L'ORIENTATION SUBJECTIVE
L'orientation d’une partie de notre corps par rapport aux autres ne repose pas, comme paraissent le croire quelques physiologistes, sur des sensations spécifiques et irréductibles d’attitude ; la prétendue sensation d’attitude n’est en
réalité qu’une interprétation plus ou moins consciente qui a
pour matière un complexus de sensations | et qui aboutit au résultat ordinaire de E toute perception complète : la localisa-
tion.
« Examinons, dit CLAPARÈDE (250), comment la statue de Condillac (l’enfant
nouveau-né et l’ataxique en période de ff
rééducation se comportent de la même manière) acquiert la notion de la position " Fig. 32. de ses membres. Supposons qu’au mo-
ment où nous lui accordons la conscience, son bras se
trouve plié à angle droit dans la position M A E. Que ressentira-t-elle ? Un certain état sensationnel À, dû aux impressions causées par le contact des surfaces articulaires du coude et par la traction exercée sur les ligaments, etc., ete., l’avantbras étant soumis à la pesanteur. Modifions l’attitude de ce bras et relevons l’avant-bras de facon qu’il ne forme plus qu’un angle aigu, l’état de conscience se modifiera aussi; les organes museculo-arti-
culaires, en effet, ayant été déplacés, se trouveront dans des conditions nouvelles de traction, de pression
mutuelles ; l'excitation résultant de ces condi- M” fl tions physiques nouvelles sera donc différente
de celle qui agissait précédemment : « la sen-
sation À cédera la place à une sensation B. »
Même raisonnement pour une nouvelle posi-
tion M" C E qui fournira à la conscience la
sensation ©, différente de À et de B, et ainsi
de suite pour toutes les positions intermé- C
diaires qui feront naître chacune une sensation qualitative différente. Notre statue éprouvera donc une série d’impressions diverses, mais ce
Fig. 34.
sera tout. Aucune notion ou perception de position ne s’épanouira dans son esprit : il n’y a aucune raison en effet