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sensorielles. Les neurones sensitifs périphériques sont. en relation, par leurs prolongements, d’une part avec les neurones centraux, d'autre part avec les cellules. sensorielles, lorsqu'il en existe ; celles-ci leur transmettent l'impression qu’elles reçoivent; à défaut de telles cellules, dans le cas de l’odorat, par exemple, les neurones périphériques reçoivent directement l'impression.
Il est à remarquer que les corps cellulaires des neurones périphériques sont diversement placés, pour les divers sens, par rapport à l'axe nerveux et à l’épithélium au milieu duquel se terminent les nerfs sensitifs. Si nous considérons successivement la sensibilité tactile, le goût, l’ouie, l'odorat, la vue (A, B, C, D, E, fig. 12), nous constatons que le corps cellulaire, situé au voisinage de l'axe nerveux (par exemple dans les ganglions spinaux des racines postérieures des neris . rachidiens) pour le toucher et pour le goût (A, B), se rapproche de la périphérie pour l’ouie (C) et vase placer dans l’épithélium même pour l’odorat et la vue (D, E).
Le corps cellulaire du neurone sensitif central, à son tour, occupe des positions diverses, suivant les sens, par rapport à l'axe nerveux et à la périphérie. Situé dans l’axe nerveux pour le toucher, le goût et l’ouie, il se place en dehors de cet axe, dans un lobe détaché du cerveau, le lobe olfactif, pour l’odorat, et va s’incorporer à l’épithélium même pour la vue.
IT LE TOUCHER A. Sensibilité tactile superficielle.
Organes périphériques. — Les organes périphériques du toucher, considérés dans la peau et les tissus voisins, COMprennent soit des ierminaisons nerveuses libres intra-épidermiques, 80it des corpuscules du tact, logés dans le derme ou plus profondément. Les premières sont constituées par des fibres présentant une extrémité renflée. On distingue principalement comme corpuseules du tact les corpuscules de : -Meissner, de Vater ou de Pacini, et de Krause.
: Les corpuscules de Meissner (fig. 13), très nombreux à la pulpe des doigts et des orteils, ovoïdes, sont longs de omm,1 à Omm2 environ ; à chacun d’eux aboutissent une ow plusieurs fibres nerveuses qui s’enroulent d’abord autour du corpuscule, puis, après s'être divisées en fibrilles, se terminent à
1 l’intérieur.
4 : Les corpuscules de Vater ou de Pacini (fig. 14), également
ovoïdes, sont longs de 1 à 2 millimètres et même davantage.
‘Une fibre nerveuse pénètre dans chacun d’eux par le pôle inférieur, traverse la substance centrale qui forme une sorte __ de canal, à l'extrémité duquel elle se termine. On les rencontre dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans un grand nombre de régions du COTPS.
4 Les corpuscules de Krause sont ana- + logues aux corpuscules de Meissner, mais de structure plus simple.
On à déerit encore des terminaisons nerveuses sensitives, plus ou moins différentes des précédentes, dans diverses régions du corps, et …. notamment dans les muscles et les
Fig. 13. — Corpuscule
à tendons. | de Meissner.
L. Des tentatives, inspirées par la a, papille dermique ; à, cor-
doctrine de l'énergie spécifique des puscule du tact; c, rameaux ner-
| veux qui abordent: le corpuseule nerfs, ont été faites pour rattacher à et Lentourent en spirale (de 4: Chaque espèce de terminaisons une (Debierre, Anatomie). espèce particulière de sensations. Les résultats obtenus dans ce sens ne peuvent encore être consi- dérés comme définitifs.
Sensations tactiles périphériques (sensations htriées. senstibilité superficielle). — Les sensations cutanées vraiment élé- |. mentaires paraissent être celles de contact et de pression, de | . . chaud, de froïd, de douleur et de chatouillement. | 4 Dn sdmet généralement aujourd’hui, d’après ce qu'ont trouvé BLix, GOLDSCHEIDER, VON FRey et d’autres, qu’au
moins les trois premières espèces de sensations sont dues
chacune à l’excitation de points spéciaux de la peau : on
— parle en conséquence de points de pression, de points chauds,
La
. de points froids. Un point quelconque de la peau, si l'excitation reste exactement limitée à ce point, donnera donc simplement une sensation de froid, par exemple, et. jamais une sensation de chaud.
1. Sensations de contact et de pression. — On pourra rechercher les points de pression en se servant d’un bout de crin fixé à angle droit à un manche léger et appliqué perpendiculairement à la peau (VON FREY, 208). L’esthésiomètre à cheveu ou à crin du même physiologiste permet d’exercer une pression plus ou moins forte en faisant varier la longueur du cheveu ou du crin.
La sensation de contact et celle de pression sont peut-être la même sensation à des degrés différents d'intensité. On pourrait, pourtant, essayer de distinguer l’une de l’autre : la sensation de contact serait produite par des excitations plus superficielles que celle de pression : en pressant doucement sur la peau au-dessus d’un os,
Fig. 14. — Corpuscule de Vater
ou Pacini.
a, nerf avec sa gaine de Henle; b,cap- ON éProuverait la sensation de sule stratifiée du corpuscule ; cc, termi- 5 naison du cylindraxe dans le canal cen- contact, en pressant fortement, tral (Debierre, Anatomie). celle de pression. À l’appui de
cette distinction, on citerait des observations de malades chez lesquels la sensibilité pour les contacts légers, superficiels, avait disparu alors que la sensibilité pour les fortes pressions était conservée, et inversement. Des expériences récentes d’autovivisection faites en Angleterre par RIVERS et HEAD, TROTTER et DAVIES confirmeraient l'exactitude de cette distinction. Il faut, touteïois, distinguer ici le côté anatomique et le côté psycho
logique de la question : au point de vue psychologique, . ‘il est difficile d'admettre une différence qualitative de . nature entre les deux espèces de sensations, comparable, par exemple, à celle qui existe entre la pression et la douleur. :
2. Sensations de température. — Elles comprennent celles de chaud et de froid. Il est facile de constater avec une pointe | froide l’existence de points froids : si on applique en divers ‘ points du visage, de la main, la pointe mousse d’un crayon, | par exemple, on remarquera que certains de ces points réagissent par une sensation très nette de fraîcheur ou de froid. En se servant d’une pointe modérément chauffée, on pourra trouver de même des points donnant une sensation de chaleur (points chauds) : l'observation de cette sensation est un peu plus difficile que celle de la sensation de froid et la sensation produite est plus diffuse que celle que donnent les points froids.
| D’après E.-H.WeBer (92), les sensations de chaud ou de froid | seraient causées respectivement par un accroissement ou par unabaissement delatempérature dela peau. Uneautreexplica- tion à été proposée par HERING (419). On peut ramenerà deux propositions principales la théorie de Hering : 19 nous éprou-
. VOS une sensation de chaud ou de froid suivant que Ia température de l'organe est supérieure ou inférieure au £éro À | physiologique de température, c’est-à-dire à un certain degré: Pour lequel l’organe n’éprouve aucune sensation ; 20 ce zéra. de température n’est pas fixe ; il se déplace vers la nouveil température à laquelle l'organe peut être soumis.
Les organes du froid peuvent être excités non seulement. ù par le refroidissement, mais encore par un échauffement brusque et considérable (Sensations paradoxales). Le fait à été vérifié par divers expérimentateurs et paraît devoir être considéré comme bien établi. Il est moins certain que leg organes du chaud puissent être excités par des objets froids. 3. Sensations de douleur. — Les avis ont été longtemps partagés sur l'existence d'organes Périphériques spéciaux “ pour la douleur. Les partisans des points de douleur, dont … nous acceptons plus loin la façon de voir (I, 410), affirmeny
qu’en expérimentant avec soin au moyen ‘d'un fin excitant tel qu’un cheveu, on peut obtenir en certains points de la peau de pures sensations de douleur.
Une excitation tactile très courte et modérément forte d’un point de la peau, avec une pointe assez fine, produit souvent une sensation de contact d’abord, et, au bout d’un temps ‘ appréciable, une sensation de douleur, de piqûre : celle-ci } serait due, pour les partisans des points de douleur, à ce que la pointe à excité en même temps qu’un point de pression un point de douleur, plus lent à développer sa sensation que le point de pression.
On à distingué deux espèces de sensations de douleur (THUNBERG, 694): la douleur piquante ou piqüre et la douleur sourde. La première est celle qu’on constate en piquant légerement la peau avec une aiguille ou encore en touchant la peau avec une pointe métallique mousse, maïs très chaude. La seconde se manifeste, par exemple, quand on comprime fortement, au milieu plutôt que sur le bord, un pli de la peau ; celle-ci serait due à l'excitation d’organes situés plus profondément que ceux qui donnent la sensation de piqûre.
La douleur peut être causée par des excitants mécaniques, thermiques, électriques, chimiques. Souvent l’excitation qui la provoque est forte et dangereuse pour les organes ; c’est ce qui explique que la douleur entraîne d'ordinaire des réactions motrices énergiques et qu’elle apparaisse comme le type par excellence des sensations désagréables, bien que parfois, ainsi qu’on le verra, elle puisse être agréable.
L'examen pratique de la sensibilité à la douleur peut se faire de diverses manières. Les instruments employés pour cela sont appelés algomètres (ou algésimètres). Avec les uns on exerce sur la peau une pression, avec les autres on enfonce dans la peau une pointe fixe d’une longueur connue. On peut se servir aussi d’un petit appareil d’induction, en réglant le courant soit par un déplacement de la bobine induite, soit par le moyen d’un rhéostat. (Pour plus de renseignements sur la douleur, voir Traité, I, 406).
4. Sensations de chétonilemenE — Certains pensent que les sensations de chatouïllement sont fournies, comme celles de
éouleur, par des nerfs spéciaux. D’autres sont d’un avis
contraire. ris Fes
Des sensations de chatouillement peuvent être provoquées par la chaleur un peu vive et s'associent alors aux sensations de chaleur, comme on s’en convainicra en approchant du fe la paume de la main, par exemple.
Une sensation parente de celle de chatouillement est celle de démangeaison. Peut-être même n'est-elle pas autre chose que celle d’un chatouillement très intense.”
è Signes locaux. Acuité tactile. — Si nous appliquons la même pointe sur deux points de la peau suffisamment éloignés Fun de l’autre, en tâchant d'y produire deux sensations identiques, il subsistera toujours une différence ; cette particularité de l4 sensation éprouvée en chaque point, qui fait que jamais nous ne confondons les deux points, s'appelle son signe local où encore sa caractéristique locale.
L'acuité tactile est la faculté de distinguer comme extérieurs l'un à Pautre deux points de la peau juste assez éloignés lun de Pautre pour que la distinction soit possible. E.-H. WEBER a fait le premier des recherches méthodiques sur cette faculté. On l’étudie en appliquant simultanément sur la peau deux
pointes, par exemple les pointes d’un compas ; ces pointes
doivent être mousses. D’ordinaire, on donne aux instruments qui servent à mesurer l’acuité tactile le nom d’esthésiomètres. La détermination de l’acuité tactile, qui paraît aisée de prime abord, présente, lorsqu'on veut la faire avec précision, de sérieuses difficultés.
Les chiffres qu’on obtient en déterminant comme il vient d’étreditl’acuitétactile n’expriment pasen réalité leminimum de différence qui puisse être senti entre deux signes locaux. En
effet, si, au lieu d'appliquer deux pointes simultanément, on se sert d’une seule pointe qu’on applique successivement sur des points de la peau voisins l’un de l’autre, on obtient des chiffres inférieurs à ceux que fournit la première méthode. En excitant successivement des points de pression isolés, déterminés d’abord avec soin, GOLDSCHBIDER a trouvé que des sengations distinctes pouvaient être constatées souvent alors que «à distance des points touchés n’était que de 0,1 (t. I, 96).
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Avec la première méthode (application simultanée) il faut des distances beaucoup plus grandes pour qu’on puisse sentir nettement deux points. Ces distances diffèrent d’ailleurs beau coup suivant les régions du COrpS : tandis qu’au bout de la langue et des doigts la distance nécessaire n'est que de 1 à 2 millimètres, elle atteint dans le dos 60 à 70 millimètres.
La sensibilité « protopathique » et la sensibilité Cépicritique ». — Head à distingué deux systèmes de sensibilité superficielle qu’il a appelés l’un sensibilité Protopaihique et l’autre: sensibilité épicritique. La première comprendrait les sensations extrêmes de température (le froid en decà de —260 environ et le chaud au delà de 380), celles de douleur superficielle et ne fournirait pas de localisations précises ; elle: existerait seule dans les viscères, elle serait plus primitive et, après section d’un nerf sensitif ayant entraîné momentané:ment l'abolition de la sensibilité cutanée, elle reparaîtrait plus vite que la sensibilité épicritique. Celle-ci procurerait les sensations de chaleur modérée et de fraîcheur, celles de contact léger produites par l’attouchement de régions de la peau dépourvues de poils et permettrait une localisation et une discrimination spatiale précises. DEJERINE (805) n’est pas disposé à admettre pour la sensibilité superficielle une distinction aussi absolue entre une sensibilité protopathique et une sensibilité épicritique.
B. Sensibilité tactile profonde (sensations internes).
On peut distinguer ici deux groupes de sensations : l’un Comprend principalement celles qui nous sont fournies par les muscles, les tendons, les articulations et les 08, l’autre celles qui proviennent de l'estomac, des intestins et des autres viscères (sensibilité viscérale ). Les premières, ou du moins certaines d’entre elles, s'associent étroitement aux sensations cutanées, pour former avec elles des phénomènes psychologiques composés, des perceptions ; par exemple, quand nous soulevons un poids, nous sentons d’une part une pression sur la peau et, en même temps, nous avons, d’autre part, une sensation interne d’eftort.
LES FENSATIONS . | 394
Quant à leur nature, les sensations internes ne paraissent pas différer essentiellement des sensations cutanées : elles se rattachent pour la plupart aux sensations de pression et de douleur : ainsi, la sensation d’effort paraît être de même nature que la sensation cutanée (ou sous-cutanée) de pression. 1. Sensations des muscles. Le « sens musculaire ». — Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour admettre que les : muscles sont sensibles ; maïs la question est de savoir s’ils donnent simplement des sensations vagues telles que celle de fatigue, ou si, en outre, ils présentent une sensibilité délicatement différenciée, capable de nous faire apprécier avec une certaine précision le poids des objets, la force que nous déployons quand nous avons à vaincre une résistance, le mouvement de nos membres avec ses caractères de vitesse, . d’amplitude, de direction. La dernière doctrine, qui a eu de nombreux défenseurs autrefois, est, en fait, à peu près abandonnée aujourd’hui, et beaucoup de physiologistes attribuent maintenant à la sensibilité articulaire une partie importante de ce qu’on supposait autrefois fourni par la sensibi- Jité musculaire. En anesthésiant plus ou moins complètement une articulation par le courant induit d’une bobine d’induction, on rend moins nette la perception d’un mouvement passif intéressant cette articulation (GOLDSCHEIDER, t. II, 19 et passim) ; d'autre part, on à rencontré des cas où, la sensibilité de certains muscles étant plus ou moins complètement abolie, la perception des mouvements dépendant de ces musles était conservée et inversement. On peut objecter toutefois à ceux qui veulent, dans le cas de la perception des mouvements de nos membres, substituer à la sensibilité musculaire la sensibilité artieulaire que nous percevons les mouvements d'organes comme la langue, les yeux, qui n’ont pas d’articulations ; il se pourrait que les mouvements des bras, des doigts, etc., soient perçus en partie, sinon exclusivement, par les sensations cutanées ou sous- cutanées résultant des ste sions et rétractions des tissus qui sont la conséquence de ces mouvements. | En somme, tout le monde paraît admettre aujourd'hui que les muscles nous donnent des sensations pénibles, telles
Que celles qui se produisent lors de grande fatigue musculaire. Ils sont aussi, certainement, le siège de sensations non douloureuses, qui constituent peut-être, sinon en totalité, du moins en partie, les sensations d’effort. |
La doctrine d’un « sens musculaire » est cette dbelatne qui affirme que les muscles possèdent une sensibilité délicate et spéciale capable de nous renseigner avec une grande exactitude sur la force que nous déployons, l'amplitude, la vitesse, etc., de nos mouvements. |
2. Sensations des tendons. — GOLDSCHEIDER (t. II, 53) suppose que cesont eux,et non lesmuscles, quinous fournissent la sensation de poids.
3. Sensations articulaires. — D'UCHENNE (XI) a le premier appelé l'attention sur la sensibilité articulaire dont il à essayé établir l’existence et l’importance par des observations et expériences cliniques. On à vu qu’elle a pris chez beaucoup de physiologistes la place des sensations musculaires pour l’explication de la perception des mouvements de nos membres. GOLDSCHEIDER (t.II,235) a admis que c’est à la pression qu’exercent l’une contre l’autre deux extrémités articulaires que nous devons aussi la sensation de résistance, de choc, telle que nous l’éprouvons quand, par exemple,nousheurtons du bout du doigt un objet résistant. Mais la sensation de résistance ne se distingue pas assez de celle de poids pour qu’onaitle droit de supposer qu’ellen’a pas lesmêmesorganes.
4. Sensations kinesthésiques. — On désigne sous ce nom, en s’abstenant de préciser davantage, les sensations tactiles Soit cutanées, soit internes, qui nous font percevoir les mouvements de nos membres. Ces sensations, pour la plupart des physiologistes, n’ont rien de spécifique. Seul GOLDSOREIDER (t. IT, 20) affirme l'existence d’une sensation spéciale et immédiate de mouvement, localisée dans l'articulation.
Une expérience instructive, relative aux sensations kinesthésiques, nous paraît être la suivante : qu’on enserre avec une main le poignet d’une autre personne et qu’on prie
cette personne de faire avec sa main divers motvements; «
on percevra soi-même, sans faire aucun mouvement, les | mouvements de cette main. D’où on peut conclure, d’une -
manière D que des sensations des muscles et des articulations ne sont pas nécesaires pour la perception des ' mouvements des membres; des sensations provenant de la peau et des tissus sous-jacents suffsent.