Théorie de Herinÿ (théorie des eouleurs: SE PER k
HERING d’une part suppose dans l'œil trois substances visuelles, d'autre part admet pour chaque substance deux processus chimiques contraires d’assimilation et de désassimilation. L’assimilation donne, pour chacune des trois substances respectivement, la sensation de noir, celle de vert et celle de bleu, et la désassimilation celle de blanc, ceile de rouge et celle de jaune. La lumière blanche n’agirait que sur la substance blanc-noir, l’assimilation et la désassimilation qu’elle tend, par les couleurs simples qui la composent, à provoquer dans les deux autres substances s’équilibrant ; les
autres couleurs, au contraire, agiraient à la fois sur la subs- .
tance blanc-noir et sur la substance rouge-vert ou la substance bleu-jaune. Le blanc qui se manifeste lors de l’action simultanée sur l’œil de deux couleurs qualifiées de « complémentaires » ne serait pas dû, en réalité, comme on le suppose d'ordinaire, à un mélange des couleurs, il résulterait de ce qu’en raison de leur caractère antagoniste ces deux couleurs s’annihilent l’une l’autre, pour ne laisser apparaître que l'effet de l’excitation de la substance blanc-noir, c’est-à-dire une sensation de blanc.
8. Théories dualistes. — Ces théories ont pour caractère commun d'admettre deux modes distincts de vision. des coufleurs. Des théories dualistes ont été défendues en France par le physicien CHARPENTIER et l’ophtalmologiste PARINAUD, en Allemagne par le physiologiste VON KRIES.
-S CHARPENTIER distingue dans l’œil deux modes de sensibilité correspondant l’un à la lumière, l’autre aux couleurs. Chaque radiation; suivant lui, agit sur l’œil et comme lumière et comme-‘<otleur; la couleur d’une radiation quelconque est ainsi) um mélange :de deux impressions, et, de même que chez Heriñg; rilin’existe pas de couleur absolument saturée, c’est-à-dire püre.-La:sensation de lamière se produit pour une inténsité lumineüsewmioindreque celle de couleur ; c’est pourquoi ‘uneccouleur,; lorsqu'on. en fait croître progressivement l'intensité, et: perçue-eomme-lumière avant de l’être comme couleur:0Chàrpentier: suppose dans. l'appareil visuel (rétine et centresséncéphaliques) deux sortes d'éléments, les éléments «-photesthésiques » affectés à, la umière.incolore, et les élé-
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‘ments « visuels », plus spécialisés ; la couleur résulterait de
l'excitation simultanée des deux sortes d'éléments. Il développe enfin l’hypothèse que la sensibilité lumineuse s’exercerait par l'intermédiaire du pourpre rétinien et la sensibilité chromatique par l'intermédiaire du pigment de la couche pigmentée de la rétine.
Quelques-unes des idées précédentes se retrouvent dans la doctrine exposée par PARINAUD. Ce savant distingue aussi des sensations de lumière incolore et des sensations de couleur (nous pouvons, pour abréger, appeler les premières sensations achromatiques et les secondes sensations chromatiques). Développant une idée déjà émise antérieurement par l’ana-
‘tomiste allemand Schultze, il attribue les sensations achro-
matiques aux bâtonnets et les sensations chromatiques aux cônes. A l’appui de son hypothèse, il invoque, en particulier, les effets de l'adaptation : celle-ci ne se produit pas pour la fovea qui, pourtant, perçoit les couleurs, maïs où il n'existe que des cônes ; d’autre part, quand elle intéresse des sensations chromatiques, elle ne porte pas sur leur valeur chroma.tique, elle n’influe que sur leur valeur lumineuse ; done, vraisemblablement, l'adaptation est une fonction des bâtonnets et du pourpre rétinien qu’ils contiennent et qui se reconstitue dans l’obscurité. Parinaud distingue la sensation de lumière incolore, fonction des bâtonnets, de celle de blanc ou de noir, qui est une fonction des cônes au même titre que celle de bleu, de rouge, etc. La vision Crépusculaire dépend du pourpre rétinien et des bâtonnets.
VON KRIES a exposé les mêmes idées fondamentales que Parinaud. Il distingue donc aussi deux modes de vision qu’il attribue l’un aux cônes, l’autre aux bâtonnets. Pour lui aussi, l'adaptation dépend essentiellement des bâtonnets et du pourpre rétinien. La fovea ne donne que la vision chroma2tique ; la vision crépusculaire appartient aux bâtonnets. L’achromatopsie totale s’explique par la perte de la fonction des cônes, tandis que celle des bâtonnets est conservée. La Couleur et le moment d'apparition de certaines des phases
qu’on constate après une excitation chromatique brève et
modérément intense s’expliquent par une excitation dis-
tincte, sous le rapport du et des bâtonnets et des cônes.
Dyschromatopsie, achromatopsie (cécité pour! Hu cb ri — Il existe des différences individuelles plus où moins mar quées quant à la vision des couleurs. Aïnsi un spectre étalé peut n’avoir pas exactement les mêmes limites pour des yeux différents ; il arrivera également que deux personnes, invitées à réaliser par le mélange de deux couleurs un ton qui leur paraisse identique à une couleur spectrale donnée n’emploieront pas exactement la même proportion des deux couleurs composantes. Les troubles peu marqués de la vision des couleurs sont groupés parfois sous le nom de dyschromatopsie.
Chez certaines personnes, la vision des couleurs ne ir: dément troublée. On dit alors qu’il y a achromatopsie. L’achromatopsie peut être partielle ou totale : dans le dernier cas, ilne subsiste qu’une seule espèce de sensations, présentant simplement des variations d'intensité. Les personnes atteintes d’achromatopsie totale paraissent réduites à la vision crépusculaire.
L’achromatopsie totale est très rare. L’achromatopsie partielle (encore appelée, du nom du chimiste anglais Dalton, qui en était atteint, daltonisme) l’est beaucoup moins. Les théories de Young-Helmholtz et de Hering permettraient de construire a priori un tableau des troubles de ce genre possibles. Ainsi, si la doctrine de Young et de Helmholtz est vraie, on peut s'attendre à rencontrer des personnes qui soient réduites à deux des éléments visuels fondamentaux distingués dans cette doctrine ; on appelle parfois de telles personnes des dichromaites, les individus normaux étant, d’après la même doctrine, des trichromates ; les dichromates se diviseraient d’ailleurs en trois classes, selon qu’ils seraient aveugles pour le rouge, pour le vert, ou pour le violet.
En fait, on rencontre surtout des personnes qui confondent un certain rouge et un certain vert et pour qui, en outre, la