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DIMENSION NORMALE DES OVAIRES

voir plus positivement que je ne l’avais fait, quelle était la grosseur de ces organes chez plusieurs femmes de la salle Saint- Bernard. M. Decoux , élève studieux de mon service, a recueilli des notes que je lui ai dictées devant une assistance assez nombreuse.

1680. Quinze ovaires ont été plessimétriquement mesurés sur huit femmes, qui se trouvaient dans des conditions variées d'âge, de constitution et de santé. Pour éviter toute erreur, j'ai d’abord examiné, dans la direction des lignes précédemment indiquées (n° 1674, fig. 85), les régions iliaques de quelques hommes, et je n'ai pu saisir en rien dans leur trajet ces nuances de matité que depuis plusieurs années j'ai reconnu être en rapport constant avec la présence des ovaires, Dès lors, l’espace mat que j'avais constaté chez les femmes est bien produit, comme. je l’admettais, par les corps ovariques eux-mêmes. Or, voici le relevé des observations dont il vient d’être parlé :

1° Une blanchisseuse, âgée de 22 ans, bien réglée, atteinte d’une légère métrite et d'écoulement utérin, avait les ovaires douloureux au toucher et au plessimétrisme, le droit présentant 32 millimètres de hauteur sur 20 millimètres de largeur, le gauche offrait 30 millimètres de hauteur sur 20 millimètres de largeur. | | |

2% Une couturière, bien réglée, convalescente d’une variole. très-grave, et qui avait éprouvé l'évacuation menstruelle 21 jours auparavant, présentait un ovaire droit de 30 millimètres de hauteur sur 20 millimètres de largeur, el un ovaire gauche dont la hauteur était de 30 millimètres sur 22 millimètres de largeur.

3° Chez une domestique âgée de 26 ans, mal réglée depuis 3 mois, convalescente d’une iléospilosie suivie d’une cholédocite et d’une cholémie, et d’ailleurs un peu hypémique, l’ovaire droit : avait 30 millimètres de longueur sur 20 millimètres de largeur, et un ovaire gauche de 30 millimètres de longueur sur 20 millimètres de largeur.

4° Une domestique, âgée de 36 ans, bien réglée, étant à peine malade, ayant été sujette à l'évacuation menstruelle 45 jours auparavant, présentait un ovaire droit de 25 nmullimètres de longueur sur 45 millimètres de largeur, et un ovaire gauche de 30 millimètres de longueur sur 18 millimètres de largeur.

5° Une domestique âgée de 32 ans, non réglée depuis 2 mois, hypémique et convalescente d’une scarlatine grave, avait un

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ovaire droit de 30 millimètres en longueur et de 18 millimètres en largeur, et un ovaire gauche de 20 millimètres en longueur et de 42 millimètres en largeur.

6° Chez Caroline B..., âgée de 35 ans, journalière, mal réglée, robuste, paraplégique, le côlon 1liaque était plein de matière, ce qui empêcha de pouvoir reconnaître et mesurer l’ovaire gauche, mais l'ovaire droit présentait 30 millimètres de longueur sur 20 millimètres de largeur.

7° Lucie, âgée de 42 ans, non réglée depuis 20 mois, atteinte d’une entérorrhée chronique et très-hypémique , avait l'ovaire droit de 25 millimètres de longueur sur 12 millimètres de largeur, et l'ovaire gauche de 20 millimètres de longueur sur 12 millimètres de largeur. |

8° Marie B..., âgée de 74 ans , atteinte d’une entérorrhée trèsancienne et extrêmement hypémique, présentait un ovaire droit de 143 millimètres de longueur sur 10 millimètres de largeur, et un ovaire gauche de 19 millimètres de longueur sur 12 millimètres de largeur.

1681. Certes, ces recherches sont loin d’être suffisamment nombreuses, et je les aurais réitérées bien davantage si le temps ne m'avait manqué; mais elles suffisent cependant, en les réunissant à mes souvenirs sur les innombrables faits de ce genre que j'ai vus, pour établir les proportions suivantes : 1° les ovaires sur les femmes jeunes, robustes, présentent au moms, à l’état normal, 30 millimètres de hauteur sur 20 à 22 milimètres de largeur ;

2° D’après des résultats que ma mémoire me fournit, aux ap: proches de l’époque menstruelle et pendant sa durée , les ovaires ont plusieurs millimètres de plus et en longueur et en largeur que cela n’a lieu à d’autres époques;

3° Chez les femmes hypémiques, malades depuis un certain témps, les ovaires présentent en hauteur et en largeur quelques millimètres de moins que les personnes qui sont dans de bonnes conditions de santé; | |

4°. Chez les vieilles femmes, la dimension des ovaires indiquée par le plessimétrisme est extrêmement petite, et la matité qu’ils donnent est à peine marquée. |

8 4. Piessimétrisme des tumeurs ovariques:

1682. Le plessimétrisme fournit comme diagnose, dans les

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ovaromégalies, des notions extrêmement utiles. La médialion des parois abdominales, celle même d’anses intestinales, n’empêche pas de saisir : 4° la matité propre à la tumeur, matité qui la distingue nettement , d’abord de la sonorité propre à lPintestin ou à l'estomac remplis de gaz, ensuite du bruit hydraérique dû à la présence des gaz liquides dans ces mêmes parties, et enfin des “sons mats et de la résistance tactile auxquels donne lieu la per: cussion du foie, de la rate, des reins, ou même des matières pâteuses ou liquides renfermées, soit dans langibrôme, soit dans le péritoine ; 2 la circonscription et la forme exactes des tumeurs ovariques simples ou multiples ; figurées au moyen de la limitation par des lignes noires (celles-ci sont tracées sur les points où les sons et les sensations tactiles dues à la présence de la tumeur succèdent aux résultats plessimétriques en rapport avec les conditions de structure propres aux organes qui entourent); 3° les différences de matité, de dureté, existantes sur divers points de la masse ovarique et en rapport : avec les kystes nombreux de diverses formes ou de contenance variée; avec les indurations cartilagineuses, osseuses, crélacées, que leurs parois ou que les issus interposés à ces kystes peuvent présenter; circonstances qui permettent encore de tracer avec le crayon le dessin linéaire des parties où existent de telles diversités de résultats plessimétriques (1); 4° l'épaisseur approximative des ovaromégalies appréciée par le degré de matité que donne le plessimétrisme profondément pratiqué. En effet, si l’on trouve, au moyen d’un choë médiocre une élasticité et une sonorité marquées, la tumeur ne sera pas épaisse et reposera sur des parties de langibrôme rem: plies de gaz; le contraire aura lieu dans des circonstances opposées; 5° les rapports exacts des tumeurs ovariques avec les viscères ; en effet, dans une foule de cas observés pendant la vie, non-seulement il nous & été possible, mais encore facile de trou- : entre les points Mals qui correspondaient au foie, à la rate, aux reins, à l'utérus, à là vessie pleine d’urine, aux gros intestins remplis de ‘matières, dé rencontrer; dis-je, des espaces s0nores et élastiques er rapport dvéc là présence du tube digestif

(1) C'est ainsi que, dans un cag vu én cohbullation ävec M. le docteur Mois: senet, nous avons pu reconnaitre et dessiner, du mioyen ‘de lignes plessimétriques tracées sur les limites d° éspaces où led &on8 väriaient de caractère, trois kystes existant dans une tumeur ovarique, De seniblables faits 8e sont mdinteë lois depuis reproduits dans ma clinique où eh ville.

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rempli de gaz. Ailleurs, nous avons constalé par le plessimétrisme que le côlon transverse, donnant lieu à une sonorité circonscrite, recouvrait la surface de l’ovaromacrosie, et nous avons pu dessiner, soit pendant la vie, soit après la mort el avant d’enlever les parois abdominales, l’espace qui correspondait à cette partie de langibrôme:

$ 5. Manuel du plessimétrisie des ovaromégalies où tuineürs 6Variques.

1683. Ce manuel ne diffère en rien de éelui des autres tumeurs abdominales, et ce que je vais en dire me dispensera de parler avec détail de l'exploration de celles-e1 par la médio-percussion. On commence d’abord par limiter et par dessiner avec le plus grand soin : le cœur, le foie, la rate, l’estomac, les intestins grêles, les gros intestins, l’utérus en arrrière, en un mot tous les organes abdominaux, et l’on s'assure de l’état de vacuité du tube digestif. Puis on constate le rapport de ces parties avec les points où se rencontre la matité due à la tumeur; une première ligne verticale est tirée sur la partie moyenne de l’espace où la sonorité et l’élasticité des intestins ne se rencontrent plus; une seconde ligne horizontale part du mieu de la première ligne qui correspond au centre de l’ovarocélie, puis, deux autres lignes obliques coupent les premières & une égale distance de chacune de cellesci, et traversent le point où se rencontrent les lignes verticale et horizontale; on suit alors par la percussion, bien par delà la circonférence’ de l’ovarocélie, les huit rayons qui résultent de l’entrecoisement des quatre tracés que lon vient de faire, C’est alors que l’on percute avec le-plus grand soin, tantôt fortement et profondément, tantôt superficiellement et légèrement, tous les espaces qui correspondent aux lignes dont il vient d’être parlé. On dessine ainsi avec une attention extrème les points précis où les sons et le tact auxquels donne lieu le plessimétrisme des orÿanes voisins se manifestent. De l’ensemble de ces recherches résulte tout d’abord ur tracé qui indique létendue et la forme de la circonférence de la tumeur; cette forme est arrondie alors qu'il s’agit d’un seul kyste ou d’un seul corps fibreux; elle est inégale, bosselée, présente plusieurs tumeurs globuleuses faisant saillie à lentour si plusieurs hydrovarocélies constituent Pen: semble de la mässé morbide.

1684; Ce n’est pas ässez, entore une fois, que de chiercher à à sppré-

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cier les nuances variées de tact et de son que peuvent présenter les divers points de la surface de la tumeur : si l’on vient à trouver des différences de dureté, d’élasticité, de mollesse, etc., dans une étendue circonscrite quelconque, on suit pour cette étendue la même méthode que celle qui avait dirigé dans l’étude de l’ensemble de la célie. Le but de cette recherche est de constater l’état de dureté, de mollesse, etc., propre à chacune des tumeurs -mulüples que lon explore ; on trace ensuite des lignes partielles, puis on finit par indiquer au moyen du crayon la circonférence des kystes, etc., etc.; c’est de cette sorte qu’on parvient ainsi à juger très-approximativement de la contexture générale de la tumeur. 1685. Répélons encore que ce sont surtout les rapports de l’ovarocélie avec les intestins, estomac, le foie, les reins, lutérus, etc., qu’il est indispensable d’établir avec positivisme, et cela à l’aide soit des lignes précédemment indiquées, soit du dessin linéaire, soit enfin du tracé et des sensations données par le plessimétrisme,

$ 6. Applications pratiques du plessimétrisme des ovaires.

1686. Les applications du plessimétrisme des ovaires à la pratique sont d’autant plus importantes que la médio-percussion est à peu près le seul moyen physique d’apprécier l’état matériel de ces organes alors que leur volume est peu considérable; la palpation en effet ne donne des documents sur ces ‘parties qu'autant que leurs dimensions sont de beaucoup augmentées. Voici quelques-unes de ces applications, dont je chercherai à abréger lexposé en les présentant sous la forme de propositions :

1687. 1° Lorsque chez une jeune fille qui approche de l’âge de la puberté on constate, par le plessimétrisme, que les {ovaires acquièrent un volume supérieur à celui qu’ils avaient précédemment, on a de fortes raisons de croire que les règles sont sur le point de se manifester.

1688. 2° Quand, chez la femme adulte dont la menstruation est en retard, les ovaires deviennent volumineux, il y a lieu de penser à l’apparition prochaine des règles ou au commencement d’une grossesse.

1689. 3° Lorsque chez une femme de 40 ans les ovaires s’atrophient, il y a lieu de croire que le flux menstruel ne tardera pas à cesser d’avoir lieu.

PLESSIMÉTRISME DES OVAIRES; APPLICAT, PRATIQUES. 693

1690. 4° S'il arrive que chez une femme mariée les ovaires soient très-peu volumineux, et si, malgré la cohabitation prolongée, elle ne devient pas enceinte, il y a lieu de croire que le défaut de développement des ovaires est la cause de la stérilité.

1691. 5° Lorsque chez une femme Aypémique les règles font défaut, si l’on trouve par le plesimétrisme que les ovaires ont très-peu de volume, tout porte à-croire que la diminution dans les proportions du sang sont les causes de l’anuterrhagismie. Avant donc que d’administrer dans un tel cas des médicaments supposés emménagogues, on doit avoir recours à un régime substantiel, à des moyens hygiéniques qui le secondent, et plus tard à des médications locales qui, telles que les frictions, les applications chaudes et humides, les ventouses, etc., tendent à proquer une ovarémie.

1692. 6° Une douleur existe chez une femme dans l’une des régions iliaques, s’agit-il alors d’une souffrance en rapport avec le gros intestin, avec un abcès commencant, etc.? la médio-pereussion et l’organographisme permettant de dessiner l’ovaire, indique qu'il est situé précisément sur la partie où le mal a son siége et que partout où l’organe ne se rencontre pas, la douleur n’a pas lieu , tandis qu’elle est des plus vives sur l’espace auquel il correspond ; évidemment c’est cet organe qui est le point de départ du mal (1).

(1) « La nommée H..., primipare, se rend à Paris pour affaires. Elle y est surprise par les douleurs de l'enfantement. Ayant un bassin, vicié par excès d'amplitude, elle accouche après quelques rares et courtes douleurs, et la matrice subitement désemplie est frappée d'inertie et devient le siége d’une hémorrhagie abondante qu'on parvient à arrêter; vingt-quatre heures après, il survient une péritonite légère qui guérit d'elle-même très-promptement, à moins qu'on ne veuille attribuer sa euration à l'efficacité thérapeutique de deux ou trois frictions mercurielles sur l'abdomen, seul traitement qui ait été employé.

« Trois semaines s’écoulent, au bout desquelles on transporte la nouvelle accouchée chez sa mère, à Billanconrt, lieu de sa résidence habituelle. On me fait appeler huit jours après. Voici les symptômes qui ont motivé cet appel :

« Elancements fréquents et très-douloureux dans la fosse iliaque gauche, — engourdissement d2 la cuisse du même côté, — ventre très-sensible au toucher, surtout à gauche, — frissons nombreux, — constipation.

« Par la médio-percussion, je constate une tumeur ovalaire, ayant 9 centimètres de long sur 7 de large, siégeant dans la partie gauche du ventre, exagé-

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1693. 7 Par contre, si l’on constate par la médio-percussion que l'ovaire est situé à une certaine distance du lieu où la souffrance se fait sentir, il est évident qu’il ne faut pas l’accuser de la souffrance qui a lieu.

1694. 8° C’est le plessimétrisme qui a démontré pour moi : que, dans la plupart des accidents réunis par les pathologistes sous le nom d’hystérie, les ovaires et le plus ordinairement le gauche sont douloureux ou malades; qu’ils sont en conséquence le plus souvent les points de départ des névralgies intercostales, des gastropathies, des souffrances de la huitième paire (boule hystérique), des douleurs occipitales, des troubles sensoriaux, cérébraux et de motilité observés dansles affectionsdites hystériques.

1695. 9° Que si, à l’augmentation de volume des ovaires constatée par la médio-percussion, 1l se joint une douleur existant sur

rant la forme et la direction.et la position anatomique de l'ovaire qu'elle entoure. Une traînée phlegmoneuse, large de 2 centimètres environ, étend la douleur jusque vers le pubis. Je ne crois pas qu'il y ait de pus; le plessimètre percuté ne réfléchit, pour mot, ni le tact ni le son qui prouvent l'existence de ce produit morbide, Du reste, l’état général est satisfaisant; s’il y a des frissons, on n'observe pas la moindre fièvre, et la figure de la malade offre l’aspeet de la santé.

« Cependant j'avais quelques doutes ; je désirais, dans l'intérêt de Ff... et pour mon instruction, un contrôle rigoureux du fait pathologique que j'avais constaté, et dont m'incombait la responsabilité entière,

« J’eus donc l'honneur de faire appeler en consultation M. Piorry, pour lequel je professe une admiration qui n’a d’égale que ma reconnaissance profonde pour les témoignages d'intérêt et d'amitié sincères dont il m'a si souvent honoré.

« L'honoftable clinicien confirma le diagnostic que j'avais porté; il délimita, secundum artem, avec son habileté si connue, la tumeur dont j'avais déjà essayé l'esquisse, et j'eus le plaisir de voir que son dessin circonscrivait un ovale ayant, à un demi centimètre près dans le seul sens de sa longueur, les mesures que j'avais déjà trouvées.

«Le traitement conseillé par notre cher professeur a été fidèlement suivi : le repos, une application de sangsues, des cataplasmes émollients sur le point malade, des bains prolongés, des lavements laxatifs, ete., ont ramené peu à peu la résolution de l'engorgement périovarique. Une série de cercles concentriques, que j'avais d’abord tracés sur la peau, et que j'ai fidèlement reproduits sur le papier d’après le dessin plessimétrique, m'a démontré de visu, presque jour par jour, la diminution graduelle de la tumeur. Enfin, je suis arrivé, au bout de trois semaines environ, à ne coustater qu'une tumeur ayant la forme et le volume de l'ovaire lui-même. H... marchait sans gêne bien grande; il n’y avait plus aucune sensation de douleur... Ma tâche était terminée. »

(Bouché de Vitray fils.)

PLESSIMÉTRISME:; OVAROCÉLIES: OPÉRATIONS. 694

ces organes, que si de telles circonstances pathologiques sont récentes et passagères, 1l faut bien admettre alors qu’il s’agit d’une ovarémie,

1696. 10° S'il arrive que ces phénomènes persistent, que la dimension de la tumeur augmente, que la fièvre survienne, à coup sûr il s’agit d’une ovarite.

4697. 14° Advient-il que la tumeur augmente de plus en plus de volume et que sa forme s’altère, que la douleur y augmente, que les accidents phlegmasiques continuent, que des battements pénibles s’y fassent sentir, qu’un son et un tact hydriques soient obtenus par le plessimétrisme, tout porte à croire qu’il s’agit d’une collection purulente formée ou en voie de formation,

1698. 12° Le dessin plessimétrique des ovaires augmentés de volume permet, dans bien des cas, de les distinguer des abcès iliaques, qui n’ont pas la même forme et qui ne peuvent être facilement limités en dehors des os des iles auxquels touchent les parties engorgées, tandis que dans les ovarocélies un espace s0nore, dû à la présence de l’intestin, existe presque toujours entre la fosse iliaque interne ot la tumeur ; d’ailleurs, dans ce dernier cas, la médio-percussion de la fosse iliaque externe donne ordinairement un son et un tact gaziques, tandis qu'elle présente de la matité alors qu’il s'agit d’une pyoïe développée sur ce point du bassin,

1699. 13° Dés le début d'une ovarocéhe, le plessimétrisme permettra de constater le développement de la tumeur, et si cette augmentation de volume est incessante et continue malgré l’emploi des moyens actifs si utiles dans de tels cas (saignées locales, frictions alco-iodurées, compression, douches froides, ete.), elle conduira le médecin à ne pas attendre que le mal soit incurable pour avoir recours à des opérations, sur la possibilité ou la convenance desquelles la médio-percussion fournira des documents d’une extrême utilité, IL me paraît indispensable d'entrer dans quelques détails sur ce sujet.

4700. 44° Plusieurs circonstances anatomiques relatives aux tumeurs ovariques doivent être soigneusement notées avant que le chirurgien consciencieux se décide à pratiquer | RSR RSS et même la ponction des ovaires.

4701. D'abord il faut bien s’assurer que la célie est en contact avec les parois abdominales et si des anses intestinales ne l’en séparent pas, Or, n’est-ce pas surtout le plessimétrisme qui don-

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nera de précieux documents à cet égard, et oserait-on, en 1866, porter un coup de trois quarts sur un kyste ovarique avant d’avoir bien constaté que, sur le point où l’on se propose d’opérer, existent un son et un tact hydrique et qu’il ne s’y rencontre pas de sensations gaziques ou hydraériques qui indiquent la présence du tube digestif? Se permettrait-on encore de constater, avant de ponctionner, si le déplacement ne démontre pas l’existence d’une hydropéritonie?

1702. 15° Ensuite ne devra-t-on pas chercher à bien déterminer si l’ovarocélie est mobile, si elle n’est pas adhérente à quelque viscère abdominal? El n'est-ce pas la médio-percussion qui fera le mieux déterminer les changements de position survenus dans la tumeur à l’occasion des diverses atütudes où l’on fera successivement placer la malade ?

1703. 16° Les rapports exacts de la tumeur avec les organes qui l’entourent et surtout avec l’estomac, les côlons, les intestins grèles, le foie, ne seront-ils pas mis en évidence, soit par le dessin linéaire de ces organes, soit par les résultats plessimétriques de l’administration des aliments ou des boissons , ou des injectons abondantes dans la dernière portion du tube digestif, ete.?

1704. 17° Dans ces cas où j'ai rencontré sur les cadavres le côlon transverse partageant de haut en bas la surface de tumeurs ovariques et logé dans une sorte de sillon qu’elle présentait, n’aurait-on pas reconnu ce fait par la médio-percussion, et cette même connaissance n’aurait-elle pas empêché d’avoir recours à une extirpation dont le résultat inévitable eût été la mort ?

1705. 18° De la connaissance des rapports des tumeurs ovariques avec l’utérus, connaissance due au plessimétrisme, ne résulte-t-il pas un document précieux pour déterminer si une célie hypogastrique n’est autre qu’un corps fibreux utérin ou une ovaromégalie? Ne sait-on pas que dans le premier cas, la ma. tité de la lésion s’étend sans discontinuité jusqu’à celle donnée par l’utérus , tandis que dans le second presque toujours un son et un tact gazique, dù à la présence des intestins, se rencontrent entre les espaces mats que présentent: d’une part la tumeur et de l’autre la matrice,

1706. Enfin, lorsque des tumeurs ovariques ou autres, développées avant ou pendant la grossesse, existeraient dans l’abdomen en même temps que l’utérus serait volumineux, on pourrait souvent distinguer, au moyen du plessimétrisme, la ma-

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tité qui appartiendrait à la matrice et celle qui correspondrait à la production anomale. Il m'est arrivé, par exemple, de dessiner ainsi, et de la manière la plus exacte, soit, d’une part, la figure du foie, de la rate, d’un ovaire volumineux; soit, de l’autre, la matrice plus ou moins développée, Dans un cas vu à Ivry le 29 octobre 1845, en consultation, M. le docteur Lionet, médecin distingué de Corbeil, avait constaté, par la palpation, l'existence d’une tumeur ovarique dans le petit bassin; cette tumeur était contiguë à la matrice sans lui être adhérente ; or, il fut facile de trouver, sans que M. Lionet m'eût encore dit le résultat de ses investigations, que tout l’espace sous-pubien était mat, et que cette matité s'élevait jusqu’au niveau du rebord pelvien. La palpation vaginale vint alors confirmer les résultats plessimétriques, et nous trouvâmes une tumeur arrondie, légèrement bosselée, qui, étant située à gauche de l’utérus, portait cet organe à droite, était mobile par rapport à lui, et donnait lieu à cette matité latérale observée chez la malade. Nous constatâmes ensuite, M. Lionet et moi, qu’à gauche au-dessous du pubis, la matité correspondant à la tumeur était sensiblement plus marquée, plus résistante que celle qui, à droite, était en rapport avec l’utérus.

1707. Est-ce que le siége, la forme, le volume d’une tumeur ovarique ne doivent pas être pris en sérieuse considération, alors qu’il s’agit de porter les trois quarts du temps le bistouri sur une ovarocélie, et encore une fois n’est-ce pas la médio-percussion qui déterminera le mieux ce siége, cette forme et ce volume?

1708. Pourrait-on mettre en doute un seul instant qu'avant de pratiquer la ponction ou l’extirpation d’une ovaromégalie, il faut, autant que la science le permet, en apprécier la structure, et savoir : si elle est composée de plusieurs kystes, de corps solides ou liquides; si des enveloppes dures ou molles y entourent des substances de telle ou telle consistance; si des hydatides sont contenues dans la tumeur; si du pus s’est formé dans quelque point de la masse morbide; si par la pression qu’elle cause sur les organes voisins, si par le refoulement des viscères qu’elle occasionne, elle ne donne pas lieu à la rétention des gaz ou des scories, à des dyspnées extrêmes, à des stases sanguines dans le cœur, dans les poumons ou le cerveau ; à une hypoxémie dont la mort peut être la prompte conséquence. Et. n'est-ce pas le plessimétrisme qui fera préciser d’une manière souvent absolue l'existence de ces documents si précieux ?

Que l’on n’ait donc désormais recours à des opérations dangereuses sur les tumeurs ovariques qu'après avoir eu recours à la médio-percussion pratiquée avec un soin extrême; ce n’est pas ici d’une question de rivalité, d’amour-propre, de préoccupations d’esprit qu’il s’agit, mais bien de l’obligation absolue d'acquérir des connaissances sans lesquelles on peut compromettre la vie de malheureuses femmes par des opérations imprudentes ! |

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