‹ Traité de politique et de science socialeChapitre 16 sur 95 · XXVIII NOTICE SUR BUCHEZ · texte numérisé non relu

XXVIII NOTICE SUR BUCHEZ

tique. La pensée dominante de ses rédacteurs était d'indiquer les institutions politiques et économiques propres à amener la réalisation sociale des principes de la morale chrétienne. Bûchez y déploya toute la vigueur de son esprit créateur. On se sent ému encore aujourd'hui quand on relit ces pages pleines d'ardeur et d'enthousiasme où furent jetées avec profusion tant d'idées nouvelles. Des articles sur la nationalité, sur le rôle de la France» sur la souveraineté, sur l'organisation du gouvernement représentatif, sur les institutions propres à améliorer le sort des classes laborieuses, sur les établissements de crédit, alternaient avec de hautes considérations sur l'art et la littérature, l'appréciation des questions politiques du jour et la constatation des progrès accomplis à chaque ^instant par la science. De même que les saint-simoniens, Y Européen combattait les doctrines purement individualistes de l'école libérale et insistait, un peu trop peut-être, sur la nécessité d'un pouvoir fort et directeur. Mais en face du communisme hiérarchique d'Enfantin et de Bazard, il proposait comme moyen de la réforme sociale, l'association ouvrière qui devait émaner avant tout de l'initiative indi viduelle*

Bûchez et BouUand étalent les principaux rédacteurs de V Européen. Mais un grand nombre d'hommes nouveaux s'étaient joints à eux, notamment M. Roux- Lavergne qui avait publié une brochure contre les saint-simoniens, M. Sain de Bois-le-Comte, auteur d'un ouvrage sur les Fortifications de Paris ^ le docteur Cerise et le docteur Belfield-Lefèvre. Malheureusement les idées exposées dans ce journal répondaient trop peu au courant général de l'opinion. L'Européen n'eut que quarante-neuf numéros et cessa de paraître en octobre

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Cependant Buehez terminait son œuvre capitale , V Introduction à la science de F histoire^ dont la première édition parut au commencement de 1833, en un volume in-8 *. Dans cet ouvrage, Bûchez exposa Fensemble de ses idées générales, qui formaient alors un système complet parfaitement arrêté dans tous ses points principaux. Gomme j*aurai à exposer ce système, je me bornerai ici à dire qu'il reposait tout entier sur ridée du progrès. Bûchez élevait le progrès au rang d'une loi universelle et donnait en même temps la théorie complète de la marche de l'humanité et de ses progrès dans les beaux-arts, dans la science, dans les institutions politiques et sociales.

Dans la même année. Bûchez commença avec M. Roux-Lavergne la publication de V Histoire parle-mentaire de la réifolution française *, immense recueil de documents qui par suite des conditions imposées aux auteurs a peut-être été fait trop hâtivement eu égard à la masse de matériaux, qu'il s'agissait de mettre en œuvre pour la première fois, mais dont la haute valeur n'a échappé à aucun de ceux qui ont étudié cette grande période de notre histoire et dans lequel il ne subsiste aucune lacune importante, comme on peut s'en convaincre par la lecture des pièces nombreuses qui ont été publiées depuis. Dans cet ouvrage d'ailleurs les auteurs ne se boriyiient pas au rôle de compilateurs, ils étaient historiens et jugeaient les événements de la Révolution, d'après leur point de vue général. Dans une introduction placée en tête du premier volume, Bûchez retraçait, d'après les sources, l'histoire

i» Chez Paulin.

2. Histoire parlementaire de la révolution française, Paris, 4833-38, 40 voU in-8. Paulin.

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