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Respiration
Enfin, il vérifie sa thèse non plus seulement dans l’ordre sensitif ou sensoriel, mais dans les émotions de joie, de tristesse, de chagrin, de colère, d'espérance, de crainte, où il retrouve isolées ou associées ses diverses tonalités affectives fondamentales (B, III, 199, 214).
Un élève de Wundt, Max BRAHN, à tenté en 1903, dans un travail très intéressant, de soumettre à une vérification expé- . rimentale l'hypothèse de son maître ie en opérantsur le pouls,
‘ il est arrivé à ces constatations qu’au plaisir correspond un
ralentissement et une élévation, au déplaisir, un raccourcissement et un abaissement, à l’excitation une élévation, à la
dépression un abaïissement, à la tension un raccourcissement
avec renforcement du dicrotisme, au relâchement un allongement avec affaiblissement du dicrotisme. Brahn conclut que ses expériences confirment les distinctions psychiques établies par Wuandt entre les trois dimensions affectives.
Par contre, TITCHENER n’a pas vérifié, dans ses expériences (A, 165), la conception de Wundt sur les concomitants physiologiques des prétendues dimensions affectives et il pense que les faits sont plutôt en faveur de la vieille théorie qui voit dans l’agréable et le désagréable les seuls sentiments élémentaires. Il suffit par ailleurs d'examiner les tracés reproduits par WUNDT (A, II, 297) pour estimer qu’il les à quelque peu dépassés, dans l’interprétation qu’il en propose, et où les faits psychiques et leurs concomitants physiologiques se prêtent à des oppositions et à des subdivisions si admirablement symétriques. ;
D'autre part, et bien que la conception psychique des trois dimensions affectives ait eu beaucoup de succès près de certains psychologues allemands, elle à été très nettement rejetée par les plus éminents, et notamment par KüLPE (A, 230 84 B, 3) et par EBBINGHAUS,
L'opinion générale est que les faits de conscience qui correspondent à la tension, à l’excitation, au relâchement et à la
dépression ne sont pas des sentiments mais des sensations
organiques générales. Sans doute, ces pseudo-sentiments ne peuvent pas être plus localisés que l’agréable et le désagréable, mais ils sont nettement perçus comme organiques. « Ils ont,
dit EBBINGHAUS (567), lés mêmes caractères sensibles que la faïm, la fatigue, l’oppression, tandis que l’agréable et le désagréable (abstraction faite naturellement de leurs concomitants sensibles) ont, pour ainsi dire, une constitution moins
matérielle. Notamment, l’agréable et le désagréable jouent un
grand rôle dans la détermination du cours des représentations et dans les réactions motrices de l'organisme, tandis que les faits de tension et d’excitation (abstraction faite, naturellement, Ge leur caractère agréable ou désagréable) n’ont pas une pareille signification. »
Nous partageons cette opinion, mais si nous ne pensons pas que la tension et le relâchement, l'excitation et la dépression soient des dimensions affectives, ce n’est pas une raison pour ne pas atimbuer un rôle, et même très grand, à ces sensations organiques et à leurs concomitants physiologiques dans la constitution psychiqueet physique des sentiments complexes (émotions et passions) et dans les diverses formes sous lesquelles une même émotion peut se présenter. a
C'est le mérite de Wundt d’avoir compris ce rôle et de lavoir signalé. Il y à des joies avec relâchement comme les joies des mystiques en extase et les joies qui pleurent ; il y à des joies avec excitation comme les joies de l'enfance et la plupart des joies ; il y à des joies avec tension comme les joies de l’espérance, et il y a: de même des mélancolies avec relàchement et détente, des mélancolies tendues avec anxiété, des mélancolies excitées qui confinent au désespoir. Peut-être pourrons-nous un jour, commme l’a pensé Wundt, mesurer graphiquement toutes ces caractéristiques de l’émotion et parler avec précision des concomitants physiologiques des joies avee tension, avec détente, avec excitation ou avec dépression ; nous ne pensons pas qu'on en soit encore là, .en dépit de tous les efforts tentés depuis trente ans par tant de psycho-physiclogistes et par nous-même, mais nous montrerons plus lin (v. I, 621) que, si on prend les termes d’excitation et de dépression dans le sens très large et très objectif d’hyper ou d’hypoactivité physiologique ‘, en y ajoutant, suivant les
4. Nous avons à peine besoin de faire remarquer que ce sens objectif et
| Cas, dncliues caractéristiques très générales, on peut déjà introduire, dans là plupart des émotions et dans leur expres- sion, des différenciations importantes, les sensations qui correspondent à l'excitation et à la dépression étant par ailleurs affectives dans la mesare où elles sont agréables et désa- gréables. :
+ 4 En
Nous devcas ajouter toutefois, même en n’acceptant pas
d'autre dimension affective que celle de l’agréable et du désagréable, que nous sommes très insuffisamment renseignés sur la physiologie spéciale de ces deux états élémentaires. Nous savons que les tonalités de l’agréable et du désagréable paraissent liées aux excitations légères ou intenses, à | lPesercice aisé ou difficile de.nos tendances, à l’accord ou à la diseordance de nos sensations eti images, mais, en dehors de ces constatations générales, nous devons faire beaucoup de réserves sur les résultats obtenus avec l’agréable ou le désa- gréable par les divers expérimentateurs, notamment en ce qui concerne la respiration et le pouls. Pour l’agréable et le désagréable attachés à l'exercice d’un sens et provoqués par des excitations sensorielles (action de la menthe sur la . muqueuse nasale ou de la quinine sur la langue, etc., etc.), il semble bien que LEHMANN soit arrivé à mettre a lumière, dans le cas de désagréable, une accélération et un abaissement du pouls accompagnés d’une diminution volumétrique du bras, et dans le cas d’agréable, des phénomènes inverses, à cela près que le volume du bras commence par diminuer avant de grandir. Wundt et Brahn signalent, dans le pouls, des variations identiques, et Wundt note, dans son tableau, que la respiration devient superficielle etrapide dans
Pagréable, tandis qu’elle devient plus profonde et plus lente
. dans le désagréable, maïs ces résultats ne concordent ni avec É ceux de Binet et Courtier, ni avec ceux de Shields, ni avec
quantitatif diffère du sens donné aux termes d'excitation et de dépression dans la théorie de Wundt qui entend par là des sentiments élémentaires
les résultats obtenus pour la respiration par Rehwoldt. STEF4- NESCU-GOANGA à vérifié cependant, pour le pouls de l’agréable et du désagréable, les observations de Wundt, de Lehmann et de Brahn. On peut voir, par là, que les constatations faites de part et d’autre, sur la respiration et le pouls, dans les états élémentaires d’agréable et de désagréable ne sont
. pas eoncordantes, et, le seraient-elles, nous ne pourrions pas en donner des interprétations suffisantes, ainsi que le remar-
que très justement EBBINGHAUS (585).
| Il y a des difficultés très grandes à isoler les concomitants
physiologiques d'états élémentaires qui se présentent rarement purs, sans être associés à d’autres ébats mentaux, comme l'attention, et qui sont, en général, diffus et passagers.
Quant à opérer, comme on l’a fait, avec des évocations imaginatives ou mnésiques, c’est associer à l’agréable et au désagréable un effort d’évocation qui devient le fait capital et tend à uniformiser tous les résultats graphiques.
On à dit plus haut (I, 389) que l’agréable et le désagréable étaient assimilables à des émotions et que les questions posées par JAMES et par LANGE, à propos de l’émotion, devaient se poser et se résoudre de même à propos de l’agréable et du désagréable. Nous sommes d’un avis un peu différent, puisque nous tenons l’agréable et le désagréable pour des tonalités élémentaires, et si nous ne traitons pas la question ici, c’est que nous y revenons plus loin à propos du plaisir moral et de la douleur morale (I, 463), et à propos de l'expression des émotions (I, 681).