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PLESSIMÉTRISME DU FOIE; SA NÉCESSITÉ

donne un son mat dans le côté droit, mais qu'ils le mesurent, le circonscrivent par des lignes, étudient à l'extérieur la forme qu'il présente et adoptent presque tous mes travaux. »

486. Mais ce n’est pas assez que de se servir du plessimétrisme pour mesurer et dessiner le foie, il faut encore le faire avec habileté et positivisme, et depuis trente ans je ne saurais dire combien de fois j’ai vu prendre : « pour des épanchements pleurétiques, des foies hypertrophiés; pour une pneumonite, l'organe biliaire refoulé vers le thorax; pour une douleur de l'estomac, la souffrance de la glande hépatique, » et ces lourdes méprises étaient faites par des gens plus ou moins instruits, mais qui ne percutaient qu'avec inattention et légèreté (Procédé opératoire, 248), et qui se servaient du doigt comme instrument de médiation.

487. Voici, du reste, pour prouver l’indispensable nécessité de se servir du plessimétrisme pour étudier l’état du foie, ce que j'écrivais en 1837, dans le 7raité de diagnostic, n° 1798). « Toutes les fois que les portions de l’organe hépatique affectées, sont situées au-dessus du rebord costal, ilest à peu près impossible de tirer de la palpation du foie quelques documents utiles. Or, le plus ordinairement, le limbe du foie est, comme il va être dit, au niveau du rebord thoracique, ou le dépasse à peine; bien plus, il arrive, lorsque la poitrine est étroite et très-étendue de haut en bas, que le rebord inférieur de la glande biliaire remonte à deux ou trois pouces au-dessus du rebord costal. Il faut conclure de tout ceci que, le plus souvent, les maladies du foie, celles mêmes qui consistent seulement dans des variations de volume, ne peuvent être reconnues par la palpation. D'ailleurs, pour apprécier une modification dans les dimensiôns d’un corps, il faut de toute nécessité avoir des moyens de préciser le lieu qu’occupent les divers points qui limitent ses surfaces; et le toucher ne pouvant faire apprécier que le limbe, et tout au plus une très-petite portion de la face inférieure du foie, il est impossible qu’il permette d'apprécier le volume de ce viscère. Ajoutez que la palpation ne peut donner aucun document sur l’état matériel de la partie de la glande bihaire située tout à fait à droite el en arrière et que c’est là que se trouve le siége d’une infinité de lésions organiques; remarquez encore que des épanchements thoraciques portent le foie par en bas, le font saillir vers l'abdomen el conduisent parfois à penser que cet organe est volumineux alors

ANATOMIE DU FOIE; PLESSIMÉTRISME. 169 qu'il n’y a rien de semblable ; notez de plus, que des tumeurs développées près ou même loin de cet organe, dans l’abdomen, que des gaz accumulés dans les intestins peuvent lui faire éprouver tels déplacements qui fassent prendre le change sur les résultats que donne le toucher du foie. Du reste, M. Andral a cité de remarquables exemples des erreurs auxquelles le toucher de la glande biliaire pouvait conduire. « Remarquez surtout que les épanchements abdominaux rendent le plus souvent à peu près inexécutable ou du moins sans fruit le toucher du foie, et vous verrez dès lors combien est insuffisante la palpation alors qu’il s’agit de déterminer l’état matériel de l’organe hépatique. »

& 1. Considérations sur l'anatomie du foie normal au point de vue du plessimétrisme.

488. Le foie situé sous les dernières côtes droites s’étend vers l’épigastre et parfois même dans l’hypochondre gauche. Sa face supérieure située au-dessous du diaphragme, est convexe, et chez l’homme adulte et bien conformé, elle s’élève ordinairement jusqu'à un ou deux centimètres au-dessous du mamelon ; tandis que le rebord antérieur de l'organe hépatique se trouve en général au niveau du rebord costal que rarement il dépasse de deux ou trois centimètres. L'ensemble du foie, vu par en bas, forme alors qu’il est en place, une sorte de voûte dont la circonférence très-épaisse en arrière, est mince en avant; le tube digestif est situé au-dessous de cette concavité qu’il remplit. Il semble que les côtes inférieures droites sont appelées à protéger le foie, car ordinairement cet organe, à l’état normal, ne dépasse pas ces os et leurs cartilages. Dans la région épigastrique ce sont, en haut, l’appendice osseux du sternum et en bas les parois abdominales constituées par des muscles susceptibles de contraction, par des tissus fibreux interposés à des masses charnues, qui revêtent la glande biliaire; ce sont encore des téguments qui recouvrent l’organe hépatique, lequel est séparé des côtes par le diaphragme et par une portion de poumon qui s’amincit à mesure que cette lame pulmonaire devient plus inférieure, de sorte que le foie, d’abord placé loin des parois thoraciques, n’en est ensuite séparé que par le diaphragme.

489. Dans l’état sain, il arrive qu’en raison de la forme du thorax, du volume que présente le foie et de l’état de réplétion ou de vacuité des organes voisins, surtout quand la poitrine est

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