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DES MACHINES ET DES ATELIERS EN GÉNÉRAL

On emploie des machines nombreuses pour l’exécution des diverses divisions du travail de la fabrication de la poudre. Outre ce qui a été dit sur les machines en général dans l’introduction, l’éloignement du danger exige dans celles-ci une attention particulière. Ce danger peut naître non seulement des éléments des machines qui exécutent le travail, mais aussi, quand le poussier se répand, des éléments de transmission qui engrènent les uns dans les autres, et des parties qui servent de supports aux pièces qui se meuvent.

Dans les machines mômes, il faut éviter de donner lieu aux inflammations que peuvent produire les chocs violents de corps durs, surtout de métaux, le broutement des pièces frottantes, les substances dures , pulvérulentes ou granulées s’introduisant du dehors, le mouvement vif, développant de la chaleur. On doit apporter d’autant plus de soin à cet égard que l’époque du travail pour laquelle la machine est employée, correspond à une intimité plus avancée du mélange des matières. Il faut se garder de compter sur l’humectation de la matière, qui doit avoir lieu dans ces divisions du travail, car dans une fabrication prolongée la prudence des ouvriers ne s’endort que trop vite, quand il n’y a pas eu d’explosion depuis long temps ; d’ailleurs une atmosphère très-sèche ou un courant d’air, peuvent quelquefois enlever d’une manière extraordinairement rapide l’eau d’humectation. Une quantité de 8 à 4 p. 0/0 d’eau ne peut en général empêcher l’inflammation. —A mesure que l’intimité du mélange augmente, la quantité sur laquelle on opère à la fois doit diminuer , et cette dernière doit être constamment bien isolée de celles qui ont déjà été travaillées ou de celles qui doivent l’être. Les machines doivent être souvent visitées ; on verra s’il s’y forme des fissures laissant passer du poussier, ou dans lesquelles la galette peut être pressée ;mais c’est surtout à la formation de creux dans les parties métalliques travaillantes, 011 à l’existence de petites parties de métal détachées, qu’il faut porter la plu* grande attention. Si les machines ont d’après leur construction des cavité 9 dans lesquelles la galette peut se rassembler, on doit à chaque nettoyage de 9 bâtiments, enlever cette dernière après l’avoir humectée.

Pour les parties de machines qui doivent exercer des pressions, ou laminer lentement par rotation, l’emploi d’un métal ne présente pas plus de danger que celui du bois ou de la pierre, qui s’usent promptement ; ces derniers Matériaux ont de plus l’inconvénient de devenir rugueux, et deboire l’eau ; le danger devient ainsi plus grand que lorsqu’on emploie des métaux dont la surface est polie et dure, exempte de cavités, de pièces rapportées, ou de parties bouchées au mastic etc. Lorsqu’on emploie le bronze il f aut qu’il contienne 18 à 20 p. 0/0 detain ; sans cela il est trop mou et devient bientôt rugueux ; la fonte de fer est plus avantageuse ; mais a toutes les parties qui doivent venir en contact avec la galette, ou qui doivent frotter sur d’autres, il faut enlever la croûte de moulage, parce qu’elle contient du sable, ou du silicate de fer. —Il convient aussi d’exécuter en métal tous les éléments qui transmettent ou modifient le mouvement ^ il est à désirer toutefois que des pièces qui engrènent mutuellement se trouvent en dehors de locaux de travail ; cette observation est principalement applicable à ceux où l’on ne peut empêcher complètement la formation du poussier. Les roues d’engrenage , les manchons, etc., qui se trouvent toujours dans les locaux de travail, doivent d’abord se transmettre le mouvement en produisant le moins de frottement possible, ce qui dépend de l’exactitude de la taille de leurs dents, puis ils doivent être calés si solidement sur les arbres , que le moindre déplacement à l’égard de ceux-ci soit impossible , car 11 résulterait de ce déplacement un frottement continu de glissement. La suppression des frottements etc. exige d’autant plus de soin que la force dépensée est plus considérable. L’emploi abondant d’un enduit graphitique (huile d’olives, suif et graphite) pour toutes les surfaces frottantes, ne doit Pas être négligé. Chaque fois qu’on graisse , it faut commencer par éloigner av ec soin le cambouis provenant du graissage précédent, si du poussier s’y

es t mêlé.

Dans les dispositions à adopter pour les machines, il faut toujours compter ce qu’on ne peut pas les laisser fonctionner sans une surveillance conclue; par conséquent on ne doit pas admettre l’augmentation -des chances ^ n gereuses,dans la supposition que les hommes n’y seront pas exposés.

De terrain à choisir pour l’emplacement d’une poudrerie doit être autant ^ Ue possible de nature compacte. Le sable, même à distance, est toujours ^gereux. On évitera les voies très-fréquentées ou les' eaux navigables, quoi-

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que les frais du transport s’en trouvent augmentés. Dans l’intérieur, les communications servant au transport du produit, ne doivent pas être pavées m pourvues de rails. Les habitations du personnel administratif, les étables, l es écuries, etc., doivent être placées entièrement en dehors de la fabrique.

Les locaux de travail doivent être petits, d’une construction légère, et isolés; ceci est surtout nécessaire pour ceux qui servent au mélange et au grainage. Les dégâts qu’on ne peut pas éviter complètement, deviennent d’autant plus coûteux et plus dangereux , que les bâtiments sont plus grands et présentent plus de résistance. On n’attachera aucune importance à l’élégance pour ces constructions. Lorsque le bâtiment est impénétrable à l’humidité et à la poussière, il répond complètement au but. Ce sont les constructions en bois qui sont les plus avantageuses après celles en clayonnage et torchis ; les briques cuites et le mortier ne sont pas à recommander. Dans aucun cas le plafond ne doit être plâtré. Les bâtiments destinés aux branches les plus dangereuses du travail, ou à la conservation du produit entièrement ou partiellement achevé, doivent être séparés des autres par des traverses en terre. Les toits des ateliers sont pourvus de ventaux s’ouvrant du dedans au dehors , ou bien ils sont entièrement en planches ; au dessus des machines les plus dangereuses on doit placer des réservoirs d’eau dont les robinets s’ouvrent par le jeu de pièces de machine qui ne peuvent se déplacer qu e lors d’une explosion. Toutes les portes des locaux sujets aux explosions doi' vent s’ouvrir du dedans au dehors.

Les fenêtres des ateliers doivent être disposées ou garanties de manière q ue le soleil du midi ne les frappe pas; si cela est impossible on les enduira d’un e couche mince de couleur blanche à l’huile, ou bien on fera dépolir les carreaux à l’acide. On doit éviter les carreaux contenant des lentilles, des grains, etc., principalement du côté du soleil. La porte doit être garante

par tous les moyens contre l’irruption du vent; ainsi lorsqu’il y a des traverses,

le débouché doit donner sur celles-ci. Le sol est recouvert d’une couche d’argile grasse battue, comme l’aire de certaines granges. En outre il est recouvert d’une couche de sciure humide d’environ un centimètre d’épaisseur. ^ 0 recouvrement mérite la préférence sur les prélats, si difficiles à nettoyer* du pulvérin tombe sur la sciure de bois, on la remplace immédiatement p al une couche fraiche. Les travailleurs se chaussent de sandales en feutre l° rS qu’ils entrent et se déchaussent lorsqu’ils sortent. Si les ateliers sont traversé par des tuyaux calorifères ou autres appareils de ce genre, on doitblau chir ceux-ci à la chaux quand cela est possible, afin que le poussier q l,t pourrait s’y déposer soit visible. — Toutes les serrures, les clous, etc. , s0 ° ou en cuivre ou fortement étamés.

Tous les locaux qui contiennent de la matière en fabrication , ne peuvent à l’ordinaire être employés plus longtemps que le jour ne le permet. Si dans des cas pressants on doit avoir recours à un éclairage artificiel, on le fera avec des lampes d’Argant où à gaz, jouissant d’un bon tirage; la lanterne D’est introduite à travers le mur que par la partie antérieure. Le verre doit être assez] éloigné de la flamme pour ne pouvoir s’échauffer; afin qu’il ne puisse être brisé dans l’atelier, il est garanti par un double treillage métallique. La lumière est distribuée dans toutes les parties de l’atelier, au nioyen de réflecteurs bien polis ou de miroirs en verre. On ne chauffera qu’au moyen de la vapeur d’eau ou de l’air chaud.

Pendant le travail, on veille à la plus grande propreté, et au prompt éloignement du poussier qui se dépose, ou de la galette qui s’attache, etc. ; mais toute matière qui doit être éloignée est préalablement humectée. Toute quantité de matière travaillée est immédiatement transférée dans un magasin particulier, massif et à doubles portes. Le samedi après midi on procède à un nettoyage général, durant lequel on enlève les fenêtres si le temps est favorable. On jette les balayures dans l’eau, on dessèche la sciure de bois, pour autant que cela convienne, et on l’emploie de nouveau. On ne doit dans celte visite omettre aucune partie, même la plus cachée, où du poussier pourrait s’être déposé. Si l’on ne pouvait y atteindre facilement, ce qui accuserait un défaut de construction, on verserait de l’eau à la place douteuse. A l’occasion de ce nettoyage on vérifiera aussi si les parties de machine qui engrènent dans l’intérieur des locaux, et qui par conséquent peuvent causer des explosions, ne portent pas des traces de glissement, ce qui peut arriver par suite d’un très-léger déplacement des pièces. Si l’on découvrait des places Usées et luisantes, il faudrait porter remède immédiatement.

Le transport des matières mélangées, ou du produit déjà plus avancé dans la fabrication, ne doit pas se faire dans des barils à cercles qu’on ôte e 1 t'omet, mais dans des tonneaux à cercles fixes et à couvercles libres et à recouvrement ; des caisses rectangulaires en bois bien calfatées , ou doublées de métal, valent encore mieux pour cet usage. (Voy. Conservation.)

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