OBSERVATIONS DE L’ÉDITEUR
1) Le moulin à pilons servant à la fabrication de la poudre.
Lorsque l’arbre de la roue hydraulique est muni directement de cames , la position de celles-ci est ordinairement telle que le pilon est soulevé deux fois à chaque révolution de la roue. Cependant on a dans certains moulins à pilons adopté un arbre à cames indépendant qui reçoit son mouvement de celui de la roue, ce qui rend possible de modifier à volonté le nombre de coups de pilon correspondant à une révolution de la roue. On peut arrêter les pilons à une certaine hauteur au moyen de clefs , lorsqu’on a des manipulations à exécuter dans les mortiers.
Les dimensions des pilons sont en général de 3 m ,75 à 4 m ,40 de hauteur, sur 0 ra ,15 d’équarrissage. Le poids y compris la boite en bronze est de 37 k. à 47 k.; la levée est de 0 m ,39 à 0 m ,52; et ils donnent 28 à 50 coups par minute, en battant lentement pour exécuter la trituration, et rapidement lorsque la condensation doit avoir lieu.
Pour donner aux mortiers une position aussi stable et aussi sûre que possible, on n’en assemble généralement pas plus de dix dans la même batterie.
Cependant ce nombre est quelquefois dépassé: ainsi il parait qu’à Frédériks- Waern on en a assemblé jusqu’à 72.
On triture aussi séparément le charbon, parce qu’il s’enflamme sous les chocs des pilons.
2) Relativement à la condensation des compositions dans des cartouches, l’auteur regarde la fonte comme la matière la plus avantageuse pour construire les chandeliers ou moules nécessaires à cet effet; si sous le rapport de la solidité on ne peut se refuser à reconnaître à celle matière plusieurs avantages sur beaucoup d’autres, il n’en est pas moins vrai qu’elle présente, dans les moules formés de deux moitiés désignés par l’auteur § 356, le grand inconvénient de s’égrener ou s’ébrécher facilement sur les angles formés au joint ; il résulte de là des cavités dans lesquelles le cartouche s’introduit par suite de la compression, et où il se déchire la plupart du temps. C’est là la raison qui force à employer pour les moules de deux pièces une matière première très-tenace et moins sujette que la fonte aux égrénements sur les angles, quoique l’avantage reste à la fonte sous le rapport de l’extensibilité,
TRAITÉ
en vertu de laquelle les autres moules s’élargissent bien plus rapidement. Mais lorsque le moule n’a pas besoin d’élre assemblé de deux moitiés , c’està-dire quand on peut le confectionner d’un seul bloc percé d’un trou cylindrique suivant l’axe longitudinal, Ja fonte mérite la préférence parce qu’elle donne des moules qui durent beaucoup plus longtemps que ceux des divers alliages, et qui surtout ne s’élargissent pas aussi promptement.
8) Les principes fondamentaux, §861, de construction d’une machine à forer, devant servir à forer des âmes dans des colonnes de composition, ne présentent pas dans la pratique les avantages que l’auteur parait s’en promettre. Ainsi la vitesse de rotation du foret paraît beaucoup trop faible ; de plus, un forage préparatoire est indispensable, nommément lorsqu’il s’agit des longues âmes coniques, nécessité que l’expérience a abondamment démontrée déjà à l’occasion du forage des fusées de signaux ; enfin il est très-util e de construire le banc à forer vertical, de manière que l’objet à forer reçoive le mouvement de rotation autour de son axe, tandis que le foret ne fait qu’avancer de bas en haut; on obtient ainsi le grand avantage, surtout lorsqu’on fore les âmes longues comme celles des fusées de guerre, que l’àme ne sort jamais de l’axe. Ces diverses observations sont appuyées sur des expériences multipliées et étendues, et sont en outre complètement confirmées par leur application générale dans les meilleurs établissements techniques.
4) La méthode pour vérifier si les étoffes de laine ne contiennent pas du coton, indiquée brièvement à la fin du §870, ne mène à aucun résultat; il est nécessaire de faire bouillir l’étoffe dans l’eau de chlore, et cela au moins durant 15 minutes; il ne suffit pas de la tremper pour blanchir le coton ou le lin et en général la fibre végétale: or il est nécessaire de la blanchir parce que généralement l’étoffe n’est pas entièrement blanche mais ordinairement d’une couleur jaunâtre uniforme.
5) Quant aux préservatifs destinés à garanties sachets en serge contre les attaques des mites , celui qui jusqu’à présent a été reconnu le plus sûr consiste dans beaucoup de soins et d’attention consacrés à leur conservation ; il in 1 ' porte principalement de passer une ou deux revues annuelles des sachets en les battant et en les faisant nettoyer à la brosse. Récemment on a proposé le poivre comme préservatif contre les mites.
6) Sur les artifices incendiaires.
On ne peut nier qu’un projectile incendiaire dont l’enveloppe métalliq uC devient incandescente par la combustion de la composition qu’elle renfermai ne gagne par là une augmentation notable dans ses effets; mais il n’en est pas moins nécessaire de choisir la composition incendiaire pour ces projecti! eS de manière qu’elle ne remplisse pas seulement le but partiel de rougir l’eU' veloppe, mais il faut aussi que la flamme produite soit en état d’enflamnaei’ du bois, etc. ; car on peut prévoir bien des cas où la flamme seule pourra produire quelque effet. Cette considération détermine le dosage de la coin*
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position; et il est résulté d’essais nombreux exécutés comparativement avec le système de l’auteur, consistant à ne former la composition incendiaire qu’au moyen des mômes ingrédients qui entrent dans la poudre , et qu’il exécuta d’abord complètement et d’une manière très-conséquente, que le but est le mieux atteint au moyen d’une composition de
100 parties de la mixture salpêtre et soufre ;
7 id. de pulvérin,
et sur chaque kilogramme de ce mélange 250 à 300 grammes de colophane. Après une longue résistance, l’auteur a fini par admettre également la nécessité de mêler à la composition d’artifice une huile essentielle, ou une résine quelconque, pour en faire une matière incendiaire efficace. La composition ci-dessus indiquée développe par sa combustion assez de chaleur pour porter au rouge l’enveloppe en fer forgé d’un globe de 15 cent, de diamètre extérieur et d’une épaisseur de parois qui ne dépasse pas 6 à 7 millimètres. La flamme a assez d’énergie pour enflammer de fortes pièces de bois de pin, dont le projectile est éloigné de 10 à 15 centimètres, à moins que des circonstances extraordinairementdéfavorables n’influentsur le résultat. Par ces motifs on doit considérer la composition incendiaire ci-dessus comme convenablement dosée.
Mais deux autres points sont encore d’une plus grande importance dans la confection des projectiles incendiaires , savoir :
a) Le mode de préparation de la composition
b) La fabrication de la coquille.
Relativement au premier point il existe en général deux méthodes distinctes, la manipulation à froid et celle à chaud. Les deux méthodes ont trouvé d’ardents défenseurs; l’auteur entre autres est resté jusqu’à sa mort Partisan fidèle et défenseur zélé de la manipulation à froid , tandis que l’cditeur doit avouer, que jusqu’à ce moment, et après des essais de plusieurs années il se voit toujours forcé de considérer la préparation à chaud de la imposition incendiaire comme préférable. On a insisté essentiellement sur deux points comme constituant les avantages principaux de la manipulation à froid; si ces deux avantages appartenaient réellement et exclusivement à itle méthode, ils seraient assez importants, savoir :
Absence de danger et simplicité dans la manipulation et dans les ustensiles.
Quant à l’absence du danger dans la préparation de la composition , on est fltrcé de l’admettre, car il est difficile de se représenter des circonstances dans lesquelles une composition préparée à froid peut s’enflammer pendant
mélange, à moins que la plus grande négligence ne préside au travail. Dans ^ préparation à chaud une inflammation de la composition est sans doute Possible, mais si peu probable, si l’on considère le dosage ci-dessus indiqué,
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que dans ce cas également ce n’est qu’une négligence extrême qui peut conduire à une inflammation; car les températures nécessaires pour amollir la composition au point quo l’on puisse en faire le mélange intime, n’atteignent pas encore le tiers de celle qui rend possible l’inflammation du mélange. — J usqu’à présent on a beaucoup redouté, et cela avec raison, l’inflammation des compositions préparées sur le feu; car toutes les compositions de ce genre en usage jusqu’ici contenaient de la poudre à canon, même en partie grainéc et en grande quantité ; cette poudre était brassée dans un bain résineux chauffé le plus possible; et l’on se servait même pour cela le plus souvent de chaudrons en tôle de cuivre; lorsque, durantce travail, une inflammation avait lieu, elle devait naturellement être accompagnée d’une explosion, par l’effet de laquelle la composition brûlante était lancée avec force dans tous les sens; le 9 malheureux ouvriers ne pouvaient donc pas manquer d’être blessés, et presque toujours très-dangereusement. Cesaccidenîsdéplorablessesontpréscnlésassez fréquemment, mais il parait que l’inflammation , au lieu d’avoir eu son origine dans le chaudron même , est toujours provenue des traînées de poudre qu'on formait entre le feu et le chaudron en mélangeant cet ingrédient aux résines; dans beaucoup de cas on a acquis la preuve de cette circonstance, dans d’autres il n’y a eu aucune raison pour en douter; on doit donc admettre ic> encore que c’est une grande négligence qui a amené l’inflammation dans la plupart, pour ne pas dire dans tons les cas. Quoi qu’il en soit, on ne peut s’empêcher d’avouer avec les adversaires de la préparation à chaud, que tant que la vie des hommes est mise en danger par suite d’une explosion dont la possibilité ne peut être niée (quoiqu’elle ne puisse provenir que d’un grossier oubli des instructions reçues), ce genre de préparation doit être complètement rejeté. Si l’on ne pouvait prouver que réellement ce danger n’existc p aS dans la préparation à chaud, on devrait, sans aucune hésitation, donner l a préférence à la manipulation à froid, quand même on risquerait d’altérer un peu les qualités du produit sous d’autres rapports, par exemple sous celui de l’effet incendiaire. Mais nous nous sommes convaincus que le danger pour l eS ouvriers d’être blessés durant la préparation à chaud, est beaucoup moins ^ craindre, que durant l’emploi de la composition préparée à froid. Voici les motifs de celte conviction :
Abstraction faite du peu de probabilité d’une inflammation durant la p r °' paration de la composition indiquée ci-dessus avec son dosage, admettons pour le moment que celle inflammation ait réellement lieu; — on peut demander, quelles seront les relations dans lesquelles les travailleurs pourront se trouver placés ? — La composition mélangée dans la tonne, savoir : de
100 mixture salpêtre et soufre
7 pulvérin
enflammée seule, brûle d'abord avec une flamme très-exigüe, qui ne g a S n<J
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Je l’extension que peu à peu, tout en restant toujours calme, sans lancer d’étincelles, et bien moins encore produire des explosions. Étendue en traînées minces, elle ne brûle qu’à la place enflammée sans propager le feu, à moins que le corps sur lequel elle repose n’ait été chauffé, ou ne participe à la combustion. Si l’on môle de la colophane ou quelqu’autre résine à ce mélange, la flamme s’étend considérablement, il est vrai, mais elle reste toujours tranquille et ne jette pas d’étincelles, etc., de sorte qu’il n’y a que les corps qui se trouvent dans l’intérieur de l’espace que tend à occuper cette flamme, qui soient exposés à ses effets. — Ceci sont des faits, que d’abord on peut déduire directement des considérations que l’auteur fait valoir dans cet ouvrage, mais qui sont en outre constatés par un grand nombre d’expériences.
La composition incendiaire dosée d’après la proportion ci-dessus, ne brûle avec une grande intensité qu’à travers les lumières étroites des boulets incendiaires, ainsi que celle indiquée par l’auteur pour cet usage. Si en s’appuyant sur ces faits, on recherche quel est le danger auquel seraient exposés les travailleurs dans le cas réel d’une inflammation , on trouvera bientôt, que si l’on ne veut pas se brûler avec intention, en tendant ses membres comme un Scévola dans la flamme d’abord faible mais gagnant progressivement en intensité, il ne peut pas y avoir de brûlures produites, parce qu’on a toujours le temps de s’éloigner du chaudron, soit que l’inflammation provienne d’une traînée, soit qu’elle provienne d’un échauffement excessif du chaudron. Ce dernier doit du reste avoir des parois très-épaisses. La composition ne peut jamais être lancée hors du chaudron (1). Le seul inconvénient qui accompagnerait un accident de ce genre, du reste si complètement impro-
(i) Cette conclusion me paraît trés-hasardée ; et tout en étant d’accord avec l’éditeur pour Préférer la préparation à chaud, je ne peux pas m’empêcher de relever l’inexactitude qu’il Mie paraît commettre ici, entraîné par le désir de faire prévaloir son opinion. En effet, on ne Peut faire aucune comparaison entre une portion de compSsition froide à laquelle on met le l'eu avec intention pour observer la manière dont elle brûle, et la composition renfermée dans une chaudière, qui s’enflamme étant échauffée dans toute la masse jusqu’à un certain degré de température} il est évident que l’élévation de la température d’une grande masse de Composition propagerait singulièrement la réaction chimique, c’est-à-diro la combustion 8 i elle commençait sur un point ; il est même impossible de «lire à l’avance ce qui arriverait, et pour pouvoir assurer que la composition enflammée dans ces circonstances ne serait jamais P r °jetée hors du chaudron, il faudrait en faire préalablement l’épreuve, en enflammant avec lr, tention, et au fond du chaudron , la composition arrivée à la température nécessaire à la 'Manipulation; il me semble qu’il serait toujours prudent de la part de l’expérimentateur de 8ü trouver hors du local au moment de l’inflammation, car les gaz produits au point où la "anibustion commencerait pourraient bien, à raison de réchauffement de tonte la masse de "'atièle, l’ctre assez rapidement pour lancer la composition incendiaire hors du chaudron, l °ut comme une petite charge de poudre grainéc.
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bable, consisterait dans la perte de la composition; — perte qui est facile à supporter.
Il résulte de là que le danger si redouté durant la préparation à chaud , quoiqu’il puisse avoir eu de réel avec les anciennes compositions, n’existe plus aujourd’hui. Cette crainte du danger ne prend sa source que dans la tradition, et ne s’est maintenue que parce qu’on n’a pas réfléchi aux changements apportés dans les circonstances par la modification du dosage dont tous les éléments dangereux ont été écartés.
Dans la manipulation subséquente que subit la composition préparée à chaud pour être introduite dans les projectiles, aucun danger ne peut exister, parce que la composition perd elle-même peu à peu sa température élevée, et qu’elle n’est soumise à aucun battage pour être condensée dans les projectiles, une simple compression suffisant pour qu’aprèsle refroidissement la masse possède la densité requise.
Il en est tout autrement lorsqu’il s’agit de charger les projectiles avec la composition préparée à froid. Cette dernière a besoin pour acquérir le liant nécessaire, d’étre humectée; et pour que le moyen d’humectation ne porte pas préjudice à la combustibilité, ce doit être une huile essentielle. Ensuite on doit chercher au moyen de coups violents à condenser la matière incendiaire autant que possible dans l’intérieur du projectile ; sans cette précaution , c’est-à-dire la masse n’étant pas suffisamment condensée, la combustion serait trop vive, d’où pourrait résulter une tension des gaz par suite de laquelle le projectile ferait explosion , et se trouverait divisé en parcelle* longtemps avant d’arriver au but , c’est-à-dire qu’il deviendrait inefficace. Ce cas s’est du reste présenté jusqu’ici avec une fréquence remarquable dans tous les essais sur la composition préparée à froid, et malgré tous les soin* qu’on a portés à la fabrication. — Mais ce battage de la composition qui» lorsque les boulets creux sont presque remplis, est exercé constamment presque sur la même place, peut produire une élévation de température suffisante pour que l’huile essentielle se volatilise et s’enflamme, ce qui s’ est déjà réellement présenté, et c’est alors que le danger devient imminent pour les travailleurs, carie projectile s’enflamme entre leurs mains, et les flamm® 9 lancées par les lumières étroites sont excessivement intenses; de plus, si al1 moment de l’inflammation la composition n’était pas encore suffisamment condensée dans certaines parties, une explosion subite et l’éclatement du p r °' jectile ne seraient nullement improbables. — Ces considérations appuyc eS sur des faits de ce genre qui ont eu lieu, motiveront suffisamment notre aS sertion , que le danger qui accompagne l'emploi de la composition préparée lt froid est plus grand pour les travailleurs que celui auquel ils sont exposés d> 1 vaut la préparation à chaud. De là un premier motif, et c’est le plus essenti^’ en faveur de la préparation à chaud.
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La simplicité du travail et des ustensiles.
Dans la préparation à froid les ingrédients doivent être mélangés et pétris à la main dans un vase quelconque, jusqu’à ce que le mélange soit suffisamment intime ; on ne doit pas en mêler une trop grande quantité à la fois, parce que sans cela le mélange ne peut devenir intime. L’emploi subséquent est à peu près le même que celui de la composition chaude, seulement le bourrage et lebatlage de la composition.froidedans lesprojectiles, demandent presque deux fois autant de temps, que l’introduction de la composition chaude ; d’un autre côté les moyens d’inflammation sont très-difficiles à fixer d’une manière sûre dans les lumières des projectiles à composition froide , tandis que cette opération s’exécute avec facilité pour ceux à composition chaude. Ces derniers n’exigent d’ailleurs que quelques heures dereposaprès leur fabrication pour pouvoir être employés, tandis que les premiers ont besoin de plusieurs jours , avant que la vaporisation du moyen d’humectation employé permette d’en faire usage.
La préparation de la composition chaude demande certes plus de temps lors de la première fusion que celle d’une composition froide ; mais cette différence est doublement compensée , d’abord en ce qu’on peut préparer de la première S à U fois autant en une fois que de la seconde , et ensuile parce qu’en faisant plusieurs opérations successives, on profite delà chaleur que conserve la chaudière, ce quiabrège tellement le temps nécessaire, que les deux méthodes sont bientôt égalisées sous ce rapport ; c’est là la raison pour laquelle en général, lorsque la fabrication des projectiles incendiaires est étendue, la préparation des compositions à chaud procure une économie de temps considérable sur celle des compositions froides.
Enfin il faut encore comparer les ustensiles ; ceux nécessaires en plus à la préparation à chaud, consistent en une chaudière en métal pourlafusion; mais cette augmentation n’est qu’apparente, puisque la préparation à froid exige plusieurs vases dans lesquels on mélange de petites quantités de matière , et qui sont inutiles pour le travail d’après la première méthode.
Il résulte assez clairement de tout ceci que la préparation de la compo sition à chaud , non seulement n’est pas inférieure à l’autre méthode sous le rapport de la fabrication , mais qu’elle présente au contraire des avantages positifs sur celle-ci. Si outre cela la composition quia été préparée à chaud se montre supérieure à l’autre sous le rapport de l’effet produit, elle sera incontestablement la meilleure; or cette supériorité dans les effets est constatée. — Tous les essais comparatifs relatifs à l’énergie incendiaire des projectiles préparés par les deux méthodes, tant contre des bois de fortes dimensions quecontre des planches, ont donné décidément les résultats les plus avantageux aux projectiles à composition, préparée à chaud; de plus en moyenne7p. % des projectiles incendiaires à composition froide n’ont pas pris feu dans le li, '> c’est-à-dire les fusées placées dans les lumières n’ont pas enflammé la com-
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position incendiaire,tandis que cela n’ajamaiseu lieuavecles projectiles dont la composition avait été préparée à chaud. On n’a naturellement pas compté les projectiles des deux espèces qui se sont logés profondément dans un terrain marécageux, et quiquoiqu’arrivés enflammés ont été bientôt étouffés dans ce milieu. La raison pour laquelleles projectilesà composition froide sont sujets à ne pas prendre feu, consiste en ce qu’il est difficile d’y fixer sûrement le moyen d’inflammation, parce que la masse incendiaire n’y devient jamais entièremen t dure et sèche au centre ; aux projectiles à composition chaude au contraire cette opération ne présente pas la moindre difficulté, parce que la matière incendiaire devient complètement dure partout dès qu’elle se refroidit.il est important de faire pénétrer la fusée très-loin dans la masse incendiaire, afin que l’inflammation de cette dernière n’ait lieu qu’après que le projectile a frappé le but;car lorsque la fusée enflamme la composition durant le mouvement , il arrive souvent que le projectile, en frappant l’objet à incendier, éprouve une commotion assezforte pour que laflammeencore faible s’éteigne complètement- or cette extinction de la flamme n’est pas à craindre pour la fusée, dont la combustion est toujours plus énergiquejet dès que le projectile arrive au repos , la transmission du feu de cet artifice à la masse incendiaire est certaine,et alors une extinction n’est plus possible.
Enfin dans tous les essais exécutés sur des projectiles préparés d’après les deux méthodes, il en a constamment éclaté avant l’arrivée au but une forte proportion de ceux à. composition froide. Le nombre de ces projectiles qui éclataient en l’air a été terme moyen de plus de 15 p. °/ 0 . Cela n’est jamais arrivé avec ceux à composition chaude.
Il résulte donc aussi de ces essais que sous le rapport de l’effet à produire la composition préparée à chaud est essentiellement supérieure à l’autre, et il serait injustifiable de vouloir continuer obstinément la préparation à froid malgré ses nombreux désavantages reconnus.
Reste à examiner maintenant la deuxième partie de la proposition de l’auteur relative à la fabrication des enveloppes en fer forgé. Il ne s’agit évidemment ici que d’analyser la possibilité de l’exécution , parce que les avantages des enveloppes proposées sur celles en fonte d’une forte épaisseur n’ont pas besoin d’une démonstration supplémentaire. On a déjà essayé autrefois de confectionner de ces demi-globes soit en cuivre soit en f er forgé , et de les assembler ensuite soit par des vis soit par de rivets pour en former des globes ; mais on a toujours trouvé que ces projectiI cS qui résistaient bien à l’effet des petites charges, sortaient brisés des bouches à feu lorsqu’on employait de fortes charges. Nous doutons for tqu’ 011 puisse jamais réussir à fabriquer de pareils projectiles assemblés de deux moitiés et qui présentent la résistance necessaire aux fortes charges, à moiU* qu’on ne leur donne une épaisseur de parois considérable , ce qui serait tout' à-fait contraire au résultat très-essentiel, que la chaleur développée par ^
appendice.
niasse incendiaire échauffe les parois jusqu’au rouge; d’un autre côte il est necessaire d’employer de fortes charges pour atteindre aux grandes distances avec la précision convenable; par ces motifs il sepourrait que la fabrication de semblables projectiles en deux moitiés ne menât jamais à des résultats satisfaisants. Le problème seraitdonc de produire des boulets creux en fer forgé ne formant qu’une seule pièce. Si ceci réussit, ce qui reste h peine dubitatif au point où les arts sont parvenus actuellement, on obtiendrait certainement un projectile incendiaire excellent, et qui pourrait remplacer môme les boulets rouges, si l’on chargeait ces boulets creux en fer forgé delà composition incendiaire préparée à chaud , indiquée ci-dessus.
7) Sur les moyens d'inflammation à percussion pour bouches à feu.
Outre l’inflammation Saxonne au moyen de capsules, qui est décrite par l’auteur, et qu’il considère comme la plus simple, on a essayé aussi dans presque toutes les artilleries, des étoupilles à percussion , mais jusqu’à présent on n’a pas réussi à faire adopter généralement cette méthode. Partout on a rencontré deux inconvénients principaux qui ont paru rendre douteuse la réussite de leur emploi à la guerre. Ces deux inconvénients sont :
a) La nécessité d’un appareil spécial adapté à la pièce et servant à faire feu.
b) Le crachement par suite duquel des débris de l’artifice sont lancés dans
toutes les directions, ce qui a causé souvent des blessures assez graves aux
servants.
On a fait beaucoup de recherches afin d’éviter autant que possible ces deux inconvénients, sans avoir réussi jusqu’à présent complètement; et l’on peut admettre comme à peu près certain qu’on n’y réussira jamais, parce que les défauts en question semblent être inhérents à la nature du moyen lui-méme.
8) Sur l’inflammation par friction.
L’inflammation par friction est exempte des inconvénients de celle par percussion, et mérite déjà par cela seul la plus grande attention. On est en ce moment occupé de tous côtés à perfectionner cette méthode ; et la simplicité du problème, ainsi que le zèle avec lequel la solution en est recherchée de tous côtés, promet dans cette voie les résultats les plus satisfaisants.
L’étoupille à friction décrite par l’auteur, a été essayée d’abord dans l’artillerie française, et ensuite dans celle du grand-duché de Hesse ; d’autres artilleries, comme celle du Hanovre et la prussienne, ont également commencé des essais auxquels cette dernière surtout a donné une grande extension , et partout on semble tomber d’accord sur ce que l’étoupille à friction est préférable à toutes les mélhodes d’inflammation connues jusqu’à présent, quoiqu'elle ait encore besoin d’être perfectionnée dans plusieurs détails. Dans * artillerie hanovrienne, c’est surtout le lieutenant A. Siemens qui a consacré avec succès son attention à cet objet.
9) Sur l’inflammation par l’acide sulfurique.
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Une méthode d’inflammation de ce genre a déjà été essayée il y a quelque temps en Suède; elle consistait essentiellement en une étoupille vive renfermant un petit tube en verre rempli d’acide sulfurique, et environné extérieurement d’une composition inflammable par le contact de cet acide. On faisait feu en cassant le tube en verre, ce qui amenait l’acide en contact avec la composition détonnante ; — cette méthode d’inflammation par l’acide sulfurique n’a pu—comme on le conçoit de reste — trouver aucun accueil.
Celle proposée par l’auteur est au moins exempte du reproche grave de faire craindre des inflammations inopinées durant le transport; mais par contre elle pourrait faire appréhender l’explosion de fétoupille entre les mains du canonnier, si l’on pense qu’il suffirait pour cela que la goutte acide, par suite d’un maniement imprudent de l’artifice, coulât le long du fricteur et vînt trop tôt en contact avec l’amorce fulminante. Dans tous les cas cette méthode est déjà inférieure à celle de la friction, par cela seul qu’elle exige l’emploi d’un nouveau moyen (l’acide sulfurique) pour enflammer l’artifice préparé, sans compter d’autres incommodités ; il n’y a donc aucune apparence que ce procédé puisse jamais rivaliser avec celui de la friction.