‹ Traite de radiotherapieChapitre 10 sur 128 · DL CHOIX D'UNE INSTALLATION · texte numérisé non relu

DL CHOIX D'UNE INSTALLATION

sur l'alternatif des résultats meilleurs que sur le continu, au point de rue de la régularité du fonctionnement. Grâce à un dispositif ta] et â des appareils de mesure nouveaux, il permet de pouvoir rester toujours dans des conditions techniques identiques, et de faire en même temps les applications de haute fréquence.

Un a aussi voulu faire jouer un grand rôle, dans la pathogénie des effets produits par les rayons X, à la nature de la source électrique à haute tension. C'est ainsi que Leduc et d'autres Ont soutenu qu'avec les machines statiques on n'avait pas d'accidents aussi graves qu'avec les transformateurs. Plus récemment encore (janvier lî>0 Vu M. Gastou venait dire a la Société de dermatologie qu'il avait obtenu des résultats thérapeutiques la machine statique comme source radiogène, tandis que la bobina ne lui avait donné que des insuccès.

Dans une communication faite à l'Académie de médecine, le û juillet 1904, par MM. Ch. Monod et Boucliet, sur un cas d'épi tlivlioma guéri par la radiothérapie, on lit : i Nous estimons qu'a Tencontre de ce qui a été «lit jusqu'à présent, la machine statique, dont l'innocuité n'est que très relative, peut facilement occasionner des radiodermites. Les dangers de ces radiodermites augmentent avec le nombre des plateaux, et des accidents deviennent presque inévitables avec les machines de douze, et vingt plateaux, qui sont actuellement employées dans

liâmes cliniques, •

II est nécessaire de réagir contre cette opinion et d'en montrer le peu de râleur. Ce qui importe, ce sont les rayons X eusmp mes, leur qualité, leur quantité, mais la source qui les produit n'a pas d'importance, ainsi que Font dit W« B. Snow, de V'\v-York, et R. J, Nu un, de Sa vanna h, au XI 1" Congrès annuel de I1 American elechu-therapeutie Association, C'est tement comme si l'on voulait établir une différence entre l effet produit par 10 chevaux fournis par une machine à vapeur et la même force fournie par un moteur électrique, ou entre le

pouvoir éclairant moyen de deux lampes de 20 bougies alimentées Tune par du courant alternatif, l'autre par du continu.

Nous n'essaierons même pas de montrer l'empirisme de la condamnation de la machine statique à douze plateaux faite par MM. Monod et Bouchet ! La réaction dépend de la quantité de rayons X absorbée par la peau; cette quantité dépend évidemment de la puissance de la machine, mais aussi et surtout de la vitesse de rotation des plateaux, de leur, nature, de l'état de l'ampoule, etc. Il est certain qu'en un même temps une machine h douze plateaux donnera plus de courant, partant plus de rayons X, qu'une machine analogue de six plateaux ; mais il suffit simplement de le savoir et de donner aux applications une durée moitié moins longue! Il est donc inadmissible et irrationnel de dire que ces machines doivent nécessairement produire des accidents !

Avec l'ensemble des appareils que nous venons de décrire, il serait possible de faire de la radiographie, puisque Ton peut obtenir des rayons X en quantité variable ; mais il serait totalement impossible de pratiquer, d'une façon scientifique et sans danger pour le patient, la radiothérapie, c'est-à-dire l'application des rayons X dans un but thérapeutique. Il faut adjoindre à ce matériel des instruments de mesure spéciaux, s'appliquant surtout aux rayons X eux-mêmes et aux organes qui les engendrent directement. Nous décrirons donc, au point de vue technique, ces appareils, nous réservant d'en donner les applications pratiques dans la deuxième partie de notre travail.

Nous ferons dans cet aperçu de larges emprunts aux travaux éminents de celui qui en France nous a fait connaître, avec tant de méthode, la radiographie, la radioscopie et la radiothérapie : M, le docteur Béclère, notre maître.

§ 1. — Ampoules réglables.

Un premier point capital est de pouvoir maintenir, à un degré relativement constant, le vide à l'intérieur de l'ampoule. On sait, en effet, qu'une ampoule peut fournir toute la série des rayons

de Rôntgen, suivant la raréfaction plus ou moins grande de son atmosphère.

Plus le gaz est raréfié, plus la résistance au passage du courant est considérable à l'intérieur de l'ampoule, plus aussi la quantité de rayons X produits est minime. Ceux qui sont produits ont une grande puissance de pénétration, c'est-à-dire traversent les tissus, sans produire sur eux aucune action active, et ne donnent pas sur l'écran fluorescent une image noire des parties osseuses.

On sait aussi qu'une ampoule ne reste pas identique à ellemême quand elle a fonctionné pendant un certain temps ; le vide s'accentue à l'intérieur, en un mot, le degré de vide ne reste pas invariable, et les rayons produits sont de plus en plus pénétrants, de moins en moins actifs par conséquent, jusqu'au jour où l'ampoule, extérieurement intacte, ne laisse plus passer le courant électrique et est ainsi mise hors d'usage. Bien qu'elle soit hermétiquement close, tout se passe comme si une partie du gaz qu'elle contient lui était soustraite à mesure qu'elle fonctionne. En réalité, il en est ainsi ; le gaz qui l'emplit est, sous l'influence du passage du courant électrique, partiellement absorbé par les électrodes.

Les différents procédés (que nous avons déjà signalés) employés pour y remédier n'ont donné pendant longtemps aucun bon résultat.

Pour qu'une ampoule soit vraiment à régulateur de vide, il faut qu'elle soit munie d'un dispositif qui permette d'augmenter ou de diminuer à volonté la raréfaction de son atmosphère intérieure.

Tube Chabaud à osmo-régulateur de Villard. — De tous les régulateurs de vide qui peuvent être adaptés aux ampoules, le plus ingénieux, le plus simple et le plus parfait est Yosmo-régulaleur de Villard : c'est l'organe qui permet le plus facilement et le plus rapidement de faire varier, comme on le désire, le de-

AMPOULES RÉGI-Artl I S

gré dp vide des ampoules, et par conséquent d'augmenter ou de diminuera volonté la production des rayons X et le pouvoir de

t ration de ces derniers. Il est adapté, en France, aux ampoules Ghabaud.

Depuis bien des années, Troost et Sainte-Claire-Deville* étudiant les variations du platine sons l'influence de la chaleur, OUI démontré que celui-ci, chauffé au rouge, devient perméable a l'hydrogène. Tel est le principe dcrosmû-régulateur Villard, qui

isteen un simple tube de platine fermé à l'une de ses extrércù-

t soude par Vautre extrémité à l'ampoule. Si on chauffe directement ce tube au rouge vif dans une flamme quelconque de gaz ou d'alcool, comme toutes les flammes contiennent de Fhydrogene libre, celui- ci entre dans l'ampoule en traversant la paroi de platine devenue poreuse, Quand on cesse de chauffer, le tube de platine redevient imperméable, et l'hydrogène qui a pénétre ne peut plus ressortir. Le même principe, qui a permis d'introduire de l'hydrogène dans l'ampoule, permet aussi d'en retirer, ikl on le désire. Il faut alors chauffer de nouveau au rouge I - tube de phitiue, niais celte Ibis à l'abri du contact de la flamme.

y parvient à l'aide de la disposition suivante : on entoure le lube d'un petit manchon protecteur également en platine, à l'intérieur duquel l'air peut circuler librement. C'est ce manchon qu<» 11 chauffe ex té rii virement au rouge vif, avec une lampe a alcool, ou un chalumeau à gaz, en ayant soin, bien entendu, que la flamme ne pénètre pas à l'intérieur. Dana ces conditions I. petit tube de platine, également chauffé au rouge, n'est entouré que d'air chaud, et l'hydrogène de l'ampoule s'échappe peu a s au travers de la paroi devenue poreuse. Ce* deux opérations peuvent être renouvelées autant de fois qu'on le désire, même pendant le fonctionnement de l'ampoule, tnditioQ d'avoir un appareil chauffant (chalumeau, etc. parfaitement isolé de l'opérateur.

»*st ainsi que Ton Tait varier à volonté le degré de vide de

l'ampoule et que l'on obtient des rayons plus ou moins pénétrants. En plus, ces ampoules à vide réglable ont une durée presque

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indéfinie, puisqu'il n'arrive plus de moment où, le vide étant si considérable, la résistance devienne telle, que le courant ne passe plus à Tintérieur de l'ampoule et qu'il n'y ait plus production do rayons X. Ces avantages compensent largement, vis-à-vis des ampoules ordinaires, leur prix plus élevé.

AMPOULES RéGLÀSLBa

il, Béelére a toujours soin dans ses leçons de faire fonctionner devant ses auditeurs un petit appareil de démonstration très simple, qui fait voir de suite l'exactitude de ces faits,

Il se compose d*un tube en verre dans lequel on a fait le ride barométrique. Ce tube a lu forme d'un V, dont les deux lupérietires sont recourbées à droite et à gauche, en formant respectivement, avec les brandies qui leur ont donné naisaancei nu angle de 90n environ, La partie médiane en V ♦•*! remplie de mercure; celle de droite, légèrement ascendante, ne lient rien ; enfin celle de gauche est terminée par un osmorégulateur. Si OU chauffe ce dernier au rouge, on fait pénétrer de L'hydrogène, qui vient faire pression ; aussitôt on voit le mercure descendre a gauche et monter a droite ;dés que fan retire la llammc, le mercure cesse de progresser. Si Ton met le manchon de platine en place pour protéger losmo-régutateur, et qu'on le chauffe avec les précautions énoncées plus haut, on ne tarde pas ir baisser le niveau du mercure dans la branche droite, tandis qu'il s'élève dans la gauche*

Ampoule de Drisler. — Il existe d'autres modèles d'ampoules réglftblee, Drisler construit une ampoule bi-auodique a vide j

iblc par le passage de l'étincelle* Si le tube devient résistant, il suffit, pour le ramener au vide convenable, de faire passer le ait de l'anode à un petit réservoir solidaire de l'ampoule et oeo tenant la matière régénérante, L'étincelle, m passant, chauffe cette matière, et V ampoule devient moins résistante. On tViil arriver le courant par l'intermédiaire d'une tige métallique spéciale, munie d'un manche isolant,.., le tout livré avec le tube parle constructeur,

Noue ne pouvons apprécier la valeur de cette ampoule, ne Tayant pas essayer nuu s- même, maison peut lui faire un reproche.

A v ïtème9 on peut bien diminuer le vide, maison ne

peut l'augmenter, comme avec l'osmo-régulateur» En plus, l'ampoule, en a'éch&uflant par suite du fonctionnement, doit

échauffer aussi la matière régénérante, d'où variation du degré do vide, indépendante de l'opérateur.

Enfin on peut dire que dans ce système la quantité de gaz est toujours la même dans l'ampoule, puisque le tout est enfermé dans des parois de verre. Le régulateur a pour effet de faire

Fie 18. — Ampoule Millier.

dégager des gaz qui s'étaient condensés dans la matière régénérante, mais qui étaient déjà dans le tube depuis sa fabrication. Au contraire, dans l'ampoule à osmo-régulateur, c'est du gaz (hydrogène) pris extérieurement au tube qui est introduit à l'intérieur de celui-ci : la quantité varie donc, ce qui ne doit pas avoir lieu avec les autres systèmes.

Ampoule de Millier. — L'ampoule Mûller est analogue comme principe à la précédente. Pour la ramollir, on fait passer le courant dans un appendice solidaire de l'ampoule et contenant une

SPINTEÏlMETRE

Mtbodi l 't une anode. Par suite, les deux électrodes s échauffent et dégagent des gaz, La degré de vide diminue donc à l'intérieur de l'ampoule. Une disposition spéciale permet le réglage automatique du lube pendant son fonctionnement ; mais reste à savoir si dans la pratique ce résultat est obtenu. Cette ampoule peut également être durcir, en attachant le fil positif de la source a la spirale contenue dans l'appendice-

Ces constructeurs livrent au public des tubes grand modèle, à circulation d'eau, qui peuvent supporter jusqu'à 5 milliampères d'intensité.

Lœvenstein, de Berlin, construit un tube dont le système de réglage est un peu différent, quoique basé sur le même cipe.

Ces tubes fonctionnent bien, mais leur réglage est loin d'être aussi sûr que celui des ampoules Chabaud à osmo-régulateur ; aussi ces dernières devront-elles être préférées en radiothérapie.

g 2. — SpintertnHre.

Avic 1rs dispositifs précédents, on peut à volonté faire produire à une ampoule des rayons plus ou moins pénétrants ; mais, pour que cet avantage existe réellement, il faut pouvoir reconnaître et indiquer, à chaque instant du fonctionnement de l'ampoule, le degré de pénétration des rayons qu'elle fournit ou, si .lime mieux, h- dégfé de vide qui existe à l'intérieur. CVst nu fait d'observation que, pour une même ampoule, reliée à un générateur d'énergie êlee trique déterminée, il existe une relation constante outre la résistance qu'elle oppose au passage du couqtii la traverse et le degré du pouvoir de pénétration des ma «pi '««Ile produit : plus sa résistance ■ leetrique devient ide, plus augmente en même temps le pouvoir de pénétration de ses rayons. Le moyen de savoir si les rayons produits par

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