EMPLOI DES MIXTURES FONDAMENTALES
(buts a remplir.)
Les compositions combustibles de l’artillerie doivent remplir les condi tions suivantes :
A) Production de force impulsive;
a) d’une durée trop petite pour pouvoir être mesurée ;
b) d’une durée plus prolongée ;
a) sans egard à la couleur de la flamme; p) avec égard à la couleur de la flamme.
B) Combustion prolongée sans développement de force impulsive.
C) Production de lumière;
a) la plus claire et la plus blanche , pour éclairer ;
b) de couleurs variées, pour signaux.
P) Développement d’une flamme propre à incendier les matières végétale*- E) Production d’air irrespirable dans les locaux fermés.
Communication du feu sans le secours de corps incandescents ; a) par percussion ou par friction.
4) par réaction chimique.
production des effets désirés au moyen des mixtures données.
A Force impulsive.
a) La plus énergique .
Pour développer de la force impulsive on ne peut employer que la combustion du carbone par l’oxigène. On est donc conduit aux mixtures p. n. et P-ch. La dernière est trop chcre, et dangereuse 5 préparer,h conserver et à transporter, à cause de la facilité avec laquele le chlorate potassique se 'décompose; on ne peut donc l’employer dans les cas ordinaires ; d’ailleurs sa combustibilité supérieure ne se manifeste pas considérablement dans les fortes charges, quoiqu’elle le fasse d’une manière très-marquée dans les petites, °u les circonstances extérieures, telles que l’abduction du calorique par les parois de l’arme, etc. , ont beaucoup moins d’influence quand la combustion est rapide que quand elle est lente. Par conséquent quand il s’agit de petites charges, que le prix ne forme pas l’objet d’une considération majeure, que conservation et le transport peuvent recevoir des soins particuliers, on Pourra mélanger un peu de p. ch. au p. n. Dans les cas contraires c’est le P- n. qui convient seul.
ïl peut se présenter des circonstances, où la force impulsive du p. n. dont * a combustion est accélérée par la granulation , soit trop vive, et où l’on dés "'e obtenir une combustion d’une durée, quoique non mesurable, du moins Un peu plus longue que celle de la poudre formée de p. n. pur. On peut éteindre ce but soit en mélangeant le p. n. avec la mixture salpêtre soufre et charbon qui contient6C, soit avec celles, n. La première méthode fournit Un e composition qui produit plus de gaz ; mais la composition provenant de ^ deuxième, est moins hygroscopique, et facile h grainer.
fy force impulsive à action prolongée.
*) Sans égard à la couleur de la flamme.
h e p. n. condensé au moyen d’une pression considérable brûle assez lene °ient par lui-môme pour la plupart des cas ; pour cela il doit être condensé a ns des vases qui l’enveloppent presque entièrement, et ne laissent libre R u une petite partie de la surface par où on l’enflamme. La combustion pro-
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gresse alors par couches parallèles de même forme que la parlie de la surface par où elle a commencé. Ces couches comburées en temps égaux deviennent d’autant plus minces que la condensation a été plus forte.
Lorsque la combustion doit encore être rallenlie davantage, on obtient le résultat désiré en mélangeant au p. n. du s. n. ; ce mélange peut aussi être employé sous forme pulvérulente, ou en masse plus ou moins condensée. Dans le premier cas on peut obtenir une combustion aussi rapide que celle du p. n. qui a été condensé.
Lorsqu’on mélange le p. n. elle s. n. , la masse de gaz produite ainsi qne leur tension diminue nécessairement, parce que la combustion du s. n. p r0 ' duil moins de gaz et de calorique que le p. n. 11 y aura donc ici une limite au ralentissement de la combustion. Une mixture pulvérulente de 40 p. n. et de 00 s. n. ne développe déjà plus une force impulsive suffisante pour la prali' que; et lorsqu’on emploie la condensation, des additions moindres des.n.annullenl déjà la force impulsive. Le résidu et la fumée augmentent aussi avec là dose de s. n. qu’on ajoute. Dans les masses impulsives énergiques, dans lesquelles le p. n. domine, la faculté absorbante du charbon manifeste une grande influence sur la force impulsive , et cela d’autant plus que le charbon a été moins bien trituré, que le mélange est moins intime, et que la compO" silion a été moins condensée. Des différences très-petites dans la faculté absorbante, par exemple, celles qui résultent de la saison pendant laquelle la mixture sèche a été préparée , se dessinent visiblement dans ce dévelop'
pement de calorique, qui est ici toujours lent et successif. Cette lenteur dans
le développement des gaz, est cause aussi que les moindres différences, q l " existent toujours dans les mélanges même les plus intimes, se manifestent; et c’est pour cela que les bonnes compositions impulsives agissent d’une manière d’autant plus uniforme , qu’elles sont plus riches en p. n., c’est-à-dire qu’elles se comburent plus rapidement.
/3) Composition impulsive à combustion lente , avec égard à la couleur de l a
flamme.
Le p. n. donne toujours une flamme rouge orange, qu’il soit condensée 1 ’ non. En ajoutant du s. n. on rend la flamme plus blanche.
Si l’on veut que cette flamme contienne des étincelles luisantes, on nj oll ^ e à la mixture, des substances concassées en gros grains, qui deviennent n 1 ' candescenles ou qui brûlent dans la flamme. Ces substances ne doivent p a *
DE PYROTECHNIE. JOt
produire de fumée en se comburant ; elles ralentissent dans tous les cas la combustion de la composition. Ces substances sont, le charbon de bois dur, de la fonte pilée, de la limaille de fer ou de cuivre , du verre. Le charbon concassé ne doit être employé que lorsque les compositions doivent être bientôt brûlées, car il attire l’eau avec avidité.
Si l’on veut donner à la flamme une autre couleur que celle rouge ou rouge blanchâtre que produisent le p. n. et ses mélanges avec le s. n., on rallentit la combustion du p. n. en y ajoutant au lieu de s. n. du s. n. sodique pour la flamme jaune, du s. n. strontianique pour la flamme pourpre, et du s. n. barytique pour la coloration en vert. Du zinc ajouté à la composition de p. n. et s. n. donne une couleur bleuâtre.
B Combustion prolongée sans développemene de force impulsive.
Dans ce cas encore le p. n. condensé seul, ou mélangé avec le s. n. et condensé , est convenable. Comme il ne s’agit pas d’obtenir de la force on peut faire croître l’addition do s. n., de manière que la composition condensée conserve encore précisément l’inflammabilité nécessaire d’apres les moyens d’inflammation qu’on emploie. Suivant le degré d’intimité du mélange, il suffit pour cela de 6 à 10 p. % de p. n. Moiiis le mélange est intime, plus il faut augmenter la dose de p. n. pour obtenir une inflammabilité donnée. Si le p. n. condensé est trop lent, on peut employer la mixture K, -|- S -f- 6C, parce qu’étant condensée elle brûle plus vite que le p. n.
Lorsque la durée de la combustion doit être très-précise, on ne doit ojouter à la composition aucune autre substance que le salpêtre , le soufre et le charbon dans les proportions indiquées ci-dessus. Il faut même éviter de lettre la composition en contact avec des matières organiques, et cela d’aubtnt plus qu’elle contient plus de s. n., et que par conséquent elle est plus propre à être troublée dans sa combustion par la participation du charbon ex cédant de la matière végétale. Dans ces compositions la qualité du charbon et la quantité d'eau qu’il avait absorbée avant le mélange exercent(V.22l) u ne influence encore plus marquée que dans le p. n. pur.
S agit-il seulement d’obtenir une combustion régulière mais aussi lente que possible, une addition de substance végétale peut devenir utile, lorsque Pour rallentir la combustion on fait dominer le s. n., et surtout quand la imposition doit brûler en tubes étroits. On diminue par là la quantité de
TRAITÉ
résidu, qui bouche facilement les cartouches , et tombe dans certaines circonstances en gouttellettes dangereuses. De plus la composition, sans devenir plus vive , développe ainsi plus de gaz, d’où résulte que le résidu est mieux entraîné dès qu’il se forme, et ne peut pas s’amasser. D’ailleurs il est quelquefois désirable que la flamme produite ne soit pas visible de loin durant la nuit ; or, la matière végétale obscurcit la flamme très-claire du s. n., en développant du carbure d'hydrogène. — Dans cette circonstance il est donc avantageux d’employer des cartouches en matière végétale. Mieux on veut assurer la combustion de cette enveloppe, et plus elle est épaisse, plus la composition doit être riche en s. n. (§ 209), et moins la composition doit approcher d’élre saturée par l’addition d’autres substances végétales.