PRODUCTION DE LUMIÈRE
a) La plus claire et la plus blanche, pour éclairer.
Le s. n. procure une lumièreextrêmement claire, et convient par conséquent parfaitement à l’éclairage ; seulement il faut y ajouter assez de p. n. pour qu’il présente l’inflammabilité suffisante; une combustion un peu plus vive rend la flamme plus intense, quoique le p. n. ajouté produise une flamme rouge} il ne faut donc pas en ajouter une quantité trop grande; 6 à 10 p. °/ 0 de p. n. forment également les limites suivant l’intimité du mélange. Si la masse doit être compacte, on lui donne de la consistance à l’aide d’une dissolution de gomme, et on la sèche ensuite.
b) Lumière colorée.
On peut premièrement donner à la flamme rouge pâle ou blanchâtre des mixtures de p. n. et s. n. la nuance rouge orangé de la flamme de carbure d’hydrogène, en y ajoutant une substance végétale. La matière végétale qu’il convient le mieux d’employer à cet effet est le pétrole , qui fournit une flamme de carbure hydrique très-intense. 1 p. °/„ de celte addition suffit pou*’ colorer la flamme.
Pour obtenir le rouge pourpre on mélange :
Sr, N -f- 2 S
avec K, 61 -j- 2S.
La première de ces mixtures qui produit celte couleur, n’est pas par ellemême suffisamment inflammable; il faut y ajouter environ \ de la 2 e pour la
de pyrotechnie.
rendre combustible. Tins la masse est grande moins il faut de s. ch., et
moins par conséquent la couleur de la flamme du s. n. strontianique sera
affaiblie par celle pâle du s. ch. Un rouge plus clair peut être obtenu par le
mélange du K, €Ï-f- 2S, etdu carbonate de chaux (craie), (100 : 40). Si la
flamme doit être très-claire, on peut d’abord mêler au K , 61 -f- 2 S , | partie
l ù izî' i ^ Sb de K, 61 +-
Pour produire le jaune , on mélangera :
Na, N+ 2S avec
K, ëï -f 2S
en appliquant ce qui vient d’être dit au § précédent. Lorsque la composition doit être longtemps conservée, et que par conséquent l’effet hygroscopique du nitrate sodique peut devenir nuisible , on prendra au lieu du Na, ?» -f- 2S, du carbonate de soude (privé de son eau de cristallisation par une forte calcination). On mêle alors 100 parties de s. ch. avec 40 parties de carbonate de soude. Le carbonate ne doit toutefois remplacer le nitrate que là où l’augmentation du résidu n’est pas nuisible, et par conséquent pas lorsque la composition doit brûler dans des tubes étroits.
Pour produire Yorange pur , on mêlera :
1) Sr, ÿ -f- 2 S avec,
2) Na, Êî -f- 2S et
3) K, ëi + 2s.
Plus on prendra de la première à l’égard de la seconde, plus l’orange sera foncé. La somme de la 4 ro et de la 2° doit être à l’égard de la 3° environ comme 3 : 1. Ici on peut également employer les carbonates de chaux et de soude au lieu de 1 et 2. (V. § 234)
Pour obtenir le vert , on mêle :
Ba, N 4* 2 S avec
k , "ëi 4~ 2 S
Ce qui a été dit au § 230 est applicable ici. Au lieu de Ba, N -j- 2 S on peut dans le cas cité au § 231, employer du carbonate barytique.
Pour obtenir le violet , on mélange 100 (K Gi -f- 2S) avec 20 parties de carbonate calcique et 20 parties de sulfate potassique.
104 TRAITÉ
Pour le bleu il n’existe pas de mélange analogue, parce que leCu, N (nitrate de cuivre), qui remplirait le but dans ce cas, est trop liygroscopique ; on choisit donc une autre combinaison du cuivre : savoir le sel double, formé des sulfates de cuivre et d’ammoniaque, qu’on trouve dans le commerce. On mêle ce sel au sulfate de potasse dans la proportion de 2 : 1 , et on ajoute à 60 parties de ce mélange 100 parties de K, 61 -{- 2 S.
Production d’une flamme capatu.e d’incendier les matières végétales.
L’inflammation la plus certaine des matières végétales s’obtient à l’aide de la flamme résultant de la combustion de substances similaires ; mais l’effet de cette flamme n’est dirigé que dans un sens , suivant lequel elle s’échappe , ce qui a lieu ordinairement de bas en haut, parce que les gaz échauffés s’éloignent suivant celte direction. En plein air l'agitation de l’atmosphère rend la flamme vacillante, l’éleiiitméme quelquefois, d’où vient qu’on n’obtient que des effets incertains. Les substances végétales ne brûlent pas quand , afin de pouvoir les lancer au loin , on les renferme dans une enveloppe solide qui empêche l’accès de l’air.
Pour incendier un corps de nature végétale placé sous le projectile incendiaire, le s. n. avec le minimum de p. n. convient le mieux ; celle composition ne développe pas une température aussi élevée que le p. n., mais ses effets sont plus durables, ce qui fournit au corps végétal le temps de se décomposer; de plus , elle fait plus sûrement participer à la combustion la matière végétale, que le p. n. Le p. n., même quand il est condensé, développe par sa combustion beaucoup de gaz , qui s’éloignent avec violence, et causent ainsi un courant d’air trop fort, qui refroidit le corps à incendier; ainsi lorsqu’on fait agir en un jet énergique la flamme du p. n.,sur un corps de nature végétale, celui-ci se décompose à l’endroit frappé par le feu , jusqu’à ce que tout le carbure d’hydrogène soit éloigné, après quoi le carbone presque pur qui reste ne brûle pas plus loin.
La flamme du s. n. n’est pas Ires-longue. Elle produit donc moins d’effet que la masse brûlante elle-même. Si la flamme seule doit agir, ce qui est toujours le cas lorsque la matière incendiaire est renfermée dans une enveloppe solide, on doit agrandir par l’addition d’une flamme de carbure d’hydrogène celle produite par le s. n. mélangé au minimum de p. n. Ceci se fait au moyen d une substance végétale non décomposée qu’on .ajoute, et qui se décompose dans la masse lors de la combustion. Le carbure d’hydrogène est vivement entraîné par les gaz incandescents provenant du s. n., et secom-
bure à latmosphcre. — Plus la quantité de carbure d'hydrogène est grande mieux cela vaut. Les substances végétales méritent donc pour cet objet la préférence suivant qu’on peut les ajouter en plus grande quantité , sans qu'elles laissent un reste de carbone. Le pétrole est la meilleure de toutes, viennent ensuite l’huile de térébenthine, le goudron et lesmélanges résineux, qui agissent d’autant plus favorablement qu’ils contiennent plus d’huile de térébenthine. Les huiles essentielles ont encore l’avantage de s’infiltrer dans les interstices de la masse incendiaire, tandis que les corps solides en augmentent considérablement le volume; des capacités égales peuvent donc recevoir plus de composition lorsque celle-ci est préparée avec les huiles essentielles que quand on y a mélangé des résines.
E. PRODUCTION d’air irrespirable.
Le s. n. développe de l’acide sulfureux et de l’azote en grande quantité; ces deux gaz sont asphyxiants. Une petite quantité suffit pour rendre irrespirable l’air d’un local clos.
F. INFLAMMATION DES COMPOSITIONS SANS l.E SECOURS d’uN CORPS INCANDESCENT.
Les mixtures au K, peuvent bien s’enflammer par suite de chocs et de frottements très-violents, sans l’intermédiaire de corps incandescents; mais 1© point de décomposition du nitrate potassique est trop clevé, pour que des Percussions on frictions telles qu’on peut les produire à l’aide d’un effort moyen , puissent développer le calorique nécessaire. On ne peut donc employer pour ce cas que des mixtures au chlorate potassique.
Parmi le soufre, le charbon, les substances végétales et le sulfure d’anlirtioine, c’est le premier qui s’enflamme à la moindre température. Le s. ch. Set> a donc la mixture dont la combustion commencera à la plus basse température. Vient ensuite celle du sulfure d’antimoine avec le chlorate potassique, à cause de la double affinité de ce combustible pour l’oxigène et le ®More. Le chlorate potassique et le charbon sont très-difficiles à enflammer San -s étincelle, et si le p. ch. est assez inflammable par percussion ou par diction , c’est que le soufre qui y est contenu, et qui no devrait pas se com- Wer niais réduire la potasse , produit l’inflammation. 11 en est de même du P* ll * lorsqu’on le chauffe lentement et progressivement; le soufre s’enflamme * U| ssi alors le premier, et commence la combustion , qui se passe ainsi d’une Manière moins avantageuse que lorsqu’au moyen d’un corps incandescent on ° en 9ammé d’abord le charbon. La combustion du s. ch. condensé sc pro- ■ 8° mal et fournit aussi une flamme peu longue. 11 faut par conséquent
TRAITÉ
IGG
ajouter un mélange de chlorate potassique de soufre et de charbon , ou d’arttimoine, — Lorsque le résidu et la fumée n’entraînent pas d’inconvénients, et que la flamme n’a pas besoin d’être longue, il faut préférer la mixture au sulfure d’antimoine, parce que l’inflammabilité en approche d’élre égale à celle du s. ch. Mais lorsqu’il faut que la flamme soit longue , et que le résidu est nuisible, il faut ajouter du p. ch. Lorsque la rupture de l’enveloppe est a craindre il faut préférer le p. ch. lent (§ 205), et l’on mêle alors :
K,GI + 2S avec
environ à parties égales.
Lorsque l’inflammation doit être produite à l’aide de l’acide sulfurique,
on emploie la mixture de chlorate de potasse et de sulfure d’antimoiue
in
^K, G1 -J“ 011 avcc une r< ^ s ' Iîe s ou bien on mélange les deux.