‹ Traité de radioactivitéChapitre 39 sur 81 · RADIUM ET ?A FAMILLE. — POLOMIM · texte numérisé non relu

RADIUM ET ?A FAMILLE. — POLOMIM

Tableau II.

\ aleius des quantités > ■ et ■ pendant la desactivation

■' A /?! A iiyn.2\

api'ès acti\a(io/i saturée, à pa/-tir de l'équilibre radioarti f.

Temps

en minute?.

aX

o,63oo

0 , 5ooo

lî

o,oo3io

o,ooo3i

o,3 3oo

jo

Go

o,i4io

no

o,oio5

On voit quie l'activité due au radium A a pratiquement dis-

. o • T 1 . , bB cC paru après 00 mmutes. Le rapport des quantités et

qui est au début égal à \, décroît ensuite constamment et tend

vers la valeur limite soit 0^069, Il en résulte que le rapport

34o CIIAPITUE XIII.

de l'activité du radium C à celle du radium B augmente avec le temps en se rapprochant d'une valeur limite.

Les Tableaux I et II permettent de calculer l'activité induite à un moment quelconque jDcndant l'activation ou la désactiva tien. Pour cela on peut mettre la formule qui donne le rayonnement „-^ sous la forme suivante

(I) r^ = nin,k:,\^ — ^;J,e-"-^v^^^(e-/^' — e-«')

(g-bt e-''' )

/Il ri 2^

Dans cette formule A,,, B„ et C^ sont les quantités de A^ B et C présentes sur le corps activé à l'instant t = o où le corps est soustrait à l'action activante; |j. et v sont des coefTicients respectivement égaux à — '-^—r- et à — ^- ; ces coefficients mesurent les

rapports des activités du radium A et du radium B à l'activité du radium C^ les quantités des substances qu'on compare étant celles qui dérivent l'une de l'autre par transformation radioactive, et la comparaison étant valable pour un appareil de mesures déterminé.

Les lois d'évolution pour chaque substance pendant l'activavation et pendant la désactivation à partir de l'activation saturée

étant complémentaires, les quantités > — - et sont

^ ^ ^ A «1 A /iini\

obtenues, pour chaque valeur du temps d'activation -, en prenant les compléments à i des valeurs correspondantes des quantités

— ^, — • et dans le Tableau II. Si donc on suppose connus

A //] A /Il AI2 A

les coefficients 'j. et v, l'intensité du rayonnement après un temps

d'activation t est donnée par la formule

r/ A,i bH„ cCn

A n i 1 /Il /i >\

Si par exemple, on pose |j. = !,.>; v = o, comme cela a été fait pour la construclion des courbes {fig. H)') et 1 <)()), on trouve que l'intensité initiale du rayonnement total après i minute d'exposition constitue 11, S pour 100 de l'intensité de ce même

liADir.M KT SA lAMII-Lt:. — l'Ol.OML.M. 34l

rayonnement après activation saturée dans les mêmes conditions; mais une heure après le début de la désactivation^ la proportion n'est plus que 1,9 pour 100.

Pour calculer l'intensité du rayonnement pendant la désactivation à l'instant t, il suffit de faire la somme des termes qui interviennent dans la formule ( I) et qui sont tous obtenus à l'aide des Tableaux I et 11^ en tenant compte des coefficients 'x et v. Les

cruantités —^i ■ — - et '-^ doivent être déduites du Tableau II,

^ A /i, A /^i /io A '

ainsi qu'il a été dit plus haut^ pour le temps d'activation t; les

valeurs de toutes les autres fonctions sont relatives au temps t.

Il est évident cju'on peut aussi disposer les calculs de manière

à utiliser la formule générale qui fait intervenir directement le

temps d'activation - (§ 173).

178. Vérification des formules théoriques. — Admettons comme connues les valeurs des constantes radioactives a, h et c.

A l'aide de ces constantes on doit pouvoir représenter les courbes d'activation et de désactivation dans toute leur étendue et pour un temps d'exposition quelconque. L'accord entre la théorie et l'expérience peut servir comme preuve de l'exactitude des prévisions théoriques, d'après lesquelles il y a transformation successive de la matière A en matière B^ de la matière B en matière C Cette vérification de la théorie a été entreprise par divers expérimentateurs; elle est rendue difficile par ce fait que les facteurs des exponentielles dans les formules dépendent, en général, de l'activité relative des trois substances au point de vue de l'effet ionisant dans l'appareil de mesures employé, et cjue, par suite, la forme des courbes dépend du dispositif expérimental utilisé.

M. Duane (') a étudié la loi d'augmentation de l'activité dans une chambre d'ionisation à partir du moment où l'émanation du radium a été introduite dans cette chambre. L'ionisation due à l'émanation seule était considérée comme constante et égale à Iq. Dans ces conditions l'ionisation due à l'émanation et à la radioactivité induite s'exprime par la formule

/ = ?■„ -;- A-, a A — /.., h?>— k^ c C. (') Dlane. Comptes rendus, igoS.

34'i CHAPITRE XIII.

L'ionisation maximum qui est approximativement obtenue en 3 à 4 heures, étant désignée par i^, on peut écrire (§ 173)

i^ = i(,-i- A(7ri-:- Ao«i-l- /lani lu),

On étudie le rayonnement total et l'on suppose k-, = o. Dans ces conditions la formule peut être mise sous la forme

• l ,, , r . <""" ; ab 1 /

Les constantes M et N ne sont pas indépendantes, elles son reliées par la relation

Les valeurs admises pour 6 et c étaient

b = o,ooo4i3, c = o,oooj3S,

et l'on cherchait à déterminer a, M et m de manière que la courbe obtenue par l'expérience fût bien représentée par la formule. L'accroissement du courant était observé pendant 3 heures ; l'émanation était introduite dans un vase cylindrique dont le diamètre était 6"" , 7, la hauteur i 2'"% G et le volume environ ^\^o''"^, et dans lequel pénétrait une tige formant électrode, reliée àl'élec tromètre^ tandis que le vase était porté à un potentiel suffisant pour assurer la saturation. Les valeurs trouvées pour les constantes étaient les suivantes :

IM = 2,37; N = o,()0 ; m = i,3o; a = o,t)o4oi ;

et en utilisant ces valeurs on trouvait une bonne concordance entre la théorie et Texpérience.

Le courant dû à l'émanation seule constitue d'après cela, avec le dispositif employé, la fraction 0,42 du courant total dû à l'émanation et à la radioactivité induite en éfpiilibre avec l'émanation^

RXDIUM ET SA F\.MII,I,E. — POI.OMIM. 343

hc

On peut remarquer de plus que le terme étant très

petit, m représente sensiblement le rapport des ionisations dues au radium A et avi radium C, tandis que N est le rapport de l'ionisation due au radium C à celle due à l'émanation. On trouve donc, pour les proportions de l'ionisation due à chaque substance quand la radioactivité induite a atteint l'équilibre de régime avec l'émanation, les valeurs sviivantes :

Éinanalion. Radium A. Pvadium C.

4'2 pour loo 33 pour loo 25 pour loo

Si la transformation s'eiïectue de telle manière que chaque atome d'une substance donne lieu à la formation d'un seul atome de la substance suivante, on a 7i| = n^ = i, et l'activité relative du radium A par rapport au radium C, quand l'équilibre de régime

avec l'émanation est atteint, est alors égale au rapport ~ des

nombres d'ions créés lors de la destruction d'un atome de radium A et d'un atome de radium C dans la chambre d'ionisation. Si la destruction d'un atome entraîne l'expulsion d'une seule particule a, on peut penser que dans une chambre d'ionisation, dans laquelle le parcours des particules a est complètement utilisé, le nombre d'ions produit par une particule croît avec le parcoursde celle-ci et peut lui être approximativement proportionnel. Le rapport des activités du radium A et du radium C serait, en ce cas, voisin du rapport des parcours des particules a émises par ces

deux substances, et l'on aurait ^ = — — ^ o,685. Une déter-

mination plus exacte du même rapport, faite en tenant compte de la forme de la courbe d'ionisation, conduit à la valeur o, -g (§ 13S).

Le rapport trouvé clans les expériences de ]\L Duane est égal à i ,■> et l'on peut penser que les rayons a du radium A sont en ce cas beaucoup mieux utilisés dans la chambre d'ionisation que les rayons a du radium C.

On doit à ^L Schmidt ('") une étude très détaillée des courbes

(') Schmidt, .-i/z/i. d. Phys., 190'].

344 CIIAPITIIE XIII.

de désactivation dans des conditions très variées. Cette étude a montré tout d'abord que le radium B n'est pas inactif^ mais qu'il donne lieu à un rayonnement qu'on peut mettre en évidence par l'emploi d'écrans d'épaisseur convenable. M. Schmidt a construit la courbe de désactivation pour un temps d'exposition très court, t = i minute, en utilisant des écrans absorbants.

La figure i(3- montre le résultat des expériences; on y voit

Fie;. 1G7

Temps en minutes

la courbe obtenue sans écran et une série de courbes obtenues avec des écrans en aluminium d'épaisseur variable. La courbe relative au rayonnement total présente un maximum à peine marqué pour ï = 35 minutes; dan^ les courbes suivantes on voit s'atténuer l'efTet des rayons du radium A, à mesure qu'augmente l'épaisseur de l'écran utilisé; en même temps le maximum s'accentue, se déplace vers l'origine des temps et finit par atteindre une position limite i= i3 minutes; pour des épaisseurs d'écran encore plus grandes, le maximum s'éloigne à nouveau de l'origine. La loi du déplacement du maximum en fonction de l'épaisseur de l'écran utilisé a été représentée par une courbe dans la figure 168. Ce déplacement est très rapide au voisinage de l'épaisseur pour laquelle les rayons a du radium C sont absorbés, et c'est pour cette épaisseur que le minimum est atteint; le déplace-

KADILM ET SA lAMILLK. — POLONIl.M. 3.(5

ment du maximum a lieu ensuite progressivement clans le sens opposé.

Pour un temps d'exposition t = i minute les nombres d'atomes des matières A, B et C^ présents pendant la désactivation sur le corps activé, sont approximativement représentés en fonction du temps par les courbes de la figure i ()(). En adoptant les valeurs

on trouve que le nombre des atomes de la matière B passe par

Fi g. iGS.

DJ QZ 03 fl.V 0.5

Epaisseur d aluminium en mm.

un maximum pour i = \ o minutes e t celui des atomes de la matière C pour i =^ oo minutes. On peut donc expliquer les phénomènes observés en admettant que le rayonnement est clù à l'effet simultané des trois substances, et que le rayonnement du radium B est plus pénétrant que les rayons y. du radium A et du radium C. mais moins pénétrant que le rayonnement [j du radium C. On constate, par exemple, que l'effet du radium B est très marqué pour un écran d'épaisseur o™'",oj, mais devient beaucoup moins important pour un écran d'épaisseur ()""", i; dans les deux cas, d'ailleurs, les rayons a n'interviennent plus, étant supprimés par l'écran. M. Schmidt a cherché à déterminer l'activité relative du radium A, du radium B et du radium C dans la chambre d'ionisation qui servait pour ses expériences. Cette chambre cylindiùque, mimie d'une électrode centrale sous forme de tige, avait un diamètre de y'""/2 et une hauteur de y""-^- La lame active occupait

340 CHAPITRE XIU.

la base du cylindre. On cherchait d'abord à interpréter la courbe obtenue avec un temps d'activation d'une minute^ pour des temps supérieurs a t= io minutes^, cfuand l'elfet du radium A est supprimé; il est nécessaire pour cela de faire intervenir un coefficient v qui caractérise l'activité relative du radium B et du radium C à l'état d'éc{uilibre de régime avec l'émanation. Ensuite on déterminait l'activité due au radium A par la différence de la courbe expérimentale avec la courbe précédente extrapolée, et l'on fixait ainsi le facteur d'intensité 'j. relatif au radium A, c'està-dire le rapport des activités du radium A et du radium C pour l'équilibre de régime. On a

Ht /?.>/,.7 A ( ,u

Les coefficients 'j. et v étaient choisis de manière à assurer l'accord entre la courbe calculée et la courbe observée. La détermination de ces coefficients ne comporte pas une grande précision : d'une part, parce que le radium A décroît trop vite pour que la portion initiale de la courbe soit connue avec exactitude; d'autre part, parce que dans la région utilisée pour la détermination

de V, pour tj;> oo minutes, le rapport — ne varie pas assez pour

cju'il soit facile de déterminer v quand la valeur de cette constante n'est pas élevée. On trouve, par exemple, que les courbes obtenues pour V = o,i se distinguent peu de celles qu'on obtient pour V = o, c'est-à-dire en admettant que la substance B est inactive. Les valeurs qui ont donné le meilleur résultat pour l'interprétation des courbes obtenues avec le dispositif utilisé étaient :

;JL = 0,75 ; V = o,\i3.

En utilisant ces valeurs, on obtenait une bonne concordance entre la théorie et l'expérience pour l'ensemble des courbes obtenues avec des temps d'activation différents, la mesure portant sur le rayonnement total. La courbe relative à -= lôo minutes diffère à peine de celle relative à t = a:.

Les activités relatives des substances A, B et C à l'état d'équi-

nAniuM i;t sa famille. — polomum. 347

libre de régime avec l'émanation sont donc données dans l'appareil de mesures utilisé par les nombres o^-5; 0^120; i, ce qui correspond aux proportions :

Radium A. Radium B. Radium C.

40 pour 100 6,7 pour 100 ;)3,j pour 100

On constate que les rayons a du radium C sont en ce cas bien mieux utilisés par rapport à ceux du radium A qu'avec l'appareil de M. Duane, et ceci résulte de l'augmentation du diamètre de la chambre d'ionisation; le rapport des activités du radium A et du radium C est ici inférieur à i et égal à 0,7'). Ainsi que nous l'avons vu précédemment, le rapport des ionisations dues au radium B et au radium C, qui est égal à v pour i = o^ après activation saturée^ croît avec le temps pendant la désactivation et devient égal à 0,2- v pour t = ce.

Puisque avec le dispositif de M. Schmidt le rayonnement dû au radium B n'est pas négligeable^ le rayonnement total pour i >■ 3o' n'est pas. en ce cas^ exactement représenté par la formule

dans laquelle -V est le rayonnement extrapolé d'aprè? cette formule pour f = o. On trouve, dans le cas général, pour le facteur de l'exponentielle e~*',

ri l>in\ n^ac

(I — I) I .7 — 0 ) { c - h ^ Iv ss

a — ù i a — ù ) { c — 0 ) { (L — c ) yc — b ) d'où

Par suite la valeur de K dépend de l'activité relative des substances B et C. En posant v = 0,1 20, on trouve K= 3,85. Pour v= 1 , on aurait K = i,h'i.-

M. Schmidt a effectué une série d'expériences sur le rayonnement qui traverse des écrans absorbants et qui ne se compose que de rayons j et -'. Les courbes théoriques correspondent à

348 ciiAPiTHi: \iii.

la formule

/; 1 A /^i/ioA

La valeur du coefficient v dépend de l'épaisseur de l'écran utilisé ; ce coefficient était déterminé de manière à obtenir le meilleur accord entre la courbe obtenue expérimentalement pour un temps d'exposition d'une minute et la courbe calculée. La détermination ne comporte pas une grande précision. Quand l'épaisseur de l'écran d'aluminium croît depuis o"""^()3 à j""", la valeur de v passe de i^aS à o^i ; le rayonnement du radium B devient donc de moins en moins important par rapport à celui du radium C. Toutefois même pour des écrans d'épaisseur supérieure à i '"'"^ le rayonnement du radium B semblait intervenir et la valeur du facteur K restait inférieure à i/^j. Ces rayons pénétrants du radium B seraient influencés par les écrans de la même manière que ceux du radium C^ parce que la valeur de v ne variait plus quand l'épaisseur de l'écran variait entre i""" et 2""".

Le temps pour lequel est obtenu le maximum du rayonnement varie depuis 1 3 minutes jusqu'cà 35 minutes {fig. 1 (38). L'importance du rayonnement du radium B et du radium C est comparable pour les écrans très minces (o""",().j d'épaisseur), si les substances sont en équilibre radioactif avec l'émanation; mais le rayonnement de la substance B peut être prédominant pendant le début de l'évolution qui suit une exposition courte, parce qu'alors la matière B se trouve sur le corps activé en bien plus forte proportion que la matière C. '

L'ensemble des expériences de M. Schmidt conduit à la conclusion que la vérification de la théorie est satisfaisante, que le radium A se dépose seul sur le corps activé et se transforme en radium B, lequel se transforme à son tour en radium C. L'activation était réalisée dans un grand vase contenant l'émanation dans lequel on n'étal)lissait pas de champ électrique.

L'émission de rayons par le radium B a aussi été mise en évidence par M. Bronson qui a constaté que, pendant la désactivation après activation saturée, le rapport de l'activité [i à l'activité a, pour des temps supérieurs à 3o minutes, n'est pas constant mai^ diminue avec le temps, ainsi que cela doit avoir lieu si le radium B émet des rayons [j; si l'on chasse par la chauffe la majeure partie

UADllM KT SA FA.MIM.K. — l'Ol.OMlM. [) \Ç)

du radium B, le rapport des activités a et [i reste constant. Dans les conditions de l'expérience l'ionisation due au radium B n'était que 1 à \ y) pour loo de l'ionisation due aux rayons a du radium C^ les deux substances étant en équilibre radioactif avec l'émanation. L'ionisation due avix rayons ^j du radium C constituait i pour loo de l'ionisation due aux rayons a de la même substance.

Pour comparer la théorie à l'expérience, M. Bronson utilisait une chambre d'ionisation cylindric[ue de lo"" de hauteur et de 5*^'" de diamètre. L'émanation y était introduite, elle y séjournait pendant un temps déterminé, puis elle était brusquement chassée. Une tige axiale servait d'électrode; elle pouvait être enveloppée par un écran.

Les courbes qui représentent le rayonnement total présentent un bon accord avec les courbes calculées pour lesc|uelles on a admis cjue l'ionisation due au radium B constitue 2 pour i 00 de l'ionisation totale due au radium B et au radium C à l'état d'écjuilibre radioactif. Le rapport des activités du radium A et du radium C est dans les mêmes conditions i,35, nombre voisin de celui obtenu par ^L Duane avec une chambre d'ionisation peu différente.

Quand on utilise le rayonnement p [fi g. i6()), le radium B inter-

Fii

l'ig.

Temps en minutas

vient d'une manière plus efficace. Quand les rayons traversent o""",o,) d'aluminium, la courbe peut être interprétée en prenant 1 ,2 pour la valeur du rapport des ionisations dues au radium B et au

ClIAI'lIRl!; Mil.

radium C à l'état d'équilibre (courl^e II); ce nombre est en accord avec celui indique dans les mêmes conditions par M. Schmidt, v= 1/^5. Quand les rayons traversent (y"',o47 de plomb, la loi de décroissance est modifK'e, et il faut poser V = t),2 (courbe III). On se rapproche alors du résultat qu'on aurait si la substance B était inactive (courbe I).

Ainsi les expériences décrites tendent toutes à confirmer la théorie des trois substances consécutives dont la première seulement se dépose sur le corps activé. On doit cependant remarquer que l'accord individuel obtenu par chaque expérimentateur est certainement ineilleur que l'accord général. Les constantes radioactives utilisées ne sont pas^ en effet^ les mêmes dans chaque cas, et la divergence entre les valeurs de ces constantes amène des écarts supérieurs à ceux qui sont observés dans chaque série d'expériences. Mais comme, en dehors de ces constantes, on a encore à faire intervenir les coefficients de l'activité relative des substances le nombre des paramètres se trouve augmenté, et leurs valeurs peuvent subir certaines variations sans que l'accord des courbes théoriques avec les courbes expérimentales soit détruit.

On peut aussi se demander si les conditions réalisées dans les expériences sont toujours de nature à permettre une vérification exacte de la théorie suivant laquelle le radium A se dépose seul sur les corps activés, et si le résviltat obtenu ne dépend pas dans une certaine mesure des conditions d'activation. Nous savons cjue le dépôt actif doit être considéré comme se formant au sein du gaz qui contient l'émanation; celui-ci renferme donc toujours à la fois du radium A, du radium B et du radium C, et le dépôt qui se fait sur le corps activé peut en principe se composer de ces trois substances, la proportion relative dépendant du dispositif expérimental employé. S'il en était ainsi, les courbes de désactivation pourraient avoir, dans différents cas, une forme différente, la différence étant surtout sensible dans la portion initiale de la courbe.

Il est fort remarquable que, d'une manière générale, la forme des courbes ne varie que très peu avec le mode d'activation, celle-ci pouvant être faite dans des vases de forme différente et avec l'emploi du champ électrique ou sans l'aide de celui-ci. Nous avons

RMIIL'M I;T sa KAMIU.K. — l'OLOXILM.

VU qu'en absence du champ, clans un gaz sous la pression ordinaire, l'activation doit avoir lieu par suite de la diiïusion vers les parois conductrices des particules qui, après avoir été projetées au sein du gaz ont perdu leur vitesse par suite des chocs contre les molécules gazeuses; l'attraction des ^Darticules par les parois est déterminée par ce fait cjue les particules sont chargées, et le fait c[ue les particules portent une charge négative est prouvé par la concentration de l'activité à la cathode cjuand l'activation se fait dans un champ électrique. Nous avons vu aussi que les courbes de désactivation obtenues, soit avec l'aide d'un champ électricjue, soit sans champ électrique, dans un gaz privé de poussières, avec différentes concentrations de l'émanation, n'offrent entre elles cjue peu de différence et conduisent à la conclusion cju'en première approximation, seul le radium A subit la diffusion vers les parois et le mouvement sous l'influence du champ électricjue. Les particules de radium A sont donc celles qui doivent être considérées comme portant une charge négative. Il ne résulte pas de là cju'il en soit ainsi pour toutes ces particules, et il n'en résulte pas davantage c{ue les particules de radium B et de radium C ne puissent être chargées au moment de leur expulsion. Ce dernier fait paraît, au contraire, prouvé par des expériences dont la description va suivre. Mais le gaz chargé d'émanation contient à la pression atmosphérique un nombre d'ions des deux signes c|ui est considérable par rapport au nombre des atomes de radium A, de radium B et de radium C présents en même temps. Par conséquent, des phénomènes de recombinaison doivent avoir lieu entre les particules de dépôt actif qui ont perdu leur grande vitesse initiale et les ions contenus dans le gaz; ces phénomènes sont de nature à expliquer la loi suivant lacj[uelle l'activation d'une lame varie en fonction de l'espace libre situé devant la lame. Les particules de dépôt actif peuvent donc, d'une part, perdre leur charge initiale par suite d'une recombinaison ; d'autre part, elles peuvent perdre leur mobilité par suite d'une agglomération avec des particules semblables ou avec des molécules ou particules de nature différente contenues dans le gaz. Aussi bien la perte de charge que la perte de mobilité peuvent avoir pour effet d'empêcher la diffusion des particules vers les parois solides en présence ou en absence du champ. Il est peu probable qu'un atome de dépôt actif émis avec

une charge électrique puisse séjourner dans un gaz sous la pression atmosphérique sans subir une agglomération. On a vu, en effet, que lors de l'ionisation d'une molécule de gaz, les deux fragments chargés s'entourent probablement chacun d'un cortège de molécules maintenues par attraction électrostatique, et c'est sur les ions ainsi formés que porte ensuite le phénomène de recombinaison. Il est possible que, dans le cas des atomes de dépôt actif émis avec charge, l'agglomération précède également la recombinaison et peut faciliter cette dernière.

Si pour un certain atome de radium A l'agglomération a été poussée assez loin, et si l'agglomération n'est pas détruite au moment oîi cet atome se transforme en atome de radium B, ce dernier, au moment même de sa formation, se trouve dans des conditions qui l'empêchent d'intervenir pour l'activation des parois solides, et il en sera de même pour l'atome de radium C qui résultera de la destruction de l'atome de radium B considéré, à condition que l'agglomération subsiste lors de cette deuxième transformation. On aperçoit ainsi vme cause qui peut intervenir régulièrement pour donner une importance prépondérante au mouvement vers les parois solides du radium A seulement, ce dernier étant émis par les molécules d'émanation qui ne sont ni chargées ni agglomérées. Il est évident, d'ailleurs, que certains atomes de radium B peuvent provenir d'atomes de radium A qui n'ont pas subi d'agglomération importante; si alors, dès la formation du radium B, ces particules se trouvent chargées, elles pourront subir pendant un certain temps le mouvement de diffusion vers les parois et aussi obéir à l'action du champ électrique. Le même phénomène peut avoir lieu pour le radium C. On doit donc s'attendre à observer dans certaines conditions le dépôt simultané de radium A, de radium B et de radium C sur le corps activé; le phénomène doit dépendre de la pression et de la température du gaz, de la concentration de l'émanation, de l'espace ménagé devant la paroi qui s'active et du champ électrique qui existe dans cet espace. On conçoit, en particulier, que si l'espace libre devant la paroi est très faible, i""" par exemple, il ne reste guère d'atomes de radium A séjournant dans le gaz, et que, par suite, le gaz ne renfermant pas non plus de radium B ni de radium C, le radium A se dépose seul sur le corps activé. Le même résultat

RADIUM ET SA KAMILLK. — POLOMV.M. 353

est obtenu pour des distances plus grandes dans un gaz sous une pression réduite.

Les particules de dépôt actif qui représentent de grosses agglomérations ne peuvent se déposer sur les parois verticales^ mais elles peuvent être déposées sur les parois horizontales ou sur les parois inclinées en vertu de l'action de la pesanteur (§ 86). Le dépôt obtenu se compose en ce cas de radium B et de radium C. et les courbes de désactivation sont très différentes pour deux surfaces activées horizontales qui se trouvent pendant l'activation l'une en regard de l'autre et dont l'une^ étant tournée vers le haut, reçoit le dépôt qui tombe, tandis que l'autre, tournée vers le bas, ne le reçoit pas. Ces grosses particules qui subissent l'action de la pesanteur mais qui n'interviennent pas pour l'activation par diffusion, ne se forment pas dans un espace gazeux compris entre deux parois très rapprochées, par lesquelles le radium A est totalement absorbé; il est probable qu'elles ne se forment pas non plus dans un espace dans lequel est établi un champ électrique intense qui contribue à extraire le radium A à mesure de sa formation; dans ce dernier cas, en effet, le phénomène de chute du dépôt actif est supprimé, et il n'est guère possible d'attribuer cet effet à l'entraînement d'aussi grosses particules par le champ électrique en vertu de la charge qu'elles pourraient avoir; il est probable que leur formation est elle-même empêchée. On a vu, d'ailleurs, qu'en absence du champ, ces gTOsses agglomérations ne se forment pas dans tous les cas. Leur formation est d'autant plus facile que la concentration de l'émanation est plus grande, mais d'autres conditions sont nécessaires, même dans un gaz parfaitement privé de poussières. La présence d'une petite quantité de vapeur d'eau, insuffisante pour saturer l'enceinte activante, détermine, ainsi que je l'a: montré, la formation de ces particules pesantes.

L'écart qui est obtenu entre les courbes de désactivation, suivant qu'on utilise ou qu'on élimine l'action de la pesanteur, est très important et facile à remarquer. Des écarts de moindre importance ont été observés par quelques expérimentateurs dans d'autres conditions. M. Rutherford indicjue qu'avec un même temps d'exposition très court dans un champ électrique, l'activité ■ obtenue sur la cathode est plus petite quand on a eu le soin de

Page 1