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III. MOYENS «'INFLAMMATION DES CHARGES

o) Mèche.

Lorsque l’inflammation des charges des bouches à feu doit se faire à l’aide d'un corpsen ignilion, l’artillerie doit avoir des substances dont l’incandescence est de longue durée, parce qu’elle perdrait trop de temps si elle devait allumer le moyen d’inflammation au moment où il doit être employé. On se sert à cet efFet de la fibre du lin et du chanvre , qui par le rouissage préalable est plus disposée à subir la décomposition par la chaleur. Les gaz combustibles qui se dégagent durant cette décomposition s’éloignent en quantités si minimes, que l’atmosphère les refroidit trop, pour qu’ils puissent s’enflammer par le contact du charbon incandescent ; le charbon se trouvant en excès dans la fibre est donc seul oomburé, et cela par ignilion lente sans flamme. La fibre est encore recouverte d’un restant d’une pellicule gommoïde qui se décompose difficilement, pellicule qui l’enveloppe entièrement dans la plante, et qui n’a pu être complètement éloignée par le rouissage (la fermentation). Ce restant peut être détruit totalement par la continuation de la fermentation, par l’eau bouillante, ou par une solution de potasse. Par la chaleur, on peut aussi le rendre friable, et le faire tomber.

Les fibres qu’on veut employer à l’ignition doivent être réunies en mèche. Plus elles se trouvent rapprochées par cette opération, plus l’accès de l’air, ainsi que l’ignition , deviennent difficiles. On commet donc à cet efFet, avec des filaments déjà entortillés (étoupes), ou bien avec des fils très-fins, quelques brins peu serrés, et l’on détruit, afin de rendre la fibre combustible, la pellicule gommoïde;oul’on prenddela mèche plus fortement commise (l a légère étant trop hygroscopique), et on donne à la fibre l’augmentation de combustibilité, nécessaire dans ces cas , en la trempant dans des dissolutions de sels qui se décomposent facilement par la chaleur rouge. Plus les fils sont fortement commis, plus la mèche doit être mince, et plus la fibre doit être combustible , et par conséquent plus elle doit recevoir de sels en question-

Comme l’accès de l’air atmosphérique non décomposé vers la fibre devient d’autant plus difficile, que cette dernière est située plus près de l’axe de la mèche, les fibres situées vers l’extérieur doivent brûler plus rapidement. Cette circonstance et la contraction centripète des fibres incandescentes, résultant de la diminution de leur volume, convertissent en cône le bout incandescent qui était d’abord cylindrique. Plus la combustion est rapide, plus ce cône incandescent s’allonge, plus il fournit de surface ardente pour communiquer le feu, mieux il résiste à un vent fort très-refroidissant, aussi bien qu’à la pluie, mieux la mèche conserve le feu sous l’explosion produite par la charge, explosion qui fait craindre l’extinction par rupture du charbon, ou par l’effet du souffle violent sortant de la lumière. Le cône ardent a dans les meilleurs mèches environ 33 millimètres. Une grande combustibilité est en général avantageuse, mais seulement jusqu’à une certaine limite, parce que sans cela la conservation du feu durant un temps déterminé exige une consommation de matière trop considérable. La combustibilité qui a été obtenue au moyen des solutions salines dont on a imprégné la mèche , est trop considérable ; cette combustibilité est encore rehaussée quand l’opération a été faite après que les fibres étaient déjà commises; car les fibres se détachent les unes des autres par l’introduction du liquide , la mèche se gonfle et devient par là plus poreuse. On peut corriger en partie cet effet lorsque cela est nécessaire, en commettant de nouveau la mèche. La combustibilité trop grande à la surface do la mèche peut devenir particulièrement nuisible, en ce que la flamme qui sort par la lumière l’enflamme partout. On y remédie en lissant la mèche ; par suite de cette opération les fils à la surface se rapprochent, et les pointes isolées debout qui prennent si facilement feu, sont éloignées ou couchées. La mèche brûle d’autant plus rapidement que la solution du sel qui sert à exciter la combustion est plus concentrée. Mais celte rapidité de la combustion ne croît pas proportionnellement avec la quantité du sel. Lorsqu’on double la dose saline , la vitesse de combustion n’augmente que de La mèche trempée à chaud brûle un peu plus rapidement que celle qui l’a été à froid. Lorsque la mèche devient humide ( contenant 5 p. 0/o d’eau), il n’en brûle que la cinquième partie, de ce qui aurait été comburé à l’état sec dans le même temps. 11 est nécessaire que , même en temps de pluie , la combustion de la mèche soit certaine; mais les couvre-mèche par lesquels on la garantit, doivent toujours en laisser, outre la pointe incandescente, un petit bout libre, qui, lorsque la mèche n’est pas très-fortement commise, peut absorber des gouttes de pluie, lesquelles produisent plus tard l’extinction; il est avantageux d’après cela de lisser la surface de la mèche à la cire jaune , ee qui empêche l’absorption des gouttes de pluie, et augmente la lissure avantageuse de la surface extérieure (Y. plus haut).

Il est plus avantageux d’employer pour la mèche des fibres fines et droites, que les fibres tories (les étoupes) choisies par économie. Le lin mérite la préférence sur le chanvre, parce que la fibre du premier est trèsinflammable et a un duvet très-fin qui favorise la combustion. Plus le lin employé est fin, plus la combustion sera certaine dans les circonstances défavorables. Plus les fibres ont été légèrement commises, plus la mèche peut être grosse; une grosse mèche peu dense et une autre mince mais compacte, ayant chacune le même nombre de fibres, possèdent au môme degré la propriété de communiquer le feu; mais il faut pour cela que la combustibilité de la fibre de la mèche mince soit telle que les deux mèches se consument avec une rapidité égale. La mèche mince a l’avantage d’occuper moins de place, de donner un charbon plus résistant, quoique plus mince, elle ne s’altère pas si facilement par l’humidité absorbée que la mèche légère, enfin elle est plus difficilement incendiée par le feu de la lumière, et la pluie la pénètre moins promptement.

La matière première doit être en tous cas parfaitement conservée, parce qu’une fibre moisie ne conserve le feu que d’une manière incertaine; et une mèche préparée avec des fibres pareilles s’éteint souvent spontanément.

Même dans la mèche la moins fortement commise, la fibre qui retient de la pellicule gommoïde est trop peu combustible. Pour détruire cette matière, sans nuire à la qualité et à la conservation de la mèche , on ne peut que la traiter à l’eau chaude, ou par une dissolution de'potasse. Comme l’eau bouillante n’agit pas assez infailliblement, on èsl conduit à la dissolution de potasse. On obtient cette dissolution en lessivant des cendres , ou en dissolvant du carbonate de potasse (du commerce) et en ajoutant de la chaux brûlée. Les sels qui favorisent l’incandescence, en se décomposant plus facilement que la fibre, sont l’acétate de plomb et le chromate de potasse. Le salpêtre et le chlorate de potassé agissent défavorablement parce qu’ils ne favorisent pas le commencement dé l’ignition , et la précipitent ensuite, ce qui rend le charbon court et léger; il résulte de là que celui-ci se détache facilement et répand des étincelles dangereuses. L’acétate de plomb èt le chromate dépotasse produisent en dissolutions également concentrées des mèches de qualités égales. Le premier sel mérite la préférence pour les cas ordinaires à cause de son bas prix et de la facilité avec laquelle on sé le procure. Mais comme la mèche qui en est imprégnée développe des vapeurs de plomb, elle pourrait devenir dangereuse dans les casemates etc. ; on pourrait doue dans ce cas préférer le chromate de potasse. La mèche, suivant que par son diamètre cl par sa densité elle exige un plus haut degrc de combustibilité de

lu libre, osl trempée dans une dissolution de potasse, ou d’acétate de plomb, ou de cbromate de potasse, et y séjourne étant maintenue immergée à l’aide de pierres, jusqu’à ce qu’elle soit complètement imprégnée, ce qu’on reconnaît à ce qu’il ne monte plus de bulles (d’air atmosphérique) à la surface du liquide, lorsqu’on remue. Si l’on échauffe les liquides, le but est rempli plus rapidement. L’immersion de la mèche dans une dissolution bouillante es' toujours préférable, parce que l’air contenu dans l’intérieur de la corde à mèche s’éloigne d’autant plus difficilement que celle-ci est plus dense, c’està-dire plus commise; et si l’on employait les dissolutions froides on ne parviendrait pas à chasser cet air hors d’une mèche grosse ou dense, quelque longtemps qu’on laissât agir le liquide. — Comme, même par suite d’un trèslong séjour de la mèche dans la dissolution, les fibres internes ne sont pas atteintes par le liquide, on obtient la meilleure mèche, en imprégnant la matière première avant de la commettre; on la fait sécher ensuite et l’on file. — Le carbonate dépotasse ne peut pas comme les deux autres sels favoriser la combustion par sa décomposition; il doit seulement dissoudre la pellicule gommeuse; d’ailleurs ce selest déliquescent et ne peut que rendre la mèche légère encoreplus hygroscopique que ne l’est déjà par lui-même un faisceau de fibres peu compact ; il faut par conséquent bien laver avant de la sécher, la mèche qui a été trempée dans la dissolution de carbonate de potasse. On reconnaît que la mèche est suffisamment lavée, à ce que le liquide qui s’en écoule ne bleuit plus le papier de tourne sol. La mèche qui a été trempée dans les dissolutions des autres sels ne doit pas être lavée. Si l’on trempe dans l’acide nitrique étendu la mèche préparée“au carbonate de potasse, il se forme du nitrate de potasse, qui n’agit pas favorablement. (§ 466) La solution potassique ne doit avoir que la force nécessaire pour dissoudre la gomme sans pouvoir attaquer la fibre même , parce que sans cela celle-ci agirait d’une manière trop hygroscopique et serait bientôt gâtée. Les solutions des sels excitants doivent être d’autant plus concentrées , que la corde à rendre combustible est plus grosse et plus compacte. Il faut déterminer par des essais le degré de concentration nécessaire pour chaque espece de cordage. On peut admettre comme règle qu’il doit en brûler 24 centimètres par heure.

La mèche obtenue au moyen des dissolutions, est tendue, séchée, et lissée extérieurement. Ce lissage s’exécute au moyen d’un morceau de cuir garni de clous fins, ou bien une première fois avec de la grosse toile, puis avec des chiffons plus fins, ou du feutre ou du crin. Si la mèche brûle trop rapidement, on la remet à la corderie pour la tordre plus fort avant de la cirer. On finit par la frotter légèrement à la cire.

Le ILsagc de lu mèche a pour résultat de coucher toutes les fibres exté-

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rieures dans une môme direction, La mèche doit être allumée 5 l’extrémité d’où l’on est parti en frottant ; alors les fibres s’allument par où elles sortent de l’intérieur, le feu se propage facilement d’une extrémité à l’autre, et la surface est ainsi beaucoup plus combustible que les parties intérieures. Si l’on allume la mèche d’une manière inverse, le feu gagne difficilement les bouts des filaments qui ne s’appliquent pas exactement contre la surface, d’où résulte que le charbon ne devient pas si long que dans le premier cas.

Le meilleur essai de la mèche consiste à l’employer pour faire feu après qu’elle a été humide, et à observer la vitesse de combustion, l’inflammabilité de la surface et la manière dont le charbon se comporte sous la réaction de la charge par la lumière de la pièce. Si l’on n’a pas le temps ni l’occasion de faire cet essai, il faut que l’aspect extérieur, la grosseur modérée, l’espèce et la qualité de la matière, la fissure de la surface, et le déroulement des torons, fournissent la certitude, que la mèche est suffisamment commise, entièrement de la môme matière et exempte d’impuretés. L’odeur de la mèche devra prouver qu’elle n’est pas moisie. On doit en tous cas en mesurer la vitesse de combustion en en faisant brûler quelques décimètres. La meilleure mèche brûle en plein air et par un temps calme à raison de 21 centimètres par heure, et dans un appartement, à raison de 10 \ centimètres. Le charbon incandescent a 13 millimètres de longueur. On s’assure que lorsque l’on bat fortement la mèche sur la partie non allumée, le charbon ne tombe pas et ne jette point d’étincelles. Si cela arrivait, se serait un signe que la ténacité de la fibre serait détruite, et que la mèche serait éteinte par le tir.

Pour transporter la mèche il est bon de la couper immédiatement en morceaux de la longueur convenable pour être attachés au boute-feu. On amorce l’une des extrémités avec de la pâte de composition de fusées pour qu’on puisse l’allumer facilement. La mèche doit être conservée dans des locaux très-secs.

A défaut d’une mèche régulièrement commise, chaque ficelle ou corde (au-dessous de 7 millimètres de diamètre) peut servir de mèche après avoir été immergée dans une dissolution d’un des sels excitant la combustion. Comme il ne s’agit ici que de tremper la corde et de la faire sécher, on peut en quelques heures préparer de la mèche lorsque les circonstances sont favorables. La mèche avariée peut être radoubée par immersion dans des solutions salines étendues. Le coton fournit également de bonne mèche à défaut de fin ou de chanvre ; mais la mèche de colon brûle rapidement. Du papier fort et du liber trempés dans ccs dissolutions desséchés, puis roulés forte-

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nient sur eux-mêmes en forme de cylindres de 7 millimètres de diamètre, qu’on fixe avec un peu de colle pour qu'ils ne se déroulent pas, remplacent également bien la mèche. En cas de besoin des bandes de bois provenant do la fabrication dos boîtes , peuvent également servir après avoir été bouillies dans une dissolution d’acétate de plomb ou de chromate de potasse.

b. Lances à feu.

La lance h feu remplace la mèche ordinaire en temps de pluie, ou même en tout temps, comme produisant une inflammation plus sûre et plus prompte de la charge. Elle consiste en un cartouche en papier rempli de composition. Elle doit satisfaire aux conditions suivantes :

i° La lance doit donner une flamme longue de 5 à 7 centimètres.

2° Cette flamme ne doit pas être très-éclairante afin de n’étre pas aperçue de loin pendant la nuit.

S° La flamme doit consumer uniformément le cartouche, car quand celuici laisse des débris qu’on est obligé de détacher, on produit beaucoup d’étincelles dangereuses.

4° Le résidu ne doit pas se former et tomber en goûtelettes incandescentes, mais il doit être uniformément entraîné par la flamme.

5° La lance doit brûler aussi longtemps que possiblç.

6° La pluie tombant sur le cartouche ne doit pas pouvoir l’éteindre.

7° On doit pouvoir la couper facilement en un point quelconque, et une section nette doit être rallumée aisément au moyen de la mèche.

Lorsque le cartouche de la lance est d’un petit diamètre, elle se rompt facilement, mais aussi on la coupe aisément; comme ce cartouche nepermet pas de condenser fortement la composition , ces lances brûlent un peu plus rapidement. On peut rouler à la main les cartouches des lances minces au moyen d’un mandrin, tandis que ceux d’un fort diamètre exigent l’emploi d’une planche à rouler. Pour charger les lances minces on n’a pas besoin d’un fort chandelier ; on peut se contenter d’introduire le cartouche dans un cylindre en fer blanc et d’employer une baguette en bois pour les charger; les grosses lances au contraire exigent l’emploi d’une baguette à condenser en métal. En général les lances minces se préparent avec plus de facilité et plus économiquement que les grosses, elles sont aussi plus faciles à allumer que ces dernières, et on en voit la flamme de moins loin. Le jet de feu en est aussi l°ng que celui des grosses, et celles-ci sont plus sujettes à couler. La combustion du cartouche a lieu également dans les deux espèces, lorsque la composition ne contient aucune matière végétale , car alors le papier est en-

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traîne dans la combustion • le papier enlève h la flamme sa lumière blanche éblouissante et la rend rougeâtre, d’où résulte qu’on aperçoit celle-ci de

moins loin. Si l’on vernit le cartouche des lances minces, on préservera la

composition delà pluie aussi bien que par les forts cartouches des grosses lances. Résumant le tout on doit accorder la préférence aux lances minces.

I.e pulvérin d’artifice pur (§ 244), convient dans tout cas le mieux pour former le chargement de la lance à feu. Cette composition donne une flamme suffisamment longue, et combure le cartouche d’une manière plus sûre que toute autre plus vive. Elle est d’ailleurs suffisamment inflammable.

Une lance qui consume mal son cartouche, brûle d’autant plus sûrement lorsqu’on la plonge verticalement dans l’eau ou dans la terre, mais elle répond aussi d’autant moins bien à sa véritable destination.

Le roulage des cartouches de petit diamètre se fait à la main sur un mandrin, le papier formant environ deux tours. Ceux des grosses, doivent après avoir été roulés sur un mandrin en fer, être condensés à l’aide de la planche à rouler; de plus, après leur avoir donné à dessein un diamètre un peu ph lS fort en les roulant, on les colle, et on doit les chasser avec force avec le mandrin dans le chandelier, ce qui condense encore et durcit le cartouche. La paroi a un peu plus de 1 millimètre d’épaisseur. Pour charger le cartouche immédiatement après le roulage , lorsqu’on est en hâte , on emploie pour coller le cartouche un mélange de 2 parties de colophane et une de cire. Dès que ce mastic est refroidi, ce qui a lieu en peu de secondes , on peut déjà charger le cartouche, soit qu’on le bourre simplement soit qu’il doive être battu. L’emploi de ce mastic fait éviter en même temps la déformation du cartouche par contraction résultant de l’emploi d’une colle aqueuse (!)•

c. Étoupilles.

Pour transmettre à la charge à travers la lumière l’étincelle du moy^ extérieur et primitif d’inflammation, on emploie comme on sait de petits car-

(i) Ce mastic présente plusieurs inconvénients ; pour le tenir liquide on est obligé de conserver sur le feu, ce qui ne convient pas dans tous les locaux d’un laboratoire; mais l’" 1 ' canvénient principal c’est qu’il ne colle pas. Quand on l’applique sur une surface à coll° r > il congèle d’abord immédiatement, et l’on n’a pas le temps d’appliquer la partie à fixer ; 011 est donc obligé de recbnuffer. Mais de quelque manière qu’on s’y prenne , les deux pari* 0 * collées se détachent ensuite sous le moindre effort. (T )

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touches chargés de poudre grainée ou non grainée. Lorsque ces artifices doivent subir un long transport, comme par exemple, ceux destinésà l’emploi en campagne, on doit les confectionner plus solidement que ceux destinés à être employés sur les lieux. On distingue donc les étoupilles en deux espèces, les étoupilles vives (Schlagrôhren) et les étoupiles ordinaires (Stoppinen) ; les premières agissent plus énergiquement, parcequ’elles doivent percer le sachet en serge qui est d’une combustion difficile.

Il faut employer pour les cartouches des étoupilles vives une matière résistante pouvant garantir la poudre , et ne pouvant être attaquée par elle lorsqu’elle devient humide. Les tuyaux de plume remplissent le mieux ces conditions après les tubes tirés ou brasés. Ces derniers sont chers. Le roseau °u le papier permettent facilement les pertes partielles de composition, lorsqu’ils se trouvent foulés; les tubes en fer blanc soudés à l’étain, se désoudent facilement, obstruent la lumière, et sont sujets à rouiller fortement par le contact de la poudre humide. L’emploi du bois suppose des lumières larges, parce que le tube en bois doit avoir des parois épaisses pour posséder la solidité nécessaire ; d’ailleurs il se fendille aisément , reste en ignition , et les débris lancés en tous sens peuvent causer des inflammations.

Des étoupilles qui seraient chargées massives, brûleraient très-lentement par couches horizontales ; on perce donc les étoupilles vives suivant leur axe. Lorsque la composition est condensée à l’état sec, on les charge à cet effet sur une broche ; lorsqu’on y bourre ou coule de la composition humide, °n perfore celle-ci à l’aide d’un fil métallique.

Pour rendre la surface d’inflammation plus grande que la section droite du petit tube, on le munit d’un petit calice à sa partie supérieure, qu’on ^emplit d’une amorce (pulvérin humecté d’alcool) ; on peut aussi fixera la Partie supérieure quelques franges de fil de lin enduit d’amorce, ou bien de mèche de communication (fil de coton imprégné d’amorce). La première méthode est préférable, parce que les substances végétales mélangées au pidgin brûlent avec flamme et sont lancés au loin, ce qui peut causer des ex plosions.

La vivacité de la combustion de l’amorce ou de la mèche de communication, lait que le jet de feu sortant par la lumière peut atteindre, briser ou lancer 311 loin le moyen primitif d’inflammation; pour obvier à cet inconvénient on 6 aupoudre de pulvérin les environs de la lumière, de sorte qu’on peut pro

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duire l'inflammation à une certaine distance do celle-ci. Ce moyen allonge le temps nécessaire pour amorcer, rend plus sensible l’influence du mauvais temps, et la boîte à pulvérin fait souvent explosion, lorsqu’il est resté des débris incandescents sur la pièce. Il est donc plus avantageux, de ne porcer l’étoupille vive que sur une partie de sa longueur; le petit massif qui reste près de la tête donne alors le temps d’éloigner un peu la lance ou le boutefeu, avant l’explosion.

Quant aux moyens d’inflammation à employer sur les lieux, et qui, à cause de l’emploi des gargousses en papier, n’ont pas besoin d’un jet énergique pour percer, on peut se servir de forts tuyaux de paille qu’on ferme en bas à la laque , qu’on remplit de poudre grainée , et qu’on bouche avec de l’amorce. Ils sont faciles à confectionner et se détériorent peu par la conservation.

d ). Inflammation par percussion.

u.. Pour les bouches à feu.

Les inconvénients qu’entraîne l’emploi de corps incandescents ou enflammés comme moyens de communiquer le feu aux charges des bouches à feu» sont nombreux ; tantôt ces artifices s’éteignent à la pluie, tantôt ils causent des accidents par des inflammations; comme ils doivent d’ailleurs brider continuellement pendant de longs espaces de temps , on doit les transporter en quantités considérables, ce qui occupe beaucoup de place. On a donc cherché aujourd’hui à se débarasser de cette sujétion, en profitant de l a propriété que possède le chlorate potassique de se décomposer et d’admettre la combustion à des températures au-dessous de la rouge, et même à une température très-basse, sous l’influence^d’un agent chimique. Si l’on emploi® les méthodes les plus simples possibles, on peut en outre diminuer considérablement, sinon éloigner complètement, les ratés, qui n’étaient pas rares avec l’ancienne méthode d’inflammation par l’étincelle ou la flamme. — Q ue l’effet de la charge soit augmenté par ces moyens nouveaux d’inflammation, e’eslce qui n’a pas encore pu être démontré ; en tout cas cette augmentation est assez petite, pour ne se manifester en aucune façon dans l’effet du projectile.

La température nécessaire à la décomposition, indépendamment d’agent* chimiques, a été obtenue jusqu’à présent de deux manières, c’est-à-dire p aF le choc et par le frottement; la décomposition chimique s’obtient par l’acid® sulfurique. Ces divers moyens d’inflammation se divisent donc en Inflammation par percussion.

— par friction.

— par l’acide sulfurique.

I). Inflammation par percussion.

On peut admettre comme démontré, quant aux dispositions îi adopter à la pièce :

a) . Que la percussion ne doit pas agir immédiatement sur la lumière percée dans le grain en cuivre rouge, parce que ce dernier se refoule et rétrécit l’orifice; la même chose a lieu lorsqu’il n’y a qu’un corps mince et peu élastique interposé entre le marteau et la lumière.

b) . La percussion ne peut être exercée à bras d’homme.

• c). Les appareils à percussion dans lesquels il entre des ressorts ne résistent pas longtemps.

d). Les appareils «à marteaux basculants d'environ O k ,SOO sont les plus avantageux.

Le moyen d’inflammalion qui contient le chlorate potassique, peut enflammer la charge directement, ou communique le feu à un autre artifice. La dernière méthode qui présente le plus de variantes, conduit à beaucoup de complications, elàdes dangers a^sez marqués durantle transport, lorsque les deux éléments d’inflammation ne sont pas réunis seulement au moment de l’emploi, ce qui n’est praticable que pour quelques-uns des modes d’exécution adoptés.

L’amorce proprement dite forme ou une .petite boule , ou un disque, et elle est dans tous les cas garantie contre l’humidité par une enveloppe métallique ou résineuse. Le choc enflamme l’amorce avec d’autant plus de certitude, que celte dernière a été préalablement mieux comprimée dans s >n enveloppe; le disque sera donc plus inflammable que la sphère, parce que le premier est plus facile que la dernière à condenser fortement. Le disque de matière fulminante doit reposer sur un support exactement parallèle à la surface percutante ; sans cela la composition cède, et l’inflammation devient incertaine ; la meilleure enveloppe pour recevoir la composition consiste donc en une capsule métallique cylindrique; comme celle capsule doit être mince afin de ne pas amortir le choc, et en môme temps ne doit pas plier trop facilement, il est avantageux de la confectionner en cuivre. Dans cette capsule on introduit les disques de matière fulminante et on les y comprime à l’aide d’une presse. Les disques ont été préparés à l’avance avec la Composition humectée de la plus petite quantité possible de vernis à l’alcool Peu épais, moulés dans des plaques métalliques à trous circulaires, et desséchés. Pour employer ces capsules on les place sur une cheminée en acier de 0 à 0 millimètres de hauteur et de diamètre, percée d’un canal de 3 milii-

mètres de diamètre et vissée dans le grain; puis on fait agir le marteau basculant en tendant la courroie qui le fait jouer. Cette méthode quia élé d’abord introduite en Saxe constitue le système à percussion le plus simple et le plu* recommandable.

La capsule est déchirée et les débris sont dispersés par l’explosion de la composition fulminante, lorsque la percussion porte sur toute la surface du disque. La léte du marteau, qui par elle-même est légère, ne doit donc frapper qu’environ la moitié de la table de la cheminée en laissant libre aussi la lumière de celte dernière, afin que les gaz qui sont lancés avec force à travers celle-ci ne réagissent pas trop violemment sur l’appareil.

La composition qui brûle ainsi plus lentement mais qui doit être en quantité assez forte pour transmettre le feu à travers le canal de lumière de la pièce, briserait encore la capsulesielle consistait seulement en K, 61 —j—S -j- SC, ou en un mélange de cette mixture et de K,€l -j- 2S; il est donc préférable de mélanger cette dernière avec K, 61 —S —f- 6C, ce qui produit l’inflammabilité suffisante, une longue flamme, et en même temps une tension gazeuse qui n’est pas trop grande. Une charge de 4c-,88, (1) suffit pour une capsule de 6 mm ,5 de hauteur et de largeur; on préserve la surface de la composition au moyen d’un disque en papier ou en métal. Les conditions d’inflammation de cet artifice, qui exigent une certaine position déterminée de la surface d’appui, et de celle qui percute font que le transport des capsules est complètement exempt de danger , tant que la composition ne se répand pas.

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