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rir est plus grand : par exemple il faut moins de lectures pour apprendre 20 chiffres quand on cherche à en retenir B0 que quand on se borne à 20, et cela avec un effort sensiblement identique (Lipmann, Piéron, Henmon) ‘. Y'EFAS
Le dernier fait explique en partie une constatation empi- :
rique relative à la supériorité, pour retenir une série de termes quelcenques de longueur moyenne, chiffres, syllabes, phrases d’un texte ou d’une poésie, ete., du procédé des lectures globales sur celui des lectures fractionnées. On apprend plus vite
en lisant l’ensemble du texte qu’en s’efforçant d’enapprendre
une partie puis une autre. è
L'influence accélératrice de la lecture globale en tant que telle n’est d’ailleurs peut-être pas seule en jeu dans ce cas : on note, et nous y reviendrons, qu’une acquisition associative ” tend à effacer les acquisitions associatives différentes, surtout lorsqu'elles sont immédiatement antérieures ©. Quand on à appris une partie d’un morceau et qu’on s'attaque à une autre, il y à effacement du souvenir déjà fixé, et une partie del’eflort est perdue. Dans leffort continu de la lecture globale, il ne se produit rien de tel, les fixations s’effectuant dans l’ensemble à peu près simultanément *.
1. 11 y a évidemment une limite, variable avec chaque sujet, au delà de laquelle l'acquisition globale n'accélère plus mais doit au contraire ralentir la fixation. L'économie dans la fixation de séries plus longues concerne le nombre des lectures successives, faites à intervalles. Quand on totalise le temps employé à la fixation, les intervalles compris, on constate au contraire que l'allongement d'une série ralentit la fixation. Foucauzt (A) a trouvé une loi d'après laquelle, quand la longueur des séries s'accroît, le temps de fixation grandit proportionnellement au carré de la longueur.
Par exemple Diamandi mettait soixante-quinze secondes pour acquérir 13 chiffres et deux cent soixante pour en acquérir 30. Cette loi, retrouvée
par D. 0. Lvon, pour les chiffres, ne serait pas valable pour l'acquisition
de mots ou de phrases, mais seulement pour le matériel privé de sens (lettres, chiffres, syllabes). FRE)
2. Au point de vue moteur, on à pu montrer que le progrès dans la rapidité du classement de cartons différents à des places déterminées était à peu près complètement empêché, si, après chaque classement dans cet ordre, on faisait procéder à un classement dans un autre ordre, ce qui détruisait l'influence fixatrice du premier par interférence. |
3 Un dernier avantage de la lecture globale, c'est qu'elle permet l'acquisition du morceau entier comme d’un bloc continu et sans fissures ; les morceaux appris à part ne se raccordent pas toujours très bien ; il reste des points faibles où la rupture associative est fréquente. En faisant
En ce qui concerne les accélérations du progres mnêémonique, on les trouve particulièrement fréquentes et répétées dans l'acquisition des habitudes motrices, avec, dans l’inter-
alle, des plateaux où le progrès est nul, et parfois même delégersreculs. L'interprétation de ces Didtéatre et de ces reculs
est évidemment délicate. T1 y a lieu de tenir compte souvent dune certaine fatigue motrice, et parfois aussi, sans doute, de
défaïllances de l'attention. Certainsauteursont pensé qu’il de-
vait en outre y avoir, durant ces phases où le progrès s'arrête, une sorte de maturation organique prolongeant la fixation au delà de la période d’excitation sensorielle, de la période d’acquisition proprement dite. En tout cas, la réalité de ce phénomène de maturation pour la mémoire associative en général a pu être mise en évidence par l'étude systématique de l’in-
fluence des intervalles sur la rapidité d'acquisition.
c) Enfluence de l'intervalle des efforts de fixation. —Ce qu’on a appelé la loi de Josr, maintes fois vérifiée, peut s’énoncer ainsi : pour retenir une série de chiffres, de syllabes, de mots, ete., le nombre des lectures nécessaires sera moins grand, si Pinteyvalle entre elles est assez considérable, que si ces
lectures sont très rapprochées. On a pu préciser cette in-
fluence des intervalles et montrer que, au-dessous de 10 mi-
nutes, la fixation était difficile et que l'intervalle optimum,
probablement supérieur à ce temps critique de 10 minutes, devait être voisin de 24 heures, les différences devenant, au delà du temps critique, tout à fait insignifiantes.
Par exemple le nombro moyen de lectures nécessaires pour apprendre 20 chiffres chez un sujet sera de 11 quand l’intervalle entre deux lectures durera une demi-minute, de 7,5 quand il sera de 2 minutes, de 6 quand il sera de 5 minutes, de 5 quand il sera de 10 minutes, de 4,5 quand il sera de 20 minutes ou de 24 heures (PréRON, B). En dehors de la fatigue qui peut intervenir dans les lectures trop rapprochées, il existe une véritable maturation, une fixation organique, impliquant
une période d'établissement du souvenir consécutive aux
apprendre, par un effort spécial, les jonctions des passages étudiés séparément, on pourrait même en certains cas obtenir une acquisition plus rapide par la méthode partielle (Pechstein).
792 LES FORMES “GÉNÉRALES D'ORGANISATION impressions sensorielles formant son point de départ, susceptible de persister assez longtemps *, et dont la durée peut être évaluée grâce à la détermination de l'intervalle optimum. C’est là la première phase de l’évolution du souvenir brut”.
20 L’évanowissement. Ne
On admet parfois que toute impression donne naissance à un souvenir; cela n’est évidemment pas prouvé, et est même très suspect ; mais, si cette fixation est suivie d’un oubli rapide en certains cas, tout se passera pratiquement comme si la fixation ne s'était pas faite. Seulement, on affirme souvent que tout ce qui se fixe se conserve indéfiniment, que les traces de mémoire sont indélébiles, parce que des événements qui paraissaient totalement oubliés ont pu se révéler à certains individus dans des périodes de délire ou au moment de l’agonie ou dans quelque état anormal d’exaltation.
«On ne peut pas assigner de limite à ces renaïissances, dit TAINE, et l’on est forcé d'accorder à toute sensation, si rapide, si peu importante, si effacée qu’elle soit, une aptitude indéfinie à renaître, sans mutilation ni perte » (De l'intelligence, I, p. 134). « Nous voyons maintenant, dit de son côté DEL- BŒUF, que tout acte de sentiment, de pensée ou de wolition, en vertu d’une loi universelle, imprime en nous une trace plus ou moins profonde mais indélébile, généralement gravée sur une infinité de traits antérieurs, surchargée plus tard d’une autre infinité de linéaments de toute nature, mais dont l’écriture est néanmoins indéfiniment susceptible de reparaître
4. C'est cette maturation qui est depuis longtemps invoquée pour expliquer le souvenir plus correct au matin d'une leçon apprise, mais encore mal sue la veille au soir. Et c’est probablement parce que cette maturation est empêchée que les traumatismes entraînent une amnésie rétrograde, les événements immédiats antérieurs n’ayant pu être complètement fixés encore ; cette amnésie rétrograde peut d’ailleurs entraîner la perte apparente d’autres souvenirs qui ont bien été fixés mais dont l'évocation est devenue impossible. Ceux-là seront retrouvés ; les souvenirs immédiatement antérieurs à l'accident resteront définitivement perdus.
2. Dans la mémoire logique, où interviennent des processus mentaux complexes, il se produit des interventions de facteurs multiples susceptibles de masquer les lois élémentaires,
vive et nette au jour » (Le sommeil et les rêves, Revue philosophique, IX, p. 153).
Et d’autres psychologues encore, en se basant sur l’influence qu’exercent des souvenirs en apparence oubliés, inévocables, influence qui se traduit par exemple par une résistance à admettre eomme possible un fait qui serait en contradiction avec ce souvenir latent, déclarent encore que tout fait mental est indéfiniment et intégralement conservé dans le sub-. conscient (Abramowski). a
Et cependant les faits paraissent bien obliger à admettre la réalité de l’oubli, jet Taine ou Delbœuf s’en sont bien rendu compte : « Si l’on compare entre elles, ajoutait le premier, diverses sensations, images ou idées, on trouve que leurs aptitudes à renaître ne sont pas égales. Un grand nombre d’entre elles s’effacent et ne reparaissent plus jusqu’à la fin de notre vie; par exemple avant-hier j’ai fait une course dans Paris, etdes soixante ou quatre-vingts figures nouvelles quej’ai bien vues, je ne puis m'en rappeler aucune. » EtDelbœuf ajoutait aussi : « Il y à quelque vérité dans l’opinion qui veut que la mémoire, non seulement se fatigue, mais s’oblitère. Si un souvenir ne chasse pas l’autre, on peut du moins prétendre qu’un souvenir empêche l’autre et qu’ainsi pour la substance cérébrale, chez l'individu, il y a un maximum de saturation. »
C’est justement cette idée de saturation de la mémoire qui a conduit Th. RiBoT à montrer le rôle important de l'oubli. C’est grâce à la faculté d’oubli que de nouvelles acquisitions restent longtemps possibles. Et, développant cette idée, Renda vit dans l’oubli une fonction positive, une activité dissociatrice utilitaire, éliminant les données sans intérêt suffisant pour l'esprit; mais cette conception, qui a emprunté à la biologie la fâcheuse tendance finaliste favorisée par le langage darwinien, ne s’étaye pas de faits probants.
Quoi qu’il en soit, l’oubli existe incontestablement ; mais consiste-t-il seulement en une diminution de !à faculté de réapparition du souvenir, de son « évocabilité » pourrait-on dire, comme semblent l’admettre Taine ou Delbœuf ?
A cet égard des expériences précises ont montré que les
traces s’effaçaient spontanément, et qu'il y avait 1 véritable retour à l’équilibre après ébranlement mnémonique. C’est grâce à une idée fort ingénieuse qu'EBBINGHAUS en put
LES FORMES GÉNÉRALES D'ORGANISATION \e
faire la preuve. | ue I conçutnettement et démeontra qu’un souvenir non évoca- ï$
ble, maïs susceptible de persister encore, pouvait être vivifié
par une acquisition nouvelle à moins de frais que si l’efface-
mentétait total, eb qu’ainsi l’économie dans l'effort d’acquisition pouvait mesurer l'intensité des traces. Si par exemple il faut20 lectures pour pauvoirrépéter correctementune certaine série de syllabes, au bout d’un certain temps il suffira, quand la série paraîtra oubliée, de 5 lectures pourles rapprendre, d’où une économie de 15 sur 20 ou 75 p. 100 ; plus tard il en faudra 10 (économie de 50 p. 100); plus tard il faudra aller jusqu'à 15 (économie de 25 p. 100 seulement), etc. Ebbinghaus put ainsi suivre la courbe d’évanouissement du souvenir. Malheureusement il y avait dans ses expériences une cause d'erreur : au lieu d'apprendre une série de syllabes d’un bloc, Ü apprenaït un certain nombre de petites séries l’une après
l’autre, en sorte que, sachant la dernière, il avait oublié les
autres, parce que les associations nouvelles exerçaient une
influence effaçcante sur les précédentes, encore incomplète-
ment fixées !, Aussi l'oubli lui paraissait débuter immédiatement très vite, puisqu'il devait recommencer à apprendre aussitôt qu'il avait fini. Or nombre d'auteurs montrèrent qu’un souvenir acquis persiste un temps assez long sans chansement appréciable : il y à une période d'état du souvenir capable de durer quelques jours, et ce n’est qu’ensuite que l’évanouissement se produit, très rapide d’abord, puis de plus en plus lent, et tendant à l'oubli absolu asymptotiquement sans l’atteindre jamais peut-être, mais en s’en rappro-
Chant assez pour que pratiquement tout se passe comme si
l'effacement était total. k La réalité d’un évanouissement Spontané mais lent est donc hors de doute, et on à tâché de déterminer la loi de cet éva-
1. Par exemple, quand une voie vient d'être frayée entre deux termes À
et B, si une voie nouvelle est frayée entre A et C, elle tendra à détourner vers cette route nouvelle tout passage à partir de A.
CLR) De MT TUE OS MS NY M PR UE
or STE tiger)
1 nouissement !. Mais la phase d’effacement n’apparaït qu'après une période d'état. |
Nous disons que loùbli régulier, dont on suit avec précision lat marche progressive par la méthoäe d'Ebbinghaus, est un oubli spontané ; mais on peut objecter que, puisqu'il s’agit
d’associations, et que la vie mentale est justement faite
d'associations continuelles, l'effacement artificiel, par con-
currente, s'il est porté au maximum par denouveaux efforts. d'acquisition, n’en existe pas moins du seul fait que la vie mentale ne se trouve pas complètement suspendue *. Et, en : vérité, cette action effäçante peut bien réellement exister ; mais s’ensuit-il que, si cette influence de la vie mentale faisait défaut, les souvenirs acquis pourraient s'inscrire comme
dans une cire dure gardant indéfiniment les empreintes ? La
physiologie tend au contraire à montrer que les phénomènes
extérieurs agissant sur la substance vivante laissent des
traces — pour employer une comparaison grossière — comme
dans une substance visqueuse où tend à se rétablir, lente-
ment mais sûrement, l'équilibre initial, en sorte que les em-
4. La loiétablie par Ebbinghaus ne vaut que pour son expérience COmplexe où une influence effaçante s'ajoute à l'évanouissement spontané. En se limitant à ce dernier on obtient une courbe qui répond à une formule
K d'interpolation un peu plus complexe (Préron {B]) : au lieu dem + ; K (log 4)« k Es :
le temps écoulé, et les autres termes des constantes. L'économie d'acquisition, qui est de 85 p. 400 au bout de deux semaines, tombe à 64 au bout de quatre, à 40 au bout de deux mois, à 25 au bout de quatre mois, chez
on a Mm — m exprimant l'intensité de la trace mnémonique, £
unsujet. Pour les habitudes motrices, l'évanouissement peut être très lent,
l’économie étant encore de 74 p. 460 dans un cas au bout de six ans (SwirT). Fovcauzr (B) a pensé que la loi de oubli pouvait être une hyperbole vraie, mais en se fondant sur des expériences perturbées par une importante
intervention de la mémoire immédiate, d'une appréhension momentanée
. de séries trop courtes.
gi l'on n’envisage que l'allure générale de la courbe d'oubli, les auteurs s'accordent à la considérer comme (res semblable — sauf pour la phase initiale — à celle qu'a mise en évidence Ebbinghaus (Finkenbinder, Dal-
lenbaeu, Strong, etc.).
2. Certains auteurs ont mème voulu voir dans l'oubli le résultat d'un travail positif d'inhibition, ou mieux de « répression » suivant les conceptions générales de la psychoanalyse de Freud : seraient oubliées les
choses dont l'esprit, subconsciemment, ne voudrait pas se souvenir
(E. J. Jones).
preintes s’effacent peu à peu, ainsi que la marque d’un doict à la surface d’une résine molle. Et un muscle qui s’est développé par un exercice continu”ne laissera pas de s’atrophier s’il reste longtemps inactif. Dans le système nerveux, hors de la participation psychique, Pawlow a montré que le lien rendu apparent par un réflexe conditionnel solidement établi — abstraction faite de toute influence effaçante comme le erait la reproduction de l’excitant initial non suivi du facteur associé, de l’excitant conditionnel non associé à l’excitant inconditionnel — se relâchait et s’évanouissait spontanément !,
En tout cas, abandonnant ces vues théoriques sur la réalité profonde de l’oubli, il y a lieu de remarquer que la rapidité d’évanouissement des souvenirs varie beaucoup avec les individus et avec la nature des souvenirs.
En ce qui concerne les différences individuelles, on à pu établir (Ebert et Meumann), que les souvenirs se montraient plus persistants, en règle générale, quand l'acquisition était plus lente, conformément au vieil adage : « Ce qui est vite. appris est vite oublié », du moins en ce qui concerne la mémoire brute (d’un matériel privé de sens), — la mémoire logique pouvant échapper à cetterègle—, et à condition d’évaluer la persistance par la méthode d’économie (qui assure une latence organique), et non par le nombre d'éléments retrouvés, qui dépend du jeu mental des évocations volontaires. Inaudi, qui apprenait si vite un grand tableau de chiffres, avait une capacité d’oubli rapide absolument remarquable (BINET).
Woodworth à insisté sur le earactère contingent de cette relation. De nombreux facteurs peuvent en effet la masquer ; il semble qu’elle réponde à une caractéristique physiologique profonde, d’autant moins susceptible d’apparaître qu’interviennent davantage les fonctions mentales supérieures. °
4. I est très probable que cet effacement spontané des réflexes conditionnels non entretenus se fait aussi suivant une courbe du type de celle d'Ebbinghaus ; mais la détermination précise de cette courbe n'a pas encore été faite.
Une corrélation voisine paraît relier, chez les divers individus, la période d'établissement du souvenir et la courbe d’évanouissement : quand l'intervalle optimum entre deux efforts successifs d'acquisition est plus grand, la persistañce est plus longue (BALLARD) ; il semble que, lorsqu'un souvenir met le plus longtemps à s'établir, à atteindre sa fixation maxima, il met aussi plus longtemps à s’éteindre !,
Pour ce qui est de la nature des Souvenirs, les plus concrets paraissent les plus stables. Ils sont en effet plus stables que des séquences artificielles d'éléments abstraits, comme des chiffres, des lettres, des syllabes ; mais, lorsqu'il s’agit d’en- ‘Chaïînements intellectuels, logiques, comme ceux qui ont été l’objet des recherches de MICHOTTE, il n’en va plus de même. La persistance de ceux-ci est tout particulièrement tenace.
Des mots sont mieux retenus que des syllabes privées de sens. Cela tient à ce que la séquence des syllabes unies en ‘mots à été maintes fois répétée, apprise, tandis que la séquence artificielle de syllabes quelconques représente quelque chose d’entièrement nouveau et se trouve combattue par des tendances associatives plus ou moins fortes à enchaîner ces syllabes dans des groupements habituels en mots connus. Et il en est de même pour les phrases par rapport à des séquences artificielles de mots quelconques, pour les enchaînements logiques par rapport à des séquences de phrases juxtaposées et sans lien. -
C’est d’ailleurs aussi grâce au bénéfice d’acquisitions Spontanées multiples, inaperçues, que paraît se produire la persistance plus tenace des images que des enchaînements artificiels qui constituent, pour l’étude brute des lois générales de la mémoire, le meilleur et le plus usité des matériels ?.
4. Les différences individuelles sont souvent en rapport avec des types différents de mémoire, avec des prédominances différentes dans les éléments sensoriels en jeu, avec l'intensité de l'effort, qui joue un grand rôle, et avec la pratique. La persistance, mesurée par la méthode d’économie, représente une particularité physiologique sur laquelle la pratique est sans action ; et, tandis que, chez les énfants et les adolescents, la rapidité d'acquisition croît avec l’âge, la persistance, au contraire, diminue.
2. On a proposé quelquefois, pour faciliter la désignation de maisons, de bagages, etc., la substitution aux numéros d'images concrètes, un nombre étant moins bien retenu qu’une figurine représentant un cheval,
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30 L’intensification du souvenir.
Un souvenir qui se conserve ne représente qu’une simple possibilité, tant qu’une évocation ne l’actualise pas au
L'éveil d’une image, e’est en somme le réveil d’un complexus de sensations ou d’une sensation élémentaire, sous l'influence d’une excitation interne, l’excitation évocatrice, tandis que la sensation résulte d’une excitation externe, d’une influence physique ou chimique s’exerçant à la périphérie. L’éveil d’un souvenir associatif, c’est l'évocation successive de différents termes constitués par des images usuelles. |
à. L'évocation. — Il y a là un double problème. En premier lieu, la possibilité pour une excitation d’être dirigée, volontaire-. ment ou spontanément, vers un certain complexus sensoriel ; c’est le problème de l'évocation, de |’ « eephorie » de SEMON qui considère que le retour n’est possible que par réapparition, sous l'influence d’une excitation extérieure, d’un des termes du complexus. Mais, en réalité, c’est là te problème de ce qu’on appelle association des idées, qui se trouve examiné par ailleurs (Traité, I, 820) :. so
b. L'actualisation. — Le second problème est exelusivement du domaine de la mémoire ; il concerne la capacité |
nn arbre ou une maison. Mais, tandis que les nombres ont une capacité : de désignation indéfinie, celle des figurines serait évidemment très Emi tée ; ou bien il faudrait donner valeur significative à des séquences, dans un ordre donné, de ces images: et alors on se heurterait à la même difficulté de l’'évanouissement rapide de ces séquences artificielles. On se serait contenté de créer une nouvelle écriture hiéroglÿphique, toute signification symbolique exclue. C’est que la persistance plus grande des images est justement due à leur limitation, et au fait qu'elles so répètent . souvent, tandis que la moindre persistance des associations verbales ! ou numériques relève de leur grand nombre et de leur coneurrenée, \ certaines étant, bien entendu, privilégiées, parce que d’un caractère usuel. ;
4. Signalons seulement que la valeur pratique de la mémoire résulte de la capacité d’évocation volontaire, et que cette évocation utilise des voies frayées, des souvenirs associatifs, toute évocation suivie de succès renfor-. cant le souvenir et facilitant les évocations ultérieures : Evoquer, cesi. apprendre à évoquer. Pour se servir facilement du bagage de souvenirs qu'on possède, il faut ne point le laisser dormir, mais léveiller souvent ot multiplier les liens associatifs, le réseau des routes qui réunissent nos : souvenirs. La fixation par de multiples images sensorielles est avantageuse » ea ce qu’elle permet l'évocation par un plus grand nombre de voies. ;