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pour que la sensation A informe la conscience que, lorsqu’elle prend naissance, la main se trouve plus éloignée de Pépaule que dans le cas ou C’est B et C qui franchissent ‘son seuil. La connaissance des positions respectives de lPavant-bras M par
rapport au bras ne pourra se réaliser que lorsqu’à la suite
d’un grand nombre d’expériences, chacun des termes sensitifs aura acquis une place déterminée dans la série À B C et que les termes extrêmes de la série ainsi formée se trouveront eux-mêmes termes moyens de la série infinie de tous les termes sensitifs dont notre corps est le point de départ, atlas tactile que l’on peut se représenter sous la forme d’une étendue sphérique, où tous les termes sont à la fois initiaux, finaux et moyens. Cela revient à dire que la détermination de la position n’est qu’un cas particulier de cette opération psychique qu'est la localisation des parties du corps. »
Dans cette localisation les diverses sensations cutanées musculaires, tendineuses etsurtout articulaires apportent les signes locaux qui devront servir de point de départ aux inférences et ces inférences supposent la mise en jeu de nombreux souvenirs tactiles, musculaires, articulaires et visuels, associés aux sensations elles-mêmes. GLEY a donc tout à fait raison d'écrire : « La « sensation » de position est quelque chose de complexe, et, par suite, moins une sensation nous renseignant immédiatement sur un objet, qu’une perception acquise, à la suite d’une opération psychique, rapide sans doute et subconsciente, sur des données sensorielles de plusieurs provenances. » (962.)
T1 faut ajouter que les tendons, les surfaces articulaires,
les muscles et la peau nous donnent d’autres sensations qui, éclairées par des expériences multiples et des comparai--
sons subconscientes, contribuent à nous renseigner sur l’orien- *
tation réciproque des diverses parties de notre corps au’ t
repos ou pendant la marche. 1 Û
C’est ainsi que nous éprouvons dans les bras et même . dans les jambes, quand ces membres sont dépourvus de point d'appui, des sensations de poids que GOLDSCHEIDER rattache à la sensibilité tendineuse ; d’autre part les sensations de mouvement passif qui nous viennent d’un membre qui pend
=, NS à
où qui reçoit une impulsion du dehors, paraissent devoir
être rattachées aux sensations cutanées et articulaires, et les sensations des mouvements actifs proviendraient des sensations musculaires proprement dites ou, plus vraisemblablement, des sensations articulaires et cutanées (v. Traité, I, 333). Mais, dans tous les cas de ce genre, aucune sensation kiné- Sique ou statique ne saurait, par elle Seule, sans perception associée, nous donner une notion quelconque d’orientation.
Le sens des attitudes totales peut être soumis à une an2lyse très analogue. Si nous avons la faculté d’orienter notre
. COrps dans lespace, de savoir si nous sommes debout, cou-
chés, assis, en marche, au repos, c’est parce que nous nous livrons sans cesse à une interprétation rapide et subconsciente de données sensorielles qui ont des origines très diverses (v. BEAUNIS, A, 71). |
Dans là station droite par exemple, nous avons le sentiment d’être debout, parce que nous interprétons trois ordres de sensations, des sensations tactiles, des sensations visuelles et
surtout des sensations kinésiques. Les sensations tactiles
proviennent de la peau qui recouvre les métatarsiens et dela |
| peau qui recouvre les talons ; ce sont des sensations de pres-
Sion qui $e produisent avec une intensité correspondante au
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poids dé notre corps et dont les maxima changent de place
suivant le déplacement du centre de gravité. Elles nous ren- seignent ainsi sur les déviations de notre Corps par rapport à la verticale.
Les sensations visuelles ont un résultat analogue ; la fixation des objets perpendiculaires ou parallèles au sol nous permet d'évaluer les inclinaisons de notre corps.
De même, les sensations de traction que nous éprouvons
dans les muscles du cou-de-pied et dans les muscles de la
jambe nous préviennent que le Corps penche en avant ou
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en arrière, à droite ou à gauche, par rapport à la ligne de gravité. Teï encore, c’est par l’interprétation des sensations tactiles, visuelles et musculaires que nous jugeons de la direction de notre corps dans l’espace.
… Däns la station assise ou couchée l'interprétation porte
sur des données différentes, mais le phénomène est le même, et, dans aucun cas, nous ne COnnaissOns la direction de notre corps dans l’espace par l'exercice d’une sensibilité spéciale.
C’est pourtant une question de savoir si à toutes ces inférences ne s’associe pas l'exercice d’un sens qui nous rensei-. gnerait directement sur l'orientation de la tête, par rapport à nos attitudes segmentaires et à la verticale, le sens statique qui aurait pour voie afférente les nerfs vestibulaires et les canaux semi-eirculaires.
On sait, depuis FLOURENS, que la section des canaux semicirculaires symétriques provoque des oscillations de la tête dans le sens des canaux opérés.
On sait de même que, lorsqu'une personne a tourné pendant quelques instants sur son axe, il lui semble voir, quand elle s'arrête, les objets environnants tourner en sens inverse du mouvement qu’elle a exécuté ; c’est ce qu’on appelle le vertige de Purkinje. À ce moment, la marche et l'équilibre sont troublés parce que le sujet garde une sensation subjective et illusoire de rotation.
On admet que, dans la section des canaux semi-circulaires symétriques, la lésion excite les terminaisons nerveuses du nerf statique et que l’animal éprouve, ainsi que dans le vertige de Purkinje, une sensation subjective de déplacement contre laquelle il réagit par des mouvements non adaptés qui entraînent son déséquilibre et sa chute.
De 1à à conclure qu’à l’état normal les canaux semi-circulaires nous donnent la sensation des différentes directions de la tête auxquelles nous répondons par des mouvements d'équilibre appropriés il n’y avait qu’un pas,et c’est bien en effet la thèse qui est généralement aceeptée par la physiologie. Les canaux circulaires seraient ainsi un organe d’orientation ; ils nous renseigneraient directement sur la position et les mouvements dans l’espace de notre tête et indirectement de notre corps tout entier. Dans ce cas, aux inférences déjà énumérées il faudrait bien joindre Papport spécifique et immédiat d’un sens. Ce sens interviendrait dans la notion des attitudes segmentaires puisqu'il nous. donnerait la notion de la direction et par conséquent de.
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attitude de la tête ; il interviendrait, à plus forte raison, dans la notion des attitudes totales, puisque l'attitude verticale, tournée, penchée de la tête nous renseigne indirectement sur attitude du corps, notamment dans la station debout que nous avons prise pour exemple.
Nous avons fait plus haut des réserves sur ces différents apports du sens statique, mais nous avons vu cependant. la part qui pourrait bien lui revenir dans la sensation de. rotation et peut-être dans les sensations de verticalité ; nous devons donc associer à toutes les inférences sus énumérées les apports directs du sens statique. Il semble cependant difficile de prendre ici le terme de sens avec la signification ordinaire que lui donne la psychologie. Si un sens est défini d’une part par la modalité spécifique de l’excitant, de l’autre par la modalité spécifique de la réaction sensitive qui en Maté on doit reconnaître qu'aucun excitant spécifique et qu'aucune sensation ne correspondent au sens de l’espace.
Comme le remarque très justement MoRAT (397 ), le rôle spécial attribué aux canaux semi-circulaires, - pas plus que les troubles de l’équilibre qui accompagnent leur destruction, ne prouvent en faveur d’une excitation spécifique, puisque, après l’extirpation des canaux, la fonction d'équilibre se rétablit par suppléance des autres voies d’orien-
tation et que d’autre part les excitations terminales du nerf
vestibulaire ne sont pas transmises à la conscience. Nous avons conscience des mouvements d’équilibration par lesquels nous répondons aux impressions labyrinthiques mais non des impressions elles-mêmes.