‹ Traité de politique et de science sociale (volume 2)Chapitre 8 sur 40 · INSTITUTIONS DE PROGRESSION · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS DE PROGRESSION

la raison des institutions* Comme ici les causes sont évidentes et toujours expérimentales, j'espère ne point laisser de doutes dans Tesprit du lecteur*

Ce livre sera divisé en deux parties :

U s'agira de démontrer d'abord la nécessité d'un pouvoir de gouvernement; puis de déterminer le caractère du gouvernement qui est obligatoirement progressif. Il y aura lieu ensuite d'indiquer Ie6 différences qui séparent l'administration du gouvernement. Ces préliminaires établis, il restera à déduire la constitution du gouvernement de la fonction même qu'il ac^ complit à l'égard de la société, et enfin à déter-^ miner à quelles conditions un tel pouvoir n'est ni oppresseur, ni usurpé, mais en possession de la vraie souveraineté. Tel est le plan que je sui* vrai dans la première partie de ce livre.

Dans la seconde je m'occuperai des diverses formes de gouvernement et des libertés publiques.

170. Pour prévenir tout malentendu, je dois dire à l'avance que par le mot gouvernement, je n'entends pas seulement le pouvoir exécutif, mais l'ensemble des pouvoirs qui dirigent la marche d'une société. Loin de séparer l'œuvre législative de l'action gouvernementale, comme on le fait assez souvent, je la considère au contraire comme en formant la partie essentielle et constitutive. La législation en effet n'est-elle pas' le plus

puissant moyen de direction dans une société ? N'est-ce pas par elle que le progrès se fait jour et se réalise ? Y a-t-il, en droit, dans Tordre politique, une obligation ou une fonction qui ne doive émaner directement ou indirectement de la loi ? Aussi ce pouvoir, que Montesquieu a appelé législatif; est-il forcément mêlé à toutes les choses sociales. Il atteint jusqu'aux moindres détails. Le vote seul du budget, c'est-à-dire de la loi qui règle les obligations pécuniaires des citoyens envers rÉtat, suffit pour le rendre maître de la politique quotidienne. Tout autre pouvoir ne peut rien légitimement sans lui. Le pouvoir exécutif, dans Tordre logique, n'est que son subordonné. J'ajoute, pour rendre ma pensée plus clairement par des exemples, que, pour moi, dans une république telle que celle des États-Unis, le gouvernement se compose du président, du ministère et des deux Chambres, et dans une monarchie, telle que celle d'Angleterre, du roi, du ministère et des deux Chambres. Au reste en considérant les choses de cette manière, je crois être d'accord avec le sentiment général.

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