‹ Traite de radiotherapieChapitre 16 sur 128 · APERÇU HISTORIQUE DE LA. RADIOTHÉRAPIE SON ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

APERÇU HISTORIQUE DE LA. RADIOTHÉRAPIE SON ÉVOLUTION

Les premiers expérimentateurs qui se servirent des rayons de Rôntgen pour la radiothérapie ou la radioscopie, furent surpris de constater sur eux certaines modifications cutanées. Ces modifications étaient localisées aux endroits exposés habituellement aux radiations nouvelles. La surface cutanée s'enflammait légèrement, les poils tombaient, et des démangeaisons parfois terribles obligeaient les expérimentateurs à arrêter leurs expériences. Exceptionnellement, ces lésions revêtirent un caractère plus grave : des bulles et des phlyctènes apparurent, succédant à l'érythème, suivies elles-mêmes d'ulcérations et d'eschares profondes. On les rencontrait soit chez les opérateurs, soit chez des gens exposés aux rayons de Rôntgen pour un examen radiographique. 11 faut savoir, pour s'expliquer ces phénomènes, qu'en 1896 on devait parfois prolonger longtemps le temps de pose pour obtenir un résultat satisfaisant, le procédé étant encore à ses débuts.

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Des médecins eurent l'idée de provoquer ces modifications de la peau dans un but thérapeutique. On crut avec raison que cette méthode nouvelle donnerait des résultats favorables dans les cas où Ton désirait obtenir l'épilation. On l'appliqua donc dans Thypertrichose et les teignes. Partant de ce principe que les rayons X produisaient une inflammation de la peau, on chercha, par une inflammation substitutive, à modifier certaines affections cutanées.

D'autre part, on se dit que ce nouveau mode d'énergie, traversant les tissus, pourrait agir profondément; on l'essaya pour le traitement de la tuberculose pulmonaire et pour modifier des lésions morbides profondes, qui échappaient par leur siège aux moyens thérapeutiques directs.

L'application de l'irradiation de Rôntgen au traitement des maladies cutanées a pris naissance à l'étranger et a acquis peu à peu, dans tous les pays, une extension considérable. Parmi la quantité des affections cutanées traitées, améliorées ou guéries par cette méthode, le plus grand nombre des résultats nous vient de l'étranger. Qu'il nous suffise de citer les noms de Schiff, Freund, Kûmmel, Kaposi, Unna, Kienbôck, Scholtz,pour montrer que, même longtemps après la découverte de Rôntgen, la radiothérapie fut appliquée en dermatologie presque exclusivement par les médecins de l'école allemande ou viennoise. Du reste, en 190] , M. Oudin, constatant ce fait, a dit : « C'est à l'étranger qu'il nous faut aller chercher nos renseignements pour la radiothérapie des maladies cutanées; la France n'a contribué en rien à la progression de cette méthode. »

Ce qui était vrai à cette époque ne l'est plus aujourd'hui, hàtons-nous de le dire. De nombreux résultats favorables ont déjà été publiés chez nous. Enfin, c'est à la France que l'on doit la découverte d'un certain nombre des instruments de mesure qui ont fait de la radiothérapie une science relativement exacte.

A ce retard d'évolution scientifique, on peut trouver diffé-

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