DOCTRINE DE MONTESQUIEU. S
raine puissance ; le monarchique, celui où un seul gouverne, mais par des lois fixées et établies ; au lieu que, dans le despoliquei un seul, sans lois et sans règles^ entraîne tout par sa volonté et ses caprices. » La république existe sous deux formes; elle est démocratique ou aristocratique. La démocratie n'est applicable que dans un État très-limité; pour occuper un territoire étendu, par exemple comme celui de la Suisse ou de la Hollande, il faut qu'elle prenne la forme fédérative. Quant à l'aristocratie, l'auteur la confond avec l'oligarchie des anciens, comme on le fait généralement au** jourd'hui dans le langage usuel ; mais il n'en dit rien qui me semble digne d'être remarqué. Il n'en est pas de même à Tégard de la monarchie. Celle-*ci, dit*il, dégénérerait rapidement en des^ potisme si la volonté du prince n'était limitée par des pouvoirs intermédiaires qui sont en même temps les agents et les modérateurs de son auto* rite. Le pouvoir intermédiaire le plus naturel est celui de la noblesse. Elle entre en quelque sorte dans l'essence de la monarchie. Il faut en outre un corps de magistrats gardiens des lois. Tous les privilèges servent à maintenir la monarchie tempérée, ou plutôt la modération dans la monarchie: privilèges de castes, de magistratures, de provinces, de villes, de corporations, privilèges même du clergé. Quant au despotisme, Montesquieu le