LE DOMAINE DE LA MÉMOIRE
Les nécessités d’une exposition discursive nous obligent à examiner successivement les divers processus mentaux, mais, en réalité; comme ces processus 8e conditionnent l’un l’autre pour la plupart, on ne peut échapper à des interpénétrations constantes. La mémoire implique l’acquisition des souvenirs, c’est-à-dire la perception ; mais iln’est pas de perception qui n'implique, chez un adulte, une multitude de souvenirs ; le jeu des associations est évidemment conditionné par les acquisitions de la mémoire, mais la mémoire n’a de rôle efficace dans la vie mentale que grâce au phénomène d’évocation, qui est essentiellement associatif.
Le champ de la mémoire, c’est celui de la vie mentale toute entière, car, sans souvenirs, une telle vie serait impossible, çar il n’est pas de processus psychique qui n'implique des persistances mnémoniques, la notion de causalité elle-même paraissant résulter des associations habituelles que les successions des phénomènes engendrent dans le cerveau.
Et, en revanche, l’exercice normal de la mémoire paraît exiger la participation de la plupart des autres processus mentaux. L'étude des phénomènes mnémoniques en général
ne peut donc se faire que grâce à une abstraction conven-
tionnelle. Elle partira de la perception qui engendre le souvenir et s’arrêtera au jeu complexe des phénomènes associa-