EXPLICATION
jusqu’à CH,44 par seconde; le mouvement est vif lorsqu’on mélange et lent quand il s’agit de condenser. On laisse donc faire environ G à 14 révolutions des meules tant que dure le mélange, et enfin on fait tourner si lentement que la meule reste presqu’immobile- A Angoulème les meules donnent en 10 heures 500k de galette pour poudre de chasse, moyennant une force motrice de 5,5 chevaux ; au Bouchet on obtient 800kg de poudre de guerre moyennant une force motrice de 3 chevaux. La matière qui doit être soumise aux meules est préparée très-diversement. Tantôt on ne mélange que superficiellement et à la main les matières triturées et mêlées, tantôt on les mélange un peu dans des tambours en bois à l’aide de gobilles, et tantôt enfin on les mélange dans les grands tambours jusqu’au plus haut degré d’intimité. La quantitéde matière qu’on étend en une fois sur la semelle varie d’aprèsla longueur et la largeur de la voie, le poids des meules, et la préparation antérieure que les matières ont reçue, On ne charge pas moins de 15 ni plus de 50kg. Ce n’est que là où la galette est plusieurs fois remoulue, c’est-à-dire où on ne fait que la préparer aux meules pour la finir au laminoir, qu’on Charge la semelle de 50k à la fois. Plus les meules sont lourdes, plus la voie est large , et plus les matières ont déjà été mélangées préliminairement, plus la charge peut être considérable. On étend d’abord les matières aussi uniformément que possible, on fait monter lentement les meules sur la couche, puis on met aussi des matières aux endroits où les meules se trouvaient arrêtées. On emploie les premiers tours à bien égaliser la couche de matières, ét à remplir toutes les placesqui sont restées vides. La première humectation est deO à 9 p. °/» du poids de la matière. Lorsqu’on a humecté on laisse reposer la mixture pendant 6 heures. Elle ne doit pas être trop sèche, sans cela elle s’attache aux meules, et forme du poussier; il résulte de là des places nues qui occasionnent des explosions. D’ailleurs elle ne doit pas non plus, même durant le mélange, être tellement humide, qu’elle fuie devant les meules ou s’éloigne beaucoup latéralement. Il faut beaucoup d’habileté de la part de l’ouvrier pour maintenir la mixture à celte consistance par des additions convenables d’eau , parce que ces additions doivent varier d’après l’humidité de l’atmosphère, la température, la nature des meules,la période à laquelle l’opération est arrivée, et la densité de la mixture. Plus l’action des meules est longtemps continuée, moins la mixture demande d’humectation pour présenter la consistance voulue. Lorsque les meules tournent 1 1/2 heures, la mixture demandes à 5 1/2 p. 0/0 d’eau pour présenter la consistance convenable; après 5 heures de travail il suffit de 2 p. °/o d’eau. Durant la condensation le contenu en eau peut descendre jusqu’à 1/2 p. %. La couche de composition diminue des s/* ; le temps nécessaire pour donner à la composition le mélange et la densité convenables, varie naturellement d’après la grandeur de la voie, d’après le mélange que la matière possédait déjà antérieurement, etc. Ce temps varie entre 2 1/2 et 9 heures. I e nombre de révolutions employées varie de 200 à 5000.
Lorsque l’opération est achevée , on enlève toutes les galettes à l’aide d’une pelle eu cuivre, et on les met dans un vase ; on humecte la voie , on glisse sous les meules les deux gros morceaux de cuir; puis on les fait mouvoir jusqu’à ce qu’elles reposent sur ces derniers, où on les arrête pour enlever la galette sur laquelle ils posaient précédemment.
FIG. v.
La presse à rouleaux (le laminoir).
Le laminoir (ou la presse à rouleaux) se compose de trois rouleaux cylindriques , don 1 le supérieur est très-lourd, en fonte, recouvert de cuivre, le moyen en bois, et l’in#' riqpr entièrement eu cuivre. Une toile sans fin passe entre les deux rouleaux supérieurs-