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feuilles d'or, à condition que récran métallique soit relié à la terre. Si, après s'être ainsi assuré de l'impénétrabilité absolue de cette surface métallique pour l'électricité, on l'interpose entre le flanc d'un lapin et une bonne ampoule de Crookes, laissée en marche pendant une demi-heure à 15 centimètres de la peau, 15 jours après apparaît Tépilation, puis une clermalite violente qui siège exactement au-dessous de la moitié de i an en aluminium, le plomb ayant complètement préservé les régions sous-jacentes de toute espèce de lésion. Celle-ci s'était même étendue assez loin au delà des limites de L'écran. Quand, 15 autres jours après, la lésion a été complète, tout le flanc de ranimai était violemment enflammé, rouge, suintant, sauf une surface carrée, absolument régulière, ayant 8 centimètres et demi de Côté, répondant exactement à la projection de la plaque de plomb et ne présentant pas trace d'altération cutanée. »
À la suite de ces faits, la plupart des partisans de l'hypothèse des décharges électriques abandonnèrent leur opinion et passèri -ut dans le camp opposé. Quelques-uns ne voulurent pas officiellement se rendre à l'évidente. SchilT et Freund eux-mêmes furent influencés par ces démonstrations.
Aussi, dans le rapport qu'il fit en J 901 au Congrès de dermatologie de Vienne, Schiff émet l'opinion que ce sont plutôt les tubes mous qui doivent être plus actifs; que, par contre, dans les essais thérapeutiques, des résultats aussi bons peuvent être obtenus avec des tubes durs. De plus, avec ces derniers, le dosage BSt plus facile, et les accidents consécutifs peuvent être évités* Tinmr, Freund admit que les rayons de Buntgeo n'étaient pas tout à fait inactifs en radiothérapie, quoiqu'ils ne puissent produire les effets cutanés qu'avec d'autres fftotew», comme tee décharges et ondes électriques. En résumé, pour lui, l'agent le plus actif reste néanmoins l'électricité,
Scholtz reprit l'étude de cette importante question, encore discutée malgré les travaux de Kienbôck et de Oudin, Dans son
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ouvrage paru eu 1902, il énumère les diverses expériences qu'il fit pour élucider la question. Nous en résumerons quelques-unes et citerons en détail ses conclusions. Cette étude est, en effet, la dernière qui ait été faite sur ce sujet; elle prouve, de façon irréfutable, Faction exclusive des rayons X.
Les premières expériences de Scholtz portèrent sur des lapins et des cobayes, mais, dans la suite, il se servit de jeunes porcs, parce que leur peau est celle qui ressemble le plus à la peau humaine. En plus, les modifications produites par les rayons de Rôntgen : l'alopécie, les ulcérations, etc., sont analogues à celles I produites chez l'homme, non seulement par leur forme et leur
évolution, mais encore par la durée de la période de latence. I Scholtz établit d'abord la différence qui existe entre les effets
j de l'ampoule dure et ceux de l'ampoule molle :
« Un jeune porc est pris comme sujet. On irradie ses deux flancs (sur une étendue d'environ 5 marks) ; à droite on se sert d'un tube mou, à gauche d'un tube dur. En tout, on fait 17 applications à 15 centimètres de distance, du 9 au 27 février 1901. Les conditions d'alimentation des ampoules, les dimensions et la nature de celles-ci sont identiques ; seul le degré de vide varie.
« Le 27 février, il se produit à droite une chute considérable des poils; à gauche, aucune modification n'apparaît.
« Le 3 mars, à droite, tous les poils sont tombés, l'épithélium est soulevé par des phlyctènes, la région est squameuse et suintante ; à gauche, une légère alopécie commence à se laisser entrevoir.
« Le 9 mars, à droite, la peau est très nécrosée, elle présente ii une membrane diphtéroïde ; les tissus sous-jacents sont forte-
j [ ment infiltrés ; la ligne de démarcation avec la peau voisine, qui
| avait été protégée par un écran métallique, est très nette ; à
{ ; gauche, presque tous les poils sont tombés, la peau prend un
j:| aspect légèrement atrophique.
t AGENT ACTIF EN RADIOTHÉRAPIE
i Dans les deux semaines suivantes, on put voir sur lu côte droit une nécrose et une gangrène profonde. Les masses musculaires furent atteintes, et la cicatrisation mit plusieurs mois à ge faire ; à gauche, la région irradiée devînt alopéeique, sans qu'on vît jamais trace de nécrose, »
Une autre expérience rappelle culle de Kicnbôck. Scholtz i le tube de Crookes de telle sorte que le miroir anticathodique fût perpendiculaire à la surface qui reçoit les rayons. Il marqua sur la peau avec du nitrate d'argent la limite entre la région irradiée et celle qui, étant située derrière le plan du miroir anticathodique, n'était pas éclairée. Les réactions n'apparurent que sur le côté qui était frappé par les rayons X,
« Quoique ces expériences, dit Scholtz, aient donné les mêmes résultats que celles de Kieubock, et montrent que les réactions nées consécutives à remploi des rayons X doivent être attribuées aux rayons X eux-mêmes, j'ai entrepris encore quelques essais d'une autre nature pour éloigner toute espèce d»' doute,
<c Sur le dos d'un jeune porc, on choisit une surface circulaire grande comme une assiette. Elle est divisée en cinq segments :
n Le premier segment est recouvert par une mince feuille de plomb d'un quart de millimètre d'épaisseur ; le deuxième, par une lame de verre d'un demi-centimètre d'épaisseur ; le troisième, par un morceau d'aluminium ayant exactement un demimillimètre de section ; le quatrième, par une triple couche de papier noir, et le dernier est laissé à découvert,
«■ Toute la région revoit des rayons X, à une distance de 0 m, 20 pendant trois quarts d'heure.
Au bout de 10 jours, sur le cinquième segment (nu), ainsi que sur le quatrième (papier noir), les poils commencent â tomber, tandis que la peau dis autres régions ne montre aucune espèce de modification.
»• Après trois semaines, la peau des quatrième et cinquième
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segments se nécrose superficiellement. Dans le troisième segment (aluminium) les poils sont moins nombreux, et on s'aperçoit qu'ils sont peu solides ; sur les deux autres, aucune réaction n'est apparue.
« Cette expérience fut répétée plusieurs fois avec des résultats analogues. Sur deux hommes atteints de favus et soumis aux rayons X pour Pépilation, les phénomènes furent les mêmes ; on avait remplacé le papier noir par de l'emplâtre mercuriel. Les rayons de Rôntgen employés étaient assez pénétrants pour produire l'alopécie sous la région préservée par une mince lame d'aluminium. On constata que l'emplâtre mercuriel laissait passer moins de rayons actifs que l'aluminium ; ce qui, du reste, correspond exactement à l'intensité de Pombre projetée sur l'écran par ces deux corps. »
Enfin Scholtz pose les conclusions suivantes, que nous reproduisons en entier; elles mettent au point presque toutes les questions importantes de ce chapitre :
« Plus la quantité de rayons X émis par l'ampoule est grande, plus l'effet sur la peau est intense. Par conséquent, il est préférable, en général, d'employer des tubes mous en radiothérapie.
a En modifiant l'intensité du courant, la distance du tube à l'objet et la durée de l'exposition, on peut faire varier à volonté l'effet produit.
« Plus une substance arrête les rayons Rôntgen, plus elle arrête aussi les rayons actifs qui arrivent à la peau. Le papier noir ne donne aucune espèce d'ombre sur l'écran fluorescent ou la plaque photographique ; il laisse donc passer intégralement les rayons et ne préserve pas la peau de la radiodermite.
« Une lame d'aluminium et, dans une mesure un peu plus forte, un emplâtre mercuriel donnent sur l'écran une ombre faible et grise; ils empêchent, à un degré correspondant, l'action nocive des rayons sur la peau.
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n Les minces feuilles de plomb, les lames de verres épaisses n<> pq laissent presque pas traverser par les rayons X; elles protègent, par conséquent, presque complètement la peau contre leur influence. Il faut faire remarquer que des corps, qui, comme l'aluminium, produisent sur l'écran une ombre très faible, arrêtent cependant une partie considérable des rayons actifs.
* Cela prouve que ce sont précisément les rayons les moins pénétrante qui sont les plus actifs.
« En loul cas, toutes ces expériences montrent nettement que les rayons RÔnigén eux-mêmes constituent Fat/ent actif en radiothérapie, »»
Les observations cliniques sont, du reste, en parfaite concordance avec ces conclusions, Les médecins qui utilisent drs tubes durs doivent, pour obtenir un résultat, faire un nombre considérable de séances, relativement longues. Ainsi Schiff et Freund font, pour arriver à Tépilation, 10, 15, 20 expositions de 10 à 30 minutes de durée ; avec un tube mou» au contraire, il suffit d'une séance peu prolonu
Les partisans les plus acharnée de l'opinion adverse furent obligés de se rendre à l'évidence. Aussi aujourd'hui est-il rare de rencontrer un expérimentateur sérieux attribuant les effets de la radiothérapie à un autre agent qu'aux rayons X.
Enfin, s'il restait encore un doute dans l'esprit, les accidents produits par les substances radio-actives suffiraient a le dissiper* M, Becquerel, M. et Mme Curie, ayant placé sur eux des substances radio-actives énergiques, virent apparaître sur les régions sous-jacentes des lésions analogues à celles produites par les ampoules* Elles se montrèrent également au bout d'un certain temps.
If, Oudin a vu les actino-dermites de M, et Mme Curie, de Becquerel et en a constaté l'analogie absolue avec les mdiodermites. Des expériences analogues furent faites par \Y;ilkhoff, Giesel, etc.
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Or, dans ce cas, on peut difficilement faire intervenir Télectri • cité. Ce sont des rayons X ou des radiations très voisines, émiser spontanément par ces substances, qui peuvent seules être incriminées. Du reste, dit M. Oudin, en admettant même l'hypothèse qu'il s'agit ici de projection de corpuscules arrachés à l'atome et véhiculant des charges négatives, si énormes que soient ces charges relativement à la masse des corpuscules, elles peuvent être considérées comme nulles, quand on les compare aux oscillations produites autour d'un tube de Crookes.
Depuis que nous faisons de la radiothérapie, nous avons eu l'occasion de refaire quelques-unes des expériences précédentes, et nos résultats ont été absolument les mêmes que ceux de Kienbôck, Oudin et Scholtz.
Aussi dirons-nous, en terminant ce chapitre : « Les rayons de Rôntgen eux-mêmes constituent V agent actif en radiothérapie, à Vexclusion des décharges électriques et autres phénomènes physiques qui se passent autour d'une ampoule en activité. »