e est mi-ouvert
lO Dans les adjectifs démonstratifs cet, cette.
20 A la fin des mots terminés par une consonne prononcée, autre que /•; au commencement et dans l'intérieur des mots, devant deux ou trois consonnes autres que rr.
Ex. : cet homme rr= sèt-oni ; leste = lest ; essor =r èsor.
Exceptions. On prononce e sourd, et non e moyen, dans les adverbes dessus (desu), dessous (desw), et dans les mots commençant par ress, sauf ressayer (rèsèjé), ressuyer (rèsùljé) et ressusciter (rèsusité).
Ex. : ressembler = resâblé ; ressort =: resor.
27- Pour les verbes décolleter et épousseter, l'usagée a consacré une prononciation très simple : les ménag-ères disent J'épousfe, et non j'éponssette ; dans un bal, une danseuse dira d'une autre, fZ/p se décolle trop, et non se décolleté.
28. Dans les mots terminés en eterie, le premier e de cette désinence est, en g-énéral, prononcé mi-ouvert.
Ex.: bonneterie = bonètéri'; marqueterie = mapkètéri'; papeterie = papètéri*.
29. Le premier e de breveter se prononce mi-ouvert lorsque la syllabe qui suit est muette; il est sourd dans les autres cas.
Ex. : breveter = brèvté ; je brevette = 5e brevet-
."^o. Ressemeler et ressemelage sont prononcés par les uns resemlé, resemla'j; par les autres resèmlé, resèmla'j; on entend môme dire resémèlé, resélïlèla'J, mais cette prononciation, log"ique au point de vue de l'étymologie, n'est pas indiquée et sanctionnée par les dictionnaires.
e fermé.
(e=zé).
3i. Les Ang-lais prononcent mal é fermé. Cela vient de ce qu'au lieu de rapprocher assez rapidement les dents en écartant les coins de la bouche, ils commencent à prononcer la voyelle alors que les oriçanes vocaux ont encore la position propre au a; et l'on entend aé.
Pour s'habituera la prononciation de é fermé, ils doivent répéter plusieurs fois de suite /, é, i, é sans boug^er les lèvres, puis a i a é, ô i ô é, u i II é, etc., en opérant brusquement les mouvements de lèvres exig"és par les diverses voyelles.
Cet exercice est recommandé aussi aux Italiens, aux Bulg-ares, à tous ceux qui éprouvent quelque difficulté à prononcer des e bien fermés.
.'iz. e est fermé (juand il porte un accenl aiyu, e( daiisceWes ilf» terminaisons er, ers, ed, eds, es, où les con.sonnes ne se prononcent pas.
Ex. : témérité = tôiiiérilé; année = ané*; légvr = léjé; pied = pïé ; noz - ik».
Exceptions. Lorsque é est suivi d'une syllabe muette, la prononciation le chan!a:e, dans la diction familière, en e miouvert.
Ex. : médecin == mèdsî (mais dans la lecture des vers :
médesî).
33. L'expression latine vice versa se prononce visévêrsâ, mais dans les mots composés où vice signifie qui fait fonction de, le e est muet, ainsi vice-roi = visrwa.
34. Quelques personnes mouillent la finale ée, et disent anné-ie, idé-ie; c'est une prononciation vicieuse; dites ané" et non anéj.
e sourd.
{e = e, ou è).
35. La voyelle e peut être muette, et alors elle disparaît de la prononciation, ou sourde, et dans ce cas elle comporte des sons intermédiaires ([ui constituent le charme et la difficulté d'une bonne diction.
Tantôt e sourd a le son de œ ouvert bref, tantôt il doit se faire deviner plutôt qu'entendre.
Je vais tâcher d'indiquer les principaux cas où l'on emploie ces divei-ses sortes de e ; au lieu de transcrire e sourd par ce, je le transcrirai par e, afin de changer le moins possible la physionomie des mots; je transcrirai par é, le e mi-muet, dont la prononciation est difficile pour tant d'étrangers, négligée par tant de Français.
3G. Une diction soignée ne manque pas de faire entendre le e sourd des monosyllabes que, je, de, etc.
Ex. : que veux-tu = ke vcetu ; donnez-le = donéle.
Cependant, quand plusieurs monosyllabes se suivent, tous les e sourds ne doivent pas être prononcés. Lesquels supprime-t-on? Affaire de goût personnel.
Ex. : ce que je te demande = ske gte dlllâd.
37. Le pronom yp, quand il précède le verbe, est prononcé avec e sourd ; dans les inversions, le e est muet. Ex. : je dis = 3e di ; dis-je = dl'g.
38. Quiconque veut bien parler prononcera le e sourd au commencement des mois.
Ex. : fenêtre = fenètr, et non fnêti*.
Dans la convei'sation, on peut à la rig-ueur omettre ces e sourds, mais dans la lecture, le discours, cette nég-lig-ence est fâcheuse ; dans la poésie, elle est inadmissible.
Il est davantag-e permis de retrancher les e sourds dans l'intérieur des mots, mais ici encore on peut faire cette remarque que plus une diction est soignée, moins elle se permet de ces suppressions.
89. A la fin des mots, e est presque toujours muet, en tout cas dans la conversation ; cependant, on évitera de le supprimer s'il se trouve entre trois ou quatre consonnes, ou entre deux con.sonnes semblables. Il faut alors proiioncer un e demi-muet.
Ex. : âme mag-nanimc = à.'iné manjailim; fétc très belle = fêté trê bel.
En ce qui concerne la prononciation du e sourd final dans les vers, vovcz plus loin les indications de Sarcev.
[\o. Il n'y a de e absolument et toujours nul, en français, tout au moins dans la lecture, le discours et la déclamation, que le e élidé.
Ex. : aimable ami = èinablami.
Remarque. L'expression entre ([iialre yeux, s'écrit souvent et se prononce toujours entre qnatre-z-yeux.
[\\. e muet précédé d'une voyelle ne se prononce pas; mais on ne peut dire qu'il soit absolument nul, puisqu'il provoque l'allongcmcnt de la voyelle.
Ex. : dévouement (ou dévoilment) = dévw ma ; voustuerez=: vw tu'ré; ils voient = il v\Va' ; amie = ami*; année = ané'.
42. Les finales ble, bre, de, cre, tre, orc, etc. sont mal prononcées par une quantité de personnes qui disent bel. ter, ver, etc.... Pour apprendre â les bien prononcer, il faut commencer par les accentuer très fortement, puis on diminue peu à peu l'intensité du son, en prenant g-arde que la voyelle ne vienne pa.s s'intercaler entre les consonnes.
E\. : .■iitnable= èmabld', ôinablo. riiiablc. èmaM.
Rôle du c sourd dans la diction.
43. Il V a quelques années, Francisque Sarcey consacra à cette question une de ses chroniques théâtrales du Temps. La leçon est si intéressante que je ne résiste pas au plaisir de la citer :
Le mois dernier, un de nos collaborateurs, M. Charles Marelle, dans un article très intéressant, très étudié, nous mettait au courant des idées qui commencent à avoir cours sur la prononciation de notre e muet chez les savants allemands.
Oh ! mon Dieu ! oui, les savants allemands — ils se décorent du nom
de phonétistes, à moins que vous ne préfériez les appeler des phonéti-
queurs, l'un et l'autre se dit ou se disent — ont découvert que \'e muet
ne se prononce pas, qu'il ne joue qu'un rôle insignifiant dans la diction,
qu'il disparaîtra bientôt (le mot est d'eux, je vous prie de le croire) de
l'écriture comme de la parole, et comme exemple ils donnent ces vers de
Musset :
J'en porte l'âme déchirée
Jusqu'à mourir,
qu'ils écrivent : fen povf ràm déchiré.
Et triomphants, ils s'écrient :
— Vous voyez bien que ça ne sert à rien, Ve muet.
Oh! ces Allemands!... je devrais plutôt dire : Oh! ces étrangers! Car je me souviens d'un article que publia sur le même sujet, à la Revne bleue, un aimable et docte Hellène, M. Psichari, qui me jeta, à l'époque où il parut, dans une furieuse colère. Car l'auteur était plein de savoir et de talent, et j'enrageais de voir qu'après une étude si profonde de notre langue, qu'il parlait et écrivait si purement, il ne se doutât pas •d'une chose que sait ou que pratique sans le savoir la moindre fillette de chez nous qui a de l'oreille.
Oh! comme j'ai compris alors l'anecdote célèbre de Théophtaste, à qui une marchande d'herbes sur l'Agora répondit : « Non, monsieur l'étranger! »
Il y avait trente ans que Théophraste vivait à Athènes et qu'il écrivait un des plus purs grecs que nous ait légués l'antiquité ; et cependant il avait suffi, pour déceler son origine exotique, de quoi? que sais-je? d'un détail de prononciation imperceptible à toute autre oreille qu'une oreille attique; d'un e muet trop ou pas assez accentué, ô fils de l'antique Hellade, rédacteur de la Revue bleue, 6 Psichari !
Le croiriez-vous ? Voici ce qu'écrivait M. Psichari qui était digne ce
jour-là de serrer la main aux phonéfiqucurs allemands de M. Charles Marelle :
« Une erreur généralement répandue dans le public et surtout chez les poètes, c'est qu'il existe en français aujourd'hui un vers de douze syllabes. Les vers de douze syllabes sont, au contraire, une rareté ! Il n'y en a que 45 bien francs dans les 236 vers dont se composent les Pauvres gens de Victor Hugo, et 95 seulement sur les 1 77 de la Prièrepour tous. Voici comment s'obtient cette statisticjue. Il ne faut pas compter comme vers de douze syllabes les vers où il y a des e muets, et où entrent, par exemple, ces petits mots : le, ne, de, que. L'c muet ne se prononce en français que dans le seul cas où sa disparition amènerait la rencontre de trois consonnes. »
Est-ce que les cheveux ne vous dressent pas sur la tète, en lisant ces effroyables hérésies ! Imaginez que ce monsieur prend comme premier exemple le premier vers de la Prière pour tous : Ma fille, va prier; vois, la nuil est vciuie.
Personne, assure-t-il, ne dira :
Ma filleu, va prier; vois, la nuil est veunue.
Tout le monde dira naturellement :
-Ma fill, va prier; vois, la nuit est v'nu.
Ce qui nous donnera dix syllabes.
Et il ajoute :
— Ce fait sera d'abord nié par tous les poètes.
Ah! j'te crois!... Mais il le sera par tous ceux qui savent dire de» vers, qui en sentent l'harmonie. Tous, sans exception, tous, guidés par l'instinct, ou à son défaut par un maître, diront : « Ma Hlle » en allongeant le son dejille. sans prononcer l'e muet, |)uisqu'il ne se prononce pas, mais en retenant un dixième de seconde leur haleine, pour tomber sur le mot va: quant au misérable qui dirait: « la nuit est v'nu », il n'est pas encore né sur notre terre de France. Ah çà! est-ce que .M. Psichari' croit qu'il n'y a pas de son intermédiaire entre veunu et venu ! Je puis lui affirmer que tous, nous faisons sentir très légèrement, mais d'une façon perceptible encore à une oreille délicate, IV nuict de venu. Je lui dirai même que nous avertissons par un très faible prolonirenient du son » que la rime est féminine et se termine \mr un e muet.
Il faudrait renvoyer à l'école le malheureux qui dirait :
Du <|na(or/e Juillet le ni^rand jtiur est venu
.Ma fille, vn prier ; vois, la nuil est veiuie,
en gardant exactement aux deux u la même sonorité. Elle doit èlre
sèche, à arête vive dans le premier vers; estompée et comme mouillée dans le second.
Voltaire écrivait dans sa correspondance à un étranger qui l'avait taquiné sur nos e muets :
« Vous nous reprochez nos e muets comme un son triste et sourd qui expire dans notre bouche ; mais c'est précisément dans les e muets que consiste la grande harmonie de notre prose et de nos vers; empire, couronne, diadème, flamme, tendresse, victoire ; toutes ces désinences heureuses laissent dans l'oreille un son qui subsiste encore après le mot commencé, comme un clavecin qui résonne, quand les doigts ne frappent pUis les touches. »
Le choix des mots (ju'a pris Voltaire comme exemple est typique (la remarque, qui est ingénieuse, est de M. Brémont); un romantique aurait écrit : maîtresse, caresse, bannière, fournaise, entrailles, montagne, hirondelle. Aujourd'hui on dirait : grève, prélude, pervenche, violette, mélancolie, ambiante, etc. La démonstration resterait la même.
Eh! oui, ce sont précisément ces muettes qui donnent à notre diction et sa variété et son charme. Car on en peut faire tout ce qu'on veut.
Dans le langage courant, lorsqu'il est très familier, on les supprime absolument : vous vous rappelez le dialogue d'un des livres de Gyp : c'est Mlle Loulou (jui parle; elle est à l'exposition :
— ■ Y a qu'ça de monde! s'écrie-t-elle.
Sa mère la reprend :
— Loulou, tâchez donc de parler d'une fa<;on convenable. Y a qu'(,'a! U faut dire : Il n'y a que cela.
Loulou éclate d'un rire méprisant :
— Oh! que cela! \'oyons, m'man, tu n'voudrais pas!
— Mais si, de même qu'on doit prononcer maman et non m'man. Remarquez que dans les chansons et partout où l'on fait parler les
gens du peuple, on prend soin de niar([uer la suppression des e muets par des apostrophes; si l'on avertit qu'en ces cas-là il faut les supprimer, c'est apparemment que partout ailleurs on doit les faire sentir.
Et, en effet, à mesure que le ton de la conversation s'élève, on les prononce davantage; dans le langage soutenu, on les fait mieux sentir encore, et enfin, en poésie, le jeu en devient d'une variété merveilleuse; car on peut, soit les rappeler seulement à l'oreille, par une suspension presque insensible du débit, soit les indiquer par un souffle, soit peser davantage, soit même les faire sonner, et tout cela sans autre règle que son oreille, son instinct, le goût de l'harmonie.
Il y a des poètes, Lamartine est du nombre, dont les vers ne valent presque, si on les dit, (pie par les diverses sonorités que l'on donne au.x
e muets; car c'est dans les e muets que le poète, sans s'en rendre compte, a mis le meilleur de son harmonie :
Toi (\\\t j'ai recueilli sur sa bouche expirante
essayez donc de dire : « Toi que j'ai r'cueilli ». Ce sera aflreiix.
Avec son dernier souffle et son dernier adieu, Symbole deux fois saint, don d'une main mourante, Image de mon Dieu.
Qui ne sent que la voix doit s'élever imperceptiblement sur la syllabe bole du mot symbole, que Ve muet, sans être prononcé, sert de transition — et comme elle est douce et charmante, cette transition! — à deu.T fois saint; et de même pour image.
Et comme ces syllabes pleines mourante! expirante! prennent une tristesse infinie de la sonorité qui les prolonge!
Les saints flambeaux jetaient une dernière flamme !
(juel vers délicieux ! et ce sont les e muets qui en font l'harmonie. Est-ce que vous oseriez dire, sans vous tenir pour le dernier des misérables : « Les saints flambeaux j'taient? » Et comme la voix s'élève doucement sur Vu d'une, sur la seconde syllabe de dernière, justement parce qu'il vous est nécessaire de faire sentir à l'oreille le prolongement mélancolique de Ve muet!
IjC prêtre murmurait les doux chants de la mort, Pareil aux cliants plaintifs que mtirmurc une femme A l'enfant qui s'endort.
Quand vous dites le prêtre, je vous défie de ne pas j)rononccr 1'^ muet ;
il faut prescjue lui donner lui son plein ; tandis qu'au vers suivant, en
disant une femme, c'est à peine si vous marquez Ve muet d'un souffle ;
et c'est cette succession d'e muets diversement prononcés qui ajoute un
charme de plus à la sonorité pleine du dernier vers, où il n'y en a plus
un seul.
Que de pleurs ont couli'' sur tes pieds «pu> j'adore!
Et M. Psichari qui prétend que les petits mots de, ne, le, se ne comptent pas dans la diction ! Est-ce qu'il aurait l'impertinence de dire : que d' pleurs f Ce serait à faire frémir la nature.
Mais le jeu de Ve muet, avec ses variétés prodigieuses, les unes sourdes et amorties, les autres franches, d'autres comme ouatées, a une telle importance, dans la diction, que les e nmets ne se prononcent point dans Victor Hugo comme dans Lamartine, dans Racine comme dans 0)rncille. Et même, chez Victor Ihiiro. je ne dirai pas «pie les e muets du rùlc de la icinc dans /itii/-/ilas sont ceux du rôle de don Salluste,
— "il —
parce que l'un est tout harmonie et tendresse, et que l'autre a des contours plus arrêtés et plus secs.
Il y a au théâtre des artistes qui prononcent tous les e muets ; M"e Agar était de cette école; M"e Verteuil en est aussi. Cette affectation rend la diction monotone et parfois fatig-ante. Mais je l'aime encore mieux que celle qui consiste à les retrancher tous, parce qu'on les supprime dans la conversation courante, entre g'ens qui ne se piquent pas de bien parler. On dit, en parlant de sa santé : « J'ai un clou. / m'g'ên' joliment ». Mais essayez de dire le vers de Racine :
Britannicus le gêne, Albin, et chaque jour, Je sens que je deviens importun à mon tour.
L'e de gêne a beau, moralement, s'élider avec Va d'Albin, vous ne pouvez faire autrement que d'élargir le son de gène, que de le prolonger sur Ve muet, quitte à le lier ensuite à l'a d'Albin; gêne, qui est là un si beau mot, n'aura toute son énergie qu'à cette condition. Et le vers suivant, est-ce que vous direz : J'sens que /deviens? Mais non, vous appuyez sur le premier Je qui est un mot de valeur dans la bouche d'Agrippine; vous n'indiquez que par un souffle Ve muet du second ye et vous tombez avec force sur 1'^ muet de deviens. De est une syllabe sonore.
Ganderax, notre ingénieux et raffiné confrère en critique, contait un jour qu'à ce vers de la Comtesse Frédégonde, une tra£;-édie qui ne réussit point :
Le morceau de velours qui couvre ce front pur,
il y eut dans toute la salle un frémissement de voluptueux plaisir. C'est qu'avec ses nombreux e muets, avec sa diphtongue achevée en vibration à l'hémistiche, avec sa fine voyelle achevée de même à la rime, c'était une caresse, c'était un délice que cet alexandrin.
« A présent, disait M. Ganderax, supposez la pièce en prose. Quel effet, je vous le demande, produira la fin de cette phrase : « Malheur à qui portera la main sur le morceau de velours qui cou^Te ce front pur ! » Ce n'est plus la colombe qui vole; plumée de ses e muets, privée de ce double frisson qui plane, — un son doux et vibrant à l'hémistiche, un son clair et vibrant à la rime, — la proposition est compacte et inerte : c'est la poule au pot. »
Ecoutez les grands diseurs : Sarah Bernhardt, Mounet-SuUy, Coquelin, Got, vous verrez qu'une bonne part des effets qu'ils obtiennent est due au jeu s-ivant de Ve muet dans la diction.
Quand Mounet-SuUy dit :
Source délicieuse, en misères féconde,
Que voiilcz-vous de moi, flatteuses voluptés?
Est-ce qu'il dit sourc', ou miser' féconde, que voulez-vous d'moi...? Mais le charme de ces deux vers est dans la place qu'occupent les e muets.
EXERCICES DE PRONONCIATION
e ouvert.
e moyen.
e fermé.
bête
bette
bétail
faîte
faite
frtu
fête
jais
maître
mettre
môtreiu-
pêcher
pécher
L'été dernier, c'est vrai, j'étais à Epcriiav, et j'y retournerai si je reste en santé.
Cette belle brebis bêle, il faut la remettre à son maître ; avançant la tête, son ag-neau la tette.
La fête qu'on a faite fut fort belle ; au faîte de la maison du maître, haute de vingt mètres, une j^-erbe de blé avait été placée.
Ne me refuse pas ce que je le demande, te dis-je.
lété dêrnïé sô vrê jétêz-a épèrnê é y\ retwrnëi'é si ,e rèst-â sâté
sèt bel brebi bê*l il fô la reinètr-a a sô mè*tr avâsâ la tê*t sôn-anjô la tèt
la fô't kôn-a fètë fu for bel ô fè*të de la iiièzO du inèlr ôté (le vî mèlr un j,ôrl)ë de blé avét-élé plasé*
ne me rfu*z pâ ske ^te dmâ*cl te di*^
ea, eij ey, éi, eo.
!^f\. Les mot.s où se trouve e«, venus de l'anglais, conservent en français la prononciation de leur pays d'orig^inc. Ex. : break = hrèk ; leader -r^ irdi"^!*.
liifstenk s'écrit inaiiitcnaiil hif'tck et se prononce biftok.
45. ei = ê ; on prononce de même ey final. Ex. : reine = rê'ii; bey = bê.
Pour plusieurs mots, cependant, l'usag-e varie, ainsi beignet se prononce bênjè, bènjè et bénjè. Comme les indications précises manquent à ce sujet, on fera bien de s'en tenir au son de ê ouvert.
Remarque, éi est prononcé par les uns éi, par les autres éji, dans le mot obéir (obéir ou obéjir).