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V. aussi DELAGE, 301 et sq

Fonctions du neurone.

La cellule nerveuse, ou, pour être plus précis, le corps cellulaire (perikaryon), est le véritable centre fonctionnel du neurone, en même temps qu’il est son centre génétique et: son centre nutritif (H1S).

Les prolongements protoplasmiques émanés de la cellule amènent les excitations qui sont transmises soit directement par les cellules sensorielles, soit indirectement par l’intermédiaire de l’axone d’un autre neurone, et cela sans préjudice: de savoir si la transmission se fait au point de contact ou bien au contraire par pénétration réciproque des fibrilles.

Ces excitations, subissant une modification plus ou moins profondé dans la cellule, sont réfléchies, grâce au prolongement cellulifuge de l’axone, vers un autre neurone.

Peut-on admettre que toutes les manifestations d'énergie cellulaire sont essentiellement réfléchies, cette réflexion comportant une élaboration, une transformation plus ou moins profonde, ou faut-il admettre que certaines manifestations sont réellement automatiques, c’est-à-dire produites en ab-

gence de toute excitation autre que le propre métabolisme :

de la cellule, ou les modifications du fluide qui la baigne ? Starling, partant de ce principe que la raison d’être des éléments nerveux est précisément de répondre aux excitations provenant du milieu ambiant, suppose qu’en l’absence de: toute impulsion afférente le système nerveux central resterait inerte. Dans tous les cas, et en s'appuyant sur les. expériences de Schiff, de Sherrington et Mott, etc., qui démontrent la disparition presque complète de l’activité nerveuse quand les voies efférentes sont supprimées, il suppose que cette automaticité du système nerveux est des plus problématiques et très faible si elle existe.

Quoi qu’il en soit de cet « automatisme », la démonstration du rôle énergétique du corps cellulaire du neurone peut être faite par l’étude cytologique des cellules nerveuses après un. travail considérable. On constate alors des modifications profondes dans le protoplasma et dans le noyau. Pour un

! signification spécifique.

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travail faible il y à généralement augmentation du volume, alors que pour un travail exagéré il y a diminution, en même temps que désintégration de la substance chromatique. On appelle chromatolyse cette désintégration. La chromatolyse est plus ou moins complète, c’est-à-dire que la substance chromatique est plus ou moins diffuse dans le cytoplasma suivant le degré de fatigue qui suit le fonctionnement et l’hyperfonctionnement cellulaire ; on provoque cette diffusion sous une forme très marquée en fatigant l’animal ou en excitant ses nerfs sensitifs par des faradisations prolongées. À l'épuisement complet de la cellule nerveuse peut correspondre une disparition complète des granulations chromophiles. Des faits de ce genre expliquent le nom -de kinétoplasma donné par MARINESCO à la substance chromophile Considérée comme étant le matériel énergétique du neurone (v. GLEY, 983). GLEY fait remarquer par ailleurs (988), que la dissolution des éléments chromophiles paraît être un mode de réagir très général des cellules nerveuses à toutes les excitations. On le voit se produire à la suite de l’arrachement des prolongements cellulifuges dans les neurones moteurs et des prolongements cellulipètes dans les neurones sensitifs. « On l’a constatée encore dans un grand nombre d’intoxications et dans différents états pathologiques (inanition, ligature temporaire de l’aorte abdominale, hyperthermie expérimentale, urémie, etc. » Nous aurons nous-mêmes l’occasion de signaler plus loin cette dissolution dans les psychoses toxiques comme la confusion mentale et dans les démences comme la sénile, la précoce et la paralytique, où l’influence de la dystrophie et des agents toxi-infectieux n’est pas contestable ; mais ici encore la réaction sera banale et n’aura, dans lanatomie pathologique des psychoses en question, aucune ‘Le rôle génétique du corps cellulaire par rapport aux autres éléments du neurone est établi par l’embryogénie et par l’histophysiclogie. ï L’embryogénie nous apprend que les neuroblastes, cel-

” lules du système nerveux embryonnaire, se transforment

en neurones par l’augmentation en volume de leur noyau

et surtout de leur proboplasma, et par le fait que ce protoplasma émet des prolongementé; l’axone se avant les dendrites.

L’histophysiologie nous enseigne, d'autre part, que, lorsqu’un nerf est sectionné, le bout central, celui qui est resté en liaison avec les corps cellulaires du ndéronés se gonfle dès le second ou le troisième jour et régénère le nerf sectionné par un accroissement rapide de ses fibres nerveuses. |

Le rôle trophique du corps cellulaire est mis en évidence par le fait qu’à la suite d’une section le nerf séparé des corps cellulaires d’où proviennent ses cylindraxes subit une dégénérescence qu’on appelle wallerienne, du nom du savant anglais qui l’a décrite, ou descendante, parce qu’elle va du corps cellulaire au prolongement. C’est la contre-partie de l'expérience précédente, de sorte qu’on pourrait les résumer toutes les deux dans cette même formule : après la section d’un nerf le bout préservé est toujours celui qui à gardé ses connexions avec les cellules d’origine des fibres nerveuses sectionnées (v. infra, 107).

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