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IT , LES TENDANCES

Définition des tendances.

Comme l’a écrit RIBOT (A, 2) « ce qu’on aprelle états | asïiéables ou pénibles ne constitue que la partie superficielle dt là vie affective dont l’élément profond consiste dans les tendances, appétits, besoins et désirs. » Les états agréables

ou pénibles ne sont que des signes; la racine de la vie affective n’est pas dans ces signes mais dans les tendances qui traduisent les besoins de l'individu, qu’ils soient physiques OU MOTAUx. À Qu'est-ce donc qu’une tendance ? « La seule idée qu’on puisse se faire des tendances, c’est, dit RIBOT (C, 172), de les considérer comme des mouvements (ou arrêts de mou- . vements réels à l’état naissant)... un besoin, une inelination, ‘un désir impliquant toujours une innervation motrice à un degré quelconque. »

Puis il ajoute, pour éclairer cette dei « Le carnassier, qui à saisi sa proie avec ses dents et ses griffes, à atteint son - but et satisfait ses tendances à l’aide d’une dépense considé- . rable de mouvement. Si nous supposons qu’il ne tient pas . encore sa victime, mais qu’il la voit et la guette, tout son organisme est à l’état de tension extrême, prêt à agir; les mouvements ne sont pas réalisés mais la plus légère impulsion les fait passer à l’acte. A un degré plus faible, l’animal . rôde, cherchant des yeux et de l’odorat quelque capture que le hasard lui amènera ; c’est un état de demi-tension ; l’inner- « vation motrice est beaucoup moins forte et vaguement … adaptée. Enfin, à un degré plus faible encore, il est en repos … dans sa tanière ; l’image indécise d’une proie, c’est-à-dire le souvenir de celles qu’il a dévorées, traverse son esprit ; l’élé- - ment moteur est très peu intense, à l’état naissant, et il “ ne se traduit par aucun mouvement visible. Il est certain + qu'entre ces quatre degrés il y à continuité et qu’il y à tou- - jours en jeu un élément moteur, avec une simple différence du . plus au moins. »

—… Dans un cours resté inédit, il joignait à ces exemples de. 1 tendances positives des exemples de tendances négatives, … c’est-à-dire des arrêts de mouvements à l’état naissant. | —. « Considérons maintenant, disait-il, les états par lesquels 1 passe la proie. Lorsqu’elle est sous la griffe, paralysée par la L peur, dans un état de cataplexie complète, c’cst l'arrêt absolu … des mouvements. À un degré inférieur, il y aura toujours un arrêt, une peur, qui détruira ou supprimera un grand nombre de mouvements, mais il y aura déjà des petits mouvements

de fuite ; l’arrêt ne sera pas absolu4 Enfin, quand Di proie rêve ou imagine le danger, elle ne présente qu'une peur très atténuée et l'arrêt des mouvements est à peine marqué. »

Dans le premier cas, la tendance comprend tous les degrés qui vont du mouvement naissant jusqu’au mouvement luimême ; dans le second, tous les arrêts de mouvements qui vont d'un arrêt à peine marqué jusqu’à la cataplexie ; mais il est bien évident que, dans les deux cas, ni les mouvements de déchirement et de lutte, ni la cataplexie ne sont des tendances; c’est, de part et d’autre, la limite extrême où la tendance disparaît pour faire place à Pacte lui-même ou à & complète paralysie. La tendance, sous sa forme positive ets forme négative, se meut donc dans les deux sens entre ue pôles extrêmes qui sont l’arrêt absolu et Paetion.

Entre ces deux pôles elle se traduit toujours organiquement par des commencements d’arrêt ou par des commencements d’action et, du point de vue objectif, nous ne sommes jamais en présence que de ces deux ordres de faits.

Du point de vue subjectif, nous sommes en présence de sensations organiques qui correspondent aux commencements d'arrêt et aux commencements d’action.

La tendance a de ce chef une face objective et une face subjective également bien déterminées et parallèles ; aussi, comme le remarque Rr:BOT (A, 2), le terme de tendance a-t-il sur les termes analogues (inclinations, désire, instincts) Pavantage d’embrasser à la fois les deux aspects des mêmes phénomènes.

Cette définition, ou plutôt cette description de la nant a le mérite de ne faire appel à aucune notion obseure, telle que celle de force ou de puissance par laquelle on prétendrait rendre compte du caractère progressif et dynamique du phénomène ; elle est conforme à ce que la physiologie nous enseigne sur les conditions motrices périphériques du sentiment de l'effort; elle permet, sur ce point au moins, de substituer l’idée claire d’une complexité d'éléments moteurs eb psychiques à l’idée confuse de l’intensité, et nous ne voyons que des avantages à l’accepter telle que Ribo la présente. |

LES ÉTATS AFPEOTIFS

On s'accorde d'ordinaire à dire que, chez les êtres vivants, l'idée de tendance est corrélative de l’idée de fonction et qu’on peut déduire la multiplicité des tendances de la multiplicité des fonctions. C’est parfaitement exact. > À chaque fonction organique correspond une tendance particulière, à la nutrition la faim, à la vision le besoin de voir, à la locomotion le besoin d’exercice, et chacune de ces tendances se manifeste lorsque la fonction ne s'exerce pas régulièrement ou lorsqu'elle s’exerce insuffisamment, par la double série de mouvements que nous indiquions tout à l’heure et par la conscience de ces mouvements, les tendances les plus fortes étant corrélatives en général des fonctions les plus nécessaires. | | Il suit de là que les fonctions dont la satisfaction est susceptible d’être retardée et suppose la recherche et effort, comme la nutrition, se traduiront toujours par des tendances, la faim et la soif dans l’espèce, dès que cette satisfaction se fera attendre. Au contraire, les fonctions dont la satisfaction est assurée, facile, et par ailleurs impossible à différer, comme la respiration, ne se traduiront par des tendances que dans des cas exceptionnels. Si l'air devait être acquis et €onquis comme les aliments et si la respira- tion s’accommodaïit de quelque retard, « elle se traduirait dans la conscience, dit très justement RIBOT, comme la faim et la soif» (A, 194), mais en fait il ne s’agit jamais que d’une gêne ou d’une privation bien passagères qui se traduisent par la dyspnée ou lasphyxie.

Les choses se passent de même pouries tendances psychiques supérieures qui correspondent aux fonctions intellectuelles de raisonnement, d'imagination, de rêverie, de création {besoin » d'imaginer, de réfléchir, de créer, de rêver) et pour les innombrables tendances qui correspondent à nos goûts, à nos | préférences, à nos habitudes.

| Tant que l’accomplissement de toutes ces fonctions intel- … lectuelles et affectives est assuré, la vie mentale se rapproche … de l’automatisme et les tendances n'apparaissent pas plus (4 que le besoin de respirer ou la sensation d’asphyxie chez

… l’homme qui trouve dans l’atmosphère 1/5 d'oxygène. Que

les fonctions et les habitudes mentales soient gênées, menacées, non satisfaites, et les tendances corrélatives apparaissent. 11 y à donc opposition entre l’automatisme et la tendance, let, comme l’automatisme n’est jamais réalisé pleinement ni continuement, la vie psychique est sans cesse traversée par les tendances faibles ou fortes, qui traduisent dans la conscience, et pour le plus grand bien de notre activité, l’adaptation insuffisante de nos fonctions entre elles et aux choses.

Classification des tendances.

Les tendances étant plus ou moins dépendantes vis-à-vis de l’organisme, on pourrait être tenté de chercher dans le degré de cette dépendance un centre de classification. Malheureusement, s’il est relativement facile de situer les cas extrêmes, tels que le besoin de nourriture et le sentiment religieux, il serait pratiquement impossible d’assigner une place précise à la majorité de nos tendances, parce que leur degré de dépendance vis-à-vis de l’organisme varie dans des limites très étendues. « Un exemple bien simple peut être indiqué en passant : c’est la tendance sexuelle qui peut être tour à tour physiologique, psycho-physiologique, surtout psychologique, et finalement intellectuelle. » (RIBOT, A, 18.) Nous pensons avec RIBOT (A, 192) qu’on peut tenter une classification génétique des tendances primitives d’où sortent par dérivation, et suivant les variations d’hérédité et de milieu, toutes les tendances secondaires ; mais, pour cela, il est nécessaire d'indiquer d’abord les caractères des tendances primitives. Ribot estime que ces tendances se reconnaissent aux caractères suivants :

« 19 Innéïté : Cela ne veut pas dire que les instincts en que:tion apparaissent à l’heure même de la naissance mais qu’ils sont antérieurs à l’expérience, non appris, qu’ils surgissent tout faits dès que leurs conditions d’existence $e rencontrent. Les instincts qu’on appelle différés, qui apparaissent tard, comme l'instinct sexuel chez l’homme et beaucoup d’animaux, n’en sont pas moins innés. 2° Spéci-

ficité : Ils existent déjà dans l'espèce entière, sauf chez quelques individus qui, de ce fait et sur ce point, sont des anormaux: ainsi divers instincts manquent chez l'idiot. 39 Fivité, entendue au sens relatif; car personne ne soutient la thèse de linvariabilité absolue de l'instinct et, chez l’homme, sa plasticité est extrême, parce qu’un pouvoir supérieur, lintelligence, le pétrit et l’adapte à ses desseins. » « Ces caractères une fois fixés, reste à les appliquer, dit -Ribot, en suivant l’ordre chronologique : partir de la naissance, dresser l'inventaire des instincts actuels, innés, au sens étroit ; puis, suivre le cours des années en notant lPapparition de chaque instinct nouveau, irréductible, et continuer ainsi jusqu’à ce que la liste soit épuisée. Je propose de les répartir en trois groupes. » (193).

1° Le premier groupe est lié à l’exercice de la vie végétative, c’est-à-dire essentiellement aux fonctions de nutrition. Des trois phases de la nutrition : recevoir, transformer, restituer, la première seule, suivant RIBOT« à un intérêt psychologique parce qu’elle se traduit dans la conscience par deux besoins extrêmement énergiques, la faim et la soif ». (RIB0OT, À, 203.) En réalité, aucune n’est privée de tout retentissement affectif, car les désordres de l'absorption et de l’assimilation se manifestent par des malaises très. variés, et nous aurons non seulement à signaler, mais à décrire, des besoins d’évacuation. De plus, il faut opposer à la faim et à la soif des tendances agissant en sens contraire pour écarter les substances nuisibles à la nutrition, et dont la manifestation est un état opposé au besoin : le dégoût.

29 Les instincts du deuxième groupe appartiennent à la vie de relation et ils répondent à deux moments : recevoir, restituer. Le premier moment est représenté par toutes les formes de la perception externe et il comprend les tendances liées à lexercice de chacun de nos sens, la tendance de chaque ergane sensoriel ou moteur à remplir sa fonction. L’œil tend à voir, la main à prendre et à palper. Ces tendances satis- . faites sont agréables ; entravées, pénibles. Le second moment -est représenté par toutes les formes de mouvement muscu-

laire, tendances à agir, à produire des bruits, comme certains animaux, cris, vocalisations, gestes et attitudes du corps. » (RIBOT, À, 194.) :

3° Le troisième groupe de tendances a pour fin « de conserver et de développer l'individu en tant qu'être conscient. Elles expriment non plus sa constitution physique, mais sa constitution psychique, son organisation mentale ; elles traduisent ses besoins comme être spirituel ainsi que la respiration, la faim, la soif, etc., traduisent ses besoins comme être vivant. » (RIBOT, A, 194.)

Tandis que les tendances appartenant aux deux premiers groupes donnent lieu, suivant qu’elles sont entravées ou favorisées, à des états pénibles ou agréables plutôt qu’à de véritables émotions; la satisfaction ou la non-satisfaetion, le choc, la réadaptation facile ou difficile des tendances du troisième groupe « sont la source de ce complexus de mouvements et d'états agréables pénibles ou mixtes qu’on nomme émotion ».

Toutes les tendances de ce groupe ne sont pas également constantes chez tous les individus, ni également précoces Chez un individu donné. On peut tenir pour universelles, celles qui se groupent sous le titre collectif d’instinct de conservation : €e sont, dans leur ordre d’apparitiou : 19° « l'instinct de conservation sous sa forme défensive qui s'exprime par la peur » avec ses variétés et ses formes morbides (les phobies) ; 20 « l’instinct de la conservation sous sa forme offensive, c’est-à-dire la colère et ses dérivés, et,. sous la forme morbide, les impulsions destructives »; — . 8° également primitives, un peu plus tardives dans leurs. manifestations, seraient le besoin d'émotions tendres non sexuelles et ia tendance sympathique (sources des émotions sociales et morales).

« Ces trois tendances et émotions primitives, avec leurs dérivés, forment la première assise de l'édifice. La peuret la colère surtout ont un caractère d'extrême généralité ; on peut descendre très bas dans l’espèce animale sans qu’elles man- « quent. Les émotions tendres, appuyées sur la sympathie, cou-

vrent un champ beaucoup moins large ; elles pénètrent pour-

bant dans l’animalité, sous la forme de rapprochements tempuraires ou constants. » | ue he « Les autres tendances sont d'apparition plus tardives et leur cercle est plus restreint». (4,195). Ce sont : 1° l'instinct du jeu, en désignant par ce mot la tendance à dépenser un superflu d’activité; c’est un tronc d’où Sortent plusieurs rameaux : (a) le besoin d’excercices physiques ; (b) le goût pour la vie d’aventure ; (c) la passion des jeux de hasard qui - devient si rapidement morbide ; (d) l’activité esthétique ; 29 la tendance à connaître (la curiosité) n’apparaît qu'avec un Certain développement de l'intelligence et de l'attention : . liée d’abord à l'exercice des sens (considérer un objet, le toucher), elle est rigoureusement pratique, quoiqu’elle doive engendrer plus tard les variétés du sentiment intellectuel 3° à une époque plus tardive et peut-être chez l’homme seul, se manifestent les tendances égotistes (self-feeling, selbst gefühl,amorproprius) qui expriment lemoi, la personne, comme ayant conscience d’elle-même et se traduisent dans l'émotion . de l’orgueil ou son contraire et leurs variétés ; 40 resteenfinle dernier en date (du moins chez l’homme), l'instinct sexuel, dont le caractère d'extrême généralité est bien connu (A, 196). Une réserve, amorcée trop discrètement par Ribot lui- . même, est indispensable en ce qui concerne la sympathie, . Car cette expression comporte deux sens très différents. Au Sens strict, le plus conforme à Pétymologie et le moins usité, la sympathie est pas une tendance, comme le | remarque très justement Ribot. Elle n’est Pas orientée vers une fin unique, et ne donne pas lieu à une émotion de caractère spécialisé. C’est une propriété psycho-ph ysiologique très géné- . rale » qui tantôt se manifeste par de simples phénomènes ® d'imitation automatique (baillement et rires communiqués) : tantôt par la transmission des états affectifs ressentis par - un individu à un ou à plusieurs autres: en voyant le visage »épanoui d’un ami, on reconnaît sa joie et on peut être dis- . posé soit à la partager, soit à l’envier: tantôt enfin, « sous sa forme intellectuelle, par un accord des sentiments et des “actes, fondé sur une unité de représentation » …. Autrement dit, la sympathie en ce sens désignerait soit

le simple fait de la diffusion, à travers un groupe doué d’individus, de pensées, sentiments ou actions nés chez lun

ou l’autre d’entre eux, soit l’ensemble des conditions organiques ou psychiques, très variées suivant les cas, de cette diffusion.

Mais, au sens général qu’on lui donne le plus souvent, et que Ribot s’excuse presque de lui avoir donné dans sa classification de tendances, la sympathie est une véritable tendance, ou plutôt, elle n’est qu’une forme, en général assez intellectualisée, de ces tendances sociales et altruistes, dont le caractère primitif ne peut faire aucun doute. C’est elle qui nous porte à rechercher la société de nos semblables, ou tout au moins de certaines catégories d’entre eux, au point que l'isolement moral devient une véritable souffrance. Si, sous cette forme pleinement consciente, elle peut paraître parfois n’être qu’une forme détournée de l’égoïsme et n’exprimer, en fin de compte, que le désir de vivre en un milieu bienveillant et sûr, c’est une raison de plus pour la rattacher à des dispositions physiologiques aussi profondes et . aussi générales que celles qui assurent la conservation de | l'individu. Non seulement la sympathie ainsi définie se distingue des instincts familiaux et sexuels par ses caractères | intrinsèques, mais encore l’exemple de maintes sociétés | animales nous montre les tendances sociales dominant la vie des individus, même là où ceux-ci, comme c’est le cas : des abeilles ouvrières, sont entièrement étrangers à la vie sexuelle et familiale. À

C’est donc légitimement que nous venons de prendre le. terme de sympathie dans le sens général de tendance, et que, » légitimement encore, nous le prendrons au sens strict quand F: nous parlerons de l’imitation (Traité, II, L’Interpsychologie).

« Telles sont, conclut Ribot, les tendances qui sont, à notre \ avis, les racines de toutes les émotions simples ou M NE actuelles, passées ou futures » (A, 196).

Toutes ces tendances, que l’on peut appeler besoins quand eHes sont liées aux fonctions de la vie végétative ou aux : fonctions élémentaires de la vie de relation, et qu’on peut A appeler inelinations ou instincts quand elles tendent à con- |

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scrver où à développer l'individu en tant qu'être conscient, ne Sont, comme on l’a vu, que des tendances très générales, des genres. Il va, par conséquent, de soi qu’on peut distinguer dans la plupart d’entre elles, et notamment dans celles du troisième groupe, qui sont plus particulièrement riches de par leur contenu psychique, des tendance: dérivées ou secondaires multiples, développées ou acquis au contact de Pexpérience, qui peuvent être plus ou moins accusées suivant les individus, manquer chez les uns, prédominer chez les autres, s’associer chez tous en agrégats divers, et constituer aïnsi le champ toujours varié des sensibiHtés indivi- duelles. On ne peut songer à dénombrer toutes ces tendances : il faudrait pour cela dénombrer toutes les variétés de plaisirs et de douleurs; mais on en peut citer quelques-unes pêlemêle à titre d'exemple ; la gourmandise, le goût de l’amitié, de l’économie, de la vie mondaine, de la célébrité, de la liberté, de l’anarchie, de la causerie, des voyages, de la rêverie, du gracieux, des jeux de cartes, du risque, des vers, des beaux chevaux, ete, etc., sont autant d’inclinations que l’on ferait facilement rentrer dans telle ou telle des catégories précédentes, quelquefois dans plusieurs à la fois, et l’on en pourrait dire autant de laversion éprouvée pour les mêmes objets. Enumérer, classer et analyser les différentes tendances d’un individu, ce serait donc établir le bilan de sa sensibilité ; mais encore faudrait-il tenir compte de ce fait que beaucoup d’inelinations particulières et acquises peuvent être très passagères et que, tout en obéissant à quelques tendances centrales et permanentes, la sensibilité de chacun s’appauvrit Sans cesse eÿ ne s'enrichit pas toujours d’inclinations nouvelles dans là même proportion.

1 faudrait surtout se garder de croire qu’on puisse épuiser par ce procédé le contenu de la constitution affective, car les tendances n’ont pas seulement un contenu concret déter- miné par leur objet ; elles ont aussi des qualités générales … comme l’ampleur, la pureté, la force, la souplesse, la viva- . cité, la mollesse, et enfin elles subissent, dans leurs associations et leur jeu, l’influence des lois générales qui gouvernent … un esprit ; elles sont plus ou moins systématiques, unifiées,

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équilibrées, instables, indépendantes, etc., ce qui revient à dire qu’elles obéissent, en chacun, à la formule générale du caractère. (V. PAULHAN, B, et Praiîté, II, 575.)

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