ACTION SUR LE SYSTÈME NERVEUX
Ul Congrès de Grenoble de 190/i(aoùt), M. Albert Weil a rapporté quelques cas de constipation guéris par les rayons X. Il fait des applications sur des surfaces limitées de l'abdomen, en utilisant, chaque fois, la dose maxïma de rayons que la peau peut supporter tout en conservant son intégrité, soit h II i \ El 1/2; les rayons marquent 6 ou 7 au radiochromomètre de Benoist.
L'action sur le fonctionnement de l'intestin a paru constante Les rayons X ont eu un ellel sédatif ils ont dénoué le spasme et déterminé des garde-robes convenables chez des malades qui, auparavant, étaient rebelles à toutes les médications.
Ces faits méritent d'être retenus, et de nouvelles expériences s'imposent.
Système nerveux* — On a attribué aux rayons X une influence sp< triade sur b* système nerveux; ils provoqueraient des troubles divers, comme paralysies, paraplégies, avortements,
Rodet et Bertin ont constaté sur des petits animaux, en plus des lésions cutanées, des paralysies et des crampes. L'issue fut fatale au bout de 8 à 14 jours: les animaux avaient
xposés aux rayons X. Ces auteurs ont trouvé, à l'examen, des altérations de mêningo-myélite sur toutes les régions de la mnrllr, qui répondaient aux régions cutanées intéressées. Us ont constaté de Tépaississement et des adhérences des méninges, de la congestion médullaire, de l'hyperplasie cellulaire, et même des petits foyers hémorragiques. Cette méninge-myélite nVhiil. pas d'origine seplique, puisque l'examen bactériologique du sang, du liquide céphalo-rachidien et de la moelle a donné drs résultats négatif».
Juîassy a signalé de la parésie des extrémités, suivie de mort, chez des cochons d'Inde et des lapins qu'il avait soumis aux irradiations de Rontgen, Oudin, Barthélémy, Darîer, Mlle Ogus ont également rapporté des cas de paraplégie chez des petits animaux.
fticobôck a constaté des phénomènes analogues sur d*-s
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souris ; par contre, les cobayes n'ont pas été sensiblement influencés.
Scholtz a fait quelques expériences sur ce sujet. Il a choisi des souris et des lapins très jeunes, chez lesquels les fontanelles étaient encore largement ouvertes. Sur 4 à 5 animaux en expérience, un seul a présenté de la paralysie après une heure d'irradiation. L'examen histologique n'a laissé voir aucune modification pathologique. Il en conclut que les rayons X ne modifient pas sensiblement le cerveau et la moelle.
Jicinsky (16 novembre 1902) a constaté sur des cobayes une dégénération de la substance grise dans les cordons blancs et dans les cornes postérieures... Mais il avait déterminé des brûlures graves au voisinage de la colonne vertébrale.
Danysz a signalé des lésions du système nerveux à la suite d'expositions à des substances radio-actives.
Il est probable que, dans un certain nombre des cas publiés, les phénomènes paralytiques n'ont pas été occasionnés par les rayons X eux-mêmes. Le plus souvent, ces troubles succédaient à une radiodermite grave en évolution ; et il n'est pas invraisemblable d'attribuer à la méningo-myélite une origine septique. L'infection aurait alors pris naissance dans les ulcérations elles-mêmes.
Mais, d'après certaines observations, celle de Rodet et Bertin, celle de Danysz, il parait certain que les rayons X peuvent influencer directement le système nerveux. Mais il ne faudrait pas croire que des effets analogues puissent se produire chez l'homme, dans les conditions thérapeutiques habituelles. Toutes les expériences ont porté sur de très petits animaux, et on ne peut établir aucune analogie entre eux et l'être humain. Il a fallu, pour obtenir de tels effets, une dose considérable, qui a déterminé ordinairement une ulcération grave. En plus, elle a été appliquée à des animaux dont le système nerveux central est peu protégé contre les radiations, à cause du peu d'épais-
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seur de la boîte crânienne et des arcs vertébraux» Chez l'homme, au contraire, l'épaisseur des os est suffisante pour arrêter [inique complètement les radiations actives.
Enfin, Tétendue elle-même du système nerveux ne permet pas de pouvoir redouter une action nocive centrale, à la suite (T&pplicatioQB locales même intenses, faites dans un but thérapeutique.
Par contre, Faction sédative des rayons de Rôntgen sur l'élément douleur parait indubitable. Des névrites et des névralgies ont été calmées et même guéries par quelques irradiations. Ces fr«its permettent donc de soutenir l'hypothèse que les rayons X ~ur le système nerveux périphérique une influence locale, qui parait être, dans certaines conditions, d'ordre analgésique.
Testicule. — Une communication, intéressante faite récemment par MM, Àlhers Schôuberg et Frîeben,duns la Afûnchener mediciniëchû Wochenschrift, et résumée dans le numéro du 30 janvier de la Presse médicale , semble établir que les rayons X auraient sur les organes reproducteurs une influence spéciale.
Les expériences furent pratiquées sur des cobayes maies. Ils turent exposés aux rayons X pendant plusieurs séances, mais les doses absorbées paraissent avoir été plutôt modérées. Puis, ils furent accouplés avec des femelles qui n'avaient subi aucun traitement. Bien que les couples aient été gardés en cage pendant un temps allant de 15 jours à 5 mois, aucune femelle ne devint grosse* aucune ne mît bas. Cependant, les animaux mâles, qui avaient été soumis a l'action des rayons X, n'ont présenté aucun trouble dans leur état général et ont conservé leur Bppétit sexuel ainsi que la faculté de copulation. Des animaux ins conservèrent, du reste, leur pouvoir fécondant.
A laulopsie, on connut la cause de cette curieuse stérilité.
- tous les animaux maies soumis aux rayons, on trouva
une atrophie des testicules, dont le volume avait diminué de
moitié ou même des deux tiers. Le microscope montra que la plu-
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part des cellules qui tapissent la lumière des conduits séminifères avaient disparu et qu'elles étaient remplacées, dans certains endroits seulement, par quelques cellules rétractées, dont le protoplasma était atteint de dégénérescence. Nulle part on ne trouva de spermatoblastes ni le moindre signe de spermatogenèse. Enfin l'examen du liquide recueilli dans les vésicules séminales montra l'absence complète de spermatozoïdes.
La stérilité ainsi déterminée est due à de la nécrospermie qui, au bout de quelque temps, se transforme en azoospermie absolue. On devra donc procéder avec prudence quand on traitera par cette méthode les régions inguinales et scrotales.
Il n'est pas irrationnel d'admettre que des irradiations modérées bien conduites puissent avoir une action stimulante sur la sécrétion testiculaire ! On sait en effet qu'une dose légère stimule la bio-activité de certaines cellules, tandis que ces mêmes éléments cellulaires sont sidérés ou détruits par une quantité plus élevée.
Utérus et Foie. — On a cru aussi pouvoir attribuer aux rayons X une action sur le cours de la gestation. Ils auraient provoqué l'avortement chez quelques animaux de petite dimension.
Enfin, Lépine et Boulud ont constaté que la pulpe de foie de chien, exposée aux rayons X, renferme presque toujours moins de glycogène et plus de sucre que la pulpe témoin, et la somme du glycogène et du sucre y est moindre. Le premier effet des rayons X serait donc de favoriser la glycogénie et la glycolyse hépatiques. Mais quand l'exposition a été prolongée au delà d'une heure, les conditions sont renversées, et glycogénie et glycolyse hépatiques sont diminuées.
Reste à savoir si ces résultats, obtenus sur un foie isolé, se maintiennent lorsque l'organe a conservé ses rapports.
Rate et tissus lymphoïdes. — M. Heinecke a montré que, chez les animaux soumis à l'action des rayons X, il se fait dans la
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raie une destruction des corpuscules de Malpighi, une accumu* talion de pigment et une raréfaction des éléments cellulaires de la pulpe splénique. Maist en étudiant de plus près ces lésions, il a pu constater qu'il y a lieu de distinguer deux processus différents. L'un, qui frappe la pulpe splénique et comporte une accumulation de pigment par destruction des hématies, est un phénomène qui n'apparaît que quelques jours après l'exposition prolongée et énergique aux rayons X et ne s'observe généralement que chez les petits animaux. L'autre, qui réalise la destraction des corpuscules de Malpighi, se manifeste de très bonne heure chez tous les animaux, mémo après une courte séance de radiation, et s'observe non seulement dans la rate, mais encore dans tous les autres organes et tissus contenant du tissu lymphoïde.
Lorsqu'on sacrifie un animal, un rat, un cobaye, un chien, deux heures après une courte séance de radiation, on constate déjà, dit >L Heinecke, des modifications très nettes, aussi bien dans les corpuscules de Malpighi que dans les ganglions lymphatiques ou les follicules de l'intestin. Dans les corpuscules de Malpighi que Ton peut prendre en exemple, on trouve irrégulièrement disséminés des grains sphériques de chromatine,plus ou moins fins, lesquels, d'après leur forme et leur situation, sont manifestement des débris de noyaux. Côte à côte existent des zones claires, dans lesquelles les lymphocytes ont, en grande partie, disparu pour faire place à des cellules epithétioïdes volumineuses, Deux heures après, c'est-à-dire chez les animaux sacrifiés quatre heures après la séance de radiation, on ne trouve plus de grains de chromatine libres ; ils sont phagocytés par dVriormes cellules qui en sont littéralement bondées, Ces phagocytes, qui se tiennent principalement dans la zone des cellules épithélioïdes, ne restent pas indéfiniment dans le follicule. À un moment donné, ils disparaissent, s'en vont du follicule, si bien qu'au bout de 25 a 36 heures on n'en trouve plus trace. Quant
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aux lymphocytes, éléments spécifiques du follicule, ils sont, pour la plupart, détruits, l'étendue de cette destruction dépendant de la durée et de l'intensité de l'exposition aux rayons X. La destruction n'est pourtant pas définitive, car, chez les animaux sacrifiés seulement au bout de 8 à 15 jours, on peut constater que les lésions ci-dessus décrites sont réparées et le follicule régénéré.
Les mêmes lésions — destruction des lymphocytes et phagocytose de leurs noyaux — s'observent encore dans les ganglions lymphatiques, dans les follicules lymphatiques de l'intestin, dans le thymus et même dans la moelle osseuse, où l'on constate également la disparition d'une grande partie d'éléments spécifiques, qui sont remplacés par des cellules graisseuses.
Quelques heures après une exposition d'un quart d'heure du ventre d'un chien de taille moyenne aux rayons d'un tube dur et rapproché, l'auteur a constaté, dans les follicules de la rate et les glandes lymphatiques du mésentère et de l'intestin, la destruction des noyaux ; cette action se manifeste bien avant la réaction des épithéliums.
Si ces faits se confirment, ils donnent une base solide à l'emploi thérapeutique des rayons X dans les affections viscérales.
L'auteur en infère la possibilité d'agir sur les organes hématopoiétiques malades.
La clinique l'a déjà, du reste, devancé, car les observations de leucémie, lymphadénome, lymphosarcome, mycosis fongoïde modifiés par les rayons de Rôntgen sont déjà nombreuses, et il ne reste plus qu'à établir la durée de l'efficacité de ce traitement .
Œil. — 11 est encore un organe qui, dans la radiothérapie de 1 la face, pourrait être lésé si on ne pouvait le protéger complète-
ment : c'est l'œil. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la façon lj dont cet organe se comporte vis-à-vis des rayons X.
Les uns prétendent qu'il est très sensible et facilement altéré,