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L'ÉGALITÉ

noblesse est un pouvoir politique, en Angleterre, par exemple? Évidemment non! A quoi bon, quand nul service n'en fait une obligation, quand le service dont ces privilèges ont été jadis la rémunération peut être accompli d'une manière plus désintéressée et meilleure ; quand enfin cette position n'est qu'une tradition d'un passé où le droit à l'égalité était encore inconnu? Cette institution, en effet, est une négation du devoir moral dont nous parlions tout à. l'heure, une négation du droit qui en émane. La justice vaut mieux qu'une institution; dès qu'on l'aperçoit il faut y obéir.

On a dit que ces privilèges héréditaires représentaient l'inégalité naturelle. Il n'est rien de plus faux, rien dont le contraire soit mieux démontré. Ces privilèges d'abord ne répondent point aux véritables inégalités natives. Tel souvent qui naît dans un rang inférieur se trouve de tous points supérieur à celui qui naît dans un rang élevé, et c'est même le cas le plus ordinaire. Si parmi les héritiers de noms illustres il en est qui restent dignes de leurs ancêtres, il en est d'autres qui descendent au-dessous du niveau commun, non pas seulement parce qu'ils font abus de leurs privilèges, mais parce qu'ils apportent en naissant un certain degré de dégénérescence, une véritable inégalité. Il y a une loi naturelle, d'une action lente mais constante, qui tend à l'extinction des

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familles privilégiées fi% qui en a d^à éteint le plus grand nombre. J'ai précédeminent parlé de cette loi d'hérédité organiqMe^ en ver^u de laquelle les races se produisent, s'améliorent ou dégénèrent. OVf une 4^s causes de 4^générescence )^s mieux dénipntrées réside dans les maris^ge^ qui s'opèrent entre un nom})re |Top ^imîté de familles et surtout dans les mariages consanguins. L'usage dans les familles nobles est de s'unir entre e)le$ ; plus elles se croient élevées, plus elles ciaignent de se mésallier. Comme^ en définitive^ dans chaque pays et daqs chaque fraction de pays, les nobles sont le petit nombre, il se trouve que leurs alli^^nces ne sortent guère d'un cercle très-restreint j la consaiiguinité y est très-commupe. Cela se remarque surtout dans les familles princières. Ajoutez à cette cause l'hérédité accumulée des suites d'une vie licencieuse, qui est le danger et comme la peine attachée à la fortune et à }a puissance, et on çornprendra comixient un aussi grand nom)3re de ces familles se sont éteintes naturellement et comment tant d atitre^ sont représentées par des descendants indignes de leurs ancêtres. Si tpus les gouvernements n'avaient rhabitude de créer incessamment des nobles^ il est très-probable qu'il n'en resterait plus guère. Ai| reste» la question du droit de naissance n'est plus k 4^battre; el)e est suffisamment résolue par le sentiment public.

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1 38. L'égalité devant la loi n'est nullement la liberté. Elle n'en vient pas; elle ne la produit pas. Sous le règne du despotisme l'égalité est la loi. C'est, il est vrai, celle de la servitude; mais enfin c'est l'égalité. En Turquie, les emplois sont accessibles à tous les citoyens, comme chez nous.

L'égalité devant la loi ne constitue pas non plus l'égalité morale. Les hommes ne sont moralement égaux que lorsqu'ils ont un pareil amour du devoir et un pareil dévouement; mais alors ils le sont absolument. Cette espèce d'égalité n'est pas seulement indépendante de la loi; elle est de plus au-dessus de toutes les différences qui résultent des positions sociales, de la fortune, de l'instruction et même des aptitudes intellectuelles et physiques. Elle les efface toutes. Elle est la vraie égalité et elle offre, sur l'égalité légale, cette supériorité qu'elle est un effet de la liberté individuelle, puisque tout le monde peut y atteindre par la volonté et la pratique du bien.

Fm DD PREMIER VOLUME.

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