‹ Traité de pyrotechnieChapitre 48 sur 69 · EMPLOI DE LA POUDRE AVARIÉE · texte numérisé non relu

EMPLOI DE LA POUDRE AVARIÉE

La poudre ne s’avarie que par l’eau qu’elle prend , soit par absorption soit par humectation. L’avarie par la chaleur est impossible , car ee ne serait qu’à une température de 50 .à 00° que de faibles parties de soufre pourraient s’échapper sous forme de vapeur; et si la chaleur pouvait produire réellement la fusion du soufre * cette circonstance serait avantageuse au lieu d’être nuisible (2).

Une quantité d’humidité de 5 p. 0 / o rend la poudre visiblement plus foncée de couleur; pour les gros calibres on peut encore employer cette poudre

(1) Cette phrase pourrait être mal interprétée .Elle doit signifierque la dépense de travail

est à pen près la même dans les deux méthodes. Cette dépense est représentée par le produit de la force motrice et du temps. Ces chiffres sont pour les pilons GoX a — 120 et pour les nouveaux procédés 16,4 X 8,18= 1 34 , 5 . Les nouveaux procédés consommeraient donc, en supposant ces données exactes, 1/12 de travail de plus que les anciens. Mais il y a d’autres avantages économiques qui résultent de la diminution du facteur de tom/wqui entre dans le produit travail j ces avantages prennent leur source dans la nécessité de plusieurs autres dépenses, quelquefois très-considérables, qui incombent à un établissement, et qui croissent proportionnellement au temps , quelle que soit la quantitéou la qualité du produit obtenu. Souple rapport économique la balance pencherait donc fortement en faveur des nouveaux procédés. Sous le rapport de la qualité des produits qu’on a cherché à obtenir, ces procédés °nt aussi une supériorité évidente sur les anciens. Malheureusement on ne s’est pas mis d’accord préalablement sur la nature de la qualité à obtenir. (T)

( 2 ) Resterait à savoir si la fusion ne mettrait pas en jeu la tendance des parties similaires vers la cristallisation, ce qui produirait ici encore l'effet fâcheux si bien décrit par l’auteur an § 2g5 , à propos de la dissolution du salpêtre (T).

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sans diminution sensible de l’effet. Même au mortier éprouvette l’effet n’est pas encore diminué d’une manière observable, lorsque toutefois la poudre est restée en repos jusqu’au moment du tir, qu’elle n’a pas formé de poussier par son frottement sur elle-même , et que durant son séjour à l’humidité elle n’a pas encore été désséchée entièrement ou partiellement, ce qui aurait produit une altération du mélange par l’efflorescence du salpêtre. Quand la poudre contient 7p. °/ 0 d’eau, la dessiccation est encore exécutable au chlorure calcique ; ont peut employer celle poudre pour les gros calibres après lui avoir enlevé quelques p. 0/0 d’eau, et lorsque la dessiccation a été complète, elle peut servir pour toutes les armes (toujours dans la supposition qu’elle ne soit pas transportée à l’état humide.) Une poudre qui a été ainsi reséchée n’est plus d’une bonne conservation dans les transports ni dans les magasins. 8 p. 0/0 d’eau produisent l’agglomération des grains ( la formation des grumeaux) ; la poudre noircit alors les objets par contact, et par conséquent produit beaucoup de poussier. Si une poudre dans cet état doit être encore employée, il faut la radouber, par la mixtion, la condensation et la dessiccation. Lorsqu’il s’agit d’un emploi immédiat, on peut la sécher, la convertir en pulvérin dans la tonne mélangeoir, puis la consommer sans retard pour charger les gros calibres. Celte poudre, môme complètement remaniée, surtout lorsqu’elle a été longtemps humide , produit moins d’effet dans les armes de moindre calibre , que la poudre neuve ; cette différence parait devoir être attribuée à la diminution de l’inflammabilité du charbon. La poudre qui contient 13 à 15 p. 0/0 d’eau n’a déjà plus de consistance , et à 20 p. 0/0 elle est pâteuse. Dans ces états elle a toujours perdu du salpêtre , lorsque le liquide a pu s’écouler. Quand même le salpêtre se dépose, et que la poudre, étant presque désséchée, est complètement radoubée, elle ne convient tout au plus que pour les gros calibres , et si les circonstances ne commandent pas cet emploi, il est plus avantageux, sous le rapport économique, d’en extraire le salpêtre et de considérer le soufre et le charbon comme hors de service.

La méthode de lessivage la plus avantageuse est la suivante : on s’assure combien, pour les appareils à employer , l'eau à une température donnée perd de degrés de chaleur par un séjour d’une demi-heure sur la poudre. On calcule ensuite combien d’eau à cette température exige la dissolution du salpêtre contenu dans la matière à lessiver. On verse sur la poudre cette quantité d’eau à la température la plus élevée, et on laisse reposer une demiheure en couvrant l’appareil. Ensuite on verse autant d’eau tiède sur la poudre, on ouvre le robinet d’écoulement, et on laisse couler une quantité égale. On obtiendra de cette manière presque toute la quantité de salpêtre en une aesolulion très-concentrée, qui par le refroidissement en fait cristalliser. Si l’on se sert d’une eau très-chaude, que l’appareil est mauvais conducteur de la

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chaleur, et qu’on refroidit fortement la dissolution, on obtient déjà sans cuite 1<1 plus grande partie du salpêtre. — On lave encore le résidu avec de l’eau très-chaude.

On peut aussi procéder comme suit. On verse sur la poudre qu’on a comprimée préalablement, autant d’eau tiède qu’elle peut en absorber; on laisse reposer quelques heures. Ensuite on verse de nouveau la même quantité d’eau que la première fois, et on ouvre le robinet d’écoulement ; la dissolution saturée, sera chassée par l’eau pure ajoutée, sans s’y mêler. Aussitôt qu’il a coulé autant de liquide qu’on en a ajouté en haut, on ferme , on laisse de nouveau reposer quelques heures , et on répète l’opération. Lorsqu enfin le liquide qui s’écoule n’a plus la densité 1,02, on l’utilise comme première eau de lessivage pour une nouvelle quantité de matière. Toutes les lessives dont la densité dépasse 1,02, sont mêlées et soumises à la cuite.

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