APPLICATIONS PRATIQUES
qu'une douleur a son siége dans le péricarde distendu ou enflammé, el non pas dans un nerf des parois thoraciques (n° 980); faire voir à coup sûr, par la forme des organes malades, qu'il s’agit d’une hydropéricardie et non pas d’une dilatation du cœur (n° 980) ; donner des caractères précis qui prouvent qu'il s’agit chez un malade d’une hydropéricardie et non pas d’un épanchement séreux dans la plèvre (n° 788); faire reconnaitre dès le début, chez des malades atteints d’hémitarthrite (rhumatisme articulaire aigu), lexistence initiale d’une hydropéricardite, et cela par la matité variant de position en raison des changements d’attitude du corps (n° 998) ; permettre de constater avec certitude que très-promptement, après une blessure de poitrine ou après un accès de toux violent survenus chez un phymique portant des spéies ramollies, le péricarde donne, dans une grande étendue, une matité extrême (n° 980) ; faire juger de la proportion des liquides épanchés dans l’enveloppe du cœur, ete., etc.; certes, dis-je, ce sont là des faits que j'ai vus se renouveler une multitude de fois, et dont l'utilité, au point de vue du diagnostic et des indications thérapiques, est immense ; mais ce qui est essentiellement applicable à la pratique, c'est de permettre à coup sûr d’apprécier la marche progressive ou rétrograde du mal par la mesure exacte et successive de la collection séreuse (n° 980). C’est de conduire à déterminer st la proportion de liquide accumulé est telle qu’elle cause des symptômes qui menacent actuellement la vie ; c’est de faire voir que cette proportion persiste malgré un traitement convenable (ce que, du reste, je n’ai pas eu l’occasion de voir) et de donner les documents nécessaires pour pratiquer la thoracentèse péricardique.
1005. Cette opération me parait, en définitive, ne devoir jamais être pratiquée que dans les cas suivants : 4° lorsque l’on s’est assuré que du pus ou de la matière phymique existe dans le péricarde ; sans doute, il y a lieu de croire que dans de tels états pa- . thologiques l’évacuation du pus ou de la matière tuberculeuse ne guérirait pas; mais enfin le malade est alors nécessairement dévoué à la mort, et des injections alcoiodiques pourraient peut-être présenter des chances plus heureuses qu’une expectoration à la suite de laquelle il ne pourrait survenir qu’une terminaison funeste ; 2 lorsque tous les autres moyens thérapiques auraient échoué et que le liquide serait toujours accumulé en d'énormes proportions qui augmenteraient encore d’un jour à Pautre ; 3° lors-
que lPanoxémie (défaut absolu de respiration) serait imminente ; 4° lorsque l’on aurait parfaitement reconnu : la présence de lépanchement; la position exacte du cœur et de ses diverses cavités ; celle de l'aorte, de sa courbure, des poumons et des autres organes qui entourent le péricarde distendu par le liquide, ete. Or, n'est-ce pas le plessimétrisme qui fournit promptement (mais en le combinant toujours avec lauscultation et les signes fonctionnels) les moyens d’obtenir les notions nécessaires pour établir la diagnose exacte des états organiques précédents ? N'est-ce pas lui qui permettra de plonger un trois-quart sur les points ou se rencontre superficiellement la matité hydrique dont la présence prouve que le péricarde touche aux parois thoraciques ? Et c’est si bien le plessimétrisme qui donne de tels documents que le médecin qui a osé pratiquer la thoracentèse péricardique est le traducteur de ouvrage de M. Skoda, M. le docteur Aran, qui connaissait le mieux la médio-percussion, et qui m'a demandé des notes et des explications assez nombreuses sur le plessimétrisme, notes qu’il a publiées dans son livre. Certes, 1l a fallu toute l’habitude de ce regrettable travailleur et, disons-le sans crainte, un peu d’audace pour avoir recours pendant la vie à la ponction du péricarde ! Pour ma part, malgré mon extrème confiance dans la précision et dans la certitude de la médio-percussion et de l’organographisme, je ne sais pas si j’oserais pratiquer louvertüre de l’enveloppe du cœur, même dans les cas que je viens de considérer comme ceux où elle est le mieux indiquée. Je suis loin de blâmer M. Aran d’y avoir eu recours, mais on ne doit l’imiter qu'après avoir, à vingt reprises, renouvelé cette opération sur le cadavre, et qu'après s’être appuyé pour la faire sur les conseils des hommes les plus versés dans l’étude du diagnostic anatomique. |