‹ Traité de radioactivité (volume 2)Chapitre 24 sur 52 · C. — I. IO · texte numérisé non relu

C. — I. IO

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Pour nous rendre compte de la proportion de matière active contenue dans les diverses substances résultant d'une opération, nous avions coutume de considérer un nombre nommé produit de radioactwité ; ce nombre est le produit du poids d'une matière par son activité mesurée en unités arbitraires. Quand l'opération a été achevée, et que l'activité de toutes les substances obtenues a été mesurée, le produit de radioactivité primitif doit se retrouver dans la somme des produits de radioactivité relatifs aux substances résultantes. Nous avons constamment employé ce mode de calcul dans les premiers traitements qui ont servi pour orienter les recherches, et cela nous a été extrêmement utile; nous retrouvions, en général, très exactement le produit de radioactivité, et nous pouvions nous assurer ainsi que nous n'avions pas perdu de matière active, ou bien contrôler les raisons d'une perte quand celle-ci se produisait. Nous avions aussi par là une indication précieuse sur l'importance relative des diverses portions obtenues après chaque traitement. On sait aujourd'hui que de tels calculs peuvent être sujets à des erreurs, et que. parmi les matières radioactives, celle que l'on désirerait conserver n'est pas toujours celle qui est la plus active à l'époque où l'on fait la mesure. Certains traitements séparent, en effet, des substances très actives dont l'activité disparaît peu à peu, tandis que la substance restante, peu active après le traitement, acquiert ensuite progressivement une activité durable. Nous rencontrerons dans la suite des exemples de cas pareils. Malgré cela, la méthode indiquée rend de grands services pour le traitement général de minerais et pour divers traitements particuliers relatifs à une seule substance, par exemple au radium. Il suffit de prendre dans divers cas des précautions qui résultent de la nature des substances présentes. Si de plus on considère comme possible la présence d'une substance radioactive inconnue, il est nécessaire de conserver toutes les portions du traitement, quelle que soit leur activité initiale, et de suivre la valeur de cette activité pendant un temps suffisant, pour s'assurer si elle subit une évolution intéressante.

La méthode de recherches indiquée donne des indications comparables, en une certaine mesure, à celles que pourrait fournir l'analyse spectrale. Toutefois il semble, a priori, que, si l'on peut découvrir ainsi un corps radioactif, on ne peut pas distinguer

LES XOIVELLKS SUBSTANCES RAhlOACTIVKS. t^J

entre plusieurs corps radioactifs. L'évolution de l'étude de la radioactivité a prouvé qu'une distinction est, au contraire, parfaitement possible, et cela parce que diverses substances radioactives se distinguent par la nature de leur activité et peuvent être caractérisées, sans ambiguïté, par un ensemble de mesures convenablement organisées. C'est ainsi que le radium se trouve caractérisé par l'émanation radioactive qu'il émet et par la loi de sa disparition en fonction de temps, ainsi que par la radioactivité induite produite dans son voisinage et par la loi d'évolution de celle-ci; il peut aussi être caractérisé par la nature des rayons qu'il émet.

Nos recherches ont abouti à la préparation de substances considérablement plus actives que celles qui ont servi de point de départ. Pour ces substances très actives, le dispositif de mesures primitif ne se trouve plus adapté, et il faut employer divers procédés pour réduire sa sensibilité. On commence par réduire la surface de la matière active; pour tenir compte de cette réduction, on multiplie l'activité ainsi mesurée par un coefficient déterminé expérimentalement sur une substance d'activité convenable. Quand ce moyen est insuffisant, on peut procéder autrement. La substance étant étalée sur un plateau, on la recouvre d'un écran assez épais percé d'un canal, qui suivant son diamètre, peut ne laisser passer qu'une fraction très petite du rayonnement. On arrive ainsi à mesurer l'activité de substances telles que les sels de radium purs. Les coefficients qui servent pour ramener les mesures faites avec ces écrans à celles que l'on aurait obtenues sans écran avec une surface active donnée, sont déterminés par l'expérience.

Les diverses parties d'un appareil de mesures qui a été quelque temps en service possèdent toujours une certaine activité. En particulier, le condensateur à plateaux qui reçoit la matière active {fig. 02) est toujours plus ou moins actif. Les parois de sa cage et les plateaux doivent être souvent nettoyés. Avant une mesure il est nécessaire de déterminer l'activité du condensateur. Le courant qui mesure l'activité d'une substance est la différence des courants obtenus en présence de la substance et sans celle-ci. Toutes les précautions possibles doivent être prises pour réduire la correction au minimum.

ijS ciiAi'iTui': IV.

il. Étude de la pechblende. Découverte du polonium et du radium. Actinium. Plomb radioactif. Thorianite et radiothorium. lonium. — Le minerai que nous avons choisi en premier pour nos recherches, P. Curie et moi, se nomme pechblende (pechurane ou uraninite). C'est un minerai d'oxyde d'uranium que l'on peut se procurer en c[uantité assez importante; notre choix a été déterminé par cette considération, ainsi que par la valeur élevée de l'activité de certaines pechblendes; elles sont 3 à .") fois plus actives que l'oxyde d'uranium. Toutefois le traitement de ce minerai a présenté de grandes difficultés, parce que sa composition est très compliquée. Voici la composition approximative d'une pechblende telle que la donne l'analyse chimique :

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