‹ Traite de radiotherapieChapitre 11 sur 128 · RE LOT · texte numérisé non relu

RE LOT

une ampoule sont plus ou moins pénétrants aujourd'hui qu'hier, le moyen d'amener cette ampoule à l'aide de l'osmo- régulateur à produire des rayons exactement aussi pénétrants que ceux qu'elle a donnés, plusieurs jours ou plusieurs semaines avant, dans une opération radio graphique ou radiothérapique dont les résultats ont été jugés satisfaisants, c'est donc de mesurer exactement la résistance électrique de cette ampoule. Comment peut-on effectuer cette mesure ? Bien simplement de la manière suivante : pendant que l'ampoule fonctionne, on rapproche l'un de l'autre les deux conducteurs métalliques, reliés à ses électrodes, qui servent à l'entrée et à la sortie du courant électrique ; on les rapproche jusqu'à ce qu'une étincelle éclate entre ces deux conducteurs, établissant ainsi un court-circuit. L'électricité tend toujours, comme toute force naturelle du reste, à prendre le chemin le plus facile, à passer là où elle rencontre le moins de résistance. L'étincelle qui apparaît entre les deux conducteurs éclate donc au moment précis où l'épaisseur de la couche d'air qui les sépare cesse d'opposer au passage du courant une résistance plus grande que celle de l'ampoule. Si la résistance de l'ampoule est forte, l'étincelle éclate quand les deux conducteurs sont assez éloignés, elle est très longue. Si, au contraire, la résistance de l'ampoule est faible, l'étincelle éclate seulement quand les conducteurs sont assez rapprochés, elle est très courte. Ainsi, la longueur de l'étincelle qui éclate entre les deux conducteurs progressivement rapprochés varie avec la résistance de l'ampoule et en permet la mesure exacte. On dit de cette étincelle qu'elle est équivalente à la résistance de l'ampoule, et l'opération que nous venons de décrire est appelée, par abréviation, la recherche de i étincelle équivalente. Quand on dit, par exemple, qu'une ampoule a une étincelle équivalente de 7 centimètres, on entend que sa résistance électrique équivaut à la résistance d'une couche d'air de 7 centimètres dépaisseur.

SPINTERMÈTRE

Pour faciliter la recherche et surtout la mesure de l'étincelle équivalente, M. le docteur Béclère a fait construire par M. Drault un petit instrument, le mesureur d'étincelle ou, pour parler grec, le spintermètre, qui est indispensable pour tout essai de radiothérapie. Il consiste essentiellement en une longue tige métallique, divisée en centimètres et demi-centimètres, terminée par

Fig. 19. — Spintermètre avec tube.

une boule métallique à Tune de ses extrémités et portant à l'autre extrémité un manche isolant en ébonite. Cette tige est mobile, à frottement doux, dans une coulisse métallique montée sur un pied isolant, de façon que la boule se rapproche ou s'éloigne â volonté d'une autre boule métallique, fixée sur un second pied isolant, distant du premier de 25 centimètres environ. Le tout est monté sur une planchette qui sert de socle à l'appareil. Pour faire fonctionner le spintermètre, on place la coulisse et la boule fixe dans le circuit, en reliant chacune d'elles d'une part

DES MESUTŒS EXACTES EN RADIOTHERAPIE

à l'un des pùles delà machine statique ou de la bobine d'induction, d'autre parla l'électrode correspondante de l'ampoule.

De cette façon le spintermètre se trouve en dérivation sur le courant d'alimentation de l'ampoule. Quant le courant passe, si les boules fixe et mobile sont assez rapprochées Tune de l'autre, une étincelle éclate entre elles. On tire alors doucement la tige mobile dans la coulisse, jusqu'à ce qui- l'étincelle n'éclate plus que par intermittences. II suffit à ce moment de lire sur la tige graduée le chiffre de la division la plus proche de la coulisse pour connaître exactement, en centimètres, la distance des deux boules fixe et mobile et par conséquent la longueur de l'étincelle équivalente h la résistance électrique de (ampoule. Si cette résistance n'est pas celle que Ton désire, on l'augmente ou on la diminue en modifiant le degré du vide à l'intérieur de l'ampoule au moyen de Tosmo- régulateur de Villard, Quand on a obtenu la résistance cherchée, si on veut la maintenir, pendant toute la durée de l'opération radiothérapique, au degré mesuré par le spintermétre, on écarte un peu les deux boules fixe et mobile jusqir à ce que l'étincelle n'éclate plus et on se tient prêt a chauffer Cosmo-régulateur dès que l'apparition d'une nouvelle étincelle témoigne d'une augmentation dans la résistance de l'ampoule.

Il faut savoir que, pour une même résistance, la longueur de L'étincelle équivalente variera selon que les deux pôles du spiuter mètre seront des pointes ou des boules et, dans ce dernier cas, selon le diamètre des boules. Si nous montons en dérivation sur h' même circuit trois Bpmtennètree, terminés, le premier par des pointes, le second par des houles de i centimètre de diamètre, le troisième par des boules de 2 centimètres et demi, pour une même résistance nous aurons des étincelles équivalentes, dont la longueur ira en décroissant du premier au troisième.

Il faudra donc toujours définir ces conditions, en indiquant quelle espèce de spintermètre on emploie, et se rappeler que, pour un même instrument, une longueur d'étincelle donnée

RÀDlOCIïnOMOMKTRE 69

te toujours équivalente à une résistance donnée de l'ampoule.

En résumé le spiatermètre indique exactement la longueur de l'étincelle équivalente à la résistance du* l'ampoule et permet de mire compte indirectement du pouvoir de pénétration des rayons qu'elle fournit.

En Angleterre, depuis 1901, on tient compte de cette donnée. Dans la discussion soulevée à la Roentgen Society, en avril 1901, sur les dermatites produites par les ampoules de Crookes, il a <h Fail souvent mention d'étincelle équivalente (Ihe parallvl spark).

Scholtz, dans »ea remarquables expériences sur l'influence rayons de Hôntgen sur la peau saine et la peau malade, s'est servi du spintermètre.

Ajoutons, pour terminer, qu'aujourd'hui cet appareil eet indispensable dans une installation radiothérapique comme instrument de contrôle.

^ 3. — Hadîoctiromomctre.

Le spintermètre, que nous venons de décrire, donne bien une

exacte de la résistance de l'ampoule, mais ne définit que

très imparfaitement le pouvoir de pénétration des rayons quVIle

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