CHAIMTHK II
conducteur métallique. Quand on isole le quadrant du sol en D, il commence à se charger en vertu du courant qui traverse le condensateur AB; mais en même temps la charge s'écoule au sol au travers de la résistance R, et finalement le système atteint un potentiel de régime ^ qui est tel que le courant de charge est compensé par la perte. On a alors i = —, et l'on pourra ainsi mesurer i.
Pour obtenir une mesure absolue de i, il est nécessaire de connaître la valeur de R et la sensibilité de l'électromètre au potentiel.
La difficulté de la méthode Consiste dans le choix de la résistance R. Cette résistance doit être très grande, parce qu'il s'agit de mesurer des courants très faibles. Des résistances formées par des colonnes de liquides isolants, comme le xylol, ont d'abord été employées; ces résistances ne se comportent pas d'une manière régulière ; leur conductibilité subit des variations lors du passage du courant. Les résistances employées dans des recherches récentes sont formées par de l'air rendu conducteur au moyen d'une substance radioactive. Une telle résistance peut, par exemple, être constituée par un condensateur à plateaux, dont le plateau inférieur recouvert de la substance radioactive est relié au sol, tandis que le plateau supérieur communique avec l'électromètre. Pour que le courant qui traverse le condensateur puisse être proportionnel à la différence de potentiel qui existe entre les plateaux, il est nécessaire que l'ionisation soit assez forte et la distance des électrodes assez grande; comme le potentiel du système isolé reste toujours faible (généralement inférieur à i volt), la proportionnalité peut être obtenue. Toutefois il est nécessaire de supprimer aussi complètement que possible la force électromotrice de contact qui existe toujours entre les plateaux par suite de différences de nature entre leurs surfaces; en présence d'une substance radioactive qui rend l'air conducteur, cette diffférence de potentiel donne lieu à un courant, qui tend à porter l'électromètre à un potentiel constant, qui mesure précisément la force électromotrice considérée. Pour éviter cette complication, on peut recouvrir les deux plateaux avec des écrans semblables découpés dans la même feuille d'aluminium mince; les rayons de la substance active traversent l'aluminium en assez forte proportion, si celui-ci n'est pas épais. On peut remplacer l'aluminium par une toile métal-
i>ro(;i:dks d ktide et m: mesire ex radioactivité. 9)
lique. Le choix de la substance radioactive utilisée n'est pas indifférent. On doit éviter tout dégagement d'émanation radioactive dans le condensateur. De plus il est utile d'avoir une substance assez fortement active, émettant le moins possible de rayons pénétrants, lesquels peuvent agir en dehors du condensateur et compromettre l'isolement de l'appareil électrométrique. La substance qui remplit le mieux ces conditions est le polonium qui peut d'ailleurs être déposé sur une lame métallique en couche d'épaisseur extrêmement faible. Toutefois le polonium diminue d'activité avec le temps; il est vrai que cette perte est lente, et qu'elle a lieu suivant une loi connue : l'activité diminue de moitié en 140 jours environ. Il y a cependant un inconvénient sérieux à se servir pour des séries de mesures d'une résistance qui n'est pas constante. Le radium a une activité constante, et quand il est scellé dans un tube de verre, l'émanation ne se dégage pas au dehors; mais le rayonnement utilisé est alors très pénétrant, et il est difficile de limiter sa sphère d'action. L'emploi de l'ionium pourrait être avantageux, car cette substance a une activité constante, ne dégage pas d'émanation et donne lieu à une émission de rayons pevi pénétrants.
La méthode de déviation constante peut facilement être rendue très sensible; il suffit pour cela d'employer une résistance de grandeur suffisante et un électromètre dont la sensibilité au potentiel est très élevée. En augmentant la résistance, on augmente le potentiel qui correspond à un courant donné; toutefois la déviation s'établit alors plus lentement, et un très bon isolement devient indispensable.
Au lieu de contrôler la sensibilité de l'électromètre et la constance de la résistance, on peut de temps en temps observer la déviation obtenue par l'emploi d'une substance radioactive étalon, telle que l'oxyde d'urane, dont l'activité est constante. On peut préparer spécialement à cet effet un disque recouvert d'une couche mince et uniforme d'oxyde d'urane, et conserver soigneusement ce disque à l'abri de tout accident.