‹ Traité de plessimétrisme et d'organographismeChapitre 46 sur 207 · AUX DOIGTS QUI PERCUTENT · texte numérisé non relu

AUX DOIGTS QUI PERCUTENT

247, Ilest ici une remarque importante à faire, c'est que la circonstance physique qui S'acquiert par l'exercice et l'étude, et qui rend le doigt plus apte à bien percuter, ne se développe pas dans l'encéphale, mais bien dans les parties constituantes de l'indicateur lui-même. La preuve de ce fait est que le cerveau, ne variant pas d'organisation alors que l’on se sert de tel ou tel doigt, ne peut cependant bien saisir les résultats plessimétriques que si l’on expérimente avec celui de ces doigts qui à acquis l'habitude et le talent de les faire naître.

$ 2. Choix et nombre des doigts avec lesquels on doit percuter.

248. On peut percuter, 1° avec un seul doigt, 2° avec deux ou rois doigts, 3° avec la pulpe de tous les doigts d’une main réunis (1). ;

249. 1° Pour percuter avec un seul doigt (et l’indicateur est ici presque toujours préférable), on tient cet organe légèrement fléchi et l’on frappe avec la pulpe qui le termine. Employé isolément, il donne peu de son, et les sensations tactiles qu'il fournit sont faibles. La cause en.est qu’un seul doigt n’a pas assez de fermeté, de solidité pour produire une forte impulsion. Le plessimétrisme, pratiqué de cette facon, peut cependant convenir dans les cas où il s’agit d'explorer des parties superficiellement placées. Le médius peut ici remplacer l’indicateur, mais il ne le fait pas avec avantage.

250. On se sert encore pour percuter avec un seul doigt de deux autres procédés très-anciennement connus : le premier consiste à fléchir légèrement l'indicateur ou le médius de la main droite en faisant que la partie postérieure de l’articulation de la

(1) Voici ce que j'écrivais, en 1826, sur le procédé opératoire à suivre pour pratiquer immédiatement la percussion directe :

« La plupart des auteurs recommandent de réunir les doigts pour frapper avec leurs extrémités sur un espace bien circonscrit. Laennec, qui adopte cette manière de percuter, en décrit avec soin le procédé opératoire.

« Généralement le thorax est percuté à nu; cependant on a donné le conseil de se servir d'un vêtement léger, pour éviter le claquement que la main détermine sur la peau du malade.

«On se servait peu de la percussion abdominale, pratiquée même d'une façon immédiate. Pour s'en convaincre, il suffit de lire, dans le Dictionnaire des sciences médicales, les dix lignes consacrées par Mérat, élève de Corvisart, à la percussion de l'abdomen, et de se rappeler que, dans le diagnostic de l’ascite, les ouvrages classiques en font à peine mention. »

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