‹ Traité de prononciation française et exercices de dictionChapitre 110 sur 114 · MAR.MONT · texte numérisé non relu

MAR.MONT

Monseiarneur

LE DUC, à Marmont.

Dans le livre aux sublimes chapitres, Majuscules, c'est vous qui composez les titres, Et c'est sur vous toujours que s'arrêtent les yeux ! Mais les mille petites lettres... ce sont eux! Et vous ne seriez rien sans l'armée humble et noire Qu'il faut pour composer une pag-e d'histoire !

' Germinal, septième mois du calendrier républicain (du 21 mars au 19 avril); Fructidor, douzième mois (du 18 août au 16 septembre).

' Langage familier : faire quelcpie chose pour des prunes, c'est faire une chose dont on ne tire aucun profit, qui ne donne aucun résultat ; plus haut, quand Flambeau dit sans lai devoir des chandelles, cela signifie : sans lui devoir de la reconnaissance.

OBSERVATIONS ET CORRECTIONS

OBSERVATIONS ET CORRECTIONS

Les sons du français.

Un traité de prononciation n'est pas un traité de phonétique, c'est pourquoi je ne suis entré dans aucune explication scientifique des sons et articulations ; c'est pourquoi encore je me suis permis certaines expressions qui paraîtront étrangles aux phonétistes. Il est évident, par exemple, que parler d'un a ouvert grave dit a fermé semblera une mauvaise plaisanterie à quiconque ne consentira pas à se placer au point de vue indiqué p. 12, | i.

Quelque soin que j'aie mis à éviter les termes trop techniques, il s'en est g-lissé un, particulièrement peu connu, dont j'aurais bien pu me passer : marginale (p. 4?» § ï37). Une consonne marginale est celle qu'on prononce de façon que le courant d'air, au lieu de traverser la bouche suivant la lig-ne médiane, s'écoule pardessus le bord du dos de la lang-ue.

Le public auquel s'adresse mon traité, et qui s'est servi des précédentes éditions, ce public de jeunes étrang-ers qui, g-énéralement, savent prononcer nos voyelles et nos consonnes mais sont embarrassés par la prononciation des mots, m'aurait-il été reconnaissant d'avoir multiplié de telles explications ? j'en doute.

Il pourrait, cependant, se trouver parmi mes lecteurs quelques personnes qu'un brin de théorie des sons intéresserait. Eh bien, voici deux ou trois lig'nes de la grammaire historique de M. Ferdinand Brunot :

II y a d'abord les voyelles fondamentales et typiques, qu'on retrouve dans toutes les lanscues : oa, o, a, e, i, qui sont liées entre elles par une série presque indéfinie de transitions peu sensibles. Ainsi, quand on avance les lèvres le plus possible en les arrondissant, la lanerue et le

larynx étant tout à fait baissés, on entend le son ou. Puis, à mesure qu'on relève le larynx et la lana^ue, et (ju'on ouvre les lèvres en diminuant la longueur de la cavité buccale, du son de ou on passe aux sons de o fermé encore très grave, comme dans apdtre, puis de o ouvert, comme dans note, ensuite on arrive à l'a.

A ce moment, les lèvres ont été ramenées en arrière et légèrement ouvertes, le larynx est à U hauteur normale. On est au milieu de la chaîne. Si la progression continue et qu'on élève de plus en plus le larynx et la langue en ouvrant les lèvres, on passe à Ve d'abord, enfin à Vi, quand le tuyau tout à l'heure très allongé a atteint la moindre longueur possible.

L'a est donc au milieu, Vi et l'oa aux deux extrémités de la chaîne des sons voyelles.

A côté de cette première série de voyelles, les langues ont des sons mixtes, comme Vu et Veu français, qui se produisent lorsqu'on prononce une voyelle en donnant au creux des lèvres la forme qui conviendrait à une autre voyelle, de façon à disposer une partie des organes pour prononcer l'une, l'autre partie pour prononcer l'autre.

Ainsi, ouvrez la bouche comme pour l'ott et dites t, le son que vous faites entendre est un u. Les voyelles se présentent donc dans l'ordre suivant :

Dans tous les cas que nous avons examinés, la résonance ayant lieu uniquement dans la cavité buccale, tous les sons dont nous avons parlé sont purs. Mais si le voile du palais, au lieu d'être élevé, ne ferme plus les fosses nasales, à la résonance de la bouche s'ajoute une résonance particulière produite dans cette seconde cavité. Les voyelles, de pures qu'elles étaient, deviennent nasales ; ainsi a dans champ, o dans pont.

Terminaisons ation, art, âge. (voir | 3.)

« Je ne puis admettre que dans la terminaison alion^ Va se prononce autrement que très long". » (Lettre d'un professeur au Collège de France.)

« L'a ouvert dans les terminaisons art, âge ne m'intrigue plus du tout. » (Lettre de M, le professeur Koschwitz, à Marbourg.)

e sourd et e mi-ouvert.

Pag"e 19, § 26. — Après les mots deux ou trois consonnes autres que rr, on ajoutera : si la première de ces consonnes appartient à la même s^'llabe que le e, ce qui est toujours le cas quand il y en a trois.

Et au I 201 (p. 75), après les mots ou de deux consonnes (| 26), on ajoutera : dont la première appartient à la même syllabe que le e.

D'après ces indications, il faut donc prononcer e sourd dans f/evrais, reprendre, cAevreau ; mais il faut prononcer e mi-ouvert dans respect, et dans les mots où e est suivi d'une consonne redoublée (à part les cas spéciaux cités dans le traité ), ainsi f/ressoir, ine/fable, seller.

Liaison du n.

Pag-e 42, § 1 10. — Bien peut se lier aussi quand il précède soit l'article indéfini ou une préposition, soit, dans le lang'ag'e familier, certains substantifs : bien^un, bien'~^ou mal, j'ai bien^~^envie (pour : g-rande envie).

Je dis peut se lier ; ces liaisons sont facultatives, de même que celles qu'indique le | 116 : un professeur du Collège de France miécrivait dernièrement qu'il ne trouve pas bonne la liaison dans non-activité. Elle est pourtant enseig'née par le dictionnaire tout récent de Hatzfeld-Darmesteter.

Succinct.

Page 46, § i3i. — AyMCCi'nc^ se trouve ici parmi les mots où l'on ne prononce pas le et final, et à la p. 67, | 2 15, parmi ceux où on le prononce.

Sous cette forme contradictoire, cette double indication est fâcheuse ; elle correspond cependant à la réalité. Dans succint, les uns prononcent le et final, les autres pas, de môme que dans succinctement, les uns ne prononcent pas le c (§ i3i), les autres le prononcent.

Par exemple, la prononciation du| i3i est celle de Littré; celle du I 2i5 fig-ure dans le dictionnaire Hatzfeld-Darmesteter, qui veut aussi qu'on prononce le c de succinctement.

Liaison du t.

Pag-e 68, | 220. — Encore une preuve de l'impossibilité de formuler des règles absolues. Le professeur français que j'ai déjà cité n'accepte pas la liaison àansfabricanf^ habile.

Clown.

Pag-e 76, I 256. — Indicatio,n trop absolue. Littré dit klôn, Hatzfeld et Darmesteter klwn, d'autres klàôn.

Le mariage forcé .

Pag-e 241. — Traduction de Toto coelo, tota via aberras : Tu te trompes de toute l'étendue du ciel, de tout le chemin que tu as parcouru (c'est-à-dire : tu te trompes complètement, du tout au tout).

Fautes d'impression.

Page il , lOe liçne, au lieu de Albin, lire Albine.

» 66, 6e ligne du texte phonétique, au lieu de mâ^ÔZ-â lire UZÔZ-â

» 79, ire colonne, dix, » 148, 240 lire 149, iki

» 79, 2e » eu il, » 51 » 52

» 81, 3e » mérinos » 204 » 20;{

» 81, 3e » myosotis » 204 » 203

» 82, ire „ œil » 51 » 52

» 82, ire » panier » 159 » 160

» 82, 3c » premier » 190 » 189

» 83, 3e » (nme » 60 » 65

» 84, ire „ iipil « SI 5i

Page 1