‹ Traité de radioactivitéChapitre 18 sur 81 · II · texte numérisé non relu

II

Il — ii

Jh d.

Pî cU '

Pi cil

et. par

suite,

M, Si

d'où

«i Si

Si la substance radioactive n'est pas un élément, mais un composé, les valeurs de M et de s doivent être rapportées à la molécule, et le pouvoir d'arrêt de celle-ci se déduit des pouvoirs d'arrêt des atomes constituants. La formule précédente permet de prévoir le rapport entre les nombres de particules a émises dans l'unité de temps par atome de la substance i^adioactive. Si nous admettons que l'émission de chaque particule a correspond à la destruction d'un atome, on peut en tirer des conclusions sur la vitesse de désintégration relative des éléments considérés. M. Bragg a trouvé, par exemple, que le thorium privé de thorium X, d'émanation et de radioactivité induite émet par atome 20 pour 1 00

128 CHAPITRK IX.

du nombre des particules a émises par un atome d'uranium dans le même temps. Mais comme on sait actuellement que le thopium du commerce contient toujours du radiothorium en proportion qui ne correspond pas à un équilibre radioactif, ce résultat numérique n'a probablement pas de signilication simple.

128. Relation entre l'absorption et la densité. — Bien que le

coefficient d'absorption u. ne représente pour les rayons a aucune notion expérimentale précise, on peut cependant constater que pour des écrans minces et pour une couche de matière épaisse le coefficient d'absorption ne varie pas très rapidement avec l'épaisseur de l'écran (voir fig. \'>-~). On peut donc examiner, à titre d'indication pratique, si ce coefficient a une relation simple avec la densité de la matière absorbante. Voici un Tableau des valeurs de [}. pour des rayons a de différentes espèces absorbés par des écrans en aluminium ou par l'air (').

;j.Ai. ;Jair- pour Al. pour l'air.

Radioaclivité induite du thorium

ou du radium 83o o,4'-i 320 35o

Thorium riâo 0,^)9 480 5Jo

Radium 1600 OjOO ^20 740

Uranium 2700 i ,6 1060 iSoo

Si donc on compare l'aluminium et l'air, les valeurs de - ne

sont pas très différentes; toutefois les écarts deviennent importants quand on compare l'aluminium et l'étain.

L'absorption produite par un gaz est approximativement proportionnelle à sa pression, ainsi que cela a été constaté par M. Rutherford pour les rayons de l'uranium absorbés par l'air dans les limites de pression de \ d'atmosphère à une atmosphère, et par M. Owens (-) pour les rayons du thorium absorbés par l'air dont la pression variait entre o,5 et 3 atmosphères.

L'air et le gaz carbonique produisent des absorptions sensiblement proportionnelles^aux densités, mais l'absorption dans

(') Rutherford, Phil. Mag., 1899.

(^) OwE.Ns, Phil. Mag., 1899.

l'oxyde de carbone et dans l'hydrogène comparés à l'air ne vérifie pas la loi, bien que l'ordre des absorptions soit le même que celui des densités.

Ainsi pour les rayons a comme pour les rayons 3 l'absorption dépend en première approximation de la densité, mais un examen plus précis met en évidence l'influence de la structure de la matière.

129. Changement de vitesse des rayons v. au passage de la matière. — Les expériences sur l'absorption des rayons a ont conduit à considérer ces derniers comme des projectiles qui épuisent leur force vive en traversant la matière. Il était important de soumettre cette supposition au contrôle de l'expérience.

Dans certains clichés obtenus par Becquerel (') et reproduisant la trajectoire d'un faisceau étroit de rayons a dans un champ magnétique, on obser,vait que le rayon de courbure de cette trajectoire augmentait quand on s'éloignait de la source. Ce fait, en apparence contraire à l'hypothèse d'une réduction de vitesse le long du trajet, a été expliqué par la supposition que les rayons produisent le maximum d'impression photographique vers la fin de leur parcours (-). Dans les expériences de Becquerel les rayons sortaient de la matière avec des vitesses dilîérentes : ceux dont le trajet restant était plus court, correspondant par hypothèse à une vitesse plus faible et éta-nt, par conséquent, plus fortement déviés par le champ magnétique. Le bord extérieur de la trace photographique obtenu par H. Becquerel constituait, dans cette manière de voir, le lieu des extrémités des parcours des rayons; la forme de l'impression peut s'expliquer par les suppositions qui précèdent; cependant cette explication ne semble pas en accord avec certains résultats expérimentaux, d'après lesc|uels l'effet radiographique des rayons a serait le même en difïérentes portions du parcours (§ lo!2).

La perte de vitesse des rayons a par suite du passage dans la matière a été mise en évidence par un travail de M, Rutherford {^), fait avec les rayons a homogènes émis par le radium C, constituant du dépôt actif du radium. Un fil fortement activé par

(') Becquerel, Comptes rendus, 1900.

(') RuTHERFORD, Rcidioactivil}' .

(') RuTHERFORD, PliH. Mag., iQoS et 1906.

Page 1