‹ Traité de plessimétrisme et d'organographismeChapitre 26 sur 207 · INSUFFISANCE DES DÉNOMINATIONS ADMISES · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE DES DÉNOMINATIONS ADMISES

$ 2. Insuffisance des termes qui, jusqu'à présent, ont servi à dénommer les sensations placoplessiques.

100. L’insuffisance de la nomenclature des sons et des impressions tactiles du placoplessisme ne doit pas, en conséquence, être reprochée aux auteurs qui ont écrit de 1766 jusqu’à ces derniers temps. Puisque la science et l’art de la percussion n'étaient pas assez avancés, ces auteurs ne pouvaient mieux faire qu'ils ne l’ont fait; aussi, tout en blâmant les expressions reçues en placoplessisme, n’ai-je en rien l'intention de censurer les écrivains qui les ont proposées ou admises. Ce n’est ni contre Avenbrugger ou Corvisart, ni contre Laennec ou contre MM. Barth et Roger, que je m’élève; loin de blâmer les tentatives de M. le professeur Skoda, je me plais à rendre justice à cet habile expérimentateur et à son traducteur, M. le docteur Aran; je n’ai ici d’autre intention que de faire voir combien il faut apporter, dans le langage destiné à exprimer les faits de percussion, la sévérité, l'exactitude et la clarté sans lesquelles il est impossible de progresser dans les sciences. J’ai si peu d'idées préconçues à ce sujet, j’abandonne si facilement mes opinions premières, alors que la logique et la vérité l’exigent, que je renonce, sans aucune peine, aux mots dont je me suis servi depuis 4826, c’est-à-dire depuis la découverte du plessimétrisme.

101. Dans les premiers temps de la percussion, Avenbrugger (1766), Corvisart, Laennec et leurs élèves, dans les vingt premières années de ce siècle, ne connaissant pas, à beaucoup près, les nombreux résultats du plessisme, se servaient seulement, pour caractériser les phénomènes acoustiques que les organes percutés peuvent donner, des adjectifs mats, sonores, tympaniques. Pour exprimer les degrés auxquels ces mêmes phénomènes se prononçaient, ils y ajoutaient les termes de comparaison : érès-peu, plus, moins, extrêmement , elc.; termes qui ne désignaient en rien la disposition et la structure des corps explorés au moyen de la percussion, Ce vocabulaire était d’une telle simplicité, parce que les faits qu’il servait à exprimer étaient peu nombreux et peu compliqués. Quand une science et même un art s’étendent et s’enrichissent, il faut bien que la langue qui leur est propre adop!e et consacre des mots nouveaux, et que leur nomenclature devienne plus précise et plus complexe.

$ 3. Noms des sensations placoplessiques dont les bases sont les termes qui désignent les organes.

102. Dès les premières recherches sur le placoplessisme (1826), les mots anciennement reçus ne suffirent plus pour désigner les divers résultats que la percussion médiatisée permettait d'obtenir. Alors, n’appliquant pas assez les faits physiques généraux à ceux que chaque jour je constatais dans les organes, je crus devoir emprunter aux noms de ces derniers des adjectifs qui pussent spécifier les sons que donnait le placoplessisme; j’adoptai, en conséquence, les dénominations suivantes (1) :

dés ONE = ouate di RETENUS

de la cuisse..... “soie vos 3 CIC OTIRS

QU TONER Se rare Jécoral.

du cœur ..... ne detre | cardial.

de l’estomac..... reset stone.

Son {du cent in Mracoecal.

de l'intestin ..... Huet . intestinal.

du poumon.......,...... pulmonal.

de l'eau: 678 se. NUMOFIQUE;

de l’eau et de l’air...... .. métallique.

|'OCS'HITUANTRS- Ferre hydatidique.

103. Dans le 7raité de médecine pratique, j'ai changé la désinence de ces dénominations ; ainsi j'ai écrit : ostéique et non ostéal; hépatique et non jécoral, etc. Mon but, dans ces changements, était de me conformer au système général de Ponomapathologisme, et de ne pas augmenter inutilement, en me servant de la désinence al, le nombre des terminaisons de la nomenclature. J'avais ajouté, au tableau précédent, le mot hydatique, pour exprimer le frémissement que donnent, par la percussion, à l’oreille et au doigt, les kystes hydatiques.

404. La détermination du caractère propre à un son, par le nom de l’organe qui lui donne lieu, est bien loin d’être aussi pratique que d’abord je l’avais pensé. Le bruit que produit un viscère variant infiniment, même à l’état normal, de caractère et d’intensité, il en résulte qu’il ne peut fournir, sous le rapport de la per-

(1) Traité de la percussion médiate, 1896, p. 33. — Procédé opératoire, n° 31, et passim, Traité de diagnostic, etc.

cussion, un type, un point de départ fixes; et, par exemple, les sensations placoplessiques que donnent le foie ou la rate percutés, sont très-différentes entr’elles : 4° suivant les points de ces organes que l’on explore ; 2° suivant l’épaisseur de ces viscères ; 3° suivant les parties situées au-dessous d’eux ; 4° suivant encore les proportions de sang qui se trouvent dans leurs vaisseaux, etc. Les sons stomacal ou intestinal sont on ne peut plus dissemblables alors que l'estomac et l’intestin contiennent des liquides ou des gaz, de sorte que les noms par lesquels je désignais des sensations acoustiques et tactiles, bien que permettant de constater l'existence de phénomènes diagnosiques nombreux, étaient fort loin d’être inattaquables. Bien plus, les sons obtenus et gratifiés du nom de tels ou tels viscères étaient si peu fixes et spéciaux qu’il serait absolument impossible, même aux médecins les plus versés dans le placoplessisme, de dire, en se fermant les yeux, si telle sensation LE obtenue sur un point du corps appartient à telle partie

à telle autre. C’est seulement en comparant entr'eux les résultats de la percussion sur les divers organes que l'on reconnait à coup sûr que tel son correspond à telle ou telle partie.

105. Les inconvénients des adjectifs précédents ont été si graves, qu'en pratique j'ai dû y renoncer; aussi est-il arrivé que, depuis vingt ans, au lit du malade, je ne m’en sers presque jamais.

106. Ce qu'il y a de pis, c’est que plusieurs de ces done tions sont tout à fait de convention, et qu’il faut, alors qu’on veut en faire usage et être bien compris, avoir recours à des définitions et à des explications préalables. Ainsi, pour que l’on ne se méprenne pas sur ce que l’on veut dire par les sons stomacal, intestinal, etc., il faut déclarer par avance que l’on est dans lintention de n’exprimer par ces locutions que les sons donnés par l'estomac ou l’intestin, seulement alors que ces viscères sont médiocrement distendus par des gaz.

S 4. Noms des sensations placoplessiques en rapport avec les conditions physiques qui causent ces sensations.

107. La meilleure et peut-être la seule base d’une bonne détermination et d’une désignation convenable des sensations acou et aphéplessiques est de nommer celles-ci au moyen d’adjectifs

exprimant les conditions physiques, la disposition moléculaire, qui sont le plus souvent en rapport avec telle ou telle qualité de sons où d’impressions tactiles.

408. Par les raisons qui vont être exposées, on ne peut logiquement se servir des mots suivants employés par M. Skoda et par divers auteurs :

109. 1° Son plein. Cette expression, employée par le professeur .de Vienne et justement critiquée par M. Aran, se rapporte-elle à l’idée de la plénitude par de lair, de l’eau, ou par une substance quelconque? C’est ce qu'il aurait fallu nettement expliquer, car les sons qui ont lieu suivant que l’on percute des corps remplis par des fluides élastiques, sont entièrement différents de ceux que produit une cavité remplie d’eau ou d’une substance pâteuse.

4110. 2 Son vide. Cette locution est encore moins précise que la précédente, On ne peut entendre par son vide que celui qui se produirait dans une cavité où aucun corps ne serait contenu. Or, si l’on voulait exprimer ici le résultat de la percussion du vide produit par la machine pneumatique, on émettrait une assertion complétement opposée aux faits, attendu que le vide ne donnerait aucune sensation acouplessique, que la paroi de la cavité où il aurait lieu serait seule vibrante, et que ce ne seraient pas les sons que cette paroi produirait, qui seraient aptes à donner l’idée de l’absence dans la cavité de tout corps sonore. Remarquons, d’ailleurs, que dans aucune partie du corps de l’homme on ne pour-rait constater le vide proprement dit, puisqu'il n’y existe nulle part. Peut-être a-t-on voulu appeler vide le son fourni par une cavité ne contenant que de lair; mais, s’il en était ainsi, à coup sûr la dénomination de serait tout à fait mauvaise, puisqu'elle se rapporteraità un corps plein de fluides élastiques. Voudrait-on assigner l’expression vide aux cas dans lesquels une partie sphéroïde el creuse serait peu distendue ? Mais cette sensation de non distension étant dissemblable alors qu’il s’agit de corps gazeux, liquides ou pâteux renfermés dans une cavité, ne peut être exprimée par la dénominalion unique de son vide.

111. Il y à une telle confusion et si peu de clarté dans les idées que l’on peut se former du sens affecté aux dénominations plein el vide, adoptées par l'honorable professeur Skoda, que, suivant ce médecin, la cuisse donne, par le plessimétrisme, wn son vide, el que l’estomac où le poumon, remplis de gaz et percutés, produisent un son plein. Ceux qui connaissent le mieux le placo-

plessisme et qui ont consacré à son étude la moitié de leur vie, peuveni à peine comprendre ce que signifient les expressions plein et vide que l’on emploie à Vienne. On n'a affirmé que les mots allemands dont se sert M. Skoda n’expriment pas les mêmes idées que les termes français plein et vide, que M. le docteur Aran emploie dans sa traduction. Maïs nous sommes dans la nécessité de prendre les dénominations précédentes dans le même sens que les auteurs français qui, comme M. Aran, ont beaucoup étudié l'allemand; nouvelle preuve, s’il en était besoin, que, dans l’intérêt de l’humanité et dans celui des sciences, il faudrait qu’il n°y eut pour les savants et pour les peuples qu’une seule langue comprise par tous d’une manière semblable. Si les hommes de tous les pays parlaient le même langage, à coup sûr leurs disputes de paroles et leurs sanglantes querelles deviendraient plus rares, Ceux qui, tout en déplorant la pauvreté prétendue de notre langue, crient sans raison contre le néologisme, ne peuvent se dispenser de convenir qu’il faut bien ici employer des dénominations nouvelles, puisque les mots reçus et généralement usités conduisent, dans les cas dont nous venons de parler, aux idées et aux interprétations les plus fausses et les plus inintelligibles, |

142. 3° Son clair. Clair se dit d’un degré remarquable de lumière dans lequel un corps se trouve placé. Dans le sens propre, la clarté ne peut être appréciable que par la vue. C’est dans un langage figuré que l’on applique aux sons l’adjectif : clair. Pour ma part, j'avoue ne pas nettement concevoir ce que l’on désigne par son clair. Ce bruit n’est-il distinet de la sonorité tympanique que par un degré moins marqué? Faute, sans doute, de bien comprendre ce que signifie exactement le mot allemand que M. Aran a traduit par clair, tout le passage du livre de M. Skoda qui se rapporte au son clair a été pour moi complétement inintelligible. |

113. 4° Le mot: son obscur, bien que se rapportant encore aux sensations que donne la vue, est plus facile à comprendre que les précédents. Dans la pratique, obscurité de son désigne assez neltement un état moyen entre la sonorité et la matité. C’est, en quelque sorte, un certain degré de cette matité réuni à une sensation médiocre de sonorité. Cependant, ce n’est pas encore là une expression dont l’application soit exacte, En effet, elle ne peut avoir une signification précise, absolue ; on ressent plutôt

les impressions qu’elle est destinée à caractériser, plutôt, dis-je, qu’elle ne peut servir à les définir et à les déterminer.

114. 5° Désigner par le mot sourd un son donné par la percussion, est ne se conformer en rien à la signification habituelle du langage reçu, et tout abandonner au caprice de celui qui veut appliquer cet adjectif à un bruit placoplessique. Le malade, le médecin, peuvent être sourds, mais ce n’est pas le bruit donné par la percussion qui est susceptible d’être atteint de surdité. Veut-on dire par le mot sourd, qu'il n’y a pas de retentissement dans le bruit auquel on applique cet adjectif, ainsi qu’il en arrive, soit pour un tambour recouvert d’un crêpe, soit pour un violon sur le chevalet duquel on a placé une sourdine, etc.; mais dans les faits de plessisme recueillis sur l’homme on ne trouverait guère l’occasion d’utiliser le terme : bruit sourd, et 1l serait extrêmement difficile de le rapporter à un état organique déterminé. Pour faire voir à quel point il est difficile de s’entendre sur l’acception qu’il convient de donner à /a surdité du son, il suffit de faire remarquer que M. le professeur Skoda affirme, qu’une épais- | seur de poumon hépatisé d’une profondeur de six pouces, assourdit le son du tissu pulmonaire situé au-dessous de cette partie lésée. Un tel assourdissement ressemblerait infiniment à la matité des corps solides.

115. 6° L’adjectif tympanique est l’un des mots les plus expressifs et les plus convenables qui aient été employés pour désigner les résultats du plessisme ou du placoplessisme; il s’applique à un son analogue à celui que donne un tambour (tympanon en grec) que l’on vient à frapper, et, en effet, les circonstances dans lesquelles le son dit tympanique se produit dans le corps de l’homme alors que la percussion est exécutée, présentent une très-grande analogie avec la disposition de la caisse et des mem- Pranes tendues de l’instrument que l’on appelle tambour ; exemples : la cavité thoracique très-résistante et élastique remplie par les poumons distendus par de lair ; la plèvre dans laquelle à la suite d’une perforation pulmonaire le fluide atmosphérique a largement pénétré. Cependant le mot tympanique ne peut être convenablement appliqué aux sons que donnent certaines collections gazeuses circonscrites, de peu d’étendue et qui résonnent tout autrement qu’un tambour ; il en est ainsi des bruits que produit une anse d’intestin pleine de gaz et qui est située sous les parois du ventre et au-devant d’une tumeur abdominale, On peut en dire autant

de l’air renfermé dans une cavité osseuse comme il en arrive pour les sinus frontaux ou maxillaires, ou encore pour les cellules mastoïdiennes remplies par le fluide atmosphérique.

Si, dans cet ouvrage, j'ai employé souvent le mot tympanique, j'éviterai de me servir de l’expression non tympanique admis par M. le professeur Skoda, parce que, dans mon opinion, 1l faut autant que possible ne pas chercher à caractériser un fait ou une chose par l’absence d’un autre fait ou d’une autre chose.

116. 7° L’acuité et la gravité des sons n’ont en placoplessisme que peu d'applications. Sans doute on peut se servir des mots aigus et graves pour désigner les tons qué ces mots expriment, mais de tels caractères sont en diagnose d’une importance trèssecondaire et il est très-rare que l’on trouve l’occasion de les utiliser.

117. 8° Le mot sec est peu employé par les auteurs qui ont traité de la percussion. Il est cependant l’un des plus justes et des plus expressifs dont on puisse se servir dans l’étude des faits placoplessiques. Il donne, en effet, l’idée d’un état bien caractérisé et bien défini des corps : la sécheresse qui est inséparable d’un certain degré de dureté. La sensation en rapport avec cette sécheresse est tout aussi appréciable au doigt qu’à l’oreille, circonstance fort importante et qui devrait faire adopter l’expression dont il s’agit, s’il ne suffisait pas en pratique de l’employer, non pas comme désignant un caractère spécial et primiüf des sons, mais comme une qualité accessoire qu’il est bon de noter. C’est un adjectif usuel que le mot sec, et on l’utilise en placoplessisme dans les cas où l’on s’en servirait ailleurs.

8. 5. Conditions que doit présenter une bonne nomenclature des sensations placoplessiques.

118. Pour que les dénominations dont on veut faire choix en percussion médiatisée méritent d’être adoptées, 1l faut qu’elles réunissent les conditions suivantes : |

1° Elles doivent exprimer un état défini;

2 Il convient qu’elles soient applicables à la fois à des sensations tactiles et acoustiques se rapportant à des circonstances anatomiques bien précisées ; |

3° Elles doivent exprimer tout aussi bien les sensations fournies parle plessisme des corps en général que celles qui résultent de la percussion des organes de l’homme;

4 Il est indispensable qu’elles soient en harmonie avec celles qui rentrent dans le cadre d’une nomenclature générale des états Org CU et de leur pathogénie;

° Il est encore non moins utile que ces appellations puissent aletent être réumies entre elles de manière à former des mots composés désignant par leurs éléments des caractères placoplessiques isolés, mais susceptibles de se combiner entre eux ;

° Elles doivent enfin se prêter à l'addition de particules ou de signes exprimant les degrés en plus ou en moins et le siége superficiel, profond, ete., des états moléculaires qui donnent les sensations plessiques spécifiées par les expressions dont il s'agit.

119. Les preuves du progrès que le placoplessisme a faits depuis quelques années, et de l'utilité générale de la nomenclature organopathologique se déduisent tout d’abord des considérations suivantes : il est actuellement facile de caractériser par des mots les sons et les sensations tactiles que donne la percussion médiatisée; les particules consacrées par la nomenclature désignent de la manière la plus nette et la plus exacte non-seulement les sensations plessiques, mais encore les variétés qu’elles peuvent présenter sous le rapport de leur degré, de leur cause organique, des circonstances qui coexistent avec elles, et de la réunion de ces sensations isolées.

120. Les seules bases scientifiques propres à établir des divisions entre les résultats sensoriaux du placoplessisme sont à coup sûr les dispositions physiques ou matérielles variées que peuvent présenter les corps percutés. Les dénominations, fondées sur de telles divisions, ont une utilité réelle et présentent une application pratique de tous les moments.

6. Tableau et formation des noms applicables aux sensations placopiessiques que donne la percussion médiatisée.

121. La nomenclature des sons et des impressions tactiles fournies par le placoplessisme serait parfaite si chacun des mots de cette nomenclature se rapportait toujours d’une manière absolue à une condition de texture toujours la même et très-exactement déterminée. Or, ce rapport est à peu près exact dans les expressions suivantes présentées ici sous forme de tableau et qui sont presque complétement puisées dans les éléments du pathono- MISNIe,

NOMENCEATURE DES SENSATIONS PLACOPLESSIQUES. 39

! sclérosiques (de dureté).

malaxiques (de mollessc).

“4e hydrique (d'eau).

£ | simples .....{ gaziques ou aériques Sensations acouplessiques (de gaz ou d'air).

(données à l'oreille par tympanique (de tambour). la percussion ). \ palliques (de vibrations).

à 1 £ C4 à eg à ù CRC / © l Sensations aphéplessiques | CoMposees scléro RFIQUE (données au tact par la | (de plusieurs ou aerique.

| ali ) malaxo.. | :

percussion ). sensations tympanique.

| simples). | hydro... \ pallique, etc.

122. Aux dénominations précédentes, qui expriment des circonstances matérielles nettement caractérisées, il est parfois utile, dans la pratique, d'ajouter des adjectifs désignant telle ou telle condition de forme, d’étendue, de capacité, présentées par les sons, tels que ceux-ci : grave et aigu, large et étroit, sec ou mat, élastique et retentissant, etc.

193. Il est impossible d'exprimer, par des termes spéciaux, les nuances infinies de dureté, de mollesse, de sonorité, ete., que les corps divers peuvent présenter; on peut seulement désigner approximativement les degrés de leur intensité, par les particules hyper (plus), kypo (moins), et v ajouter même un ou plusieurs signes +—+(plus), — — (moins), à l'effet de donner plus d’étendue à l’échelle de gradation que l’on veut établir.

424. Pour exprimer, par des mots courts et significatifs, la profondeur à laquelle se trouvent les circonstances matérielles qui donnent lieu à telle ou telle sensation placoplessique, on se sert avec avantage des particules épi (au-dessus), endo (en dedans), péri (à l’entour), et, par exemple, les sons dits épi-aériques se rapporteront au bruit aérique superficiel; les résonnances endo-hydriques, aux sensations de plessisme données par des liquides profondément placés; celles que lon dénommera périsclérosiques, à des impressions acoustiques ou tactiles dues à des membranes solides et tendues, entourant des tissus moins résistants.

Entrons dans quelques détails indispensables, relativement aux expressions qui viennent d’être exposées.

195. Ces dénominations se rapportent, comme l'indique le tableau précédent, à deux séries de sensations placoplessiques :

4° à celles qui paraissent être simples, isolées, distinctes; 2° à celles qui se rapportent à des phénomènes acoustiques et tactiles compliqués.

8 7. Sensations placoplessiques simples.

196. Les sensations sclérosiques données par le placoplessisme sont constamment l’effet de la percussion des corps solides, durs, et plus ou moins denses, tels que les métaux, les pierres, les diverses espèces de bois, livoire, les os et les cartilages, les tumeurs dont la texture est très-compacte (tumeurs calcaires, fibreuses, etc.). Si un muscle, mou dans le relâchement, se contracte, rapproche ses molécules, alors il devient dur et donne lieu aux sensations sclérosiques. Si, comme nous lavons vu (n° 50), on percute un ballon membraneux très-distendu avec la médiation d’un placoplesse superficiellement appliqué, la dureté que l’on ressent est due, non pas au gaz contenu, mais à la paroi solide très-tendue qui entoure ce gaz. C’est là un phénomène périsclérosique. Presque toujours le son et le tact hyper-sclérosiques sont accompagnés d’un caractère de sécheresse marqué, comme il en arrive pour les métaux, l’ivoire, les os, les bois très-durs. Le doigt et l'oreille éprouvent ici un sentiment plus ou moins prononcé d’élasticité. C’est précisément le caractère sclérosique des sons dus à la présence des corps durs qui communiquent à la respiration et à la voix auscultées les caractères : bronchique, tubaire; de sorte que l’on pourrait aussi assigner avec avantage à ces deux timbres d’auscultation, ce même adjectif : sclérosique qui se rapporte, en définitive, au même caractère physique de dureté. (Voyez la note du n° 40.) |

127. L'expression malaxzique désigne, en placoplessisme, les impressions tactiles et acoustiques qui sont produites par la percussion des corps mous, tels que les graisses, l’argile très-humectée, une peau très-épaisse et graisseuse, le cerveau, certains muscles relâchés, des poumons simplement congestionnés, des hémoplasties pulmonaires au pleurétiques, un cœur peu épais et contenant beaucoup de sang, des matières demi-liquides contenues dans l’intestin, etc.

128. Le mot malaxique serait aussi bic loin de suffire s’il n’était pas mieux caractérisé, suivant les cas, par les additions de particules hyper, hypo, +, —, péri, épi, endo, etc., particules dont

il à été parlé (n° 193), ou par les adjectifs superficiel, profond, etc. ; plusieurs nuances de sensations tactiles et de sons malaxiques se rapprochent beaucoup des impressions sclérosiques ; les cas intermédiaires pouvant être désignés par le terme composé sc/éro-malaxique ; telles sont les sensations placoplessiques qui se rapportent aux reins, au foie induré, à certaines tumeurs ovariques, aux kystes contenant des substances demisolides, à diverses variétés du cancer, etc.

129. Les sons et le tact hydriques, comme cette dénomination lindique, sont dus à la présence d’un liquide sur les points percutés,. Ils sont caractérisés par la sensation d’une sorte d’absorpüon, d’anhilisation de la sonorité et de l’élasticité. IL semble, dans ce cas, que le corps percuté ne rende, ni au doigt. ni à l’oreille, le mouvement ou la vibration qu’on lui imprime. On constate ces phénomènes placoplessiques sur la surface de l’eau recouverte d’une plaque solide frappée perpendiculairement; dans un ballon à parois membraneuses et remplies de sérosité ; sur des liquides renfermés dans la plèvre, le péritoine, le pérididyme (tunique vaginale); dans les capsules synoviales distendues; dans les kystes séreux ou purulents; dans les abcès; dans la vessie pleine d'urine; dans lestomac, lPintestin renfermant des matières chymeuses ou stercorales liquides (hydroscories); dans les collections de sang (récemment épanché) ou de pus; dans les épanchements de sérosité que renferme le tissu cellulaire; dans les poumons contenant beaucoup de liquides non spumeux, etc. Pour désigner des circonstances aussi nombreuses et aussi diverses que celles qui viennent d’être énumérées, le mot hydrique ne peut suffire qu’autant qu’on y ajoutera encore les particules hyper, hypo, épi, endo, péri, etc., ou les signes + +, — — ou des adjectifs appropriés aux cas particuliers que l’on veut exprimer.

130. Les mêmes conditions organiques qui donnent ainsi lieu aux sensations hydriques et malaxiques, sont cellés qui, lors de l’auscultation, arrêtent en grande partie la transmission des bruits auscultés de la respiration, des ronchus, de la toux, et des vibrations de la voix. (N° 10.)

131. Les sensations que donnent, par la percussion médiatisée, les gaz, l’air et les vapeurs, ont pour caractères une sonorité et une élasticité marquées, ainsi qu’un défaut de résistance au doigt. Elles peuvent même être divisées en deux principales catégories :

pos ©

132. Les sensations aériques où gaziques. Elles sont douces, moelleuses au tact et à l’ouïe, et en quelque sorte veloutées ; elles rappellent le bruit que donne, par le placoplessisme, un matelas que l’on frappe doucement. Elles se manifestent surtout quand on pereute médiatement un corps aréolaire dans lequel un tissu, solide et rare, contient une grande proportion de gaz interposé entre ses mailles. On obtient ces sensations, de la manière la plus manifeste, par le placoplessisme, d’un fauteuil rempli de crin, de certains oreillers, d’un poumon dont les cellules contiennent exclusivement de l’air. Ce bruit et cette sensation aériques ou gaziques, sont au placoplessisme ce qu'est à l’auscultation de Laënnec la respiration vésiculaire, (N° 10.)

133. Les sensations fympaniques du placoplessisme, n’ont pas été assez nettement distinguées des bruits et du tact aériques dont il vient d’être parlé. Elles sont en rapport avec des fluides élastiques contenus dans une cavité plus ou moins analogue à celle que circonscrit un tambour...— Ier il n’y a pas, ou il n°v a que peu de tissu solide ou aréolaire interposé; des gaz seuls sont mis en vibration; c’est ce qui donne à ces sensations les caracères qui leur sont propres, et qui sont d’autant plus prononcés, que les parois qui environnent les fluides aériformes sont plus solides et plus susceptibles de vibration. Le bruit tympanique est plus retentissant, plus large, plus étendu que le bruit aérique, dont 1l diffère beaucoup, bien qu’un grand nombre de sons, intermédiaires à ces deux phénomènes placoplessiques, puissent se rencontrer dans beaucoup de cas. La percussion d’un tambour, d’un tube à parois membraneuses, l’estomac, le cœcum, les intestins, le péritoine, utérus, les joues, dilatés par de Pair ou du gaz; les plèvres, les grandes cavernes pulmonaires, le tissu cellulaire, qui se trouvent dans le même cas, donnent lieu, par le placoplessisme, au tact et au bruit tympaniques.

134. Ces phénomènes sont du même genre, et tiennent aux mêmes circonstances matérielles et organiques que la respiration bronchique ou tubaire, que la bronchophonie ou la pectoriloquie observables au moyen du stéthoscopisme. (N° 410.)

135. C’est principalement pour les nombreuses variétés de sensalons placoplessiques de caractère aérique où tympanique, qu’il est utile de les distinguer entre elles par les particules hyper, hypo; par les signes +, —; par les adjectifs larges, étendus, graves, aigus, ete,; car il est pour ces sensations une foule de

NOMS DES SENSATIONS PLACOPLESSIQUES SIMPLES. .43 nuances que des mots simples seraient tout à fait inhabiles à déterminer.

136. Le son et le tact placoplessiques désignés sous le nom de palliques, ne sont autre chose que des sensations en rapport avec les vibrations appréciables dans les corps par le doigt et par loreille. Sans doute, tous les bruits et toutes les sensations tactiles de la percussion sont dues à des vibrations; mais on ne peut percevoir distinctement la plupart de celles-ci, et c’est seulement par expérimentation et par l'induction, que, pour la plupart d’entre elles, on peut admettre l'existence d’oscillations, C’est exclusivement à ces vibrations, manifestement ressenties, que l’expression pallique est ici appliquée; or, on les reconnait très-distinctement dans les circonstances suivantes :

137. 1° Quand on frappe certains corps en verre ou en cristal, ou encore certains objets dans la composition desquels entrent des ressorts métalliques plus ou moins élastiques, tels sont : un sommier, un fauteuil, tels qu’on les fabrique actuellement; tels sont encore une montre à répétition, des kystes hydatiques renfermant des vésicules de cysticerques à parois résistantes et gélalitriformes (1) ; 2° lorsque l’on percute des membranes très-distendues par un liquide, et qui présentent beaucoup d’élasticité ; 3° quand on imprime un choc à un ballon en caoutchouc plein d'air, et offrant à sa surface des bandelettes circulaires de la même substance (expériences faites par M. le D' Bracou, à la clinique de la Charité) ; 4° lorsque l’on percute sur les parois de la poitrine, derrière lesquelles existent des cavités pleines d’eau et d'air; 5°enfin, comme il a été dit, quand on porte vivement les deux mains rapprochées et pleines d’air sur un corps dur, tel que le genou, de manière à faire échapper le fluide élastique entre les fissures qui se trouvent entre des parties de peau juxtaposées.

138. Ces vibrations, ce cliquetis spécial des sons obtenus par le plessisme, sont tout à fait analogues au tintement métallique de lauscultation et à Pégophonie de Laënnec (n° 10); aussi ai-je donné, suivant moi très-justement, à celle-ci le nom de phonopallisme.

(1) Récemment, dans mon service à l’Hôtel-Dieu, j'ai constaté avec les élèves qu'en plaçant dans la main une vésicule hydatistique, et en la percutant, la main qui la supportait et le doigt qui la frappait ressentaient très-manifeste ment la vibration que j'ai désignée sous le nom de pallique.

8 8. Sensations plessiques composées.

139. Les sensations tactiles et acoustiques dont il vient d’être fait mention sont simples, mais elles se combinent souvent entre elles dans des proportions très-variées. Telle région du corps, saine ou malade, donne à la fois le son et le toucher sclérosiques et les impressions plessiques qui correspondent à la présence de gaz contenus dans des cavités de forme plus ou moins tympanique. On observe ces phénomènes complexes lorsque l’on percute : 4° le larynx, sorte de coffre résistant et contenant de l’air ; 2° de larges cavernes pleines de gaz, et entourées de tissus indurés; 3° la plèvre, épaissie par des membranes accidentelles solides, et distendue par des fluides élastiques; 4° le tube digestif ou angibrôme, fortement pressé par les muscles abdominaux contractés, alors qu'il renferme en grande proportion des corps gazeux, etc., ete. Dans tous ces cas, il s’agit des sons et du tact scléro-tympaniques.

140. Le caractère sclérosique se combine souvent avec celui de nature aérique que donne le poumon sain et plein de fluides élastiques. Il s’agit alors de sons et de sensations tactiles scléroaériques, qui sont obtenus alors que l’on percute des vésicules pulmonaires saines situées au-dessous d’une lame de plevre dont la surface est recouverte par une membrane sohde très-épaisse, ou quand une couche de tissu pulmonaire induré forme une enveloppe solide au devant d’une portion saine et élastique de ce même tissu.

441. On peut, dans certains cas, constater la coïncidence de la réunion des bruits hydrique et aérique. Cela a lieu alors que l’on percute la plèvre contenant une couche médiocre de sérosité derrière laquelle se rencontre le poumon plein d’air.

142. Chose remarquable, on saisit dans d’autres circonstances les sons aériques combinés avec le bruit tympanique. Il en arrive ainsi, lorsque le placoplessisme est pratiqué sur la partie latérale et inférieure du poumon gauche rempli d’air, et situé extérieurement à un estomac très-distendu par du gaz.

143. Le placoplessisme de muscles relâchés ou d’une rate molle, etc., alors que derrière ces organes se trouvent des anses intestinales pleines de gaz, donne, par le placoplessisme, un bruit complexe qui mérite le nom de malaxo-tympanique.

144. Faisons ici une remarque importante ; c’est que toutes les sensations placoplessiques obtenues dans le corps de l’homme, alors que l’on percute avec un certain degré de force, sont toujours plus ou moins complexes. En les analysant, on les trouve ordinairement composées : 1° d’un caractère principal, sclérosique, malaxique, hydrique, tympanique, etc., caractère que lon obtient presque isolé, alors que l’on n’a recours qu’à un choc médiocre ; et, 2° d’autres sons et d’autres impressions tactiles secondaires. D’après ce qui a été dit (n° 88), cette complication de résultats plessiques est due à ce que les organes, plus superficiellement placés, servent de placoplesses pour les parties sousjacentes. Cela est si vrai, que le corps de l’homme, percuté fortement, fait entendre en même temps, non-seuléement les bruits qui lui sont propres, mais encore des résonnances en rapport avec les substances qui lui sont sous-jacentes.

445. Les bruits et les sensations hydro-palliques, sclérosaériques, etc., auxquels donne lieu le plessisme, se manifestent dans un grand nombre de cas dont nous aurons à parler plus tard. Mais de toutes les combinaisons de sensations placoplessiques, la plus importante peut être est celle qui a reçu le nom d’hydro-aérique. Nous avons déjà mentionné (n° 108) ce tintement spécial auquel on a donné le nom de métallique, à cause de son tümbre argentin, et que font entendre des liquides et des gaz contenus dans une cavité plus ou moins étendue. Ce tintement a lieu alors que l’on frappe, soit au niveau du liquide, soit un peu audessus ou un peu au-dessous de ce même niveau; c’est là le bruit hydro-aérique ou hydro-tympanique, dont la résonnance varie en raison d’une multitude de circonstances parmi lesquelles il faut noter l’étendue de la cavité où il se manifeste, la disposition ou la structure des parois de celle-ci, la proportion respective des liquides et des fluides élastiques qu’elle contient, etc., etc. On observe le bruit hydro-aérique, qui présente toujours le caractère pallique ou oscillatoire, dans les cavernes pulmonaires con. tenant de l’air et du pus; dans les cavités pleurales, gastriques ou intestinales; dans le péritoine et dans les foyers sous-cutanés, etc., alors que ces parties renferment simultanément, d’une part des gaz, et, de l’autre, de la sérosité, du sang ou des liquides sécrétés.

146. Les applications pratiques de la connaissance du bruit hydraérique sont aussi nombreuses qu’importantes ; malheureu-

sement, el par des circonstances physiques difficiles à apprécier, ce phénomène ne se manifeste pas toutes les fois que les conditions matérielles, qui ordinairement le produisent, sont observées; quand il a lieu, il devient un signe fort important pour établir une diagnose exacte, qui est la source seule base rationelle d'indications thérapeutiques.

147. Le bruit hydraérique, considéré au point de vue des conditions physiques où 1l se produit, et du mécanisme de sa formalion, est de la même nature que le gargouillement obtenu par la palpation des intestins contenant des liquides et du gaz, et que le tintement métallique de l’'auscultation si admirablement étudié et décrit par Laënnec (n° 10). La vérité de cette proposition est au-dessus de toutes contestations , et il est presqu’inutile d’insister sur ce sujet.

148. Les sensations placoplessiques compliquées, dont il vient d’être parlé, se manifestent souvent sur un même point du corps de l’homme où des milieux que l’on explore; mais les divers sons ou les impressions tactiles variées, qui forment les éléments de ces phénomènes complexes, peuvent être produites dans des organes situés à des profondeurs différentes ; soit par exemple un son sclérosaérique; 1l pourra se faire que la sensation de dureté soit superficielle et mérite la dénomination d’épisclérosique, tandis que limpression en rapport avec la présence des gaz soit profonde où endoaérique. Il pourra même arriver qu’en percutant la surface d’une enveloppe solde et tendue, comme la paroi abdominale très-dilatée et contractée, on obtienne par le placoplessisme superficiel des sensations périsclérosiques, tandis que lon saisit profondément le son et le tact en rapport avec des fluides élastiques (son el fact endo-atriques).

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