TRAITÉ DR POLITIQUE
à la question posée en tête de cette section. ËUe montre qu il n'y a qu'ua seul objet queTindi^idu possède complètement et à titre de propriété persoonelle, c'est le produit de son travail. Telle est en principe la vérité,
11 faut remarquer en même temps et tout de suite, qu'aujourd'hui en France et dans quelques autres pays, les objets, qui par leur nature ne devraient être que des possessions^ le sol par exemple, sont devenus des objets d'échange. Par suite ils ont passé de mains en mains> par voie d'achat et| en définitive ils représentent un capital qui a été acquis par le travail. Ces possessions participent, autant que possible, du caractère de la propriété et méritent le même respect* On ne pourrait les soustraire légitimement à leursi possesseurs qu'e» les rachetant.
On a dit que la conversion des possessk>ns en propriétés individuelles était un progrès; noais, pour démontrer cette assertion, il faudrait prouver ce qui n'est pas, c'est-à-dire que c'est un fait nouveau et le dernier effort de la civilisation^ Or^ dans des sociétés très-différentes de la nôtre et certainement beaucoup moins avancées^ on trouve^ dès la plus haute antiquité^ les choses dans la même situation qu'aujourd'liui. La distinction que j'ai établie pouvait être foite dès lors.
« Les Sages, dit Manou, ont décidé que le champ
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cultivé est la propriété de celui qui le premier ep a coupé le bois pour le défricher» et la gazelle celle du chasseur qui l'a hlessée mortellement \ 9 Voilà le droit du travail, a A moins, dit plus bas le même code, que relativement au produit, le propriétaire du champ et celui de la semence a'aicBt fait une convention particulière^ le prçH duit ap^rtient au maître du champ : la terre est plus importante que la semence*,, mais lorsque^ par un pacte spécial,, on donne un champ pour Tensemencer^ le produit est déclaré la propriété commune du propriétaire de la semence et du champ '. » Voilà le droit du possesseur qui prime le droit du travailleur, exactement comme de nos jours^ Dans ce même code de Manou, on trouve encore la preuve qu'il existait des biens communaux et des règlements sur l'administration des possessions particulières '.
J'ai cité ces curieux passages parce qu'ils ne l'ont pas encore été dans une discussion du genre de celle-ci. Us suffisent pour prouver que ce que plusieurs personnes ont considéré comme une acquisition moderne ou un progrès, est au con-
i. Lois deManoUy traduction de Loiseleur Deslongchamps, liv. IX, st. kki dans la collection des Livres sacrés de rOrient.