Existence de la parole intérieure
Le mot, pour le sujet qui parle, n’est qu’une succession de mouvements volontaires. Pour le sujet qui écoute, c’est une sensation sonore. En dehors de ces deux conditions, le mot existe encore pour la conscience comme image verbale, et il existe un véritable langage intérieur qui utilise la forme verbale sans l’employer à la manifestation extérieure de nosétats “e conscience.
C’est particulièrement dans la lecture mentale et dans l'acte décrire que la parole intérieure est le plus facile à observer. « Lire, dit EGGeR, c’est traduire l’écriture en parole, et lire tout bas, c’est la traduire en parole intérieure... Il n’y a pas d'écriture sans parole ; la parole dicte, la main obéit. »
Dans la description donnée par Egger, la parole intérieure se compose d'images auditives, reproduction exacte de la parole auditive. De plus, pour le même auteur, la parole intérieure est pour ainsi dire continue à l’état de veille ; elle ne s’interrompt que dans deux conditions : durant la parole à haute voix et durant l’audition de mots ou de musique t.
Cette double affirmation : nature auditive du langage intérieur et constance de ce langage, mérite de sérieuses restric- \
tions.
4. « Pour ralentir le cours de la parole intérieure et briser sa continuité, 41 faut notre propre parole; pour la suspendre tout à fait durant un ni ‘temps notable, il faut la parole d'autrui. Hors de ces deux cas, la parole intérieure est constante ; nous ne pensons pas, et par suite nous ne vivons pas sans elle » f. 5).