‹ Traite de radiotherapieChapitre 22 sur 128 · I. 'agent actif en radiothérapie · texte numérisé non relu

I. 'agent actif en radiothérapie

telle sorte que le plan du miroir anticathodique soit perpendiculaire a la surface du derme, la dermatite ne se produit que dans la partie éclairée par l'hémisphère lumineux ; derrière le miroir, le tube est obscur, et la place répondant à cette région est indemne; les deux régions sont séparées par une ligne très nette, répondant à l'intersection du miroir avec la peau. Les uirges électriques ne s'arrêtent cependant pas à cette ligne, maïs se répandent également sur toute la surface de la peau, tandis que la dermatite ne se produit que dans la partie éclairée par les rayons X* »

I m ♦ xpériences sont démonstratives; elles ne laissent pas grande place au doute et semblent élucider complètement la question. Le champ électro-statique est constitué, autour du tube comme rentre, par des oscillations concentriques se propageant dans tous les sens; si la dermatite était produite par ces osciN laiiotis électriques, elle ne serait pas limitée, comme dans les expériences précédentes. 11 faudrait admettre l'existence de décharges directes se propageant en droite ligne, comme le feraient les effluves d'une machine statique, pour venir perpendiculairement T partant de l'ampoule, frapper les [joints de la 1 les plus rapprochés d'elle. Mais ces décharges seraient les, et en tout cas elles ne pourraient* pas plus que les oscilhihnns électriques, traverser un écran métallique relié à la terre.

On pourrait enfin penser à l'existence d'autres rayons, toujours liés aux rayons X, de sorte que, partant d'un même point, ils aient toujours la même intensité qu'eux. Cette hypothèse est compliquée et demande la dissociation complète des radia* tUma multiples émises par l'ampoule..., ce qui n'est pas encore fait.

Aussi, Kienbock approuve-t-il totalement la conclusion de Strâter : « Les ampoules molles sont actives, les ampoules dures ne lt* sont que très peu, >>

A la fin de son travail, Kienbock résume et combat les argu-

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ments émis par les partisans des décharges électriques, et en particulier par Schiff et Freund. Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ces pages intéressantes.

« Les partisans des décharges électriques comme agent radiothérapique appuient leur hypothèse sur les arguments suivants :

« a) En interposant entre l'ampoule et la peau une mince plaque d'aluminium ou de papier d'argent réunie au sol, on évite les accidents. Les décharges sont ainsi captées et conduites à la terre; seuls les rayons X arrivent à la peau. L'expérience démontre l'exactitude de cette assertion.

« Cette observation est imparfaite, car, si Ton emploie une ampoule émettant des rayons puissants, les accidents se produisent. Du reste, Cowl a fait savoir, qu'ayant exposé un de ses yeux pendant un quart d'heure à l'action de la lumière Rôqtgen, il eut, malgré l'interposition d'une mince plaque d'aluminium arrêtant les décharges électriques, une violente inflammation des paupières, dont la durée fut d'une semaine.

« b) En employant, pour produire le courant d'alimentation de l'ampoule, des machines à influence, il ne survient pas d'inflammation ; celle-ci n'apparaît qu'avec les bobines de grande capacité. Dans ce dernier cas seulement, la tension électrique est assez forte pour déterminer les accidents.

« On peut répondre que c'est seulement en employant une tension électrique considérable que l'on peut avoir des rayons en quantité suffisante et suffisamment actifs.

« c) Le rapprochement de l'ampoule à la peau produit des accidents, parce que dans ce cas les décharges électriques peuvent facilement passer. Mais on peut dire que, plus l'ampoule est près de la peau, plus celle-ci reçoit de rayons X, car ceux-ci suivent la loi du carré de la distance, comme toutes les vibrations de l'éther.

n d) Enfin les accidents et les brûlures seraient surtout consécutifs à l'emploi de tubes durs.

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h II faut considérer que les faits invoqués sont ceux oû> a la suite d'opérations radiographiqucs, des dermatites se sont produites. Eu général, il s'agissait de régions d'une certaine épaisseur pour lesquelles on se servait d'ampoules dures donnant des rayons pénétrants.

« Dans ces conditions, la première épreuve ne fournissait pas une bonne image, par suite du pouvoir trop pénétrant des rayons; alors on en faisait une deuxième, puis une troisième 90 rapprochant l'ampoule. On augmentait le temps de pose et l'intensité du mt pour arriver à un meilleur résultat. Or nous savons qu'en agissant ainsi, on modifie la qualité de l'ampoule ; elle s'échauffe et peut devenir plus molle. C'est donc à cette modification du qu'il faut attribuer les accidents, c'est-à-dire aux rayons qu'il émet et non aux décharges électriques. Du reste, si de prime abord les ampoules avaient émis des rayons X de qualité voulue, il aurait été inutile d'augmenter le temps de pose et de modifier l'intensité du courant, »

FreundTqui, à cette époque, soutenait Faction exclusive des décharges électriques, fit des expériences qui auraient pu, de prime abord, paraître concluantes.

Ainsi, il montra un cobaye qui avait reçu sur le flanc des mrges électriques négatives pendant 8 séances. A la suite, il présentait, sur le coté traité, une petite plaque alopécique circonscrite, avec peau normale,

liais Kienbôck, qui vit ranimai, répondit de la façon suivante : <• L'essai n'ayant été entrepris que 15 jours auparavant, il serait étonnant de voir apparaître aussi vite une telle réaction. De plus, la limite exacte de l'alopécie, l'absence de dcrmatite cutanée font surgir l'hypothèse d'une erreur d'expérimentation. Il est probable qu'en cherchant à voir, après chaque séance, si les poils commençaient à tomber, on a fini par les arracher sans développer un grand effort et sans que l'animal cherchât à se ■udre. »

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Ne connaissant pas les travaux de Kienbôck, Oudin,en France, fit, à la même époque, d'intéressantes études sur la nature de l'agent actif. Au début, il avait attribué aux décharges électriques la plus grande part d'activité; mais frappé par l'action nocive des tubes peu résistants, il fit des expériences, qui l'amenèrent à cette conviction : « Que l'électricité n'est pour rien dans les dermatites de Rôntgen. »

Il interposa entre la peau et l'ampoule -des écrans de substances isolantes, celluloïd, ébonite, et constata que les réactions n'étaient pas diminuées. Or ces corps sont transparents aux rayons X et cependant mauvais conducteurs. On pourrait, il est vrai, au point de vue électrique, leur reprocher de ne rien arrêter, parce qu'ils agissent comme condensateurs. Cependant un écran de verre formant lui aussi un condensateur, mais plus opaque aux rayons X, diminue notablement l'intensité de l'érythème consécutif.

Enfin une expérience démonstrative permit d'affirmer que la lésion est absolument proportionnelle à la transparence aux rayons X du métal interposé. Nous la citerons entièrement :

« Nous avons fait river Tune à l'autre par un de leurs bords deux feuilles de métal de 8 centimètres carrés chacune, l'une en aluminium, l'autre en plomb, de même épaisseur. Ces deux lames de métal formaient, au point de vue électrique, un écran parfait et continu ; et il ne viendra à l'idée de personne que, dans ces conditions, l'électricité puisse se comporter différemment pour une de ses moitiés que pour l'autre. Ceci d'ailleurs nous l'avons vérifié en plaçant derrière elles un électroscope à feuilles d'or ou un électromètre capillaire de Lippmann, instrument dont on connaît l'exquise sensibilité, et en les criblant avec l'effluve statique d'une puissante machine ou d'un résonnateur de haute fréquence ; en plaçant tout contre leur face opposée à l'électromètre un tube de Rôntgen en action, jamais nous n'avons bservé la moindre oscillation de la colonne de mercure ou des

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