‹ Traité de politique et de science socialeChapitre 17 sur 95 · XXX NOTICE SUR BUCHEZ · texte numérisé non relu

XXX NOTICE SUR BUCHEZ

de h fprm^^o 4^ }a ^^tioo^lité fr^^çais^ et fie »es progrès poUtiquies; il prpuvait que la France uét^h p^s née 4*une co^quéfe, jfms d'upe alliance. libre ^atre les pqpula^ipps catholique^ dp la Ggijlç et l.es France , d^ns le but de crépr une fprpe cont]:e r^ri^ni^met et il aiTiy^ à 1^ çopclusiop qui fit scandale en 1833 pi qui est assez géuéraleo^ent gpceptée aujourd'huît « que la révolution française (est 1a conséquence dernière et Ig plus avancée de la civili^atipn mod^r^e, et quP )a civilisation moderne e^t sortie tout entière (|p rÇvan-^ gile. » Les auteurs ne soulevèrent pas moins d'apcusations quand ils prir^ut franchement et ouvertement la défense de la Convention et surtout d^ chefjs jacobins de cette grande asseu:iblée. Jûsque-l^ quelques voix isolée^ savaient osé à peine s'élever eu faveur des hpnmies qui avaient assuré le triomphe de la révolution. Pour la première fois, il fut prouvé pièces en main, que ces hommes n'étaient pas des monstres sanguinaires comme on se plaisait à les représenter ; que la plupart des actes rigoureux dont ils portent la responsabilité dépassaient leurs intentions et leur furent imposés par la fatalité inexorable des circonstances, qu'enfin les crimes et les horreurs réelles qui ont souillé la révolution n'ont été l'œuvre que de quelques fanatiques exaltés jusqu'à la folie par la terrible crise sociale dont ils étaient les acteiu:s et les témoins. lilais jamais ni dans le cours de l'puvrage ni d^ns )es préfaces qui accompagnaient chaque volume et qui étaient consacrées à des discussions de doctrine , les auteurs 4e \ Histoire parlementaire n'ont approuvé les excès qu'ils avaient à raconter.

Le dernier volume de V Histoire parlementaire parut en 1838. Pendant toute la durée de cette publication. Bûchez n^avait cessé de faire chez lui des cours et des

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conférences, et j^ me rappelle qu'çn |83i, époque où je le coD»us, un grand non^bre ^'hommes jde îciUres et d^artistes assistaiept à ces réunions hebdom^aires ()e la x:ue Chabannais. E^ {835 Tépole reprît }a publication de Y européen qui parut 4*^ord par livraisopp mensuelles, puis à de longs iatervalles*. T^a plupart (|es collaborateurs étaient occupés ^ d'autres travaux. Âlais ce qui contribua surtout à faire j^anguir cette publication et à rendre moins nombreuses aussi les conférences hebdoma(] aires , ce fut une crise qui se préparait sur un point essentiel de la doctrine.

Une fois que Buchçz eut reconnu la vérité du christianisme et sa fécondité au point de vue des progrès de Tavenir, il se vit appelé naturellement à se propopcer pour Tune ou l'autre des deux grandes confessions qui se partagent le monde chrétien, }e c^t^o^cisme et le protestantisme. So|i choix ne pouvait être douteux. Déjà Sain^Simon avait démontré la supériorité de l'organisation catholique sur la réforme inaugurée par liUther. Placé avapt tput au point de* vue social, considérant principalement la religion cpmuie un lien moral entre les hommes, et la religion chrétienne comme le principe de lunité future de ^'humanité, Bûchez ne pouvait admettre une doctrine qui fait de la croyance religieuse un sentiment purement individuel et qui ne se préoccupe que de Tindépendance de chacun lorsqu'il s'agit du foyer 4^s idées communes à tous, juchez n'hésita donc pas à se prononcer pour le catholicisme.

Mais il y avait là un écueil à éviter. Tout en reconnaissant que le catholicisme était la forme la plus parfaite qu eût reçue la religion chrétienne, Bûchez n'en

i, VEuropéeny Journal de morale et de philosophie^ oct. 1835 à déc. 1838, 2 vol. in•4^

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concluait pas que dans son état actuel cette forme répoudît complètement aux besoins de la société. Il était toujours convaincu que depuis le quatorzième siècle les chefs de TEglise avaient fait fausse route; que la papauté et le haut clergé avaient manqué à leur mission progressive , en s'opposant à l'application sociale de la morale chrétienne, au lieu d y pousser de toutes leurs forces comme c'était leur devoir. Il reconnaissait qu'en conséquence renseignement de TÉglise avait reçu une mauvaise direction et déplorait notamment que le clergé méconnût le côté social du christianisme au point de ne voir dans la religion que le moyen du salut des individus. Enfin il constatait que par suite de ces circonstances, TÉglise s'était montrée hostile à tous les progrès modernes et que tous ces progrès s'étaient accomplis malgré et contre elle.

Des différences considérables le séparaient donc de l'Église officielle. Bûchez n'y voyait pas une raison pour désespérer du catholicisme, mais elles constituaient à ses yeux un motif suffisant pour ne pas se soumettre à la direction du clergé. Il se préoccupait peu des questions relatives au dogme et au culte. Il considéi*ait le culte comme un moyen d'enseignement et de moralisation ; quant au dogme il le laissait à la théologie, et jamais il ne voulut entrer dans le détail des questions dogmatiques ni des controverses qui séparent sous ce rapport les diverses confessions chrétiennes. Il pensait, il est vrai, que la théologie avait besoin d'une réforme radicale, mais il espérait que le clergé opérerait luimême cette réforme , une fois que les idées nouvelles auraient pénétré dans son sein. En tous cas il ne voulait sacrifier à aucun prix aux préjugés actuels du clergé les idées fondamentales de sa doctrine : le progrès considéré comme loi universelle, la réalisation

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sociale de la morale chrétienne, Tidentité des principes de celte morale avec ceux de la Révolution; il préférait rester en dehoi^s de TÉglise oflBcielle jusqu*au moment où le clergé se montrerait plus accessible à ces idées.

Tel ne fut pas Tavis de tous les membres de Técole. Plusieurs d'entre eux, principalement M. Roux-Lavergne, se rapprochèrent de plus en plus du clergé 'et finirent par abandonner précisément les principes que Bûchez considérait comme fondamentaux. D^autres, poussés par un profond sentiment de dévouement et d'abnégation, consentirent à suivre Lacordaire, qui cherchait alors à renouveler Tordre des frères prêcheurs, et furent les premiers des nouveaux Dominicains français*. Des tentatives furent faites pour pousser Bûchez dans cette voie si différente de celle qu'il avait suivie jusqu'alors et pour le détourner des idées qui étaient l'œuvre de sa vie. Elles ne pouvaient réussir. Mais elles eurent le résultat regrettable de provoquer une scission dans l'école, et de priver celle-ci de plusieurs membres capables et dé^foués.

Bûchez cependant ne cessait de travailler et de produire, et son esprit ne perdait rien de son activité ni de sa vigueur. A peine Y Histoire parlementaire fut-elle terminée qu'il s'occupa de la rédaction d'un cour» de philosophie qu'il avait fait dans des réunions privées. Avant l'achèvement de ce travail, il publia un autre cours, sur l'étude des sciences médicales, rédigé par M. Belfield-Lefèvi'e '. Une partie de ces dernières leçons fut insérée dans Y Européen^ qui avait pris de plus en

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