Méthodes de compensation. Quartz piézoélectrique. — Les
méthodes de mesure qui viennent d'être décrites utilisent toutes les deux la déviation de l'électromètre. Il est cependant manifestement très avantageux de disposer d'une méthode de zéro ou
gC) CHAPITRE II.
méthode de compensation, permettant de s'affranchir du contrôle de la sensibilité de l'électromètre.
Une telle méthode de mesures de courants de faible intensité a été établie par P. et J. Curie à la suite de leurs recherches sur la piézoélectricité du quartz en 1881. La description complète de la méthode a été donnée par M. J. Curie dans sa Thèse de doctorat (i88()). Dès le début de nos recherches sur la radioactivité, nous avons, P. Curie et moi, utilisé cette même méthode qui est restée constamment d'usage courant dans notre laboratoire et y rend de grands services. Elle consiste, à associer à l'électromètre un appareil nommé quartz piézoélectrique, qui sert de compensateur de courant.
La pièce essentielle de cet appareil est une lame de quartz sous forme d'un parallélépipède droit ayant environ 1 0''"' de longueur, i"",5 de largeur et o""",5 d'épaisseur [fig. 3o). Cette lame est
taillée dans un beau cristal de quartz suivant une orientation déterminée. Le plan de la lame est normal à l'un des trois axes binaires du cristal; l'axe ternaire ou axe optique est contenu dans le plan de la lame et dirigé parallèlement à sa largeur. Sur la figure l'axe ternaire est dirigé suivant Ox, et la direction Oy est celle de l'un des axes binaires. Les deux extrémités de la lame sont fixées dans des montures métalliques munies de crochets, qui permettent de suspendre la lame de telle manière que la direction Oz se trouve être verticale.