CHANTE, PETIT OISEAU
— Charmant petit oiseau, dans ta cag-e dorée Pourquoi sembles-tu triste, et restes-tu sans voix?
— Ah ! c'est que loin de moi, ma compag-ne adorée
Pleure et soupire au fond des bois !
— Non, je l'ai dans la main et je vais te la rendre ; La voici!... sois heureux et reprends les chansons!
— Je ne puis, mes petits, déjà las de m'allendre.
Se désolent dans les buissons !
— Tes petits?... je les ai! je les rends à leur père; Vous voil.'i rôunis, chante tes pitis dmiv nirs....
— Ah ! je ne puis chanter, car je ne puis me plaire
Si loin de mes grands arbres verts.
— Viens ! je vais entourer ta cage de ramée ! Quel ravissant bosquet je t'ai fait ! chante ! allons !
— Du suave printemps l'haleine parfumée
Ne passe pas dans vos salons.
— Mais près de moi, du moins, ta vie est calme et sûre; Rien ne vient interrompre ou troubler ton sommeil.
— J'aime mieux les dang-ers, les bruits de la nature,
Et les chauds baisers du soleil !
— Méchant ! Viens avec moi dans ce riant bocag'e ! Autour de nous tout est soleil, fleurs et g-azon : Chante! — Je ne le puis, trop étroite est ma cage :
On ne chante pas en prison!
— Mais si je te donnais, petit oiseau que j'aime, Plus de soins, de verdure et d'air et de clarté?
— L'air, la clarté des cieux, les doux soins, l'amour même
Ne sont rien sans la liberté !
— Eh bien ! sois libre alors ! reprit la jeune fille. Et l'oiseau dans les airs s'empressant de monter. Sur un arbre voisin rassembla sa famille
Et joyeux se mit à chanter.
Rancurel.