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LE SOMMEIL

Tout organe qui travaille doit nécessairement réparer ses dépenses. On peut admettre que les processus d’assimilation et de désassimilation puissent s’exercer simultanément, néanmoins il y à toujours des périodes dans lesquelles l’un d’eux prédomine. Pendant la période de repos l'organe se répare. Dans certains organes des phases d'activité et de repos alternent rapidement, tel le cœur ou les muscles respiratoires. Les organes nerveux encéphaliques obéissent à la même loi, avec une périodicité moins régulière, il est vrai, mais dont ils ne peuvent cependant s'affranchir. C’est l’état de veille alternant avec l’état de sommeil. Fôrster à donné une excellente comparaison, en disant que le sommeil est la diastole du battement cérébral, dont la veille représente la systole.

Pendant le sommeil, les centres supérieurs cessent de fonctionner d’une manière consciente, la mémoire disparaît, mais toutes les autres fonctions subsistent; les centres bulbomédullaires continuent à assurer le fonctionnement rythmique de tous les autres organes : respiration, circulation, nutrition. On à pu comparer le sommeil à l’état de l’animal auquel on à

enlevé les hémisphères supérieurs et qui continue à vivre de la vie purement végétative. « Quand le sommeil, écrit GLEY, est complètement et profondément établi, le sujet est com-

parable à l’animal auquel le physiologiste vient d’enlever

les hémisphères cérébraux ; chez l’un et chez l’autre, tout mouvement volontaire à disparu : mais les mouvements réflexes, à centre médullaire, subsistent et sont même deve-

aus plus faciles. On sait que chez l’homme, chez qui, à l’état

de veille, les centres cérébraux commandent complètement aux centres médullaires, ce n’est guère qu’en surprenant un sujet dans le sommeil qu’on peut constater des mouvements purement réflexes et par exemple, amener, en chatouillant la peau de la plante du pied, le retraït du membre inférieur par flexion de la jambe sur la cuisse, et flexion de la cuisse sur le bassin, mouvement identique à celui de la grenouille décapitée sur la patte de laquelle on dépose une goutte d’eau acidulée. E& si, sur la grenouille décapitée, une irritation un peu plus forte (acide moins dilué) produit une réaction réflexe plus générale, un mouvement de fuite coordonné (par les centres médullo-bulbaires), de même, chez l’homme endormi, une gêne quelconque douloureuse amène des mouvements de déplacement complet, des changements d’attitude dans le lit, mouvements bien connus, incessamment renouvelés parfois, pendant toute la durée du sommeil et qui sont de l’ordre des phénomènes purement réflexes. » (1089). Notons cependant que le sommeil n’entraîne pas la disparition absolue de la vie cérébrale ; aussi, quand on compare l’état de l’animal décérébré au sommeil, doit-on dire que cet état est un sommeil, mais un sommeil sans rêve.

Le sommeil ne survient pas brusquement ; il est tout d’abord annoncé par un besoin de dormir, que, suivant l’heureuse expression de Lasègue, on peut appeler, l'appétit du sommeil, car cette sensation est comparable à celle de la faim ou de la soif.

Ce besoin s’annonce par un certain nombre de sensations : lourdeur des paupières, picotement de la conjonctive, engour-

dissement de la sensibilité générale et des sens spécifiques, M

puis lassitude générale ; l'intelligence s’obscurcit, et à un moment qu’il est impossible de préciser, par une graduation insensible, le sujet passe de l’état de veille à l’état de som- | meil.

Si l'utilité du sommeil est incontestée, il n’en est pas de même du mécanisme par lequel il se produit. Les hypothèses émises sont nombreuses et nous n’en citerons brièvement que quelques-unes : DAS

jo Théorie eirculatoire. — Modification dans lirrigation cérébrale : vaso-dilatation ou congestion cérébrale A

F À pinkih= a jm £maie c£r£bæalc (Mon), Le

SES nn a pu constater le rétrécissement des

vaisseaux des méninges pendant le sommeil naturel et pendant le sommeil provoqué par les anesthésiques.

20 Théorie histologique. — Les ramifications protoplasmiques des neurones (voy. p. 98) se rétractant, les contacts entre les différents neurones cessent, d’où la disparition de l’activité cérébrale (MATHTAS DUVAL).

39 Théorie chimique. — Les produits de désassimilation fabriqués pendant la veille : acide lactique, etc., produisent une intoxication des cellules nerveuses, agissent comme les narcotiques (Preyer).

Les recherches de LEGENDRE et PIÉRON sont en faveur de cette opinion. Le sérum sanguin ou le liquide céphalo-rachidien de chiens privés de sommeil injecté à un chien normal provoque un besoin invincible de sommeil.

En fait, les phénomènes circulatoires et morphologiques ne sont que des effets, la cause réside dans des actions chimiques, la formation de ces produits narcotisants pouvant être endogène ou exogène par rapport à la cellule nerveuse,

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BIBLIOGRAPHIE

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