiter. Cette matitc remontait par én haut jusque vers la fourchette sternale ; l’espace où on la trouvait avait une forme presque arrondie; le grand diamètre de eet espace avait 5 centimètres et 45 centimètres de circonférence. La tumeur ne faisait point saillie au dehors et l’on n’entendait aucun frémissement alors que la main étail appliquée dessus. Ces premières mesures plessiques prises furent rigoureusement confirmées à l’aide d’un moyen bien simple que M. Piorry conseille pour vérifier sur le vivant les résultats de la percussion médiate. Je fis donc sur un linge le dessin plessimétrique de la tumeur qui avait été préalablement dessinée par moi sur la peau nue du malade, et je comparai ensuite les deux figures obtenues. Ces deux figures ayant été trouvées égales, il était clair que la percussion avait été bien faite. Le siége de cette tumeur, sa forme, son étendue et les battements que l’on percevait alors que l’on enfonçait le doigt dans la fourchette sternale, me firent penser qu’il s'agissait ici d’un anévrysme de la crosse de lPaorte, venant à comprimer par son volume les voies de l'air, et donnant lieu aux phénomènes asphyxiques qu'éprouvait le malade. La douleur précordiale était probablement déterminée par les battements artériels de la célie anévrysmatique qui venait frapper les côtes.

« Tel fut mon diagnostic, qui fut confirmé en tout point par celui de M. le professeur Piorry, qui, ayant examiné à son tour le malade, fit tracer sur la peau nue, où la tache noire avait été enlevée, un dessin qui, comparé à celui que j'avais fait éfait tellement semblable, qu’en appliquant les deux figures l'une sur l’autre à contre jour , elles étaient complétement pareilles. — M. Piorry et moi nous avons pendant plusieurs mois suivi le malade, et malheureusement nous avons eu à constater l’augmentation successive de la tumeur qui donna lieu à des AE el enfin à la mort du malade. »

948. Les deux observations suivatiss ont été aussi recueilliës par M. Ramond : « Un Espagnol, âgé de 32 ans, portait en avant du thorax, vers le milieu du sternum, une tumeur grosse comme

408 CAS D’AORTASIES.

une orange, qui faisait saillie au dehors de 5 centimètres au moins au-dessus du niveau de l’os.

A la simple inspection on apercevait des battements artériels très-énergiques, et lorsqu'on appliquait la main sur la tumeur, on sentait un frémissement cafaire des plus remarquables.

« Le malade fut conduit à M. Piorry, par un médecin espagnol ou brésilien de ses élèves, non pas pour que M. Piorry constatât affection dont le malheureux était atteint et qui d’ailleurs était on ne peut plus évidente, mais bien pour savoir ce qu'il fallait faire dans ce cas pour retarder le plus longtemps possible la mort de cet homme.

«M. Piorry conseilla de recouvrir la tumeur d’une sorte de cuirasse en cuir bouilh doublée de coton , pour mettre ainsi l’anévrysme à l’abri de l’action des corps extérieurs. Or, le médecin suivit par le plessimétrisme la progression de la tumeur en largeur. Comme on l’avait prévu, l’aortasie se rompit plus tard, et le malade périt d’une mort presque instantanée.

« La peau qui recouvrait cette tumeur était très-amincie , et il existait au milieu un point rouge prêt à s’ulcérer. Ce fut là une des raisons pour laquelle M. Piorry, dans la crainte d’une rupture, n’osa point percuter en avant cette tumeur; mais le plessimétrisme fut pratiqué en arrière et la matité graphique que l’on rencontra correspondait, comme siége et comme étendue, à la tumeur anévrysmale que l’on voyait à la partie antérieure du thorax. »

« Un homme, d’apparence robuste, entre au mois de mai 1862, vers dix heures du soir, à l'hôpital de la Charité (n° 45 de la salle Saint-Charles). Ce malheureux étouffait; la face était vivement congestionnée et violacée, les yeux sortaient de lPorbite, et tout faisait présumer une mort prompte par anaxémie ; on appliqua des sinapismes sur les jambes. À la visite du lendemain, M. Piorry vit ce malade, qui était à peu près dans le même état que la veille. N'ayant aucun renseignement sur lui et par conséquent sur le début du mal, on était dans le doute sur la question de savoir si une cause toxique n'avait pas été le point de départ de ces phénomènes. M. Piorry, recherchant alors la cause dans l’étude plessimétrique des organes, diagnostiqua en présence des élèves et du chef de clinique : un anévrysme de la crosse de l’aorte, et traça avec soin sur la peau le dessin de la tumeur. Une large saignée dut être pratiquée, et l'honorable docteur Labat, présent à la visite, voulut bien se charger de cette opération, ce fut la veine jugulaire qu’il

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