Tout corps employé comme placoplesse, doit être assez
(1) De la percussion médiate, 1828, p. 14. Procédé opératoire de la percussion médiate, n° 4, 1833 et 1834. Traité de médecine pratique, n°9 655 ; 1851. Atlas de plessimétrisme, n° 12,568.
(2) Dieu, l'âme et la nature, poëme par M. Piorry. (Chez Michel Levy, rue Vivienne.)
(3) De la percussion médiate, p. 14, 1828.
solide, assez résistant pour ne pas s’infléchir, se courber sous le choc qu’on lui imprime, ou entre les doigts qui le serrent. Cette seule considération prouve que le caoutchouc, le gutta-percha, le cuir bouilli, le liége (1) (proposé en 1828 et 1829, par Faye, médecin à Angoulême, et par Cottereau), alors qu’ils ne sont pas étendus en membrane sur un autre corps plus consistant, ne conviennent en aucune façon comme placoplesses.
154. Il ne faut pas que la substance qui forme la plaque de percussion soit fragile et d'un prix élevé ; car cette plaque se briserait, soit par la pression des doigts qui la maintiendraient, soit par la moindre chute faite sur le sol. C’est ce qui est arrivé maintes fois pour les placoplesses en nacre, en écaille, en porcelaine. D'abord, j'avais cru que ces matières étaient applicables au placoplessisme, mais leur prompte fracture m’apprit bientôt qu’il fallait renoncer à cette idée. Les bois blancs, faciles à se rompre et se rayant alors qu’ils sont frappés avec l’ongle, présentent des inconvénients analogues. Le buis, ébène, plus consistants, sont infiniment préférables aux substances précédentes. Les fabricants peuvent établir à bas prix, avec de tels bois, des plaques de percussion assez convenables; seulement ces placoplesses se dépolissent promptement, se tachent avec facilité et cessent bientôt d’avoir ce degré de propreté si uüle, alors qu’ils sont appelés à servir successivement à la percussion des malades.
155. La corne présente l’extrême inconvénient .de se déformer (percussion médiate, page 16), le cuir bouilli n’est ni élégant ni résistant, et quand il est suffisamment mince pour le percuter utilement, 1l se ploie quand on veut le maintenir. Les métaux : l’argent, l’or, le maillechort, le cuivre, le plomb, peuvent, comme instruments de percussion, être utilisés; seulement, les personnes qui tiennent mal le placoplesse et qui sont peu familiarisées avec son maniement, produisent en percutant sur les métaux des bruits palliques (vibrations) qui pourraient faire croire à l'existence de certaines lésions qui n’existeraient pas. En somme, depuis 1826, (Zraité de la percussion médiate, p. 15), jusqu’à présent, l'os ef surtout l'ivoire m'ont paru réunir le mieux les conditions requises pour la fabrication de bons placoplesses.
156. On a fait aux plaques de bois, de métal, à l’os, à l’ivoire,etc., le reproche de donner par elles-mêmes, lors de la percussion, un
(1) Procédé opérat. de la percussion, p. 20.
. bruit qui empêche de bien saisir le son et les sensations qui résultent du placoplessisme des organés. Les médecins qui font de telles objections prouvent une seule chose, c’est qu'ils n’ont n1 lPhabitude, ni l’habileté nécessaires pour bien pratiquer la percussion médiatisée ; s'ils avaient, en effet, acquis par l'exercice, l’expérience convenable, ils auraient appris à distinguer parfaitement, dans le bruit complexe que donne le placoplessisme, le son qui appartient au choc de l’ivoire de celui qui résulte du retentissement ou de l’écho qui a lieu dans les viscères situés au-dessous de la plaque de percussion. Pour peu que lon ait expérimenté le placoplessisme, on évite facilement de faire entendre, en percutant, le son de l'instrument médiateur. «Il ne faut pas s’exagérer les inconvénients du bruit propre au placoplesse. Que ce bruit soit fort ou faible, sourd ou sec, sur quelque partie du corps que cette plaque soit appliquée, il n’en est pas moins le même. Le son donné par les parties sous-jacentes est le seul qui diffère. Il suffit done, pour établir un jugement exact sur la valeur réelle des sensations que l’on éprouve en percutant , de faire abstraction du bruit de la plaque et de ne tenir compte que des différences en rapport avec les diverses circonstances de structure propres aux organes percutés. En représentant par A le son du placoplesse, par B celui des poumons, et par C celui du foie, B et C ne resteront pas moins très-distincts l’un de l’autre, bien que A leur soit ou non ajouté, » (Procédé opératoire de la percussion médiate, n° 5).
157. C’est surtout le bruit auquel Pongle donne lieu, alors qu’il frappe un corps solide interposé, que l’on accuse de rendre le placoplessisme moins positif, Une telle allégation prouve seulement que ceux qui arliculent ce reproche se servent si mal des instruments de médio-percussion qu’ils les frappent avec l’ongle, ce qui est contraire à toutes les règles du placoplessisme.
158. Quelle que soit la substance dont on fait choix comme placoplesse, elle doit être de même composition et présenter une épaisseur pareille sur les divers points de l'instrument de percussion qu’elle sert à former. Le placoplessisme, en effet, ne doit pas être pratiqué sur un seul compartiment de la plaque médiatrice, mais successivement sur toute son étendue; or, si dans une partie de cette étendue elle était épaisse ou constituée par des corps différents de ceux qui se trouveraient vers un autre point de cette plaque , il en résulterait que les phénomènes placoplessiques varieraient non pas en raison de l’état des organes sous-jacents,
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mais d’après les dispositions diverses qu’offriraient tels ou tels points de la plaque percutée. C’est là un des plus graves inconvénients que présenté le doigt employé comme placoplesse. Par cela même que sur telle région de ce doigt se trouve un os, que sur telle autre une jointuré se rencontre, el qu'ailleurs encore un ongle se trouve. placé, il est impossible de s'en servir convenablement comme instrument de percussion médiatisée.
459. Le placoplesse doit présenter assez d'épaisseur pour résister au choc ou à la pression des doigts qui le fixent en le sersant avec force, 7 faut qu'il soit assez mince pour perméttre à la main de l'observateur de faire apprécier, même par une percussion légère et obliquement pratiquée, lés sons et les Le tdi tactiles propres aux parties sous-pacentes.
160. Il résulte de cette règle pratique, qu’une tige longue de plusieurs centimètres, et dont une extrémité est portée sur la peau du malade, tandis qué l’on percute sur l’autre bout, ne peut être un pläcoplesseé convenable. Je reviendrai bientôt sur ce sujet.
161. La nature de la substance employée influe sur le dégré de mineité auquel on peut, sans inconvénient, porter l'instrument de médio-percussion ; plus cette substance est solide, dense, inflexible, et plus la plaque peut être mince. Certains métaux, le maillechort, l'argent, or, ete., présentent cet avantage qui est incontestable ; car moins le placoplesse est épais, et plus il est susceptible de faire apprécier les qualités tactiles et acoustiques des corps super ficiéllement placés. À ce point de vue encore, le doigt est un mauvais médiateur, car son diamètre, qui varie suivant les individus de 15 à 20, où 25 millimètres, le rend tout à fait impropre à donner de justes notions sur l'état des parties situées à la surface du corps et très-pres de ce même doigt. On ne peut, en effet, bien apprécier la disposition de ces parties extérieures que par la percussion superficielle, et pratiquée suivant un angle très-aigu. En somme, lPivoire, qui présente comme placoplesse tant d’autres qualités, offre encore celle de pouvoir être réduite, sans que sa solidité soil compromise, à une lame de 2 millimètrés d'épaisseur.
162. Le degré de sonorité propre à là substance qui sert de placoplesse influe à peine sur les résultats de la médio-percussion. Ce qui a été dit sur le peu d’inconvénient du son donné par l’ongle qui frappe sur des lames de substances diverses (n°° 156, 157) est enüèrement applicable aux nuances variées de sonorité que peuvent présenter, par eux-mêmes , tels ou tels instruments médiateurs.