DIRECTION DE BIRÉFRINGENCE NULLE 3II
Lorsque l'épaisseur du quartz devient de plusieurs centimètres, l'éventail des vibrations R, V occupe plusieurs circonférences : il existe dans le spectre un certain nombre de radiations éteintes, et la lumière transmise est du blanc d'ordre supérieur. Si on la reçoit sur la- fente. d'un spectrbscope, on observe un spectre cannelé,. dont les cannelures se déplacent lorsqu'on tourne l'analyseur; nous avons dit comment leur pointé peut ûtrc employé aux mesures de dispersion rotatoire ( § 69).
Nous feroils remarquer que les phénomènes colorés présentés par une lame de quarts perpendiculaire entre deux niçois sont très différents de ceux que dotlne, dans les mêmes conditions, une lame biréfringente. Dans ce dernier cas, à une lame d'épaisseur donnée ne correspondent que deux teintes, complémentaires l'une de l'autre; la rotation de l'analyseur ne modifie pas d'une façon continue la couleur obtenue, mais a seulement pour effet de la laver plus ou moins de blanc; le même effet est d'ailleurs obtenu par rotation de la lame. Il est donc facile, dans l'observation au Nôrremberg ou au microscope polarisant, de distinguer les effets de la polarisation rotatoire de ceux de la biréfringence. D'autre part, les couleurs de polarisation rotatoire s'obtiennent en général avec des épaisseurs de la lame cristalline plus fortes que les couleurs de biréfringence. Enfin, les teintes elles-mêmes sont tout à fait . différentes : Fresnel a montré que la raison en est que la différence de marche 8 = in' — n") e qu'une lame biréfringente introduit entre les deux vibrations rectilignes privilégiées est approximativement indépendante de la longueur d'onde, tandis que le retard introduit par une lame de quartz perpendiculaire entre les deux vibrations circulaires privilégiées (§ 102) varie à peu près en raison inverse de la longueur d'onde.
Les couleurs produites par une lame de quartz perpendiculaire entre deux niçois ont été et sont encore souvent employées, par exemple dans certains problèmes de photoméirie et de colorimétrie, pour produire, à partir de lumière blanche, des couleurs étalons de comparaison : aussi ont-elles été, depuis la première étude qu'en a faite Biot [6461, l'objet de nombreux travaux, même de la part d'auteurs modernes [647, 648].
182. Les différents cristaux actifs (uniaxes et cubiques). — Les phénomènes présentés par le quartz ont été retrouvés, au cours ûm XIX^ siècle, dans un certain nombre d'autres cristaux uniaxes., L'activité optique 3xiste également dans des cristaux appartenant au système cubique : la première observation en a été faite par Marbach [649] en 1854. Enfin, en igoi, Pocklington [650] a réalisé des mesures de pouvoir rotatoire dans des îristaux biaxes. Nous donnerons d'abord une liste des principaux cristaux actifs uniaxes ou cubiques, avec la valeur, pour là raie D, de la rotation jar millimètre [651 à 663,649].
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Cristaux appartenant au système rhomhoêdrique ou hexagonal.
Quartz 210,728 (§ 100)
Cinabre 325° (^} (Descloizeaux).
Dithionate de potassium 80,38 (Pape).
Dithionate de pl6mb 5°, 5 3 (Bodlânder).
Tartrate de rubidium io°,7 (Wyrouboff).
Benzile 240,8 (Descloizeaux).
Camphre de Matico 20,07 (Hintze).
Periodate de sodium , 230,3 (Groth).
Sulfate double de potassium et de lithium 3°,44 (Traube).
Cristaux appartenant au système quadratique. .
Carbonate de guanidine I4°,58 (Bodewig).
Sulfate de strychnine I3°,25 (Traube).
Sulfate d'éthylène-diamine I5°,5 (v. Lang).
Diacétyl-phénol-phtaléine I9°,7 (Bodewig).
Cristaux appartenant au système cubique :
Chlorate de sodium 3°, 16 (Sohncke
Ch. E. Guyc).
Bromate de sodium 30,17 (Traube).
Acétate d'uranyle et de sodium, . . i°,48 (Marbach).
Sulfoantimoniate de sodium 20,67 {^) (Marbach);
Les cristaux des deux premières séries sont des cristaux biréfringents uniaxes, et la polarisation rotatoire n'y est observable en pratique que dans la direction de l'axe optique (cf. § 188)'. '
Les cristaux cubiques ne sont pas biréfringents, et les cristaux cubiques inactifs se comportent, au point de vue de la propagation de la luniière, comme les corps isotropes inactifs. Il paraît certain (cf. § 194) que les cristaux cubiques actifs se comportent également, au point de vue de la propagation de la lumière, comme les corps isotropes actifs : la rotation produite par une lame d'épaisseur donnée est indépendante de l'orientation de cette lame par rapport aux axes du cristal. C'est ce qui résulte en particulier des mesures de Marbach et de celles de Sohncke [662] sur le chlorate de sodium, ainsi que d'expériences de Landolt [664] sur un liquide transparent obtenu en mettant du chlorate de sodium pulvérisé en suspension dans un mélange
(i) Pour le rouge.
(3) Pour le jaune moyen.