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INFLUENCE DES PERCEPTIONS, DES SENSATIONS ET DES IMAGES SUR LES SÉCRÉTIONS /
1. Les réflexes glandulaires. — Rappelons tout d’abord une série de faits établis par les physiologistes : l’activité glandulaire peut être mise en jeu par lintermédiaire du système nerveux. On peut déjà l’inférer du fait que toute glande est en connexion avec des nerfs, et qu’au microscope on peut voir les terminaisons de ces nerfs dans les cellules glandulaires elles-mêmes. On peut aussi l’établir par des expériences directes. En 1851, Ludwig a montré que, si l’on excite artificiellement le nerf lingual par le courant électrique, la glande sous-maxillaire se met à sécréter. Cette notion a été peu à peu étendue à la plupart des glandes, et dans ces dernières années, par exemple, Wertheimer et Lepage ont fait sécréter le pancréas, Pawlow, l'estomac, Mironow, la glande mammaire, en excitant leurs nerfs au moyen du courant. Ces nerfs sécréteurs sont en continuité anatomique avec des centres nerveux : et si le physiologiste porte l’excitation, non plus sur le nerf, mais sur le centre, l’effet sécrétoire se produit encore. Peu importe, d’ailleurs, la nature de l’excitant. Claude Bernard applique le courant aux ganglions
-Sous-maxillaires et de la salive s'écoule; mais une excitation
mécanique ou chimique des centres peut provoquer des effets analogues. Ainsi, Claude Bernard pique le plancher du quatrième ventricule d’un lapin, et celui-ci devient polyurique ; Louis Morel obtient une salivation abondante de la sousmaxillaire par une excitation chimique spécifique des centres au moyen d’une injection de butyrate de chaux.
Tout nous porte donc à penser que certains centres nerveux influent sur les sécrétions glandulaires, Or, ces centres nerveux peuvent être eux-mêmes mis en branle par l’inter-
méuiaire d’une excitation portée sur un nerf centripète ; . C’est ce qu'a établi pour la première fois Claude Bernard.
Dposant une goutte de vinaigre sur la langue d’un chien, il voit la salive couler en abondance : la section des nerfs
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sensitifs empêche le phénomène de se produire. Ainsi s'établit cette notion capitale : les glandes peuvent être exvitées par voie réflexe : une irritation de certaines terminaisons sensitives se transmet aux centres nerveux et ces centres ébranlés déclenchent la sécrétion. | |
Cette action réflexe glandulaire, c’est le phénomène fondamental qui est à la base du mécanisme de l'influence des perceptions sur les sécrétions. :
-2. Réflexes glandulaires inconscients. — Un certain nombre
de réflexes glandulaires ne sont pas accompagnés de conscience : toutes les actions qui les composent se déroulent sans que le sujet en soit en aucune manière averti. PAWLOwW (A <t B) faït le premier, sur le chien, une opération délicate : il sectionne une partie de estomac, la sépare du reste de l'organe, « l’isole », Pabouche à la peau : puis il recoud l’estomac sectionné. L'animal guérit et le grand estomac continue sa fonction physiologique normale, cependant que le « petit estomac isolé », placé sous l’œil de l’expérimentateur, devient en quelque sorte le témoin de ce qui se passe dans la grande cavité digestive restée en fonction. À un chien ainsi préparé, Pawlow fait ingérer du bouillon ; là sécrétion gastrique s'établit dans l’estomne : en même temps des gouttes de suc perlent sous les yeux de l’expérimentateur dans le « petit
estomac isolé ». Wertheimer et Lepage séparent le duodénum
de l'estomac et excitent la muqueuse duodénale au moyen d’une barbe de plume : le pancréas se met à sécréter. Delezenne et Frouin isolent deux anses intestinales et les abouchent à la peau : toutes les fois que les expérimentateurs excitent la muqueuse d’une des anses, l’autre sécrète du suc entérique.
Ainsi, tout le long du tube digestif, l'excitation de 3e muqueuse à pour effet de déterminer, par voie réflexe, la sécrétion des glandes digestives, Stomacales, pancréatique, intestinales. Or, des phénomènes de ce gere se passent chaque jour, chez chacun de NOUS, au Cours de la digestion, et nous n’en avons aucune conscience. Il y à donc des réflexes £Slandulaires inconscients.