ACTION SUR LES TISSUS
H n'y eut du reste pas d'ulcération sur le dos de ranimai, et c'est tout au plus, dit Kienbôck, si l'état intestinal fut un peu modifié. Mais les plumes repoussèrent beaucoup plus vite sous \r ventre que sur le dos, phénomène qui était à prévoir.
Et Ki en bock conclut : « Sans aucun doute! la lumière de Rôntgen agit non seulement sur le côté supérieur où elle tombe Bt pénètre, niais encore sur le côté opposé de l'animal, là où elle sort. »
Ce phénomène s'explique par le faible poids de l'oiseau, dont le corps contient une grande quantité d'air. De cette façon, les rayons de moyenne pénétration pouvaient passer à travers le tronc de l'animal presque sans affaiblissement et produire sur U pMU sous-jacente des phénomènes analogues (quoique moins marqués) à ceux dont ils provoquaient l'apparition à leur entrée.
Maïs ce fut Scholtz qui, par une série d'études, élucida complètement cette question. Il fit plusieurs expériences sur le lapin. Il réunit Tune contre l'autre, par la face interne, les deux oreilles d'un de ces animaux et fixa le tout sur le dos, À la suite d'exposition aux rayons X, les poils tombèrent sur les faces externes des deux oreilles et sur la partie correspondante du dos, sans qu'il y ait nécrose du cartilage. Cet essai fut repris sur le porc.
« L'oreille d'un porc fut rabattue sur son cou et fixée en cet endroit ; pendant plusieurs jours, on fit arriver sur cette partie ainsi préparée une irradiation d'intensité moyenne. Les régions voisines avaient été préservées avec du plomb. Dix jours après la dernière séance, la chute des poils commença, elle débuta sur la face extérieure de l'oreille, puis se continua sur la face interne et enfin gagna la partie correspondante du cou. Puis survinrent, sur la face externe de l'oreille, des phlyetènes, du suintement et même une ulcération de la surface cutanée, A la face interne et à la partie correspondante du cou, des phénos analogues se produisirent; mais leur apparition eut lieu
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quelques jours plus tard et leur intensité fut moins considérable. Le cartilage ne fut pas nécrosé, et les oreilles reprirent leur forme normale après guérison. »
Aussi Scholtz pose-t-il les conclusions suivantes: « Les rayons de Rôntgen agissent surtout sur la peau, tandis que les tissus profonds (muscles, cartilages, os) ne sont que peu influencés et ne se nécrosent que secondairement, à la suite de l'inflammation intense et de l'ulcération de la peau.
« Les rayons de Rôntgen agissent sur la peau, là où ils entrent, mais ils peuvent aussi produire des effets sur là peau où ils sortent, après avoir traversé des couches minces de cartilage et de muscle. »
Ces conclusions sont tout à fait en rapport avec le raisonnement et avec Pexpérience. Si les rayons employés sont très peu pénétrants, ils seront absorbés presque totalement par la peau qu'ils frappent, si celle-ci a une certaine épaisseur. Dans le cas où ce tissu est mince, les rayons (les moins pénétrants) seront encore absorbés, mais ceux qui seront un peu plus pénétrants traverseront et tendront à sortir en ligne droite à travers la région opposée. S'ils rencontrent des tissus plus denses que la peau, ils seront absorbés à leur tour, et ne produiront aucune réaction à l'endroit où ils auraient dû sortir. Si au contraire ils traversent les organes en subissant simplement un peu d'affaiblissement, ils détermineront sur la peau, à la sortie, l'apparition de phénomènes analogues à ceux produits à l'entrée ; il y aura simplement une différence d'intensité.
Les rayons très pénétrants, au contraire, traverseront les organes sans produire, ni à l'entrée ni à la sortie, une réaction marquée.
Cependant il paraît bien difficile d'admettre que des rayons X puissent avoir une pénétration suffisante pour traverser le corps (thorax) d'un individu sain, et possèdent en même temps une activité suffisante pour produire une ulcération à la sortie. Dans
ACTION SUR LES ORGANES INTEBNEfl
le cas cité par Kiimniel, il s'agissait d'un individu très amaigri, tuberculeux, et la grande perméabilité des organes peut expliquer le phénomène.
Certains auteurs ont prétendu obtenir une action en profondeur sans modification des téguments interposés.
Cette opinion, sans être inadmissible, est en tout cas sujette a caution. Voici sur ce point l'opinion de KieuLxVk : n Je regarde comme bien incroyable que des modifications dans la profondeur, puissent avoir été observées sans dermatite violente au point d'entrée des rayons. Le plus souvent un ulcère devrait prendre naissance à la surface, si le passage des rayons suffit à produire des modifications à une plus grande profondeur : cela montre combien est incertaine Pnction curative des rayons X sur les foyers morbides siégeant dans la profondeur. »
Comme Kienbôck, nous sommes convaincu que, chez un individu normal, il est bien difficile d'admettre Faction en profondeur, sans que les téguments ne subissent en même temps une modification, puisque ta peau semble être le tissu sur lequel les rayons X déterminent le plus facilement l'apparition de la réaction. Mais lorsqu'il s'agit d'éléments anormaux, sur lesquels cet agent physique semble avoir une éleclivité (comme les néoplasmes d'ordre épîthélial ou sarcomateux), il est possible que ceux-ci soient plus violemment influencés que les téguments. Mais même dans ce cas, la différence de sensibilité n'est pas telle qu'il ne se produise en même temps sur la peau une réaction plus ou rttoïfUB vive, C'est même ordinairement la crainte d<- aetti radiodermite qui est le principal facteur à considérer dans la détermination de la quantité à faire absorber. En tout cas, nous avons toujours vu la peau réagir plus ou moins vivement, même quand on prend la précaution de la recouvrir d'une mince feuille d'aluminium, ayant pour but d'arrêter les rayons les moins pénétrants ; et nous ne pouvons pas en dire autant des éléments profonds !
Action sur les organes internes, — Puisque les rayons X
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traversent les organes internes, ou sont arrêtés par leur rencontre, il est naturel de se demander s'ils peuvent agir sur eux. Si Ton irradie fortement un abdomen, il est important de savoir si les intestins et autres organes abdominaux peuvent être influencés. Dans ce cas, en effet, aucune couverture osseuse ne peut arrêter les rayons X. De même, lorsque l'on traite la tête d'un jeune enfant, la protection est minime, car la lame osseuse est fort peu épaisse.
On comprend facilement que la ligne de conduite sera bien différente suivant la solution de ce problème. Si les rayons X produisent sur l'intestin des lésions aussi graves que celles qu'ils peuvent déterminer sur la peau, on devra redoubler de prudence lorsqu'il faudra traiter des régions où la peau et les muscles ne sont pas doublés d'un plan osseux.
De même, si des phénomènes paralytiques ou autres peuvent être la conséquence de l'irradiation du cerveau ou de la moelle, on devra s'abstenir de toute radiothérapie sur la tête de l'enfant.
De prime abord, on serait porté à croire que les rayons X peuvent avoir, sur les organes internes, une action modificatrice. Sans parler des cas de guérison de tumeurs splanchniques, où une action élective peut être incriminée, on trouve signalés, dans le travail de M. Oudin, des accidents dits généraux. On a parlé de vomissements, d'inappétence, etc. Il est vrai que ces phénomènes peuvent bien être, comme le croit Scholtz, d'origine psychique. Dans aucun cas, on n'a constaté de lésions. Du reste, la rapidité avec laquelle ces troubles ont disparu semble bien prouver que la lésion, si telle existait, était tout à fait minime. Les résultats des expériences de Scholtz concordent avec cette opinion.
Au XIIe Congrès de l'American Electrotherapeutic Association, Dickson a cité plusieurs cas de diarrhée sévère, consécutive à des expositions aux rayons X. Nann, de Savannah, a noté la constipation !