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EMMAGASINAGE ET CONSERVATION DE LA POUDRÉ

Pour conserver la poudre il faut veiller :

1 j A ce qu’elle n’absorbe aucun liquide ,

2) A ce qu’elle ne soit pas changée en poussier ,

3) A ce qu’elle ne s’enflamme pas.

lorsque la poudre est bonne , que les locaux ne sont pas très-humides , iu poudre qu’on y expose à découvert pendant plusieurs semaines, n’absorbe que 1,5 à 2,2 p. °lo d’eau ; mais lorsque le local est humide , elle peut en î 'bsorber en 8 jours 18 p. 11 /,,. Moins la poudre est lassée et plus les quantités séparées sont petites , plus elle absorbe facilement l’humidité. Le papier la garantit un peu, la toile davantage; parmi les substances organiques c ’ e st la laine qui garantit le mieux. Le bois communique Éacifehienl de i humidité .à la poudre.

lorsque la poudre n’absorbe que 1 à 2 p. "/„ d’humidité , son volume n’en e ®t pas augmenté , et par conséquent sa compacité n’en est pas altérée. Elle r ctourne à l’état où elle se trouvait à la poudrerie après le dernier condense , avant le séchage ; et le procédé qui a été indiqué pour le séchage , s ulRra pour éloigner de nouveau celle eau , sans augmentation de volume.

Quand la poudre absorbe une plus forte quantité d’eau , elle augmente

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de volume, et une simple dessiccation ne lui restitue pas ses propriétés primitives, Pour cela il faudrait qu’elle fut d’abord dépouillée de l’excédant d’eau , condensée ensuite , puis séchée. A mesure que l’eau augmente , elle dissout plus de salpêtre; ce dernier ne se cristallisant pas uniformément lors de la dessiccation, se porte principalement à la surface, l’intimité du mélange se trouve altérée , et le grain perd de son inflammabilité. Lorsque la quantité d’eau est de 8 p. et au dessus , ces effets deviennent déjà si sensibles, que la poudre étant séchée donne des portées diminuées dans les armes sensibles , quoique le grain soit devenu plus poreux et par conséquent plus combustible.Lors donc que la poudre est arrivée à ce degré d’humidité, la dessiccation ne produit plus qu’une amélioration passagère , et peu marquée; la poudre devenue poreuse reprendra bientôt de l’eau;celle-ci dissoudra de nouveau du salpêtre , et détruira encore davantage l’intimité du mélange , tandis que la quantité d’eau qui se trouvait d’abord dans le salpêtre était du moins déjà saturée de salpêtre, et ne pouvait plus aggraver le mal. Si l’on sèche donc au soleil la poudre qui est visiblement humide , elle reprendra bientôt l’humidité qu’on aura chassée, et son mélange sera plus altéré qu’auparavant ; cette poudre deviendra par conséquent plus mauvaise par chaque exposition au soleil, et cela d’autant plus qu’elle forme du poussier par suite du mouvement qu’elle éprouve , poussier qui ne peut être éloigné, et qui augmente le pouvoir absorbant de la masse. Le remuage cause de plus une grande perte de poudre et de barils , et constitue un travail onéreux et qui n’est nullement exempt de danger.

Il s’agit donc d’empêcher la poudre d’absorber de l’humidité. Les baril 5 en bois ont toujours des fissures , le bois et le sac en coutil qu’on empl° ie quelquefois sont hygroscopiques, soutirent de l’humidité à l’air et la rendent par les surfaces internes aux grains de poudre qui sont encore plus hygrus" eopiqnes. Par conséquent les matières non hygrpseopiques, par .exemple le» métaux , peuvent seules fournir des vases préservateurs.

Les vases métalliques deviennent chers , lorsqu’ils doivent avoir une épaisseur de parois suffisante pour résister aux chocs, aux pressions, etc. f jCS boîtes métalliques à minces parois, renfermées dans des coffres en bois conviennent par conséquent le mieux. Le bon fer blanc est la matière la mo* nS coûteuse qu’on puisse employer pour ces boîLes , et la couche d’étain q u * sC combine difficilement avec le soufre ne décompose pas la poudre, comnjc I e font les feuilles de cuivre, de plomb, etc., qu’on pourrait employer. Le c ° u vercle est plat, s’ajuste exactement dans la caisse, et le bord qui entre dan 5 la caisse, est enduit d’un mélange de cire et de suif, afin qu’après l’inlrodi jC lion la fermeture soit hermétique. La caisse en bois (de sapin) renfc rIïlC

DK PYROTECHNIE.

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exactement la boite en fer blanc, et ses parois ont 2 centimètres d’épaisseur, be couvercle est assujetti à l’aide de clous étamés. Les caisses ne coûtent que 2 | fois autant que les barils , lesquels exigent des réparations incessantes ; elles procurent l’avantage d’une poudre qui reste toujours la même ; on économise les pertes de poudré , le travail du remuage etc. Les caisses se chargent et se transportent du reste plus facilement que les barils, occupent moins de place , et supportent un engerbement plus élevé.

Pour que la poudre forme aussi peu de poussier que possible, elle doit être lassée et remplir très-exactement les caisses; cette précaution est en même temps un préservatif contre l’absorption de l’humidité. Aussi longtemps que la poudre a été susceptible de devenir humide dans les barils, on a été obligé de lui laisser du jeu, afin qu’on put, en roulant le baril, s’opposer à l’agglomération en grumeaux provenant de l’humidité; de là la formation d’une grande quantité de poussier. La poudre doit donc être tassée aussi fortement qtie possible dans les caisses, étant complètement sèche et au sortir des ateliers; la boîte en fer blanc pour un quintal de poudre a alors 3617,42 centimètres carrés de base, et 15,7 centimètres de hauteur (l)i

La poudre étant ainsi hermétiquement enfermée, on n’a pas besoin de locaux parfaitement secs pour la conserver. Néanmoins il est bon de tenir les locaux aussi secs que possible. On obtient cela en rendant difficile l’accès de l’humidité, et en absorbant celle qui s’est introduite malgré les préc autions.

(i) Ces dimensions supposent que la poudre tassée fortement a une densité relative de °>9°74* Car 1° quintal prussien est d’après l’aide mémoire français ( 1 836) composé de *>o livres. La livre prussienne équivalant à o k ,4685, le poids de la poudre à renfermer dans le caisse est :

P = i io X o u ,4685 = 5i k ,535

he volume en décimètres cubes est :

°nc la densité serait

S’il

s’agissait de construire des caisses pouvant contenir 5 o k de la même poudre,

° n aurait :

Ÿolun

>ne qu’oin obtiendrait en construisant les caisses à base carrée de 60 centimètres de ! ’° u en général à base rectangulaire de 36 décimètres carrés de surface et d’une hauteur

de ,53 1

THA5TÉ

L’humidité s'introduit de trois manières dans les locaux ; une partie monte depuis les fondations dans l’intérieur des murs, une autre partie entre avec l’air atmosphérique, dont la température, plus élevée «à l’extérieur, lui a permis de dissoudre une plus grande portion de vapeur d’eau, que la température plus basse du magasin ; l’excédant de vapeur se condense donc et tombe principalement sur les murs ; enfin l’humidité pénètre encore par le toit.

Le meilleur moyen d’arrêter l’humidité montant par la masse de la maçonnerie consiste à couvrir les murs, lors de leur construction et à quelques pieds déterré, de feuilles de plomb débordant le mur intérieurement et extérieurement de 2,5 centimètres. Ces feuilles déborderont donc aussi la couche de mortier qu’on met plus tard sur les faces des murs. On continue la construction en maçonnant sur le plomb ; on plie obliquement vers en bas le bord en plomb qui dépasse. Le plancher du magasin doit être placé plus haut que cette feuille de plomb. En dessous de cette dernière on perce les murs, et on place dans les ouvertures des tubes qui montent et qui descendent ensuite, afin qu’un courant d’air s’établisse sous le plancher sans que cependant l’eau puisse s’introduire.

Pour éviter l’introduction de l’humidité contenue dans l’air, on n’ouvre les fenêtres que vers midi, et pas tant dans les journées chaudes, que quand le temps est sec, (ce qu’on reconnaît à l’aide de l’hygromètre) ; l’humidité qut se dépose néanmoins est absorbée par le chlorure de calcium qu’on étend sur des plateaux, et qu’on desséche lorsqu’il s’est chargé d’eau. Les murs doivent être aussi mauvais conducteurs que possible; il est bon par conséquent de les couvrir d’une boiserie. La porte du magasin doit déboucher au Sud.

Le toit sera couvert en métal ; par exemple en feuilles de zinc , et il sera souvent visité. Les contreforts, qui produisent de l’ombre, et qui deviennent facilement humides, doivent être évités quand c’est possible , ou placés dan® l’intérieur du magasin (1).

Pour assurer les magasins contre les inflammations, on applique ce qui cst dit relativement aux ateliers des poudreries.

(i) Ou pourrait demander à quoi serviraient les contreforts dans l’intérieur du mag^ lS,, ’ , où ils se trouveraient sous la voûte. (T)

DE PYROTECUME.

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